Au pied du mur

L’expression du XVIe siècle, « estre à pied de mur »  ou « se trouver au pied du mur sans échelle », exprime l’impossibilité de se sortir d’une situation fâcheuse sans agir, en continuant à reculer devant un problème par peur de prendre ses responsabilités et de choisir l’action adéquate.

C’est exactement ce que notre planète la Terre est en train de vivre avec deux réactions cohérentes conflictuelles et une multitude de réactions incohérentes qui non seulement brouillent les pistes et les esprits, mais empêchent de se positionner clairement dans le combat à outrance entre les peuples et leurs élites.

Chacun sent bien que ne peut durer un monde où le travail humain n’est plus considéré et où seule la consommation humaine est désirée. La montée sans fin de l’endettement et la magie puérile de l’innovation sont les deux seules solutions publiquement envisagées, avec des discours mensongers aussi divers que fumeux sur le remboursement de la dette pour l’oublier le plus longtemps possible.

La première réaction cohérente est celle des élites non décérébrées par les universités devenues des garderies d’adolescents vifs et perdus dans leurs corps d’adultes. Elle est formatée et dogmatique, la réalité doit se plier au dogme ; le dogme étant que nous créons des richesses et que les deux seuls problèmes sont la justesse et la justice de leur répartition. La monnaie doit couler à flots puisque c’est elle qui reconnait la richesse et l’élite va utiliser la monnaie hélicoptère, le revenu universel, les subventions et toutes les aides sociales pour bien répartir vu par elle, ce qu’elle veut croire exister. Pour faire rentrer la réalité dans son dogme, les obligations et les interdictions se multiplient, ce qui facilite la circulation d’argent par amendes, taxes et condamnations. Cette réaction n’est cohérente que par l’unification de la Terre par le dogme de machines qui produisent, de peuples qui consomment, votent, s’amusent et obéissent et d’une élite qui compte sur le dogme pour tout résoudre dans un « great reset » ou un nouvel ordre mondial où elle se voit évidemment aux commandes, violence légale à disposition. Cette réaction est en marche et très active au FMI, à l’ONU, à l’OMC, à l’OMS, à l’UE et évidemment à Davos dont le thème de janvier 2021 est le « great reset ».

La seconde réaction cohérente est celle des peuples qui savent que richesse ne rime qu’avec travail et qui supportent de moins en moins bien, de devoir travailler de plus en plus pour vivre de moins en moins bien tout en voyant de plus en plus de profiteurs vivre de mieux en mieux en travaillant de moins en moins. Cette réaction cherche à se formuler car elle est majoritaire comme l’a montré l’appui populaire très nettement majoritaire aux Gilets jaunes à leurs débuts. Mais les vrais Gilets jaunes craignent comme la peste les porte-paroles autoproclamés qui bien souvent n’ont comme seul but, soit d’intégrer l’élite, soit d’en faire déjà partie et de chercher un électorat. C’est uniquement par la formulation du lien de bon sens entre le travail, la richesse et l’argent que cette majorité populaire fera émerger ceux qui l’exprimeront le mieux en y croyant vraiment. Là se situe le vrai combat du moment.

Ce combat est non seulement freiné par les Politiques, les médias et les intellectuels, très asservis à la finance et au dogme de la richesse créée par la dépense qu’ils appellent keynésianisme ou PIB , mais aussi par tous les petits marquis qui pullulent et dont l’égo surdimensionné sert de colonne vertébrale. Pour eux tout est simple et ils ne se divisent qu’entre ceux qui ont la solution et ceux qui ont le coupable; les pires étant ceux qui ont le coupable et dont la solution est d’acheter leurs livres.

Ce combat est encore freiné par le rouleau compresseur qui a mis dans les esprits que l’on pouvait s’enrichir sans appauvrir personne et qui a fait oublier qu’un enrichissement honorable ne peut se faire que par des appauvrissements volontaires d’autres personnes. Combien de milliardaires admirés ou simplement subis ne se sont enrichis que sur des appauvrissements forcés, cachés sous le dogme de la création de richesse ? Les peuples qui voient la réalité de leur appauvrissement ont du mal à en formuler le principe et sont malheureusement très tentés de se contenter d’une réaction violente.

Le principe « On ne débloque une situation qu’en se remettant en cause soi-même » est vrai toujours et partout. Les peuples gagneront contre leurs élites lorsqu’ils auront trouvé la bonne formulation du lien de bon sens perdu entre le travail, la richesse et l’argent. Ils redécouvriront alors, chacun chez soi, avec le pouvoir que leur donne la démocratie, leurs cohérences et leurs harmonies en redécouvrant ce qu’ils ont toujours été avant que de fausses élites ne trouvent avantage à tenter de faire d’eux une seule bouillie à leur image.

 

Comment le capitalisme fait de ses victimes ses complices

Emmanuel Macron à la fin de la première heure de sa très longue interview auto-satisfaite du 14 juillet a prôné une fois de plus l’enrichissement par le travail qui est, semble-t-il, une évidence pour toute la classe politico-médiatico-intellectuelle qu’il représente si bien. Cela est fondé sur le raisonnement stupide ou enfantin que le travail fait de la valeur ajoutée qui fait du PIB qui serait une richesse annuelle à se partager. Ceux qui ont créé cette valeur ajoutée par leur travail auraient bien le droit de s‘enrichir en en prenant pour eux-mêmes leur juste part.

Ce raisonnement néglige un fondamental pourtant parfaitement visible que le tourbillon médiatico-politico-intellectuel cherche à dissimuler.

Si la valeur ajoutée d’une entreprise n’est en effet possible que grâce au travail qui a généré une production, cet ajout de valeur n’existe réellement que si un client est venu acheter cette production et s’appauvrir volontairement de la valeur totale de cette production que nous appelons son prix. Sans ce client la production n’est qu’un encombrant en stock et puis un simple déchet  Tout enrichissement par la valeur ajoutée, donc par le travail, n’existe par conséquent que si un acheteur est venu s’appauvrir en monnaie d’une quantité supérieure à la valeur ajoutée par le travail. Il a fallu en effet inclure dans le prix de la production, ce qu’il avait fallu payer en amont pour avoir des machines, des matières et les services extérieurs indispensables, paiements condensés dans le mot investissement, ainsi qu’en aval, ce que l’État a exigé pour sa seule présence tellement efficace.

En macroéconomie qui est le regard global et non individuel sur l’économie, une vente est donc en première analyse un appauvrissement global puisque le client paye plus que la valeur ajoutée par le travail et que, sans lui, aussi bien les investissements nécessaires que la valeur ajoutée par le travail et que ce que l’État a pompé sans raison, sont perdus donc égaux à zéro.

La seule façon de rétablir l’équilibre est que le produit acheté soit aux yeux du groupe une augmentation de richesse par rapport aux investissements réalisés pour produire. Et c’est là où, une fois de plus, la fausse monnaie légale en cours depuis un demi-siècle fausse tout. La richesse n’étant qu’un regard totalement subjectif, elle n’est chiffrée que par le prix dont on connaît la complexité dépendant de l’acheteur et du vendeur, mais aussi du lieu, du moment et même de l’histoire des deux intervenants. Seule la rareté de la monnaie quand c’était de l’or, permettait d’évaluer honnêtement l’apport du travail à la richesse collective. Le scandale de la fausse monnaie créée par les banques et surtout le scandale de sa légalisation par les politiques pendant la seconde moitié du XXe siècle, ont complètement faussé le regard que le peuple porte sur sa richesse collective. Chiffré par le PIB qui chiffre le négoce, l’augmentation de la richesse est artificiellement fabriquée par la  dépense de la fausse monnaie que l’on appelle société de consommation. En inondant de fausse monnaie le capitalisme fait croire que les productions des machines sont des richesses puisqu’elles sont achetées. C’est dans le même état d’esprit que l’Union européenne force les états à intégrer dans leur PIB la prostitution et le trafic de drogue puisque ce sont des négoces.

Foin du chômage et du respect des peuples ! On ira jusqu’au revenu universel pour que le peuple transforme bien la production des machines en richesses. Mais comme tous les équilibres stables se reconstituent d’eux-mêmes quand on les dérange, la fausse énergie monétaire n’étant plus sourcée en énergie humaine, l’énergie humaine qui lui est indispensable arrive automatiquement par la reconstitution des esclavages, dans le temps par la dette, dans l’espace par le mondialisme et ici et maintenant par la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration. Mais grâce à la publicité, le capitalisme fait de ses victimes ses complices en convainquant le peuple qu’il a préalablement dégradé en foule, que le pays de Cocagne existe et que nous sommes un pays riche.

