Que faire ?

Dans un monde où l’émotion domine la raison et où la réflexion a de moins en moins sa place, emportée par le triomphe de l’immédiateté, nombreux sommes-nous à nous demander comment réagir.

Lorsque des blocs de pierre se sont détachés de la montagne et bloquent une route, nous savons tous qu’il est inutile de savoir quel chemin prendre avant d’avoir fait sauter les blocs de pierre qui l’obstruent. Pourtant nous avons du mal à prendre conscience que deux énormes blocs nous empêchent de voir le chemin que nous devons choisir et nous poussent soit à fantasmer une route, fruit de notre imagination, soit à attendre que le ciel dégage la route, ce qu’il fait rarement tout seul.

Il faut d’abord faire sauter ces deux blocs.

Le premier bloc est l’ochlocratie, le gouvernement par la foule, qui n’a rien à voir avec la démocratie, le gouvernement par le peuple. La foule est émotive, le peuple est raisonnable. Le peuple est responsable, la foule ne s’intéresse pas aux conséquences et ne vit que dans l’immédiateté. Le pouvoir aujourd’hui appartient à un triumvirat politique, universitaire et médiatique qui s’est unanimement couché devant la foule et qui a la lâcheté et l’audace de l’appeler le peuple. L’université accueille n’importe qui, elle ne sait pas quoi faire de cette foule et elle n’en fait rien, si ce n’est lui transmettre un peu de son autosatisfaction en se couchant devant elle et en lui donnant des médailles qui ne servent à rien. Les Politiques ont décrété que l’ochlocratie était la démocratie en instituant le suffrage universel qui nie la vérité première qu’il n’y a pas de responsabilité sans risque. Les médias ne pensent qu’à leurs annonceurs et aux politiques qui les font bien vivre par leurs publicités et leurs subventions. Tous ont un besoin de nombre et en aucun cas de qualité. Depuis 50 ans les trois compères baissent la qualité pour avoir du nombre, et comme le peuple résiste et a tendance à les abandonner, ils baissent encore chaque année davantage la qualité pour avoir du monde. L’ochlocratie règne tellement que le peuple a même dû se déguiser en foule avec gilets jaunes pour se faire remarquer. L’ochlocratie n’ayant comme principes que l’émotion et l’immédiateté, elle s’achète très facilement. C’est ce que fait le triumvirat avec une belle conscience professionnelle.

Ce premier bloc est tellement stupide qu’il devrait normalement exploser tout seul mais c’est là où le second bloc intervient pour lui donner du répit.

Le second bloc, né de l’abandon du lien en 1971 entre les monnaies et l’or, est de faire croire à la foule qu’une corne d’abondance nous est née, que la monnaie n’a plus l’énergie d’un ressort comprimé par les réussites passées du peuple qui utilise cette monnaie, mais que son énergie lui vient des réussites imaginaires futures dont la quantité est évidemment sans limites puisque fantasmée. Le peuple sait très bien qu’on se moque de lui mais la foule est ravie par cette corne d’abondance imaginaire, par cette monnaie hélicoptère qu’elle n’arrête pas d’attendre. Elle lui permet de se scandaliser de ne pas recevoir sa juste part. On a appelé cette corne d’abondance un produit, le PIB, on l’a chiffrée par toutes nos dépenses passées et on a convaincu la foule que ces dépenses passées étaient sa richesse future. Le triumvirat y a tellement intérêt qu’il utilise la sémantique pour mieux convaincre. Dire que le PIB est un produit ne suffit pas, il va parler de la valeur ajoutée des entreprises alors qu’elles ne produisent que dans le but de faire circuler l’argent et de répartir l’argent de leurs clients entre leurs salariés, leurs fournisseurs, leurs actionnaires et l’État. On voit mal où se cache la valeur ajoutée. L’argent ne vient évidemment que de l’emprunt, que de la fausse monnaie légale que fabriquent les banques sous l’œil bienveillant du triumvirat. Les banques savent que les grands emprunteurs ne remboursent leurs emprunts qu’en empruntant davantage. Elles ont créé cet argent sans aucune bonne raison et elles se contentent de bien vivre sur les intérêts qu’elles touchent effectivement en attendant l’explosion.

L’ochlocratie ne tient que par la fausse monnaie légale qui ne tient que par l’ochlocratie. Ceux qui disent vouloir agir se divisent en deux groupes. Ceux qui vivent de l’ochlocratie et de la fausse monnaie et qui s’agitent pour inventer de fausses solutions à de faux problèmes ; et ceux très minoritaires qui savent qu’un problème doit être étudié avant d’être résolu et que rien ne peut être sérieusement étudié avant d’avoir fait sauter les deux blocs qui paralysent tout en faussant nos regards.

La mise au pas du peuple par la fausse monnaie légale

Le premier mal contemporain est de croire à l’abondance gratuite et à l’efficacité permanente de la monnaie. Il nous vient de l’oubli que la monnaie est un vecteur d’énergie humaine préalablement et utilement dépensée. L’efficacité apparemment gratuite de la monnaie est un drame économique permanent car elle est fondée sur le rêve que quelque chose peut exister sans une cause en amont. Nous allons constater que cette efficacité faussement gratuite permet aussi, par une débauche de fausse monnaie, de réinventer l’esclavage en vantant son abolition, de démolir l’Europe en prétendant la construire, d’affaiblir la coopération au profit de la compétition, donc d’affaiblir la paix au profit de la guerre. Elle permet malheureusement aussi de rendre crédibles tous les fantasmes et arrogantes toutes les minorités. Elle donne enfin les rênes à une classe politico-médiatique complètement idéologisée, uniquement capable d’édicter des interdictions et des obligations sous couvert de sa propre morale à géométrie variable, pour se convaincre elle-même, aux frais du peuple et sans aucune chance de succès, que son idéologie la conduit sur la bonne voie. La réalité est que cette fausse élite a perdu toute idée de cohérence globale et ne se passionne que pour savoir comment tenir encore un moment. Emmanuel Macron est le porte-drapeau de la contradiction ambulante du « en même temps » qui essaie de ratisser large en partant dans tous les sens au mépris des trois essentiels qui sont et resteront la cohérence, l’harmonie et le sacré.

