Le monde impossible dans lequel certains voudraient nous faire vivre sans le comprendre eux-mêmes


Un équilibre stable est un équilibre qui se reconstitue de lui-même quand il est dérangé. C’est une bille dans un bol, une veste au porte-manteau ou un fruit sur sa branche. A l’inverse un équilibre instable s’effondre dès qu’il est bousculé. C’est le château de cartes ou le funambule sur son fil. Nous vivons une période très étrange où, avec la complicité de tous, nous tentons de rendre stable un équilibre instable par différentes idéologies, toutes très contentes d’elles-mêmes, et toutes ne puisant leur avenir que dans les interdictions, les obligations, la dépense d’argent venant d’on ne sait où et les futurs radieux que chacune imagine et cherche à nous vendre.

Dans toutes les civilisations, pendant des millénaires, les sociétés se sont construites sur deux équilibres stables, simples et fondamentaux. Le premier était que l’on ne consommait que ce que l’on produisait. Le second, que les hommes et les femmes se retrouvaient pour fonder des familles où chacun faisait ce qu’il faisait le mieux. Les femmes portaient à l’intérieur puis à l’extérieur d’elles-mêmes les enfants avant de les accompagnaient vers l’âge adulte. Les hommes allaient chercher à l’extérieur tout ce qu’il fallait pour loger, nourrir et entretenir au sens large leur famille. Il ne faut jamais oublier l’histoire du verbe entretenir qui au XIIIe siècle voulait dire « se soutenir mutuellement », puis au XIVe siècle « maintenir » ou « faire durer », et depuis le XVe siècle « fournir ce qui est nécessaire pour vivre ». L’homme « entretenait » et la femme faisait vivre. Elle faisait vivre en veillant à ce que tous les membres de la famille, y compris elle, aient une vie harmonieuse

L’arrivée des idéologies, qui sont toutes nées du désir de remplacer les religions dans la définition du bien et du mal, a ruiné les deux équilibres stables fondamentaux et nous laisse dans une situation que nous savons impossible mais que nous ne savons pas s’il est encore possible de la rectifier.

Comment avons-nous pu en arriver là ?

Ce sont les opportunités et les intérêts de quelques-uns qui ont tout déclenché en très peu de temps. D’abord les opportunités. La première est la publication en 1928 du livre Propaganda d’Edward Bernays. Bernays (1891-1995) est le double neveu de Sigmund Freud fondateur de la psychanalyse : par sa mère (Anna, sœur de Sigmund) et par son père (Eli, frère de Martha, l’épouse de Freud). Quand on voit combien Goebbels s’en est inspiré, il est stupéfiant de constater qu’il a fallu attendre 2007 pour avoir en France, la première traduction de ce livre aux éditions La Découverte sous le titre explicatif Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie. La manipulation de l’opinion dans ce que l’on appelle encore démocratie est devenue une constante en tous domaines, ce qui rend de plus en plus difficile l’approche de la vérité. La seconde opportunité a été le 15 août 1971 la déconnection prétendument provisoire du dollar de l’or par Richard Nixon qui en avait assez de voir le monde entier rapporter des dollars et repartir des Etats-Unis avec de l’or. La troisième opportunité a été une ambiance de renouveau avec la conquête spatiale, le concile Vatican II, l’invasion triomphante de la communication et mai 68.

Pour les deux dernières opportunités, la question se pose de savoir si ce sont vraiment de simples opportunités ou déjà des manipulations parfaitement volontaires. Chacun en jugera. La quatrième opportunité qui perdure encore aujourd’hui, est la méconnaissance profonde et générale de l’origine de la puissance de l’argent. L’argent est arrivé partout dès que certains essayaient, en ne faisant que recevoir, d’échapper au donner-recevoir-rendre qui a toujours prévalu partout tant que le groupe n’était pas trop nombreux. L’apparition de l’argent n’a pas dérangé l’équilibre stable que l’on ne consomme que ce que l’on produit, mais elle a ajouté le revenu au cycle de la production et de la consommation. Dans un espace donné, la production, le revenu et la consommation sont par définition au même niveau si tout circule normalement. La cinquième opportunité, tout aussi incomprise que la quatrième, est le constat d’avoir appelé PIB, produit intérieur brut, ces trois approches de la circulation monétaire qui donnent évidemment toujours le même résultat dès l’instant où l’on est dans un espace cohérent.

C’est dans le contexte de ces 5 opportunités factuelles que certains ont compris l’avantage qu’ils pouvaient tirer pour eux-mêmes de l’ignorance générale en matière économique dont nous avons oublié qu’elle est d’abord du bon sens. La construction de l’incohérence actuelle s’est faite sur le mondialisme et la création d’argent.

D’abord prendre comme espace cohérent, non plus la nation trop concrète, trop historique, trop populaire, mais le monde entier. Dans cet espace, production revenu et consommation sont comme partout de même niveau mais la répartition des trois peut être manipulée à l’infini. La plus grosse production dans les pays dits pauvres, la plus grosse consommation dans les pays dits riches et le plus gros revenu, là où on le décide. C’est le commerce international de l’OMC qui a réussi à faire disparaitre l’OIC créé par les mêmes pays dont la France. L’OMC, mondialiste comme l’UE, milite pour le libre-échange, l’OIC valorisait au contraire l’entité nationale et conseillait les droits de douane pour n’importer que ce que l’on ne savait pas produire et limiter la valeur importée à la valeur exportée. L’OMC a gagné provisoirement par ko mais ce sont évidemment les nations qui restent au tapis ayant perdu leur cohérence économique.

