Comment résoudre notre problème alors qu’il n’est même pas posé ?

Les philosophes ont toujours décliné, chacun à sa manière, la phrase de Stendhal « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur leur peur ».

Les puissants ont toujours justifié leur richesse par le prélèvement qu’ils font sur le peuple dans l’espace qu’ils contrôlent, en échange de l’assurance qu’ils lui donnent d’utiliser leur pouvoir à juguler les peurs qu’il ne savait juguler lui-même parmi les nombreuses peurs qui l’assaillent : la peur de la mort, la peur de l’agression, la peur de la souffrance, la peur de la faim, la peur de l’ennui, la peur de la vengeance individuelle ou collective, la peur de la misère, la peur de l’invasion, la peur de la solitude ou de l’abandon.

Les peuples ont toujours produit, chaque fois qu’ils le pouvaient, un peu plus que leur consommation personnelle pour pouvoir acheter la protection des puissants et préparer le lendemain avec des structures comme le village, la tribu ou la paroisse qui harmonisaient production et consommation en utilisant au mieux l’énergie de chacun et en calmant elles-mêmes l’immense majorité des peurs, au moins toutes celles d’un quotidien normal.

Les puissants et les peuples ne se rencontraient que dans l’exceptionnel et vivaient des quotidiens totalement séparés. Les puissants ne vivaient que de la production des peuples et les peuples ne vivaient que sous la protection des puissants. Les puissants marquaient l’histoire, les peuples lui permettaient d’exister.

Tout a changé en deux siècles depuis que les puissants en occident ont réalisé grâce à l’innovation que la machine pouvait faire ce que faisait le peuple. Ils en ont déduit avec une intelligence au repos que l’on pouvait consommer sans engranger préalablement et que l’on pouvait vider une baignoire sans la remplir avant. Ils ont scindé le peuple entre les cigales absolument ravies de cette aubaine et les fourmis navrées de cet abandon de devoir des puissants, furieuses de devoir porter seules le fardeau de la bêtise, et tristes de voir les puissants et une majorité de cigales dépenser toute leur énergie à justifier une incohérence et à se choisir des meneurs systématiquement chaque fois plus mauvais que les précédents.

Durant tout le XIXe siècle et les trois premiers quarts du XXe siècle, l’incohérence s’est mise en place faisant du peuple un accessoire de la machine, le mettant au service de la machine et lui faisant en même temps consommer sa production. Le peuple est devenu à la fois dieu pour être flatté et esclave dans son quotidien. L’harmonie complexe du village où l’on produisait et consommait en dominant les peurs, s’est estompée au profit de la discordance de la ville qui a changé sa propre raison d’être. De simple lieu commode d’échange, la ville est devenue le lieu de rassemblement anonyme de toutes les peurs, celui de la transformation du peuple en foule. On y consomme sans rien produire puisque la production est faite par la machine dans une usine que l’on cache en banlieue ou à l’autre bout du monde. Les puissants, pour garder leurs places, entretiennent les peurs, en créent artificiellement de nouvelles avec le climat, le virus du moment ou les problèmes de race, mot qui n’existe plus depuis que tout le monde ne pense plus qu’à lui. Ils utilisent l’énergie monétaire qu’ils se jugent aptes à fabriquer, pour calmer toutes les peurs artificielles. Ils distribuent l’argent aux cigales, directement en subventions et en prestations sociales, et indirectement en obligeant les fourmis qui produisent encore, à dépenser, en multipliant les normes à respecter et en les punissant financièrement s’ils vont trop vite.

Devant cette montée d’une incohérence générale depuis deux siècles, des idéologies ont tenté par 3 fois de pérenniser l’incohérence. Communisme et fascisme ont rapidement trouvé leurs limites mais le capitalisme a cru trouver en deux temps comment tenir éternellement.