Comme tout cela n’est que fantasme ne pouvant durer, l’ensemble de ceux qui sont planqués au sommet du FMI, de l’ONU, de l’OMS, de l’OMC, de Davos et dans les bulles administratives qui créent interdictions et obligations avant de les contrôler, se regroupe pour imaginer ensemble leur nouvelle fausse solution. Ils préparent leur solution avec le soutien actif des politiques, des médias et de ceux des intellectuels qui s’intéressent plus à leur portefeuille qu’à leur honnêteté intellectuelle ou qui n’ont d’intellectuel que leur auto proclamation.  C’est ce qu’ils appellent le « great reset » une reconstruction du monde, programme économique de Davos 2021, où les peuples abandonneraient suffisamment leurs civilisations et leurs nations pour n’être que des consommateurs pucés, vaccinés et soumis, croyant une fois de plus que la tour de Babel va transpercer le ciel. La tentative insistante à faire croire à une deuxième vague du virus et l’obligation décidée d’un masque inutile ressemble fort à une vérification de la soumission de la foule à n’importe quelle bêtise dès l’instant qu’on lui agite sa santé sous le nez. On en arrive même à se demander si la première vague n’a pas été fabriquée pour trouver un coupable commode à l’effondrement économique inéluctable en le déclenchant par le confinement afin d’imposer le « great reset » qui veut réécrire en le dépassant 1984, le roman de George Orwell.

Le journal Le Point, comme tous les médias, nous prépare doucereusement à accepter l’innommable en répétant à l’envi la sainte parole de la nouvelle directrice générale du FMI, Christine Lagarde ayant été appelé à sévir ailleurs, la féminisation des pouvoirs étant un des pieds du « great reset ».

La crise provoquée par la pandémie est entrée dans une nouvelle phase qui demandera de la souplesse pour assurer «  une reprise durable et équitable  », a affirmé jeudi la directrice générale du FMI, prévenant que le monde «  n’est pas encore tiré d’affaire  ». S’exprimant dans un blog à quelques jours d’une réunion virtuelle du G20, présidé par l’Arabie saouditeKristalina Georgieva a égrainé ses priorités : maintenir, «  voire étendre  », les mesures de protection sociale, continuer à dépenser l’argent public pour stimuler l’économie et profiter de cette «  occasion qui ne se présente qu’une fois par siècle  » pour reconstruire un monde «  plus équitable, plus vert, plus durable, plus intelligent et surtout plus résilient  ».

Même si certains signes positifs se font jour, «  nous ne sommes pas encore tirés d’affaire. Une deuxième vague mondiale de la maladie pourrait entraîner de nouvelles perturbations dans l’activité économique. D’autres risques incluent la valeur distordue des actifs, la volatilité des prix des matières premières, la montée du protectionnisme et l’instabilité politique  », met en garde Kristalina Georgieva. Mais, ne se voulant pas que Cassandre, elle a aussi souligné «  des avancées décisives dans la recherche sur des vaccins et des traitements (qui) pourraient doper la confiance et l’activité économique  ».

Chacun vérifiera qu’à côté de l’entretien de la peur, le protectionnisme est glissé discrètement entre les valeurs distordues, la volatilité des prix et l’instabilité politique, et que, pour ne pas être « que Cassandre »,  les vaccins, les puces et l’activité pharmaceutique sont détournés des soins pour contrôler notre servilité.

Les souverainistes doivent s’unir et comprendre la simplicité de l’économie car les mondialistes sont puissants et compliquent admirablement l’économie à leur profit. Même si très peu nombreux, ils sont ingénieux et tiennent toutes les planches à billets pour faire reconnaître que tout ce qu’ils font est apparemment augmentation de richesses. La bataille va être très rude, infiniment plus rude que celle gonflée artificiellement contre ce pauvre virus. Les mondialistes ont perdu d’avance, même quand ils prennent le masque d’éuropéistes inexistants, mais peut-être au prix d’un suicide général imposé.

L’énergie humaine, seule énergie de l’économie

Nous avons complètement oublié la base de l’économie à savoir l’échange d’énergie humaine pour le bien-être en collectivité. C’était pourtant évident dans un village où chacun avait sa place en apportant ce qu’il savait faire et en profitant de ce que savaient faire les autres.

A l’arrivée de la monnaie, inventée dans toutes les civilisations pour contrer ceux qui profitaient volontiers de l’énergie des autres sans apporter la leur, la monnaie véhiculaient physiquement l’énergie humaine qui avait dû être dépensée auparavant pour obtenir la monnaie. C’était du bétail, du blé, du sel, de l’or, de l’argent ou même des plumes d’oiseau dont la rareté prouvait l’énergie humaine qui avait été dépensée pour les obtenir. C’est parce que la monnaie a toujours été un véhicule d’énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée, qu’elle  a toujours été acceptée en paiement par le groupe qui savait que cette énergie humaine était définitivement enfermée dans cette monnaie et qu’elle serait donc définitivement un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui utilise cette monnaie.

La monnaie papier a été inventée en France au XVIIIe siècle sous le Régent par Law (qui se prononce curieusement Lass) puis en Russie avec la Grande Catherine et dans les Amériques avec le dollar continental, enfin à nouveau en France avec les assignats pendant la révolution. La monnaie papier a toujours été gagée au départ sur une énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée. C’était le défrichage du Nouveau Monde pour Law, les mines de  cuivre pour la Grand Catherine, les biens de la noblesse et du clergé pour les assignats et l’or anglais pour le dollar continental. Mais partout la fièvre politique d’utiliser une énergie humaine inexistante a vite fait imprimer beaucoup plus de billets que la quantité d’énergie humaine préalablement dépensée n’en autorisait, et c’est l’énergie de tous ceux qui détenaient cette monnaie devenue fausse qui fut dépensée par leur ruine lors du constat que cette monnaie ne valait rien après avoir fait la fortune de certains.

Depuis 1971 et les monnaies dites flottantes, le triumvirat médiatique, universitaire et politique tente de faire croire que la monnaie est déconnectée de l’énergie humaine et qu’elle a tout de même une force énergétique, ce qui est rigoureusement impossible mais que le triumvirat aura fait tenir 50 ans en ruinant par avance tous les imbéciles, c’est-à-dire nous tous, qui auront des dollars, des euros ou des yens au moment de l’explosion du système.

Le système va forcément exploser parce qu’avec l’invention de la monnaie dette, on dépense deux fois de l’énergie humaine pour produire une seule richesse valorisée à à peine plus de la moitié de l’énergie humaine dépensée. Une première fois on dépense de l’énergie humaine en investissant l’argent nécessaire pour produire en payant les matières premières, les salariés et les machines. Cela donne une production qui ne deviendra richesse que si un client vient dépenser une seconde fois. Sans cette seconde dépense, la production devient d’abord un encombrant puis un rebut avec le constat de la perte de la première dépense. La richesse est quantifiée par l’énergie humaine qu’il a fallu dépenser pour la produire mais pour pouvoir en jouir, il faut que le client dépense à nouveau cette quantité d’énergie humaine.

Tant que la monnaie comme l’or était une richesse préalablement reconnue comme porteuse d’énergie humaine préalablement et intelligemment dépensée, la production n’était qu’un échange d’énergie humaine. Les ouvriers ajoutaient leur énergie personnelle à celles de leur prédécesseurs qui, véhiculée par l’or, leur apportait les outils et la matière. Leur production était un véhicule vivant d’énergie humaine dans lequel les artisans avaient augmenté de leur labeur la quantité d’énergie. La production pouvait alors s’échanger avec l’énergie que possédait le client avec son or. Le client constatait en achetant que le labeur des ouvriers avait enrichi la communauté et que l’on pouvait en prendre acte en frappant une nouvelle monnaie en or. Les ouvriers transformaient leur énergie en or

La limitation de la quantité de monnaie était obligatoire. La limite était concrète par l’or nécessaire et elle était surtout volontaire par l’observation de l’énergie humaine déjà utilement dépensée. La vie n’étant qu’échange d’énergie, la monnaie ne faisait que faciliter les échanges. Sa limitation permettait de ne pas se perdre dans la réalisation irresponsable de tous nos désirs voire de nos fantasmes.