En faisant circuler librement les hommes, les marchandises et l’argent, il est facile de faire produire là où la main d’œuvre est la moins chère et de faire consommer là où les gens se croient dans un pays riche. En étant les acteurs de tous les mouvements de marchandises et d’argent, il est facile de les faire payer et de prendre la part que l’on veut du revenu mondial créé par le travail des autres. Mais ce n’est pas suffisant. Il a fallu baisser partout la rémunération du travail en utilisant les conseils de Bernays. Depuis toujours et partout la rémunération du père de famille suffisait à faire vivre sa famille, même nombreuse. Mais en manipulant l’opinion, on lui a fait croire qu’il était dégradant pour une femme de ne pas aller chercher de l’argent sur le même terrain que les hommes. En doublant les demandeurs d’emplois, on a tout naturellement divisé par deux en moyenne le salaire individuel et aujourd’hui il faut deux salaires pour faire vivre une famille alors qu’il n’en fallait qu’un il y a 50 ans et plus. Cet énorme détail n’est jamais relevé. Dans le même esprit on cherche à tripler les demandeurs d’emplois grâce à l’immigration sans se soucier que, grâce à Giscard et à son regroupement familial, l’immigration n’est plus une immigration de travail mais une immigration de peuplement qui tente d’arriver avec sa cohérence. La hausse de tous les prix a relativement dissimulé l’énorme baisse générale du pouvoir d’achat que les médias stipendiés nous ont vendue être inexistante. Merci Bernays.

Pour couronner l’empire de bêtise qui nous anime, on a laissé s’agglutiner les peuples dans des grandes métropoles qui ne produisent quasiment rien et qui consomment énormément, ce qui est le but que leur a assigné les vrais décideurs que le futur n’intéresse pas.

Cela donne des nations qui sont toutes devenues incohérentes et qui ne tiennent provisoirement que par la dette et la création monétaire sous les yeux éteints ou goulus des politiques, des médias et des intellectuels.

C’est en effet la seconde rouerie des vrais décideurs après celle du mondialisme : utiliser la déconnection de l’argent de toute richesse réelle pour fabriquer pour soi l’argent que l’on souhaite. Le faux-monnayage légal n’avait jamais été tenté sauf par quelques monarques peu regardants. C’est aujourd’hui très officiellement la création monétaire bancaire que si peu de gens cherchent vraiment à comprendre.

La fabrication légale par certains de l’argent qu’ils souhaitent est simple et monstrueusement scandaleuse. Chaque fois qu’une banque a la chance de trouver un emprunteur solvable, elle lui fait promettre de rembourser avec intérêts et elle promet en contrepartie d’honorer les chèques et les virements que l’emprunteur feras avec les chiffres que la banque inscrit sur son compte. Ce que beaucoup ne veulent pas comprendre, c’est que la promesse de la banque voyage avec les chiffres qu’elle a déposés sur le compte de l’emprunteur. La dette de la banque devient d’abord la propriété de la banque qui encaisse le chèque que fait l’emprunteur et devient une dette financière de banque à banque. Cette dette peut certes être payée. Mais généralement cette dette de la banque créatrice de monnaie n’est pas payée mais est sans cesse transmise, elle voyage. La dette est à tout moment la propriété de la personne physique ou morale qui a sur son compte les chiffres que la première banque a écrit sur le compte de son emprunteur et qui ont voyagé par chèques et virements. La somme de toutes ces dettes financières que personne ne semble réclamer, forme la plus grosse partie de la dette mondiale. Le résultat est que la banque perçoit avec intérêts une somme qu’elle n’a jamais payé et qu’elle ne paiera probablement jamais.

L’existence de cet argent facile venant du travail de l’emprunteur est honteusement niée par le mensonge enfantin que la banque détruirait quand elle le récupère l’argent qu’elle a créé pour le prêter. Il sert pourtant à corrompre et à faire tenir un système qui ne peut pas tenir. Comme les banques des vrais décideurs ont besoin d’emprunteurs solvables, les états deviennent leurs meilleurs clients et la spirale s’enclenche : les déficits s’accumulent, les dettes explosent, l’argent coule à flot, on paye les gens à ne rien faire et surtout à se taire, on arrête de produire en consommant toujours autant. Tout baigne ! De quoi se plaint-on ? Demain paiera grâce à la croissance !

Arrêtons-nous un instant à cette croissance chiffrée par le PIB. Elle est toujours réputée mensongèrement dans les définitions de l’INSEE, être chiffrée soit par la production, soit par la consommation, soit par le revenu. Mais en réalité elle n’est plus chiffrée que par la dépense, dépenses des clients d’une entreprise diminuées des dépenses que fait l’entreprise à l’extérieur. Pour faire joli on appelle ces dépenses, valeur ajoutée. C’est en dépensant que nous faisons de la valeur ajoutée qui va rembourser nos dettes et faire du PIB qui nous permettra, d’après les critères de Maastricht, de dépenser davantage et d’emprunter davantage.

Voyez-vous un seul Politique que ce sujet intéresse ?