Tout est d’abord fondé dans l’idéologie dominante sur le fantasme de la création de richesse qui nous permet de nous croire Superman, ce qui est très agréable. Pendant que les machines produisent en continu en gaspillant les matières premières, on fabrique de la fausse monnaie pour que cette production soit achetée et donc apparemment transformée en richesse. Mais si cette richesse apparait vraie à son propriétaire tant qu’on ne lui a pas reprise ou tant que son jouet n’est pas cassé, elle est macro-économiquement aussi fausse que la monnaie qui l’a constatée. L’inflation monétaire permet de croire à ce que le système veut que nous croyions tous : les machines ne produisent pas des productions, elles produisent des richesses. Il se produit alors un double équilibre. Un équilibre du rêve dans lequel on plonge la population et où il devient évident, bien que complètement faux, qu’il suffit qu’une production soit désirée pour qu’elle devienne richesse grâce à la monnaie-dette. C’est comme cela que l’on bétonne un pays pour qu’il se croie riche. Mais pour que ce faux équilibre puisse tenir, un autre équilibre beaucoup plus discret et fondamentalement pervers se met naturellement en place comme nous levons un bras quand l’autre porte une charge lourde. L’énergie humaine nécessaire pour que la nouvelle richesse soit vraie, va être trouvée dans le retour insidieux de l’esclavage. D’abord le plus apparemment anodin, l’esclavage dans le temps avec la monnaie-dette qui n’asservit que le futur, que les générations suivantes. On a le temps, on verra plus tard ! On aura créé des richesses et la science résoudra tout ! C’est le retour de la Pythie, du temple de Delphes et des oracles. Puis comme l’esclavage dans le temps est insuffisant, on ressuscite l’esclavage dans l’espace qu’est le mondialisme. Comme c’est loin c’est un esclavage que l’on ne voit pas et qui ne dérange donc pas. Et comme c’est encore insuffisant pour que toutes les productions des machines soient considérées comme des richesses dès qu’elles sont désirées, on est obligé de réintroduire l’esclavage ici et maintenant. Cela se fait par la facilité qu’a la classe politico-médiatique réputée notre élite, à obtenir de l’argent des banques. Cela lui donne des titres de créances totalement indus sur toute la population, ce qui est techniquement une réduction discrète en esclavage. Pour faire passer la pilule de la baisse du niveau de vie, on manipule subjectivement les esprits par les médias avec « la crise » éternellement ressortie et on favorise objectivement l’immigration pour que les autochtones, par crainte du chômage, ne mettent pas de gilets jaunes. Au lieu d’utiliser l’énergie des chômeurs pour le bien commun et pour pouvoir constater leur création de richesses par une fabrication de vraie monnaie, on calme les chômeurs avec de la fausse monnaie, ce qui fait croitre un peu plus la dette mondiale que personne n’envisage sérieusement de rembourser. Cette fuite en avant permanente dans tous les esclavages fait croitre la dette, le mépris des autres civilisations, la paupérisation du peuple et l’immigration. Et comme tout excès en génère toujours un autre à son opposé, la classe politico-médiatique représentée par Jacques Chirac a décrété une journée de commémoration contre l’esclavage quand il le ressuscitait dans le même temps, apparemment sans s’en rendre compte tellement l’électoralisme était son seul métier. Pour que le retour de l’esclavage ne soit pas trop visible, la classe politico-médiatique a aussi créé des Christiane Taubira pour réduire l’esclavage aux temps anciens, aux vilains blancs et aux gentils noirs alors qu’il est malheureusement universel et intemporel.

Si la monnaie était restée ce qu’elle devrait être, aussi parcimonieuse que l’énergie humaine précédemment dépensée pour des résultats appréciés et si possible durables (l’or par exemple), la plupart des dépenses en machines, appelées pompeusement investissements, n’auraient pas été possibles. Mais comme on veut nous faire croire aux organes reproducteurs de la monnaie, les machines, payées par la fausse monnaie légale, consomment les richesses de la Terre et les payent aussi avec de la fausse monnaie. Pour clore le circuit, les acheteurs transforment la production des machines en richesses en les payant encore avec de la fausse monnaie. Les peuples commencent à réaliser sans encore l’exprimer, qu’une fausse élite vit très bien sur le mythe d’un pays de Cocagne et sur la réalité de la résurgence de l’esclavage.

Si le drame actuel de confondre une richesse avec ce que nous désirons, était resté dans l’économie, un simple krach serait suffisant et le dépôt de bilan des banques, une simple anecdote. Mais il ne faut pas oublier qu’une richesse n’est que ce qu’une civilisation trouve beau et bon, comme la justice n’est que ce qu’elle croit bien et vrai. En rendant possible la réalisation de nos désirs réputés richesses, la fausse monnaie nous fait croire que tous nos désirs sont beaux, bons et bien. Elle casse les freins de la morale et de la cohérence de la vie en commun. Tous nos désirs étant maintenant réputés beaux et bons, donc admirables, l’individualisme va triompher et la fausse monnaie va veiller à ce qu’il ne manque pas de moyens. Y résister va devenir ringard. La pente est fatale et elle grignote absolument tout.