Aujourd’hui tout est changé. Depuis la nouvelle religion de la monnaie fiduciaire où tout est fondé sur la croyance dans le remboursement de la monnaie dette, le fossé se creuse entre la réalité et le mensonge martelé par le trio universitaire politique et médiatique, relayé par le nouveau clergé de cette nouvelle religion. Le mensonge dit que c’est la  création de richesse annuelle, le fameux PIB, qui va apporter la seconde vague d’énergie humaine et qui va rembourser les emprunts faits pour investir. Comment va-t-on pouvoir rembourser l’investissement quand la production qui en découle doit encore trouver acheteur pour devenir richesse donc possible remboursement. Il faut dépenser une deuxième fois pour rembourser la première. On est sans arrêt en manque d’énergie humaine. Et ce manque est encore aggravé par le client quand il emprunte pour acheter au lieu d’avoir stocké son énergie sous forme d’épargne.

La réalité, pendant que ces braves gens pérorent, est que le système cherche désespérément l’énergie humaine qui se dépense près de deux fois quand elle n’est apportée qu’une fois ou même pas du tout si tout le monde emprunte.

Tant que le peuple ne s’étonne pas, c’est la montée stupéfiante de la dette et ce sont les différents esclavages qui se mettent en place pour apporter l’énergie humaine manquante. La dette se chiffrant déjà en centaines de milliers de milliards de dollars, les esclavages vont être de plus en plus voraces puisque l’énergie humaine consommée continue dogmatiquement à être infiniment supérieure à l’énergie humaine apportée. Le libéral-libertarisme actuel est la face visible d’un monde qui ne vit que de sa face cachée, la résurgence d’un esclavage jamais connu sur Terre, même en Afrique précoloniale où l’esclavage était pourtant déjà structurel comme dans notre nouvelle religion.

Le triumvirat a trouvé son dérivatif pour que la jeunesse ne prenne pas son problème à bras le corps : l’écologie. Il réduit volontairement l’écologie, l’étude de la maison, à la maison Terre. Il fait le grand écart intenable en vantant une organisation où la dépense exponentielle d’argent exige une dépense exponentielle d’énergie humaine mais où, pour être aimé, il reconnait comme avantage acquis, la non dépense d’énergie humaine  et où, par incompétence, il accuse les entreprises de ne pas assez utilisé cette énergie tout en lui en pompant par des impôts sur la production. Il va dépenser la monnaie remboursable par l’esclavage, l’énergie humaine qu’il a stupidement paralysée en la confinant.

A quoi cela sert-il de rappeler qu’il n’y a pas une maison mais plusieurs appelées civilisations et qu’une seule réponse globale est d’une rare stupidité rappelée par le mythe de la tour de Babel ? A quoi cela sert-il quand les prêtres de la nouvelle religion réduisent le problème à un problème de CO2 ? Ils alarment sans aucune autre solution qu’un mondialisme, nouvelle tour de Babel prenant pour modèle notre civilisation malade qui ne cherche même plus à se comprendre.

A quoi cela sert-il de chercher des solutions quand le triumvirat veille à ce que le seul problème à résoudre soit comment refuser de le voir ?

Ce sont les générations arrivantes qui se suicident en ne voulant pas regarder la cause et en jouissant de ses effets. Les meilleurs s’isolent et renoncent. Qui s’intéressera au peuple ?

Un peuple est malade quand il pense que l’argent pousse comme les choux

En cette période extraordinaire où le covid 19 sert de prétexte bien commode à une prise de conscience que notre économie est aberrante et qu’elle doit être reprise à zéro, ce sont les fondamentaux qui doivent être vérifiés si nous voulons que la nouvelle maison tienne debout.

On nous bassine avec l’investissement, joli mot dont on trouve facilement la définition suivante :

L’investissement est l’action d’investir, c’est-à-dire d’acquérir de nouveaux moyens de production, d’améliorer leur rendement ou de placer des capitaux dans une activité économique, dans une entreprise, etc. Le moteur de l’investissement est la perspective d’en retirer un profit.

Traduit en français compréhensible, c’est planter de l’argent et attendre qu’il en pousse davantage qu’il n’en a été planté. C’est le principe du potager et dans l’esprit du triumvirat universitaire politique médiatique à qui nous avons confié les rênes, le potager pour l’argent s’appelle l’entreprise.

Dans l’entreprise, les fournisseurs apportent tous les éléments nutritifs de la terre, les actionnaires apportent la graine qui doit pousser et les salariés apportent le soleil et l’eau qui vont tout faire pousser. Tout est tellement fondé sur la croyance qu’il va pousser des euros, que l’État vient prendre sa part d’une récolte évidemment totalement imaginaire.

La réalité est qu’en économie, tout est échange et uniquement échange. Une entreprise ne fait qu’aguicher le client avec sa production pour récupérer son argent et le partager entre ses fournisseurs, ses salariés, ses actionnaires et l’État dont on se demande bien ce qu’il a apporté et qui n’est en fait qu’un coucou vorace et mal élevé. L’État a besoin de faire croire que l’argent pousse comme les choux pour prendre sa part d’un gâteau inexistant et qui n’est que ponction de l’argent des fournisseurs, des salariés et des actionnaires qui vont ensute se battre entre eux pour se partager le reliquat. De son côté l’État va nourrir l’université et les médias pour qu’ils justifient l’injustifiable.

L’université et les intellectuels vont apporter leur sémantique du faire croire avec ses fadaises de Produit Intérieur Brut, de Produit National Brut ou de Valeur Ajoutée qui font croire mensongèrement à une création alors qu’l ne s’agît que d’un échange avec l’argent du client dont l’origine n’est bien souvent plus un échange et dont l’énergie est de plus en plus faible, ce qui est un autre problème qu’il faudra aussi aborder.

Les médias vont faire leur travail de propagande en imposant par des journalistes incompétents ou corrompus, la pousse de la monnaie dans le potager ‘entreprise’.

Le peuple ayant accepté provisoirement de n’être que foule, s’est laissé lui-même corrompre en croyant ce qu’il sait au fond de lui-même être une stupidité.

C’est maintenant, avant l’ouverture du combat entre mondialistes de Davos et souverainistes du Front Populaire en présence des européistes en état de sidération, qu’il faut nettoyer, une par une, toutes les pièces avec lesquelles il nous faudra reconstruire. L’investissements est une dépense et n’est qu’une dépense. Si cette dépense a été faite avec de la fausse monnaie légale, elle devra être confisquée, sanctionnée et non sanctifiée. Si cette dépense a été faite avec de l’argent gagné par un échange d’énergie humaine, alors elle devra être récompensée comme l’est l’énergie humaine des salariés.

Les tensions vont croître tant que l’essentiel ne sera pas abordé : la corne d’abondance existe-t-elle ?

Nous vivons une période charnière où Politiques, universitaires et médias flattent la foule pour tenir encore un moment pendant que le peuple est partagé entre son bon sens qui le met debout et ses ressentis qui l’incitent à devenir foule.

L’erreur fondamentale que l’on a mis dans la tête du peuple et qui le rend foule, c’est que nous créons des richesses. C’est devenu une évidence pour quasiment tous et il est devenu normal de gagner plus d’argent au fur et à mesure de sa « carrière » professionnelle, de s’acheter sa maison à transmettre à ses enfants, d’avoir des retraites justes remerciements des contributions à la richesse nationale collective. De ce qu’ils appellent la droite à ce qu’ils appellent la gauche, personne ne remet en cause cette création de richesse et tous les raisonnements tournent autour de son augmentation et de sa répartition. Même des intellectuels indépendants comme Onfray et Zemmour parlent de richesse créée. Nous sommes un pays riche, c’est une donnée indiscutable puisque nous créons des richesses.

Or pendant les millénaires qui nous ont précédés, aucune civilisation n’a jamais parlé de création de richesse. L’ascenseur social apportant des richesses ne se faisait que par la rapine guerrière ou seigneuriale, ou par l’appauvrissement volontaire de ses semblables ce qui explique sa rareté et sa difficulté. Aujourd’hui ce serait devenu tout simple, normal, facile parce que la fausse élite a besoin que le peuple y croit pour qu’il ne soit que foule et qu’il la maintienne au pouvoir.

L’invention de la création de richesse a été déguisée en progrès et elle a été justifiée par l’avancée de la connaissance. Il faut la décortiquer car elle fausse l’ensemble des raisonnements. Elle fausse évidemment les raisonnements des gens de Davos, du FMI, de l’ONU, du premier cercle d’apporteurs de capitaux à Macron qui leur a proposé de démissionner pour se faire réélire rapidement. Elle fausse l’UE, la BCE et les intellectuels mais elle fausse aussi les raisonnements de la jeunesse et de la foule qui aiment les jolies histoires. Elle est dramatique parce qu’inattaquable puisque personne ne prend même la peine de la défendre, la création de richesse étant passée dans le domaine de l’évidence. Elle ne tient pourtant que parce qu’elle est accompagnée  de son chien d’aveugle indispensable, l’éternel « Je ne suis pas économiste » qui permet au peuple de rester foule et aux économistes de survivre dans le n’importe quoi, habillé, comme pour les médecins de Molière, par un vocabulaire volontairement incompréhensible qui leur permet de s’occuper en se chamaillant et en se Nobélisant.