D’abord, dès la sortie de la deuxième guerre mondiale, le capitalisme a inventé la notion de croissance économique avec son chiffrage, le PIB. Il a fait croire que l’homme crée de la richesse simplement en produisant. Il a volontairement oublié que seul l’échange par achat de la production en fait une richesse. Sans consommateur la production n’est pas richesse mais rebut, voire excrément. Il n’y a jamais création de richesse mais constat d’une nouvelle richesse par son échange avec une richesse déjà reconnue comme l’argent, soit constat d’une richesse déjà existante par la fierté de l’avoir préalablement produit. Cette fierté d’avoir produit peut être durable comme le Pont du Gard, l’océan ou la montagne, très éphémère comme un dessin d’enfant, ou hésitante comme dans les musées où les tableaux font facilement des allées et venues entre la réserve et les salles d’exposition. Le capitalisme est allé plus loin en affirmant que le PIB chiffrait la création de richesse d’un peuple alors qu’il ne chiffre que la somme de toutes ses dépenses. Il en a déduit que toute dépense était en elle-même création de richesse, en oubliant consciencieusement qu’une dépense ne constate une richesse que si la production en a été faite antérieurement. Les sports d’hiver ou en salle, la prostitution et la consommation de drogues légales ou illégales, sont devenus des créations de richesses puisqu’on y dépensait de l’argent. Même les accidents de la route créent de la richesse pour le capitalisme puisque ça fait dépenser de l’argent. Les services à la personne sont devenus des richesses puisqu’on y dépensait de l’argent. Nous avons consciencieusement oublié que seuls les services à la production sont de vraies richesses, et encore uniquement quand ils facilitent la transformation des productions en richesses par leurs ventes. Aujourd’hui le quartier de la Défense est bêtement réputé créer beaucoup de richesses puisqu’on y dépense beaucoup. On y fait donc beaucoup de PIB. Il est devenu de bon ton d’utiliser des pourcentages de PIB pour calmer les peurs alors que le PIB ne chiffre que les dépenses déjà faites et évidemment inutilisables une deuxième fois. La vie n’est qu’échange et le capitalisme l’a complètement oublié dans ses raisonnements. Il en est même arrivé à limiter l’échange à, d’un côté des biens et des services très réels et de l’autre des monnaies traficotables à l’envi, et qu’il fabrique à vau l’eau.  Le capitalisme a même l’audace d’appeler cette illusion d’échange, le libre-échange, et de s’en vanter alors qu’il est négation de l’échange vrai.

Heureusement pendant presque la totalité de ces deux siècles, la monnaie était limitée en quantité puisqu’adossée à l’or et la stupidité de se croire plus riche chaque fois que nous dépensions, de croire utilisable des pourcentages de PIB qui ne sont que des pourcentages de cendres, était bloquée par la quantité limitée d’or. Il a fallu que le capitalisme passe à la deuxième étape, ce qui fut fait par les Américains dès les accords de Bretton Woods signés. La FED a créé illégalement et illicitement 5 fois plus de dollars qu’elle n’avait d’or à Fort Knox pour pouvoir payer le plan Marshall, les guerres de Corée et du Vietnam sans oublier la conquête de la lune. De 1944 à 1971 les USA ont inondé la Terre de dollars que des petits malins comme De Gaulle venaient échanger contre de l’or américain. Cela a forcé le président Nixon a déconnecté le dollar de l’or le 15 août 1971 pour arrêter l’hémorragie de son or qui fondait comme neige au soleil. Mais toutes les monnaies liées au dollar n’étant plus liées à l’or, ont pu, grâce à ce subterfuge, être toutes créées sans limites pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité. Comme l’a écrit François Ponsard en 1853 dans l’Honneur et l’Argent :

Quand la borne est franchie, il n’est plus de limite                                                      Et la première faute aux fautes nous invite.

Alphonse Allais et Alfred Jarry n’ont fait que reprendre le premier vers, en négligeant malheureusement le second qui transforme pourtant une simple plaisanterie en vérité profonde.

Devant le déferlement actuel de critiques toutes justifiées des fautes économiques, morales, sociétales, aussi multiples et variées que dépendant toutes de la première faute, ne faut-il pas revenir à la faute initiale pour tarir l’approvisionnement de toutes les autres ? Ne faut-il pas réapprendre à remplir la baignoire avant de la vider et ne pas se servir de la monnaie et du libre-échange pour croire possible de la vider avant de la remplir ? N’est-ce pas là notre premier problème ?

Cela veut dire en clair que le premier devoir d’un dirigeant est de rendre utile à la collectivité, la totalité de nos concitoyens quelles que soient leurs capacités et toujours au mieux ou au moins mal de leurs possibilités comme cela se passait naturellement dans n’importe quel village avec son maire, son instituteur et son curé qui calmaient la quasi-totalité des peurs. La notion même de chômage est l’officialisation de l’ineptie des dirigeants actuels à remplir leur premier devoir et leur incapacité à se retirer avant que le peuple ne réalise leur inutilité. Ils ont beau ne fatiguer que leur index en créant de l’argent dit digital et prétendument énergétique, ils ont beau inventer toutes les pandémies de la peur mettant provisoirement en lumière tous les petits marquis de chaque peur pandémique, climatique, raciale ou médicale, ils n’arriveront pas à échapper à la réalité de leur refus de s’atteler à leur premier devoir. Depuis la première guerre mondiale et sa façon très personnelle et violente de supprimer le chômage, ils ont renoncé à leur premier devoir en s’en déchargeant exclusivement sur les entreprises au lieu de les remercier d’alléger leur fardeau. Les dirigeants ont abandonné leurs premiers efforts ratés d’assistance par le travail des ateliers de charité de la fin du 18e siècle et des ateliers nationaux de 1848 où l’assistance était donnée, comme dans n’importe quel village, postérieurement au travail fourni par l’assisté. Ils n’analysent même plus le succès des ateliers municipaux de la ville de Grenoble en 1848 où, comme l’a écrit l’historien Philippe Vigier dans La Seconde République dans la région alpine : « Grenoble est certainement la cité où les classes populaires font preuve de la plus grande sagesse ». Parlez des ateliers municipaux de Grenoble à n’importe quel Politique et observez le vide !