La fausse monnaie permet d’affaiblir la coopération au profit de la compétition en considérant le désir adolescent de s’en sortir tout seul, comme une richesse, et le besoin de l’autre comme une faiblesse. Chacun doit être Superman ou Superwoman, identique à tous les autres puisque leur égal. L’égalité n’est plus le respect de la diversité de tous les autres dans leur différence, en utilisant justement les différences pour le bien commun. L’égalité devient la juxtaposition d’individus qui n’auraient besoin de personne et dont les différences doivent être gommées puisqu’ils sont réputés identiques. Il devient scandaleux de vouloir une vraie égalité dans l’interdépendance.  A-t-on encore le droit dans un monde de parité obligatoire, d’observer qu’enceinte n’a pas de masculin et que la première fonction d’un sein féminin est d’allaiter. Dans l’idéologie mondialiste actuelle imposée par le nouveau Big Brother, on peut observer que la femme joue très bien à l’homme pendant que l’homme joue très mal à la femme. Ce qui est sûr c’est qu’ensemble ils ne renouvellent plus la population et qu’ils comptent sur la fausse monnaie pour faire le travail et qu’elle ne le fait évidemment pas. Certains pourront même voir dans la montée de la violence physique chez certains hommes comme de son équivalent chez certaines femmes qu’est l’animosité, le triste résultat d’un futur auquel plus personne ne croit.

La fausse monnaie permet aussi de rendre crédibles tous les fantasmes. Par l’intermédiaire du mythe de la création de richesse, elle fait croire qu’il est possible de faire du profit sans appauvrir quelqu’un d’autre. La redistribution de la richesse produite devient une norme. Emmanuel Macron peut gagner des millions à la banque Rothschild sans que personne ne se demande qui a perdu ces millions. Il a simplement pris sa part de l’extraordinaire richesse qu’il a produite ! Et grâce à la fausse monnaie, personne n’éclate de rire.

La fausse monnaie  permet encore de rendre arrogantes toutes les minorités. Les minorités les plus voyantes, les féministes, les gays et l’islam, rentrent dans notre vie quotidienne par une « fenêtre d’Overton » entièrement payée par la fausse monnaie. Une fenêtre d’Overton est un glissement insidieux, subtil, permanent et qui coûte très cher. Elle nous fait passer de l’impensable au radical, du radical à l’acceptable, de l’acceptable au raisonnable, du raisonnable au populaire, du populaire au politique et du politique à l’obligatoire ou à l’interdit. Pour le voir autrement Daniel Hallin a imaginé une sphère au centre de laquelle se trouve le consensus et en s’éloignant du centre on traverse la controverse pour arriver à la déviance. Par son abondance la fausse monnaie renverse cette approche. Le consensus devient déviance et la déviance consensus. Divorce, IVG, homosexualité sont devenus consensus, et « en même temps » l’homme blanc, le christianisme et l’hétérosexualité descendent la pente. Ils ne sont déjà plus qu’entre le raisonnable et l’acceptable. Certains les voient déjà dans le radical et rêvent de les voir dans l’impensable.

Mais c’est tellement reposant de ne pas voir l’énergie de la monnaie. Cela évite d’avoir à distinguer quand elle est admirable parce qu’elle est vraie, ou destructrice parce qu’elle est fausse. Cela évite de se poser les questions difficiles, et l’on peut se contenter de chercher chez les autres les boucs émissaires de la chute de notre civilisation.

La retraite, entonnoir de tous les problèmes d’une société

La retraite est un résultat et, comme l’étymologie de résultat l’indique (sauter en arrière), c’est par une étude de ce qui précède que l’on peut envisager d’y voir clair.

Or nous vivons dans une société qui, non seulement a perdu ses repères en se contentant puérilement des droits de l’homme (ou malicieusement pour certains voire perfidement), mais s’est organisée sur des erreurs multiples et cumulées, fondées sur des absences de définitions claires de la richesse et de la monnaie.

La confusion entre production et richesse a fait survaloriser les entreprises que l’on bichonne stupidement depuis un siècle tout en leur demandant de prendre en charge la protection sociale du peuple, ce qui n’est en aucun cas leur raison d’être qui est de produire autre chose que des déchets, des embarras ou des problèmes.

C’est l’absence générale de cohérence qui caractérise actuellement notre civilisation et qui génère des idéologies partisanes incohérentes qui s’affrontent sans aucune chance de se comprendre puisqu’elles sont toutes incompréhensibles. Il ne peut y avoir que des alliances de circonstances façon programme commun, rassemblement des droites ou actuellement macronie.

Essayons d’y voir clair dans ce bourbier.

Tout commence par une absence de définition claire de la monnaie. Depuis Aristote on ne parle de la monnaie que par ses utilités (trois selon lui) ou par sa catégorie (signe, marchandise, symbole, contrat, institution) sur laquelle personne n’est d’accord. Depuis deux millénaires on glose sur quelque chose que l’on a renoncé à définir, ce qui autorise à en dire à peu près n’importe quoi. Tentons une vraie définition. La monnaie est un titre de créance sur n’importe quel membre du peuple qui utilise cette monnaie. Faut-il rappeler que monnaie comme monument  vient de moneo forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire ? La cause de la monnaie comme du monument est de se souvenir. Ce souvenir, cause de la monnaie, c’est la création de richesse qui a été faite antérieurement et dont la valeur est constatée par la création de monnaie. La monnaie ne peut donc être qu’une richesse reconnue comme l’or ou l’argent ou que le substitut d’une richesse déjà existante. Toute autre monnaie est une fausse monnaie totalement illicite même si elle est légale. L’euro est la première monnaie dans toute l’histoire de l’humanité à avoir été créé hors cette obligation. Il a été créé pour se substituer à des monnaies qui avaient été déconnectées de toute richesse réelle par un président américain trente ans auparavant.

Le problème est encore compliqué par le fait que la richesse est une notion purement culturelle dont la réalité comme la valorisation ne dépend  que du regard de chaque culture. Par conséquent une société cohérente multiculturelle ne peut pas avoir une seule monnaie; elle doit en avoir autant que de cultures. Dans notre société qui par idéologie veut à la fois être multiculturelle et avoir une monnaie, deux fausses solutions se font jour sans aucun espoir de réconciliation ni de solution de quoi que ce soit. A un extrême la monnaie mondiale qui se veut unique comme le dollar ou les droits de tirage spéciaux du FMI et qui prône une monoculture anglo-saxonne conquérante quoique moribonde. Et à l’autre extrême l’éparpillement des monnaies conceptuelles ou des Systèmes d’Echange Local qui partent de la vraie richesse d’une culture mais qui laisse tous les problèmes collectifs difficiles à la charge d’un système qu’ils combattent. Au milieu l’euro qui, fondé sur le vide, veut jouer au dollar ou les cryptomonnaies qui tentent sans aucune chance de succès d’être à la fois mondiales et multiculturelles.