Qui créerait la richesse ? Les entreprises évidemment. Or les entreprises ne font que produire avec l’aide de leurs fournisseurs, de leurs salariés, de leurs actionnaires et de leurs machines. Une simple observation d’un potager ou d’une vache montre que le potager produit à la fois des légumes et des mauvaises herbes et la vache du lait et des bouses. N’importe quel entrepreneur connait bien l’anxiété que sa production ne trouve pas preneur et ne soit donc pas une richesse. Production n’est pas richesse. Pour qu’une production soit richesse il faut à la fois qu’elle soit désirée et que le désir soit en capacité d’acheter, de perdre une richesse généralement monétaire pour obtenir cette production. Sans désir, sans capacité et sans perte de richesse équivalente, la production n’est qu’un embarras avant d’être un déchet. Pour qu’elle soit richesse, la production doit être échangée avec une richesse reconnue identique et préexistante, ce qu’est la monnaie. Ou plutôt ce que devrait être la monnaie si elle n’était abominablement trafiquée depuis plus de 50 ans pour que le peuple reste foule qui croit à la corne d’abondance en exigeant sa part, et pour que la fausse élite reste au pouvoir en achetant l’affect de la foule.

Il a fallu cacher que la monnaie n’a été inventée dans toutes les civilisations, que pour prévenir la tendance à oublier de rendre, dans le donner-recevoir-rendre, connu et vécu dans chaque famille et très bien décrit par l’ethnologue, professeur au Collège de France quand cela avait encore une vraie valeur, Marcel Mauss. C’est la prise de conscience que les belles promesses n’engagent que ceux qui y croient, et que seul un travail préalablement reconnu utile par la collectivité ou l’État peut être une nouvelle richesse concrétisée par de la monnaie créée par cette collectivité à partir d’une matière unanimement reconnue comme une richesse : le blé, le sel, le bétail, l’or, le cuivre ou même des plumes d’oiseau très rare. La reconnaissance unanime que cette monnaie est une richesse fait qu’elle devient un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe, titre qui peut être échangé avec n’importe quoi. Cette monnaie, ce titre, devient une énergie qui transporte, chauffe, nourrit, loge, habille et distrait car elle est un vecteur d’énergie humaine.

L’idée aussi géniale qu’abominable de créer une monnaie fiduciaire, fondée sur la foi, sur la croyance, a permis à la fois de fonder une nouvelle religion remplaçant les religions existantes malades, et à la fois de fabriquer à la pelle de la monnaie pour qu’elle reconnaisse comme richesse les productions continues de machines de plus en plus coûteuses consommant de plus en plus de matières premières. « Du pognon il y en a » comme dit stupidement Jean-Marc Jancovici qui refuse de voir que c’est par la limitation de la monnaie qu’on limitera la consommation des réserves naturelles. Parallèlement à cette économie totalement factice, s’est mise en place naturellement une économie réelle fondée sur la consommation façon gavage et sur l’esclavage. Gavage par la publicité. Esclavage dans le temps par la dette, esclavage dans l’espace par le mondialisme qui a oublié que libre échange est d’abord échange, et esclavage ici et maintenant par la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration.

Pendant que la fausse élite mondiale caricaturée par Davos veut faire sa grande réinitialisation qui ne va être qu’une tentative de gouvernement mondial pour tenir encore quelques décennies fondées sur le trépied de la bêtise, du gavage et de l’esclavage, il est à espérer que les peuples continueront à se réveiller, à vaincre en eux leur côté foule tellement agréable et tellement complice de leurs maîtres.

C’est debout que chaque peuple, retrouvant sa spécificité et son histoire, pourra organiser son économie en réunissant toutes les bonnes volontés sur le constat refusé par la fausse élite mondiale que la corne d’abondance n’existe pas.

La bataille sera très rude car il s’agit de la survie de la fausse élite mondiale à qui nous avons confié le pouvoir, les médias, l’éducation et la violence légitime. Rassembler l’éparpillement des bonnes volontés est la première difficulté à vaincre car elle ne peut se faire que sur le refus motivé de la nouvelle religion de la fausse élite mondiale qu’est la monnaie fiduciaire et la création de richesse. Cela force la foule que l’on voudrait que nous soyons à redevenir un peuple avec son propre bon sens.

Comment l’économie actuelle génère-t-elle automatiquement l’esclavage ?

Une fois que l’on a compris que le PIB ne chiffre que le négoce effectué en un lieu et en un temps donnés, on peut s’intéresser à l’origine de ce qui est vendu et à l’origine de ce qui sert à payer.

Si l’on voit simplement le PIB comme la valorisation de tout ce qui est vendu ou tout ce qui est acheté, on présuppose l’existence de marchandises à vendre. Si l’on voit simplement le PIB comme la somme de tout ce qui est dépensé ou encaissé, on présuppose l’existence de l’argent. Arithmétiquement c’est la même chose mais l’hypothèse, le présupposé, est inverse. L’exportation comme la diminution de stock présuppose aussi l’existence de marchandises, l’importation comme l’augmentation de stock présupposant elles, l’existence de l’argent.

Dans une économie normale, c’est l’énergie humaine qui fabrique les marchandises et c’est le constat que ces marchandises sont vues comme des richesses qui permet la création de monnaie. Dans une économie normale le paragraphe précédent n’aurait aucun intérêt puisque les deux hypothèses viennent d’une énergie humaine dépensée intelligemment, donc d’une même hypothèse de départ.

Mais aujourd’hui les machines fabriquent en continu des marchandises et les banques fabriquent en continu de la monnaie. Cela fait donc un PIB fantastique dans lequel l’homme ne sert plus que de petit messager entre les machines et les banques, en consommant, en empruntant et en se reposant de ce travail difficile. Le PIB n’est plus que le constat chiffré d’un système qui valorise les machines et les banques au détriment des hommes qu’elles remplacent toutes les deux. Mais comme le système a un besoin vital de petits messagers pour faire le lien et pour exister, il les entretient en réinventant en parallèle une économie réelle fondée sur l’esclavage : un esclavage dans le temps avec la dette, un esclavage dans l’espace avec le mondialisme et des esclavages ici et maintenant avec la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration.

Est-ce par inconscience ou par cynisme que nous nous félicitons tous les 10 mai d’avoir aboli l’esclavage ? Ne pourrions-nous pas enfin reprendre conscience que dans une économie normale, c’est l’énergie humaine qui fabrique les marchandises et que seul le constat que ces marchandises sont vues comme des richesses permet la création de monnaie ? Il paraîtrait que c’est trop demander !

Faut-il  vraiment baisser les bras ?

Tant que l’on croira que le PIB est un produit et que nous sommes un pays riche….

Tant que l’on croira que le PIB est un produit et que nous sommes un pays riche, nous ne prendrons pas la peine de comprendre la monnaie, pas plus que la réapparition de l’esclavage qui nous permet de vivre agréablement.

C’est par un matraquage constant et universel que les troïkas politiques, médiatiques et universitaires occidentales, nous rabâchent que nous sommes riches et que chaque année le Produit Intérieur Brut (traduction servile du GDP Gross Domestic Product anglo-saxon) augmente cette richesse. L’Insee affirme péremptoirement et faussement que le PIB donne une mesure des richesses nouvelles créées chaque année. C’est devenu une telle évidence qu’il est devenu blasphématoire et crime de lèse-majesté, de simplement constater que le PIB ne mesure qu’un échange et en aucun cas une production et encore moins une richesse nouvelle. Sur cette fausse richesse, nous finançons tous nos fantasmes dont le remboursement d’une dette que l’on creuse davantage chaque jour, et surtout nous faussons tous nos raisonnements en tous domaines comme Vincent Lindon vient de le montrer, apparemment en toute bonne foi, dans son entretien avec Médiapart .

Il est temps de regarder de très près ce qu’est vraiment le PIB, comment il est calculé et ce qu’il indique.

Les définitions de l’Insee et de Wikipédia sont les mêmes mais dans un ordre différent.

Définition de l’lnsee :

Agrégat représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes.