Devant la débauche d’énergie monétaire pour faire tenir encore un moment une incohérence généralisée en reportant tous les problèmes à plus tard, je ne vois que deux cohérences actuelles, toutes deux exécrées par les cigales comme par les puissants, et toutes deux obligées de hurler pour être entendues et donc parlant toutes deux trop fort, l’islam et celle de bon sens, fondée sur notre histoire, d’Éric Zemmour. C’est ce que Jacque Attali, le commentateur de lui-même, appelle « La dureté des temps ». Qui entrevoit une troisième cohérence ?

Contre la planète sauvons la Terre

La planète est partout. Il faut parait-il la sauver de l’inconscience des hommes et de la veulerie de leurs dirigeants. Personne ne sait comment faire mais la jeunesse occidentale sait que les adultes devraient voir ce sauvetage comme leur premier problème et elle donne la direction à suivre : baisser drastiquement l’émission de CO2, le GIEC, Jean-Marc Jancovici et les accords de Paris l’ont dit. Le Secrétaire général de l’ONU a même dit à la COP 25 de Madrid : « Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon. Nous devons mettre fin à la guerre à la planète ».

Une première question s’impose. Pourquoi notre planète qui s’appelle la Terre, a-t-elle perdu son nom dans les médias pour devenir contre tout bon sens l’unique planète de l’univers ? Une  réponse est que nous nous trouvons une fois de plus devant l’éternel combat des idéologies et du bon sens. Toutes les idéologies s’affirment comme la vérité absolue et ne supportent pas le doute qui, lui, habite le bon sens. Toutes les idéologies utilisent pour s’imposer la fragilité et la fougue de  la jeunesse comme la partie la plus moutonnière des adultes. La jeunesse hitlérienne et les pionniers soviétiques dénonçaient déjà leurs parents récalcitrants. Dans les fausses démocraties inventées au XXe siècle, les pouvoirs ont besoin de la foule pour survivre et plus du tout du peuple et de son bon sens. Les Politiques ont besoin d’électeurs et les médias d’auditeurs, de lecteurs et de spectateurs. Les médias ne vivent que de la publicité et des subventions octroyées par les Politiques. Leurs audiences de la veille est leur premier souci du matin. Elles sont calculées, on ne sait vraiment comment, sous le contrôle des Politiques et sont la base de leurs recettes publicitaires. Les Politiques ne vivent que de l’image attirante ou repoussante que les médias diffusent d’eux. Le dernier sondage est leur premier souci du matin. On ne sait vraiment comment il est fabriqué, mais il est largement diffusé par les médias. Le peuple tient le rôle de Pinocchio mais il est difficile de dire entre les Politiques et les médias, qui jouent le Chat et qui jouent le Renard. Ce qui est sûr c’est qu’à eux deux, comme dans le conte de Collodi, ils tentent de transformer le pays en Pays des jouets (Paese dei Balocchi) et le peuple en baudets.

Essayons de nous extraire de l’idéologie, de revenir à la Terre et d’analyser le problème avec bon sens sans nous précipiter sur la solution que le bon sens, contrairement à l’idéologie, ne trouve que lentement.

Tout d’abord qu’en est-il vraiment du « réchauffement climatique » puisqu’il est martelé d’appeler ainsi l’évolution du climat ? Personne ne conteste que depuis quelques années les glaciers fondent et les calottes polaires diminuent. La calotte glaciaire de l’Antarctique s’analyse différemment car, contrairement à celle de l’Arctique qui n’est composée quasiment que d’eau salée gelée, elle est principalement composée d’eau douce gelée venant des chutes de neiges sur le pôle sud qui est un continent. Mais deux remarques s’imposent.

La première est que depuis Gutenberg, depuis que nous avons des documents nous parlant du climat, les périodes de réchauffement et de refroidissement ont été nombreuses sans qu’il n’y ait de lien avec l’émission de CO2, ce qui entraîne la deuxième remarque.