Alors que faire ?

Seule la cohérence du groupe et sa culture permettent de définir ce qu’est pour lui une richesse, ce qui est vu comme bien, beau ou bon. La cohérence culturelle est à la base de l’approche de la richesse qui elle-même est le regard qu’un peuple jette sur lui-même. C’est le lien fondamental entre la culture et l’économie.

C’est par l’étude des incohérences actuelles que doit débuter le chemin vers la cohérence, tellement nous avons été formatés à les vivre comme normales et même comme évidentes  et non discutables.

L’incohérence de base, mère de toutes les autres, est que les entreprises créent de la richesse.

Une entreprise est un assemblage d’énergies, humaines et monétaires, qui a été constitué pour produire. Mais de même qu’une vache produit du lait, des veaux, des bouses, de l’urine et du méthane, l’entreprise produit des biens ou des services qui peuvent être aussi bien des richesses que des déchets, des embarras ou des problèmes. Ce qu’elle produit est reconnu comme richesse si un client vient s’appauvrir pour l’acheter et donc uniquement si la production peut être transformée en monnaie. C’est en effet le client qui accepte de payer la production plus cher qu’elle n’a couté. Cette différence, appelée comptablement « valeur ajoutée », n’est que la valorisation de l’énergie humaine dépensée pour produire. Le prix de vente de la production est en effet composé de ce qu’il a fallu acheter à l’extérieur pour pouvoir produire, augmenté de la  valeur ajoutée, partie qui rémunère l’énergie humaine dépensée à l’intérieur de l’entreprise. Mais cette transformation de la production en richesse n’est vraie que si la monnaie est rare, et elle est actuellement totalement faussée par tous les moyens imaginables.

Pour faire croire que les entreprises créent des richesses, la doxa utilise deux moyens. Le premier est de négliger comptablement ce que l’entreprise produit et ne vend pas ; on ne fait en pratique que de vagues nettoyages des stocks qui sont partout survalorisés. Mais surtout le XXe siècle a inventé la stupidité absolue du prêt sur richesse future et non plus sur gage, sur richesse déjà reconnue comme cela avait toujours été le cas dans toutes les civilisations depuis l’aube de l’humanité. Les banques fabriquent de la fausse monnaie, légale mais illicite, qu’elles prêtent sur richesses futures. La richesse étant constatée par le prix que le client en donne, la monnaie est abandonnée deux fois pour la même production, une première fois par la banque qui crée l’argent sur la future production prédéfinie comme richesse à venir et une deuxième fois par le client qui achète la production et qui la reconnait effectivement comme richesse même s’il l’achète lui-même avec de l’argent emprunté. La banque ne peut récupérer pour la détruire, la fausse monnaie qu’elle a créée, qu’en générant un nouveau prêt au client ou à l’entreprise. C’est la montée sans fin de la dette que nous connaissons si bien.

N’importe qui peut constater que les machines qui ont coûté très cher, produisent en continu ce qu’il faut faire croire être des richesses. Ensuite la publicité et les médias martèlent à grand frais que ce sont des richesses. Enfin le système bancaire fabrique la fausse monnaie légale qui va permettre de payer les machines, de payer la publicité et de mettre de l’argent à disposition pour payer la production et lui donner l’apparence d’une richesse. Ce trépied mortel pour la civilisation, machines publicité banques, fondé exclusivement sur le fantasme d’un lendemain merveilleux, ne fonctionne que par la création de fausse monnaie légale et d’emprunts irremboursables. Il est tout de même présenté comme le trépied du succès et de la prospérité. Pour en convaincre encore davantage les nigauds, on charge les entreprises, réputées riches par idéologie, de fournir du travail au peuple et de payer pour sa protection sociale, ce qui évite aux Politiques de s’y intéresser vraiment et de devenir enfin utiles.

Les autres incohérences découlent de la première car si les entreprises créent de la richesse, il faut à la fois les en remercier et leur en prendre une partie.

Pour les en remercier le quatrième quart du XXe siècle a inventé le système le plus ingénieux et le plus scandaleux qui soit. La valeur ajoutée qui devrait rémunérer le travail, est en grande partie détournée par l’État et par les actionnaires. Les actionnaires considèrent qu’il faut les rémunérer de l’argent qu’ils ont mis même s’il ne provient que d’un emprunt et l’État prélève la protection sociale du peuple qu’il augmente sans arrêt par démagogie. Ce paiement de la protection sociale par les entreprises est confié à l’URSSAF qui a pouvoir de faire condamner pour travail dissimulé toute personne qui en rémunère une autre sans prendre en charge la protection sociale de tous. Le résultat est que le travail est de moins en moins rémunéré et que les classes moyennes s’appauvrissent continuellement. Cerise sur le gâteau, cette ponction des actionnaires et de l’État peut se faire jusqu’à ce que l’entreprise en meure, ses dettes étant alors reprises par la collectivité, ce qui a été sacralisé par la loi Badinter de 1985. Tant que ça marche c’est pour l’État et les actionnaires, mais quand ça ne marche plus, ce qui est inéluctable, c’est pour la collectivité. Le dépôt de bilan qui était une honte, devient un moyen de gestion comme l’a dit Bernard Tapie.

Pour prendre aux entreprises une partie de la richesse qu’elles sont faussement supposées créer, se met en place en plus des actionnaires et de l’État, le fabuleux réseau des conseils, des experts, des observateurs, des commentateurs, de tous ces inutiles qui sont payés très cher pour faire croire que le système aberrant peut tenir et même être amélioré. Ceux qui produisent ce qui est vraiment utile comme les agriculteurs ou les artisans vivent de plus en plus mal et sont de moins en moins nombreux pour que survivent de plus en plus d’inutiles et que vivent de mieux en mieux les prêtres du système.