Il peut se définir de trois manières :

le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activité, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branchesd’activité) ;

le PIB est égal à la somme des emplois finals intérieurs de biens et de services (consommation finale effective, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations,moins les importations ;

le PIB est égal à la somme des emplois des comptes d’exploitation des secteurs institutionnels : rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions, excédent brut d’exploitation et revenu mixte.

Définition de Wikipédia :

Le PIB est un indicateur macroéconomique nommé agrégat, c’est-à-dire une grandeur globale qui mesure l’activité économique. Il est possible de proposer trois approches du PIB, cependant, on le considère la plupart du temps comme la somme des valeurs ajoutées produites par l’ensemble des unités résidentes, c’est-à-dire les agents économiques effectivement présents sur le territoire pendant au moins 183 jours sur une année.

Le PIB a ainsi une triple optique basée sur les grands principes de la comptabilité nationale :

La production : PIB = somme des VAB + IP – SUBV. L’approche par la production, met ainsi en relation la somme des valeurs ajoutéesbrutes, l’impôt sur la production ainsi que les différentes subventions.

La formation de revenu : PIB = RS + EBE + RMB – SUBV + IP, avec RS la rémunération des salariés, EBE l’Excédent brut d’exploitation, RMB les revenus mixtes bruts, SUBV les subventions et IP les impôts sur la production (liés à la production et aux importations).

La demande : PIB = CF + FBCF + (X-M), avec CF la consommation finale, FBCF la formation brute de capital fixe (l’investissement), X les exportations et M les importations.

On voit déjà que la première définition est la même mais que les deuxième et troisième sont inversées.

Le PIB est donc d’après l’Insee un « agrégat représentant le résultat final de l’activité de production des unités productrices résidentes », l’agrégat étant défini comme « une grandeur synthétique mesurant le résultat de l’activité économique ».

Toujours d’après l’Insee, « il peut se définir de trois manières ». Examinons-les précisément.

Première manière Insee

Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels ou des différentes branches d’activités, augmentée des impôts moins les subventions sur les produits (lesquels ne sont pas affectés aux secteurs et aux branches d’activité).

Wikipédia en fait un premier décryptage en écrivant sur sa page comptabilité nationale

PIB = somme des VAB + IP – SUBV. L’approche par la production, met ainsi en relation la somme des valeurs ajoutées brutes, l’impôt sur la production ainsi que les différentes subventions.

Wikipédia en fait un décryptage plus complet sur sa page PIB

Composantes vues sous l’angle de la production

Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées des agents économiques résidents, calculée aux prix du marché, à laquelle on ajoute la part de la valeur ajoutée récupérée par l’État (taxe sur la valeur ajoutée et droits de douane) et de laquelle on soustrait les subventions ;

PIB = Somme des valeurs ajoutées + TVA + Droits et taxes sur les importations – Subventions sur les produits

Si potentiellement trois méthodes coexistent pour calculer le PIB d’un pays ou d’une région (via la production, la dépense ou le revenu), la première méthode (approche par la production) est utilisée pour des raisons pratiques. Selon cette technique, on additionne toutes les valeurs ajoutées issues des comptes de résultats fournis par les entreprises, et les administrations publiques.

Le PIB approche donc l’activité, la non-oisiveté, la neg-otium en latin, le négoce, par la valorisation que fait le client de ce que propose l’entreprise en abandonnant son argent. Cette première approche est la valorisation de ce qui est vendu, par la dépense que fait le client à la fois pour l’entreprise et pour l’État. Pour l’entreprise c’est la valeur ajoutée, ce qu’elle touche de l’extérieur moins ce qu’elle a payé à l’extérieur; pour l’État c’est la TVA moins ce qu’il a donné en subventions.

Le PIB calcule donc la somme des monnaies que les clients apportent à l’entreprise en échange de son travail, somme à répartir entre l’entreprise et l’État, et à l’intérieur de l’entreprise entre salariés et actionnaires. On cherche vainement comment ce simple échange peut être vu comme une création de richesse.

Deuxième manière Insee, troisième Wikipédia

Le PIB est égal à la somme des emplois finals intérieurs de biens et de services (consommation finale effective, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les importations.

Wikipédia fait son premier déblayage sur sa page comptabilité nationale :

PIB = CF+ FBCF + (X-M), avec CF la consommation finale, FBCF la formation brute de capital fixe (l’investissement), X les exportations et M les importations.

et une étude plus poussée sur sa page PIB :

Composantes vues sous l’angle des dépenses

Le PIB est égal à la somme des emplois finaux intérieurs de biens et de services, c’est-à-dire : la consommation finale effective (CF), l’investissement (formation brute de capital fixe (FBCF)) et les variations de stocks (VS). Cette définition se déduit de l’égalité comptable entre les ressources de l’économie (PIB) et les emplois qui sont faits de ces ressources.

En situation d’autarcie, on a (équilibre Ressources – Emplois) :

PIB = CF + FBCF + VS

Dans une économie ouverte les importations (notées M) s’ajoutent aux ressources, les exportations (notées X) aux emplois, si bien que la relation ci-dessus devient :

PIB + M = CF + FBCF + VS + X

La dernière relation peut se réécrire :

PIB = CF + FBCF + VS + X – M

Ou, en omettant les variations de stock et en développant la consommation finale :

PIB = C + G + I + (X – M)

Consommation (C)

Investissements (I)

Dépenses publiques courantes (G)

Exportation (X)

Importation (M)

Là c’est l’approche du négoce par l’argent dépensé, la consommation finale comme l’investissement n’étant que des dépenses. Le rajout des exportations qui sont des ventes moins les importations qui sont des achats, est farfelu. Analysons-le.

Observons d’abord qu’une augmentation de stock est comparable à une importation et une diminution de stock à une exportation. On pourrait même appeler exportation toute transformation de nature en monnaie et importation toute transformation de monnaie en nature. Observons donc « en même temps » la gymnastique sur l’import-export et la non gymnastique sur les stocks toujours appelés simplement « variations de stock » sans jamais dire dans quel sens. Est-ce un export ou un import ? Mystère !

Wikipédia nous donne involontairement la clé du mystère en écrivant :

En situation d’autarcie, on a (équilibre Ressources – Emplois) :

                         PIB = CF + FBCF + VS

Dans une économie ouverte les importations (notées M) s’ajoutent aux ressources, les exportations (notées X) aux emplois

                        PIB = C + G + I + (X -M)

Dans la première équation, le PIB est vu comme une ressource et la consommation et l’investissement comme des emplois.  On parle donc en monnaie. VS est une augmentation de stock.

Dans la seconde équation on a rajouté des ressources en nature à des ressources en monnaie, ce qui est aussi stupide que d’additionner des achats et des ventes. On ne sait plus si le PIB est en nature ou en monnaie. On comprend qu’ils « omettent » les variations de stocks dans la formule PIB = CF + FBCF + VS + X – M car quand VS est derrière CF + FBCF, c’est une augmentation de stock et quand il précède X – M, c’est une diminution de stock.  La variation de stock est incalculable et, au lieu de comprendre son erreur, on la masque en ne parlant jamais que de variations de stocks sans jamais en préciser le sens. Cette formule est fausse et surtout elle ne veut absolument plus rien dire.

La seule formule juste est celle qui parle en monnaie de ce qui est dépensé :

PIB = CF + FBCF = C + G + I

Troisième manière de l’Insee et deuxième de Wikipédia

Le PIB est égal à la somme des emplois des comptes d’exploitation des secteurs institutionnels : rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions, excédent brut d’exploitation et revenu mixte.

Wikipédia fait son décryptage en remettant en ordre les éléments cités, ce qui permet de voir la supercherie.

PIB = RS + EBE + RMB – SUBV + IP, avec RS la rémunération des salariés, EBE l’Excédent brut d’exploitation, RMB les revenus mixtes bruts, SUBV les subventions et IP les impôts sur la production (liés à la production et aux importations).

Là c’est un vrai bras d’honneur que nous font l’Insee et Wikipédia  qui partent du principe que tout le monde s’en moque et que personne ne regarde de près ce dont on parle. C’est une répétition pure et simple de la première définition en mélangeant les différents termes de l’addition et en les représentant différemment. La définition de la valeur ajoutée (VA) est justement l’excédent brut d’exploitation (EBE) plus la rémunération des salariés (RS) plus la rémunération des dirigeants non-salariés (RMB). Wikipédia l’explique dans sa page comptabilité nationale :

EBE= PIB – Salaires – Impôts (production + produit) + Subvention (exploitation + produit).

Cette dernière définition n’est donc qu’une répétition de la première. Il n’y a donc que deux définitions du PIB toutes les deux chiffrées en monnaie, l’une chiffrant ce qu’il y avait à vendre, l’autre chiffrant la monnaie dépensée pour acheter.