Le lien entre le réchauffement climatique et l’émission de CO2 vient du cumul de deux choses :

D’une part l’observation indiscutable que les activités humaines et animales produisent dorénavant plus de CO2 que les activités végétale et océane n’en absorbent.

D’autre part une théorie que le CO2 serait un « gaz à effet de serre » et que ce serait lui, avec le méthane du pet des vaches, qui ferait fondre les glaciers. Et c’est là où se situe la vraie difficulté que le bon sens est forcé de relever car sur ce point on affirme beaucoup plus que l’on n’explique. C’est le maillon faible de la chaîne et comme toujours la chaîne n’a de solidité que celle de son maillon le plus faible. Chacun observe que c’est l’atmosphère qui protège la Terre du vide glacial sidéral. L’atmosphère joue le rôle de la vitre dans une serre. Elle est composée grosso modo de 80% d’azote, de 20% d’oxygène et de traces d’autres gaz, 0,93% d’argon, 0,25% de vapeur d’eau, 0,04% de CO2… Les nuages qui gardent la chaleur de la Terre, ou qui ne la retiennent plus quand ils ne sont plus là, ne sont pas un gaz mais des gouttelettes d’eau en suspension dans l’atmosphère. Il est surprenant de lire qu’on les additionne aux traces de vapeur d’eau pour affirmer mensongèrement qu’ils forment 72% des « gaz à effet de serre ». Ils sont en tous cas les protecteurs de la chaleur terrestre et il est vrai par ailleurs que la quantité de CO2 est passée de 280 ppmv (parties par million en volume) en 1750 à 381 ppmv en 2006. Cela fait certes passer le pourcentage de CO2 dans l’atmosphère de 0,04% à 0,05%, mais qui explique le lien avec le climat qui est proféré partout ?

Un changement climatique peut venir de trois sources :

  • La distance irrégulière de la Terre au soleil et l’inclinaison variable de son axe très bien décrits par les paramètres de Milutin Milankovic,
  • L’activité solaire que nous commençons juste à décrire faute de la comprendre,
  • L’activité des créatures terrestres, qu’elles soient végétales, animales et humaines.

Il s’observe par le déplacement des dépressions et des anticyclones, déplacement dont on ne voit pas clairement le lien avec la quantité de CO2 dans l’atmosphère. On ne voit d’ailleurs clairement pas grand-chose sur le déplacement des dépressions et des anticyclones que l’on constate sans jamais l’expliquer.

L’idéologie, irréfutable sous peine de négationnisme, que la Terre va mourir parce que dans son atmosphère le CO2 passe de 0,04% à 0,05% ne serait-elle pas un dérivatif commode que le capitalisme utiliserait pour cacher le vrai problème autrement plus sérieux ? Pour survivre encore un moment, le capitalisme n’aurait-il pas besoin à la fois de piller les matières premières de la Terre et de ne former qu’une seule civilisation mondiale consumériste, apparemment multiculturelle et en réalité anglo-saxonne ? Entendre à Madrid à la COP 25 qu’il faut « inciter les gouvernements à agir contre le changement climatique » montre bien la force du chant du cygne du capitalisme. Le peuple français doit-il en être dupe ?

Ne faut-il pas mettre fin à la guerre à la Terre en reconnaissant ses civilisations diverses et en tentant chacun chez soi de redonner de la cohérence à sa propre civilisation ?

La folie perverse du gagnant-gagnant

Le gagnant-gagnant est la base du commerce mondial qui affirme que l’échange enrichit. C’est la trouvaille que le capitalisme a réussi à mettre dans les esprits fragiles pour retarder son écroulement par des soins palliatifs de plus en plus coûteux. Il est important de bien le comprendre pour ne pas s’en laisser endormir. Il est habilement fondé sur deux constats avérés et non discutables, sur un montage intellectuel assez simple et sur la capacité des peuples à croire que l’habit fait le moine et l’expert, la vérité.

Le premier constat est que lorsqu’un client a acheté son pain, il y a deux heureux, le client et le boulanger. Sans ce double contentement, pas de commerce possible et ce double contentement est chiffré par une augmentation du PIB qui additionne tous les achats sans aucune distinction. L’idée même de chiffrage du contentement devrait déjà pousser à la vigilance, voire à la prudence.

Le second constat est que le pire des imbéciles ou le dernier des demeurés peut toujours être utile à quelque chose dans un groupe organisé. Le bon sens le sait depuis toujours mais si l’on veut paraître savant, il faut appeler cela « l’avantage comparatif » de David Ricardo et dire que, comme tout le reste, nous ne le savons que depuis que le siècle des Lumières a enfin éclairé l’humanité.