Sans comprendre l’incohérence générale de la situation, il n’est pas possible d’aborder sérieusement les problèmes de chômage et de retraite. Il faut d’abord alléger le fardeau des entreprises de ce qui ne les concerne pas et l’argent doit revenir aux gens qui y travaillent et qui doivent être infiniment mieux payés. Il faut d’abord décharger les entreprises de la protection sociale et en charger les Politiques qui ont l’impôt à disposition. Il faut d’abord que l’État récupère la création monétaire qu’il est seul à pouvoir créer sur richesse constatée quand les banques ne peuvent la créer que sur richesses futures. Il sera alors possible que chaque municipalité soit chargée de rendre utile tous ses concitoyens en mettant au travail tous ceux qui le souhaitent et qui n’ont pas été appelés par une entreprise. Il sera alors possible que l’État valorise ces richesses nouvellement créées et crée la monnaie constatant ces richesses nouvelles.

Ayant retrouvé le bon sens, l’harmonie commencera à être à nouveau envisageable et il sera alors possible de regarder le problème des retraites qui est très simple quand on ne le complique pas artificiellement en accueillant le chômage comme une fatalité et le formatage étudiant comme une nécessité.

Le retour des assignats

Eternel débat sur la monnaie pour savoir si elle est une marchandise, un signe, une institution ou un symbole. Elle n’a été définie pendant des siècles en Occident que par les trois utilisations qu’Aristote lui voyait : instrument de mesure, intermédiaire d’échanges et stockage de valeur.

Mais pour mesurer, échanger ou stocker quoi ? La richesse ne se mesure pas puisqu’elle dépend du regard de chacun. Un échange ne nécessite-t-il pas deux entités à définir clairement ? Et pour stocker une valeur, ne faut-il pas que la valeur existe avant d’être stockée ?

Tant que la monnaie était en elle-même une valeur comme l’or ou l’argent, elle pouvait sans problèmes remplir les trois fonctions qu’Aristote lui trouvait. Quand on abandonnait son or, c’était toute l’histoire de cet or qui valorisait ce que l’on obtenait en échange. Et si on le stockait, il ressortait toujours inoxydé à première demande.

L’approche de la monnaie se complique quand elle devient fiduciaire (monnaie fondée sur la foi en l’émetteur). Elle est toujours au départ de la fiducie fondée sur l’équivalence avec un actif reconnu. Le système de Law en 1716 était fondé sur la richesse de la Louisiane alors française et recouvrant à l’époque plus de la moitié des actuels États-Unis. Les assignats en 1789 étaient fondés sur les biens confisqués d’abord au clergé puis à la noblesse émigrée. Les billets de banque étaient valorisés par leur équivalence en or. Cela a été pour la dernière fois affirmé en juillet 1944 dans les accords de Bretton Woods où les monnaies ont toutes été évaluées en dollar, lui-même échangeable contre de l’or.

Mais la nature humaine sait admirablement utiliser l’évidence que le papier est plus facile à imprimer que le travail à faire, l’or à être extrait, la Louisiane à rapporter ou les biens des puissants à être une source inépuisable. Le phénomène est toujours le même. On commence par en imprimer en toute bonne foi un tout petit peu plus que la richesse déjà reconnue en fondant la monnaie sur le rêve si agréable de la richesse qui sera créée grâce à la monnaie créée. Et une fois les bornes franchies, il n’y a plus de limite. On fabrique à la chaîne de la monnaie qui n’a plus comme valeur que celle que l’on accorde à leur imprimeur, et cette confiance ne dure évidemment jamais. Dans tous les cas arrive un moment ou le papier-monnaie cesse d’être monnaie pour redevenir simple papier, ce que Mirabeau avait pressenti en disant « qu’il faut bannir de la langue cet infâme mot de papier-monnaie ». Si ceux qui les impriment trahissent la confiance de leur peuple, le désastre n’est jamais loin. Pour le système de Law il a fallu 4 ans pour que Law fuie à Venise en 1720 après que le Régent ait payé les dettes de Louis XIV en monnaie de singe. Pour les assignats il a fallu 8 ans pour qu’ils ne vaillent plus rien en 1797 après que la bourgeoisie ait récupéré à bas prix les biens de la noblesse et du clergé et mis en place le Directoire ouvrant la porte au Consulat et à l’Empire.

Depuis près de 50 ans,  depuis que Nixon a arrêté le 15 août 1971 la convertibilité du dollar en or, les monnaies ne valent objectivement plus rien et attendent la reconnaissance de leur non-valeur qui peut arriver à tout instant.

Ce qu’il faut observer avec intérêt ce sont les multiples méthodes d’enfumage utilisées par ceux qui s’enrichissent sur le peuple pour faire tenir le système de fausse monnaie. Ils le font artificiellement et pour qu’il dure le plus longtemps possible tellement il leur est agréable.

Il faut déjà remarquer que la pénalisation de la fausse monnaie s’allège régulièrement avec le temps. Si dès le début de la monnaie-papier la sanction est inscrite sur tous les billets, elle est la mort au début du XIXe siècle, puis les travaux forcés à perpétuité, puis la réclusion criminelle à perpétuité. Sur le billet de 20 francs de 1997 type Debussy il est encore écrit en toutes lettres : « La contrefaçon ou la falsification des billets de banque et la mise en circulation des billets contrefaits et falsifiés sont punis par les articles 442-1 et 442-2 du code pénal de peines pouvant aller jusqu’à trente ans de réclusion criminelle et trois millions de francs d’amende ».

Techniquement l’arrivée de la monnaie dématérialisée permet d’un seul clic à n’importe quelle banque de créer toute la monnaie désirée. Plus personne n’est responsable de la quantité de monnaie en circulation que l’on affuble des appellations absconses de masses monétaires M0 M1 M2 M3 M4… que les universitaires auscultent dans l’indifférence générale.