Quiconque vient dire ou écrire que le PIB nous enrichit et, qu’à cause de cela, nous sommes un pays riche capable d’être généreux et même devant l’être, est trompé s’il est de bonne foi et délictueux s’il ne l’est pas.

Faire croire que le PIB est le chiffrage d’une production de richesses permet, grâce à la fausse monnaie légale que les banques ont maintenant le droit de fabriquer, de faire croire que les machines des entreprises créent continuellement des richesses et que, si nous votons bien, nos élus, quels qu’ils soient, pourront faire de nous des nababs aussi généreux qu’intelligents. Nous pourrons alors nous entredéchirer parce que nous nous verrons mutuellement ni assez intelligents ni assez généreux ou trop généreux et trop bêtes, du moment que nous continuerons à consommer et à voter.

On ne peut être réaliste, quel que soit le sujet, si l’on croit vivre en un lieu où coule la corne d’abondance. Tant que nous croirons au PIB créateur de richesses, nous ne serons raisonnables sur aucun sujet car tout sera faussé. Apprenons au moins à sourire quand ils financent tout, à droite comme à gauche et au milieu, avec des pourcentages de PIB.

Les entreprises créent-elles de la richesse ?

En ces moments très particuliers où un prétexte sanitaire met au jour les maux profonds de notre société en fabriquant des peurs pour des raisons provisoirement mal connues, il est encore trop tôt pour analyser le pourquoi de cette pandémie de la peur, quels qu’en soient ses créateurs et quelles qu’en soient leurs motivations. Tester la passivité des peuples est une hypothèse désagréable parmi d’autres. Mais c’est sans doute le moment de se reposer les questions fondamentales dont les réponses seront nécessaires à la construction de demain. Chacun en effet s’accorde à dire une fois de plus que rien ne sera plus comme avant et il n’est pas exclu que cette fois-ci soit la bonne. L’une des questions les plus importantes est de solidifier ou d’invalider la croyance bien installée que ce sont les entreprises qui créent les richesses.

Pour y répondre il faut dans un premier temps cerner la notion de richesse que tout le monde croit connaître et qui n’est pas si simple. La richesse est ce qui plait et qui est reconnu par d’autres comme plaisant. C’est le beau, vu par l’œil ou entendu par l’oreille, c’est le bon, senti par le nez ou goûté par la bouche, c’est l’agréable ressenti par la main et c’est le bien désiré par l’esprit. C’est tout ce que nous aimons collectivement sans savoir si cette attirance est objectivement raisonnable. Cette notion de collectif est essentielle dans l’approche de la richesse et le « nous » était important quand le président du Mali Amadou Toumani Touré disait « On nous dit pauvres, nous sommes riches de la famille ». La richesse n’est qu’un regard collectif positif sur un objet, une idée ou une réalité. Etant un regard, la richesse est subjective mais devient presque objective lorsqu’il y a accumulation de regards identiques. L’aspect collectif de la richesse se retrouve dans son étymologie, le mot franc riki qui veut dire puissant et qui a donné le mot français agréable riche et le mot allemand moins agréable en France, reich.

Il est indéniable que les entreprises produisent des biens ou des services mais qu’est-ce qui fait que leurs productions soient des richesses et non des déchets ? Quelle différence y a-t-il entre une bouse et du lait, tous deux productions de la vache ? Une vache qui ne créerait que des bouses serait-elle une entreprise qui crée de la richesse ? Assurément non. Ce qui transforme la production en richesse, c’est le client et c’est le jardinier qui peut transformer le crottin en richesse. C’est uniquement si un client achète la production qu’elle devient richesse. Sans cet achat, sans cette dépense, pas de richesse, pas de valeur ajoutée, pas de chiffre d’affaires, pas de PIB.

Certes il y a des richesses qui existent sans que leurs clients ne payent avec de la monnaie officielle. Une mère achète avec des bisous, sa monnaie très personnelle, le dessin de son bambin qu’elle voit évidemment comme une richesse. Mais si le dit bambin produit sans arrêt des dessins, sa mère cessera sans doute de n’y voir que de la richesse et cessera de distribuer autant de bisous. Les dessins du bambin cesseront d’être une richesse, y compris pour lui-même avec l’âge.

C’est pour éviter cette dévalorisation de bon sens de la production qui s’est emballée avec l’introduction des machines, que la troïka politique université médias a depuis 50 ans inventé un véritable truc pour valoriser artificiellement la production des entreprises et faire croire que ce sont systématiquement des richesses. Alors qu’il était imprimé sur les billets de banque que la fausse monnaie emmenait encore au bagne à perpétuité après avoir emmené longtemps à la mort par ébouillantage puis à la guillotine, les Politiques ont légalisé la fausse monnaie quand elle était fabriquée par les banques et ils ont donc donné aux banques le pouvoir de décider que les entreprises créent des richesses puisqu’elles vendent leurs productions grâce à la fausse monnaie créée. La fausse monnaie permet d’investir pour produire, et de vendre pour faire croire que la production est une richesse. Le futur paiera. Les universitaires ont inventé pour ce faire une monnaie qu’ils ont appelée fiduciaire, fondée sur la confiance dans l’avenir et plus sur des réalisations du passé comme l’avaient été toutes les monnaies jusqu’alors. Les médias se sont chargés de convaincre le peuple que la vie était facile grâce à la fausse monnaie.

La fausse monnaie ne coûtant quasiment rien (quelques clics d’ordinateur), elle a tout faussé partout. Elle a permis d’acheter des machines de plus en plus sophistiquées qui produisent de plus en plus et vont demander encore plus de fausse monnaie pour que leurs productions soient toujours considérées comme des richesses. La fausse monnaie à fait s’épanouir le monde de la publicité qui a abandonné la réclame qui était une réponse à un désir préexistant pour s’engouffrer dans la création artificielle culpabilisante du désir de consommer. Les médias ne vivent aujourd’hui quasiment que de la fausse monnaie que les publicitaires leur donnent après l’avoir pris aux entreprises, pour qu’ils créent des désirs de consommation. Ces désirs sont satisfaits par un peu de bonne monnaie venant du travail  dans les entreprises, et par beaucoup de fausse monnaie, récupérée sur les entreprises ou distribuée avec intérêt par les banques.

Comme le système est par définition imbécile et intenable, ceux qui ont le pouvoir (le riki, les riches, le reich) ont abandonné l’idée fondamentale depuis toujours qu’une monnaie doit être adossée à une richesse préexistante depuis la plume d’oiseau rare, le grain de sel ou de blé, l’argent ou l’or. Ils ont inventé la monnaie fiduciaire adossée à la confiance, disent-ils, et en fait à la croyance en des lendemains qui chantent tous seuls.

Le résultat est évidemment catastrophique  et le pouvoir (le riki, les riches, le reich) est obligé de faire le grand écart entre la fuite en avant de toujours plus de fausse monnaie pour ne pas prendre conscience de l’impasse dans laquelle il s’est mis, et une récupération par tous moyens sur les entreprises et sur les peuples d’un argent qui a déjà été dépensé pour faire du PIB mais que l’on va considérer comme un produit que l’on peut utiliser une deuxième fois. C’est comme si le maire d’un village constatait d’abord qu’au marché du dimanche sur la place, il avait été vendu pour 10.000 € de marchandises (son PIB), puis mettait tranquillement ces 10.000 € comme ressources de son prochain budget. C’est exactement ce que la troïka fait en faisant des ratios sur PIB et en créant évidemment des myriades de réactions naturelles, toutes appelées dédaigneusement populismes.

Le fossé se creuse entre le pouvoir (le riki, les riches, le reich) qui est totalement perdu et qui s’affiche de plus en plus ridicule en faisant semblant de tout maîtriser et les peuples qui subissent leur morgue et leur incompétence. Tout ce que le pouvoir sait faire c’est tenter de recréer l’esclavage en créant « en même temps » une journée de l’abolition de l’esclavage. Il recrée l’esclavage dans l’espace qu’est le mondialisme, l’esclavage dans le temps qu’est la dette et il tente de créer l’esclavage ici et maintenant par l’immigration, le chômage et la paupérisation des classes moyennes. Les seuls qui ne s’en tirent pas trop mal, hors la troïka, sont les kapos du système que sont l’administration et les artistes quand ils sont suffisamment louangeurs par leur silence.

Détruire d’un coup l’économie par un confinement irresponsable, ne pourrait-il pas être la façon la plus discrète d’affronter enfin la réalité qui nous rattrape grâce à un bouc émissaire inespéré ?