Mais c’est surtout intellectuellement que le travail est fait pour que personne ne comprenne plus rien à la monnaie qui est et qui restera une reconnaissance de dette d’un peuple sur lui-même.

On a changé le sens de l’inflation qui était il y a 50 ans l’augmentation de la masse monétaire et qui est devenue la conséquence de son augmentation incontrôlée à savoir la hausse des prix.

On a eu l’idée géniale d’inventer le PIB, somme de toutes les dépenses publiques et privées, en l’appelant Produit pour faire croire qu’il suffisait de dépenser pour s’enrichir. Cela permet de croire s’enrichir en s’endettant. On a appelé cette stupidité, investir (mettre un vêtement) ou financer (mener à bonne fin) et cela ne fait rire personne.

On a inventé le gagnant-gagnant en transformant le double contentement d’un moment en un double enrichissement durable. On a fait de la richesse un fait objectif alors qu’elle n’est qu’un regard.

On a transformé l’emprunt qui de toute éternité avait toujours été un emprunt sur gage réservé aux riches. On en a fait un emprunt sur richesse future pour justifier la création de fausse monnaie, faire monter tous les prix et fabriquer à la pelle des faux milliardaires que l’on peut envier ou détester et qui dépensent tous de la fausse monnaie que les banques leur prêtent. Faux milliardaires car leurs fortunes ne consistent qu’en immobilier, en actions et en œuvres d’art qui ne valent cher que parce qu’ils se les rachètent entre eux à des prix faux et hallucinants payés avec des emprunts. Les riches sont ceux qui peuvent s’endetter en faisant croire qu’ils créent des richesses. Le vrai prix de l’immobilier est celui qui serait obtenu si tout devait être payé cash dans un monde sans fausse monnaie. Si l’immobilier devait être payé comptant en or, de combien de dizaines de fois moins cher serait-il et ne serait-ce pas son vrai prix?

Bien sûr, les banques créant en continu de la monnaie pour survivre, les dettes explosent. La dette publique française est d’environ 100 % du PIB et la dette privée française de l’ordre de 130 % du même PIB que l’on prétend être notre fabrication annuelle de richesses alors qu’il n’est que notre dépense annuelle, ce que les médias ne veulent pas entendre. Ne parlons pas des dettes de la Chine, des États-Unis, de l’Angleterre ou de l’Allemagne !

Mais le pire est la justification intellectuelle de la création d’argent pour créer de la richesse, justification martelée dans les grandes écoles et à l’université par des professeurs malheureusement souvent de bonne foi.

Certains professent en effet qu’il est intelligent de créer de la monnaie pour financer la fabrication, la construction ou l’achat de quelque chose qui sera reconnu comme une richesse. C’est en effet techniquement possible puisque toutes les banques le font en expliquant que la monnaie artificiellement créée sera détruite lorsque l’emprunteur la remboursera. Mais c’est économiquement dramatique car si la monnaie créée disparaît effectivement des comptes de la banque quand elle est remboursée, elle ne disparaît pas pour autant complètement car la banque ne détruit que ce qu’elle a prêté et pas les intérêts qui ont été créés ex nihilo. Cette fausse monnaie va circuler ou être épargnée et se confondre avec la bonne monnaie et donc la dévaloriser. La bonne monnaie est créée postérieurement à la création de richesses alors que la fausse monnaie est créée pour créer une richesse sans être jamais détruite.

Si l’on emprunte pour construire un viaduc que tout le monde appréciera ou une voiture dont quelqu’un a besoin, la banque oubliera tout dès qu’elle sera remboursée mais la collectivité en macroéconomie se retrouvera en possession d’un cumul. Elle aura  le viaduc ou la voiture mais elle aura aussi l’argent qui a servi à les obtenir et qui a été disséminé sans être totalement détruit. Comme il a fallu rembourser la banque, l’argent nécessaire n’a pu être trouvé que par un appauvrissement des citoyens pris individuellement ou collectivement. Depuis 50 ans, depuis que les monnaies ne sont plus que des assignats, nous ne remboursons les banques qu’en nous appauvrissant. Ne pas vouloir le comprendre c’est ne pas vouloir comprendre pourquoi un seul salaire suffisait il y a 50 ans dans toutes les classes sociales pour qu’une famille vive correctement avec au moins trois enfants alors qu’aujourd’hui dans toutes les classes sociales le niveau de vie diminue et l’on a même peur de faire des enfants, même avec deux salaires.

Quel parti politique aura le courage de prendre vraiment le parti du peuple en le remettant au travail de vraie production ou dans des emplois de vrais services à cette production pour qu’il soit à nouveau payé correctement sur ce qu’il est capable de faire sans être déformé ou formaté à Dieu sait quoi ? Mais l’immense cohorte des emplois actuels ne sert qu’à donner des soins palliatifs au système tout en prétendant l’améliorer. Cette cohorte est malheureusement majoritaire et elle nous donne la classe politique assez déboussolée que nous avons et qui ridiculise la démocratie.

Les élections européennes vont permette d’exprimer la défense du système avec l’Union européenne ou le réveil des peuples dans toutes leurs sensibilités. D’un côté des Européistes sans enfants nous parleront puissance économique, compétition, innovation, investissement, financement et populisme de ceux qui ne les admirent pas. De l’autre une multitude d’approches complémentaires cherchent à comprendre mais savent toutes que la vraie puissance est la cohérence d’une nation et que la nôtre a malheureusement aujourd’hui par notre faute des dirigeants qui ne la comprenne plus.

 

Le boomerang

Richard Nixon a été obligé de reconnaître en 1971 que les accords de Bretton Woods étaient inapplicables et que les monnaies liées au dollar, lui-même lié à l’or, ne faisaient que faire fondre l’or de Fort Knox en l’absence de source énergétique de la monnaie.

Depuis, sans rien résoudre ni même poser correctement le problème, nous avons inventé une usine à gaz où les banques, centrales et commerciales ne font que reporter le problème en mettant à disposition de l’argent qu’elles créent et en mettant le même montant en créance à recouvrer sur les bénéficiaires des richesses futures que cet argent « investi » aura prétendument créées. Les banques centrales détiennent des créances sur les peuples dont on ne parle jamais et les banques commerciales sur des entités dénommées qui remboursent quand elles le peuvent.

Pendant que les banques sont au plus mal et attendent l’hallali, les peuples que l’on a formatés pendant un tiers de leur vie dans les écoles et les universités à croire à la réalité des richesses créées, l’ont cru et mettent des gilets jaunes pour dire qu’ils veulent leur part de la richesse créée.

Les cornichons qui ont tellement bien vendu l’idée de création de richesses au point qu’ils y croient eux-mêmes, n’ont fait que réinventer pour la énième fois le boomerang car avec quoi vont-ils partager une richesse qui n’existe pas, qui n’est qu’un regard créé à grand frais par la publicité, ventilé à grand frais sur toute la Terre par les médias et rendu crédible par une toute petite minorité qui se pavane en dépensant publiquement sa fausse monnaie ?

Bon courage !

La fausse monnaie a remplacé l’homme comme pivot de l’économie

Du silex taillé à l’intelligence artificielle, l’homme a toujours tenté d’accroître l’efficacité de son énergie. Il l’a d’abord fait par l’outil qui affine son énergie en la rendant plus précise, puis par la machine qui utilise une énergie externe pour remplacer l’énergie humaine.

La première machine a été la roue qui, encore outil dans la brouette ou la charrette à bras, était déjà machine dans le chariot à traction animale. L’intérêt indiscutable de la machine est de libérer l’homme pour qu’il puisse utiliser autrement et mieux sa propre énergie, ce qui fut fait partout dans le monde pendant des siècles, voire des millénaires.

Les premières machines utilisant une énergie ne nécessitant pas de repos furent le voilier sur mer et le moulin sur terre, qu’il soit à eau ou à vent. Ces machines étaient toutes construites par l’homme avec ses outils, et un équilibre s’est naturellement installé entre le travail nécessaire et les besoins existants, le travail freinant les besoins, les besoins stimulant le travail.

Depuis que la monnaie a remplacé le donner-recevoir-rendre que l’on connait encore dans la famille et qui n’a rien à voir avec le troc, la chaîne travail-production-vente a toujours été harmonisée par la chaîne travail-monnaie-achat, toutes deux plaçant l’homme, son travail et ses désirs au centre du dispositif économique.

Les arrivées successives de la machine à vapeur, du moteur à explosion et du moteur électrique voire électronique, ont augmenté l’efficacité des machines mais le malheur a voulu que dans le même temps, on nous fasse oublier l’origine humaine de l’énergie monétaire. La société a très curieusement confié aux entreprises la gestion des deux engrenages qui pour ne pas se bloquer tournent forcément en sens inverses. Les chaînes complémentaires travail-production-vente et travail-monnaie-achat ne peuvent s’harmoniser que dans un système global cohérent que ne peuvent maîtriser isolément les entreprises et qui relève du monde politique et de l’intérêt général. Les entreprises ont cédé petit à petit pour survivre dans un monde de concurrence à la facilité de remplacer l’énergie humaine par l’énergie monétaire qui n’en est que le substitut. Elles ont fait évoluer la chaîne travail-production-vente qui démarre par l’homme, vers la chaîne machine-production-vente qui part d’une machine achetée. Cela n’a pas posé de problème au début, tant que l’argent n’était pas déconnecté de l’homme. Malheureusement cette déconnexion s’est faite par à-coups au XXe siècle. Les entreprises ont aussi affaibli la chaîne travail-monnaie-achat en conflit d’intérêt avec leurs actionnaires qui tenaient à vendre le produit des machines dans un monde devenu compétitif car chacun se voulait riche en produisant beaucoup. Pour survivre les entreprises ont initié une immigration peu coûteuse et laissé à la collectivité le soin qui leur avait pourtant été aussi confié, de gérer la chaîne travail-monnaie-achat, de fournir la monnaie nécessaire aux achats sans lesquels il n’y a pas de ventes et donc pas de PIB.

Le XXe siècle a été, par le biais du capitalisme, le siècle des triomphes de l’apparence et de la double démesure. Apparence de la mort du travail et de la spiritualité, démesure de la fabrication d’objets par les machines et démesure de la fabrication de fausse monnaie par les banques qui ne s’en expliquent que par l’excuse affligeante qu’elles détruisent cette fausse monnaie dès qu’on la leur a rendue avec intérêts. Les machines produisent et les banques fabriquent la monnaie qui va donner l’illusion que ces productions sont des richesses. Nous ne vivons plus le double circuit naturellement équilibré, et se nourrissant mutuellement l’un l’autre, du travail-production-vente et du travail-monnaie-achat où l’homme et son travail étaient les pivots de l’économie. Nous devenons simples spectateurs du double circuit incohérent qui fabrique péniblement du PIB, le circuit machine-production-vente et le circuit banques-monnaie-achat. L’homme n’est plus bon qu’à consommer et à s’appauvrir pour rembourser les emprunts. Il doit en outre apprendre à bien voter pour confirmer sa complicité avec l’incohérence proposée et son approbation à l’enrichissement du clergé du système. On s’étonne de son hésitation et de la montée de l’abstention !

Tournent à plein dans les banques, les machines à créer la dette et tournent à plein dans les médias et dans les universités, les machines à formater les individus en leur faisant croire que les richesses futures rembourseront tout. La seule différence est que les médias le font sans gêne alors que les universités le font un peu gênées.

On a vu au XXe siècle la fausse monnaie fabriquée par les banques, remplacer la monnaie saine stockant réellement de l’énergie humaine et construire un nombre incalculable de machines pour produire tout et n’importe quoi. Le travail de l’homme n’était, parait-il, plus indispensable, ce qui a ravi les démagogues qui ont simplement oublié de se demander avec quoi les hommes, fussent-ils étrangers, allaient acheter ce que les machines produisaient. On n’avait plus besoin de travailleurs mais il fallait des consommateurs pour acheter car les banques tenaient à être remboursées pour pouvoir détruire la fausse monnaie qu’elles avaient créée pour fabriquer les machines.