Quand des demeurés croient que l’énergie monétaire peut remplacer l’énergie humaine

Etre demeuré ne veut pas dire du tout être un imbécile. C’est rester dans un mythe et refuser la réalité trop dérangeante. C’est être au sens propre mythomane et prendre demeure dans le mythe en y croyant dur comme fer et souvent de bonne foi. Cela fait un demi-siècle que nos dirigeants, quelle que soit leur couleur du moment, jouent avec l’énergie humaine et l’énergie monétaire en manipulant la seconde parce qu’ils sont incapables d’organiser la première. Ils sous-traitent aux entreprises la totalité de leur devoir d’organisation de l’énergie humaine, de celle de leurs compatriotes. Au lieu de simplement se féliciter quand les entreprises allègent leur problème, ils ont l’audace d’appeler chômage leur incompétence en maugréant sur l’inaction des entreprises. Imagine-t-on le chômage dans une famille ou une tribu ? Va-t-on s’y lamenter ou agir ? Pourquoi le chômage existe-t-il quand quelqu’un qui s’est voulu responsable de la collectivité s’appelle un Politique ? Malheureusement sans doute parce que les médias le répute inéluctable et l’université structurel. Malheureusement aussi parce que nous sommes facilement des moutons façonnés par les Politiques, les médias et l’université. Malheureusement encore parce que tout ce beau monde en est resté en 1848 lorsque l’échec des ateliers nationaux est venu de l’addition d’une organisation hâtivement militaire et d’une ignorance de ce qu’il y avait à faire en en arrivant même à couper des arbres pour les replanter, préfigurant Keynes qui faisait creuser des trous pour les reboucher. L’échec des ateliers nationaux est surtout venu de l’incapacité générale à mettre en simple concurrence le public et le privé comme s’il fallait choisir entre capitalisme et socialisme au lieu de les mettre tous deux à l’œuvre sur les mêmes sujets pour comparer leur efficacité. Quand cette concurrence s’est faite entre sociétés nationalisées et sociétés privées, elle s’est limitée malheureusement à de grosses unités qui ont toutes limité leurs buts à la satisfaction des sources d’énergie monétaire. Cela avait pourtant donné un temps Renault et Peugeot, BNP et Rothschild et la concurrence était émulatrice. Mais en s’appelant entre eux droite et gauche et en appelant populistes tous ceux qui ne rentrent pas dans leur moule, le trio Politiques média université est resté dans sa quasi totalité un trio de demeurés qui se décharge à nouveau totalement de son devoir sur le privé.

Si l’on remplace monarchie par capitalisme, république par socialisme, et ateliers nationaux par chômage, le discours de Victor Hugo à l’assemblée en 1848 est saisissant d’actualité :

« Les ateliers nationaux sont (le chômage est) un expédient fatal. Vous avez abâtardi les vigoureux enfants du travail ; vous avez ôté à une partie du peuple le goût du labeur, goût salutaire qui contient la dignité, la fierté, le respect de soi-même et la santé de la conscience. A ceux qui n’avaient connu jusqu’alors que la force généreuse du bras qui travaille, vous avez appris la honteuse puissance de la main tendue ; vous avez déshabitué les épaules de porter le poids glorieux du travail honnête, et vous avez accoutumé les consciences à porter le fardeau humiliant de l’aumône. Nous connaissions déjà le désœuvré de l’opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie (le capitalisme) avait les oisifs, la République (le socialisme) aura les fainéants. »

En 2020,  comme rien ne marchait et pour tenir encore un moment, ils sont tous passés à la vitesse supérieure. Sous prétexte d’un virus dont les Américains et les Chinois se rejettent la paternité et qui fait infiniment moins de morts qu’au moins une dizaine d’épidémies saisonnières depuis la guerre comme le montre le graphique de l’INSEE insuffisamment connu, ils arrêtent volontairement l’usage de l’énergie humaine en reprenant au langage carcéral le mot de confinement, et ils pensent tout compenser en faisant travailler l’énergie monétaire qu’ils pensent savoir créer.

Bruno Le Maire, suffisamment intelligent pour être Normalien, Agrégé de lettres et Enarque, suffisamment honnête pour avoir démissionné de la fonction publique quand il s’est lancé en politique, suffisamment courageux pour avoir affronté Eric Zemmour sans l’insulter, suffisamment rusé pour devenir ministre et suffisamment pragmatique pour le rester, a publiquement démontré qu’il était demeuré au micro d’Europe 1, le jour du jeudi saint. Il a tenu à prendre avec lui l’ensemble du gouvernement avec un nous qui n’était pas de majesté mais un nous de récupération de tous les demeurés de son entourage. Il pense, peut-être à raison, que tous les membres du gouvernement et celui qui les a nommés, sont des demeurés comme lui. Observons que ses mots affirment et justifient deux erreurs fondamentales : une mauvaise analyse du problème et une fausse solution imposée. Une phrase résume parfaitement les deux :

« Contre la crise, nous avons choisi la dette, le seul choix responsable. »

Le problème se résume pour lui à « la crise » sans envisager un seul instant qu’elle vient justement de ce que ses prédécesseurs et lui ont choisi de façon totalement irresponsable la dette comme solution miracle de tous les problèmes. Quelques phrases de son interview éclairent son raisonnement qui est celui que Politiques, médias et université cherchent à nous instiller depuis un demi-siècle

« Ce que nous faisons, c’est du financement par la dette, c’est un choix responsable et nécessaire qui va éviter une catastrophe sociale et économique à la France mais ça ne peut être qu’un choix provisoire. »

Pour croire éviter la catastrophe et se dire responsable, les deux mots clé sont financer et provisoire. Financer veut dire assurer un paiement et la phrase de Bruno Le Maire dans son ensemble est qu’une assurance provisoire est nécessaire. Mais il n’y a pas d’assurance sans prime d’assurance qui seule, par sa multiplicité, permet sa redistribution partielle à quelques-uns. Nous oublions trop facilement qu’une assurance n’est qu’une redistribution à quelques-uns de l’argent de tous après ponction des répartiteurs. « L’assurance paiera » veut simplement dire qu’en répartissant la charge, elle sera moins pesante, ce qui est une évidence.

Tant que la monnaie était en elle-même une richesse comme l’or ou l’argent, l’investissement était une dépense qui était en même temps prime d’assurance. La dépense était soit perdue soit assurée par tous les autres investissements qui rapportaient ce que l’on appelle un retour sur investissement. Les investisseurs s’assuraient entre eux et la somme des retours sur investissements était égale à la somme des investissements perdus, ce qui n’était qu’un transfert de richesse. Ces transferts étaient limités par la rareté de la monnaie, richesse déjà reconnue que l’on ne dépensait pas facilement.

La déconnection de la monnaie de toute richesse préalablement reconnue a complètement changé le rapport entre la monnaie et la richesse. Ne sachant plus ce qu’est la monnaie, nous n’allons plus savoir ce qu’est la richesse qui la sous-tend. Ecoutons Bruno Le Maire :

« La dette va atteindre 112% de notre richesse nationale. »

La précision du 112 % permet de comprendre que notre ministre a donné ce jour-là au PIB le nom de richesse nationale. Sa langue a fourché car d’habitude il considère, comme l’ensemble du trio Politiques média université, que le PIB est la création annuelle de richesses à se partager. La réalité est que le PIB est la somme de toutes nos dépenses publiques et privées sur un an. La dette va donc atteindre 112 % de ce que nous dépensons déjà chaque année. Cela ne gêne pas notre trio qui a déjà encensé le traité de Maastricht, accepté par l’émotivité des Français par 49 % des votants contre 47 % qui l’ont refusé. Ce traité aberrant précise que l’on peut dépenser chaque année 3 % de plus que ce que l’on a déjà dépensé l’année d’avant, ces 3 % étant arrivés sur un bout de table lors d’un « orage de cerveaux » de l’équipe de Mitterrand. Ce même traité permet très curieusement d’emprunter jusqu’à 60% de ce que l’on dépense chaque année. Imagine-t-on une famille s’organiser sur de telles stupidités ? Aujourd’hui dans l’Union européenne, dépenser toujours davantage c’est faire davantage de PIB, donc pouvoir dépenser encore davantage et emprunter toujours davantage pour y arriver. Inutile de dire que la limite de 60 % est mathématiquement impossible à tenir et qu’avant covid 19 nous étions déjà à 100 % et que nous allons être à 112 %. Faire croire que le PIB est une création de richesses permet de tenir un moment mais nécessite l’arrivée de l’autre mot clé, le mot magique provisoire. Ecoutons Bruno Le Maire :

«Nous devons dès que possible et dès que l’économie va redémarrer, réduire cette dette

On arrive à sa solution. C’est l’économie qui va redémarrer comme n’importe quelle créature ; elle va créer des richesses qui nous serviront à rembourser et faire enfin baisser la dette qui ne s’est jamais arrêtée de monter en dépit de sa pseudo-limite à 60 % du PIB. C’est là où les Politiques ont besoin des médias et de l’université pour faire croire au peuple qu’on s’enrichit en dépensant, que l’argent peut tout mais qu’il n’est pas une énergie, qu’en s’approchant du précipice il est à la fois urgent et intelligent de faire un grand pas en avant. Pour ce faire le trio va intervenir, soutenir, investir, toujours avec la fausse énergie monétaire créée par les banques. Ecoutons monsieur le ministre :

« Intervenir et soutenir Air France. Faire en sorte que ce qui est un fleuron industriel français et un symbole aussi, une compagnie aérienne que tout le monde connaît, puisse être soutenue en temps voulu et se redresser rapidement

Air France est aussi à ses yeux une  créature qui va se redresser. C’est le redémarrage de l’économie qui va permettre à Air France de se redresser.