Les inepties inventées pour faire croire à la génération spontanée d’argent pour pouvoir le dépenser à faire du PIB, montrent la fertilité de l’esprit humain.

On a investi les esprits en faisant croire qu’un investissement qui est une dépense, permettait de créer des richesses futures, sans appauvrir personne. Les banques ont voulu dépasser Aristote qui avait « vainement cherché sur une pièce de monnaie ses organes reproducteurs ». Elles affirment les avoir trouvés en donnant au verbe investir le sens de planter de l’argent et attendre la récolte.

On a appelé Production Intérieure Brute (PIB) la somme de toutes nos dépenses annuelles publiques (57%) et privées (43%), dépenses confondues de consommation et d’investissement en laissant aux médias et aux universités le soin de nous faire croire que la dépense était une création de richesse à nous partager. Bienheureux d’ailleurs qui nous dira si les dépenses faites par des associations subventionnées sont une dépense publique ou privée. L’important est de dépenser et de faire du PIB.

On a inventé à grand frais la publicité pour  faire croire que tout ce que les machines produisaient en continu étaient des richesses et qu’il est intelligent de le reconnaître en s’appauvrissant pour les acheter.

On a inventé le chômage rémunéré puisque les machines n’étaient plus là pour libérer l’homme et lui permettre d’être utile autrement, mais pour le remplacer. On déshabille Pierre pour habiller Paul mais il y a de moins en moins de Pierre à déshabiller et de plus en plus de Paul que l’on habille de guenilles au lieu de reconnaître leur utilité tels qu’ils sont.

On a inventé les marchés à conquérir sur toute la Terre sans jamais se préoccuper de la réalité et de l’origine de l’argent que posséderaient ces nouveaux acheteurs tout en prétendant faire de la macro-économie.

On a inventé les produits qui n’existent pas encore, les métiers qui n’existent pas encore, les solutions qui n’existent pas encore… mais qui vont bien sûr tout résoudre dans une nouvelle harmonie sans doute apportée par les cigognes ou trouvée dans les choux.

On a donné un nouveau sens à la compétition qui n’était qu’une pétition commune, pour devenir le désir de la mort de l’autre avant la sienne en oubliant la coopération et le vrai vivre ensemble.

On a changé le sens du mot inflation qui était l’enflure de la création de la fausse monnaie pour devenir la hausse des prix qui ne vient que de la nullité énergétique de la fausse monnaie qui abaisse la capacité énergétique de la vraie monnaie avec laquelle on la confond.

On a inventé les subventions, le RSA, le revenu universel voire la monnaie hélicoptère pour donner à tous de la fausse monnaie pour pouvoir acheter beaucoup trop cher les fabrications en continu des machines. Tout ça sous prétexte d’une prétendue redistribution d’une manne inexistante que les banques anticipent par leur distribution de fausse monnaie.

On a créé les partis politiques qui sous couvert de démocratie « font de la politique », c’est-à-dire qu’ayant compris qu’il fallait choisir entre plaire et conduire, ils ont choisi de plaire et ont renoncé à comprendre et à réagir car cela contrarierait leurs électeurs.

Mais le pompon nous arrive maintenant avec la fuite en avant, éternelle solution si souvent utilisée par toutes les idéologies. L’Union européenne ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus d’union. Le socialisme ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus de socialisme. Le libéralisme ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus de libéralisme. Le capitalisme ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus de capitalisme. Le mondialisme ne marche pas, c’est parce qu’il faut plus de mondialisme. Et donc si les machines et la fausse monnaie des banques ne résolvent rien c’est qu’il faut plus de machines et plus de fausse monnaie.

Comme l’argent ne coûte prétendument plus rien (ce qui au passage va faire exploser les banques et les assurances) et comme les machines produisent grâce à des « investissements » qui seront récupérés sur les « richesses futures », nous avons décidé en gaspillant les ressources de l’ensemble de la Terre, que nous construirions une chose bien plus réussie que l’homme, cet animal qui se construit presque tout seul en 9 mois par un simple moment de plaisir, qui est alimenté par n’importe quoi, qui s’auto-répare pour la majorité des incidents et qui s’auto-régule en tout tant qu’il fonctionne correctement et ce, pendant des décennies. Nous construirons des robots qui meurent sans faire d’histoire et nous allons marier l’homme et le robot grâce à l’intelligence artificielle et au transhumanisme pour que la mort soit vaincue. Tout est possible puisque les machines et la fausse monnaie des banques vont s’occuper de tout ! L’homme n’aura qu’à s’appauvrir pour payer tout ça !

Et si nous retrouvions la cohérence, de la famille, de la tribu, de l’oïkos grecque, de la domus latine, de ces villages gaulois qu’Emmanuel Macron est si triste de trouver très heureusement réfractaires à sa fuite en avant ? Et si nous nous interrogions enfin sur l’utilisation intelligente de nos compatriotes à partir de ce qu’ils savent déjà faire et non à partir de ce qu’ils devraient savoir pour faire tourner un système impossible que rigoureusement personne ne défend globalement ? Et si nous envisagions de confier la chaîne travail-argent-achat à une économie mixte qui ne soit ni purement l’État comme dans le communisme, ni purement le privé comme dans le capitalisme ? Une économie qui stimule la liberté d’entreprendre tout en veillant à ce que la coopération domine toujours la compétition. Et si nous nous nous rebellions contre le formatage des esprits qui coûte si cher en argent et en temps dans les médias, dans les universités et dans les campagnes électorales ? Et si la prochaine révolution était enfin celle des esprits ? Elle pourrait germer dans les universités, dans les médias ou même dans les partis politiques puisque Pandore nous a appris en ouvrant sa boite que l’espérance ne s’éteignait jamais.