« Investir parce que le grand risque est que l’entreprise n’investisse pas suffisamment à la sortie de la crise. »

Tout est dans l’utilisation de l’énergie monétaire et jamais en utilisant l’énergie humaine que ces ânes bâtés d’entreprises ne savent pas utiliser d’après Bruno Le Maire en n’utilisant pas assez l’énergie monétaire. Anes bâtés est à prendre au sens propre car comme les entreprises sont les seules à avancer, le trio les a chargées d’un bât de plus en plus lourd pour pouvoir continuer à exister sans se remettre en question. Les entreprises, en devant leur donner une partie d’un bénéfice qui n’est jamais que récupération partielle de la richesse du client, plient sous le poids du trio qui veille à ce que les banques soient remboursées avec intérêt de l’argent qu’elles ont fabriqué d’un clic pour le prêter.

La vision est claire : relancer l’économie par la dette puis, grâce à la richesse produite, rembourser progressivement la dette. Relancer l’économie, créer des richesses, rembourser les dettes est le trépied de la mythomanie actuelle où l’on utilise trois verbes actifs, relancer, créer et rembourser, verbes que l’on résume par les deux verbes emprunter et investir, les deux mamelles de la mythomanie.

Il faut comprendre que ce fantasme est né au départ d’une observation parfaitement juste des grandes foires champenoises du XIIIe siècle dont l’activité traduisait réellement la prospérité de la province. Le troc des fruits de l’énergie humaine, en utilisant pour simplifier les échanges, la richesse unanimement reconnue qu’est l’or, montrait par la simple existence de cet échange que les fruits de l’énergie humaine étaient adaptés aux besoins. Compter l’or échangé, c’était à l’époque chiffrer l’utilité de la dépense d’énergie humaine, c’était le PIB que le trio voudrait nous faire croire avoir été inventé au XXe siècle.

Mais en fabriquant des monnaies qui n’ont plus rien à voir avec des richesses préalablement reconnues et en leur faisant remplacer l’or, le négoce n’est plus du tout signe de prospérité. Il n’est plus que fuite en avant. Le négoce est devenu un échange aberrant entre d’un côté, des marchandises de surproduction de machines payées très cher avec de la fausse monnaie, et de l’autre, une fausse monnaie qui vient faire croire que la surproduction est une production de richesses. La fausse énergie monétaire s’échange avec elle-même en étant en plus utilisée à calmer l’inaction de l’énergie humaine. Donc la dette monte inéluctablement et indéfiniment, ne pouvant jamais être remboursée puisqu’elle ne pourrait l’être que par l’énergie humaine que le trio confine ou néglige.

Bernanos écrivait en 1936 « L’homme de ce temps a le cœur dur et la tripe sensible ». Près d’un siècle plus tard tout cela a demeuré et l’homme de ce temps a simplement rajouté deux choses : il a rajouté à l’homme « et la femme » pour satisfaire Marlène et il a rajouté « le cerveau délavé » au cœur dur et à la tripe sensible pour en arriver à confier notre avenir à des demeurés.

Le seul espoir c’est que le trio est demeuré en 1848 et qu’il s’est passé des choses cette année-là.

Réflexion sur le libre-échange

Le libre-échange est la base de l’économie pour toute personne qui s’intéresse à la vie des nations et qui n’est pas protectionniste, mais les Libéraux, sans doute influencés par le nom qu’ils se sont donnés, n’ont plus vu que le mot libre en oubliant le mot échange.

L’échange est pourtant la base de toute vie en commun sachant que cette communauté peut être aussi bien dans le temps que dans l’espace. La communauté dans l’espace est le regroupement de gens qui se ressemblant, se sont assemblés et ont créé ensemble une civilisation et des nations. Ces communautés partagent des mœurs communes. La communauté dans le temps est simplement la simultanéité d’existences de communautés aux mœurs inconnues les unes des autres. Les échanges y sont fondamentalement différents car dans un cas il y a des valeurs communes connues et dans l’autre, si elles existent, ces valeurs communes sont totalement inconnues. Si l’on veut des exemples de ces deux types d’échange, on peut regarder ce qui se passe dans une famille et comment cela s’est passé entre Christophe Collomb et les Indiens d’Amérique qu’il voyait aux Indes et dont le territoire a été appelé America sur le planisphère de 1507 en l’honneur d’Americo Vespucci (Aymeric en français) qui le premier à compris que c’était un nouveau continent. Dans un cas l’échange est du troc, dans l’autre l’échange dépasse l’échange des avoirs et est un échange des êtres. Cela n’a rien à voir. Entre nations l’échange est du troc. A l’intérieur d’une nation l’échange cherche à se rapprocher de l’échange familial.

La monnaie a été utilisée dans les deux types d’échange mais elle n’a pas eu la même utilité.

A l’intérieur des nations la monnaie n’est apparue que parce que certains oubliaient de rendre quand on leur avait donné. La monnaie à l’intérieur des nations est donc un titre de créance sur n’importe quel membre de la nation car elle représente un travail qui est à la fois déjà effectué et utile à la nation. C’est ce qui en limite la quantité. C’est la collectivité qui cherche son euflation, sa bonne quantité de monnaie, ni inflation où il y en a trop, ni déflation où il n’y en a pas assez. Elle ne peut confier la réponse à cette recherche qu’à elle-même, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où la fausse monnaie légale se fabrique à la pelle pour la satisfaction des fausses élites.

Entre nations les monnaies ne sont que des conséquences puisque le fondement est le troc. C’est en chiffrant de part et d’autre avec sa propre monnaie, les deux tas de biens et de services considérés de part et d’autre comme équivalents, que l’on déduit la vraie parité des monnaies. Mais les nations se moquent de la vraie parité des monnaies. Elles trichent en appelant libre-échange un échange non plus entre des biens et des services mais entre des biens et des services d’un seul côté et de la monnaie de l’autre. Elles appellent ces échanges import et export, elles se soumettent à l’Office Mondial du Commerce (OMC) en effaçant l’Office International du Commerce (OIC) qui exigeait dans la Charte de La Havane, signée par tous les pays en 1948, que l’import et l’export s’équilibrent. Avec l’OMC unanimement encensé par les Socialistes et les Libéraux, on échange librement des biens et des services contre de la fausse monnaie légale. Le résultat est que des pays comme la Chine ou l’Allemagne se trouvent créanciers de pays comme les Etats-Unis, la France ou l’Espagne et que le troc se rétablit automatiquement par un abandon de la souveraineté des débiteurs. La réaction des débiteurs peut être la violence et le chantage comme le font les Etats-Unis ou la soumission comme le fait la France ou la Grèce. Dans tous les cas le bon sens est absent et il est navrant de voir les malheureuses banques allemandes incapables de récupérer sur les pays de l’Europe du sud, les milliards qu’elles leur ont prêtés pour que ces pays achètent allemand. En arriver à ce que le port du Pirée ou l’aéroport de Toulouse soit des possessions chinoises, montre bien que la fausse monnaie légale permet d’oublier que seul le troc est valable entre nations et qu’il se reconstitue naturellement par un abandon de soi-même quand on l’a oublié.

Les Libéraux comme les Socialistes l’ont tous oublié. Ils nous entraînent ensemble, tout en faisant semblant de discutailler entre eux, vers un abandon de nous-mêmes. C’est la très saine réaction à cet abandon inacceptable, qui se génère partout actuellement.