Le montage intellectuel consiste simplement à décaler le premier constat et à négliger une condition essentielle du second pour pouvoir aussi le décaler.

Le décalage du premier constat consiste à transformer discrètement et arbitrairement le plaisir de deux individus en augmentation de la richesse collective. La « science » économique n’a jamais intégré que le contentement est une richesse terriblement volatile qui disparait très vite. Le rôle du PIB que l’on insère en permanence dans les esprits, est de faire croire à une création durable de richesse par la sacro-sainte « valeur ajoutée » qui claque comme une vérité indiscutable alors qu’elle n’est qu’illusion. En effet si l’échange de l’achat de pain a satisfait deux personnes à qui cet échange a donné du temps pour atteindre demain, si le travail du boulanger a été reconnu et récompensé, si le pain a été consommé ou jeté, si le boulanger a un euro  de plus et le client un euro de moins, on cherche l’augmentation de la richesse collective aussi vainement qu’Aristote avait cherché les organes reproducteurs d’une pièce de monnaie. Quand les économistes accepteront-ils de reconnaître qu’il n’y a de valeur ajoutée d’une entreprise que parce qu’un client est venu s’appauvrir pour la créer ? C’est bon pour l’entreprise mais c’est totalement neutre pour la société…. sauf si le client lui est extérieur. Comme on dit en cuisine « Réservez ! », mettez de côté en attendant de s’en servir plus tard.

Le décalage du deuxième constat est beaucoup plus pervers car il se fonde d’abord sur l’oubli que l’emploi de l’idiot du village n’est possible que dans un village organisé ou au moins structuré par une notion commune du bien. Il faut en effet bien avoir en tête ce que dit le bon sens à tout le monde depuis toujours et ce que dit l’avantage comparatif de Ricardo à ceux qui croient que c’est le siècle des Lumières qui a rendu le monde intelligent : Même si quelqu’un est plus mauvais en tout, il est utile au groupe qu’il fasse ce qu’il sait faire le moins mal. C’est là où le bât commence à blesser sérieusement car le capitalisme a complètement renoncé à appliquer ce principe évident à l’intérieur d’une même nation, ce qui est pourtant la seule façon de lutter efficacement contre le chômage. Il préfère sous-traiter ce problème aux entreprises dont ce n’est pas la vocation première et faire geindre les politiques sur leur inefficacité. Ayant abandonné l’application de l’avantage comparatif à l’intérieur des nations, le capitalisme tente de le rendre vivant à l’extérieur par une seule civilisation mondiale (la nôtre bien sûr même si elle est très malade) et une vision méprisante des autres peuples et de leurs civilisations. Ils deviennent nos idiots du village. Pendant que le capitalisme laisse se développer dans les nations de notre civilisation, le chômage qui est l’exacte négation de l’avantage comparatif de Ricardo, il décale ce principe vers l’ensemble des nations en voulant les voir unies et harmonieuses dans le groupe factice et fort coûteux de la mondialisation, de l’ONU, de la banque mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’UNESCO, de l’OCDE, etc etc…. C’est la raison fondamentale de la volonté de détruire les nations de l’intérieur comme de l’extérieur, et d’imposer une seule civilisation mondiale parfaitement organisée pour que l’avantage comparatif devienne en effet une réalité au bénéfice de ceux qui l’organisent sous le merveilleux prétexte hypocrite de sauver de la pauvreté sur toute la Terre, ces êtres qui disparaitraient sûrement si nous ne leur donnions pas de quoi dépenser. C’est ce dont se vante Pascal Lamy, ex patron de l’OMC, dans la logique d’un monde à la Jacques Attali fondé, à entendre ce dernier, sur les marchés, la démocratie et l’initiative personnelle. Ce trépied « attalien » qu’il nous rabâche depuis 30 ans n’est que la domination des marchés qui achètent le vote des peuples et leur illusion par la démocratie et qui laisse les individus se débrouiller comme ils le peuvent. Heureusement ces être prétendument supérieurs, très contents d’eux-mêmes et fiers de sauver « la planète » comme ils disent et font dire à leurs affidés, seront bien évidemment remis à leurs places par la réalité et par l’Histoire. La réalité est que la Terre est composée d’une multitude de minéraux, de végétaux, d’animaux et d’humains et que la biodiversité s’applique aussi au genre humain, ce qui explique très heureusement la diversité des civilisations et des races.

Il faut maintenant comprendre comment on fait gober aux peuples toutes les fadaises nécessaires au capitalisme et comment le système tourne tout de même apparemment encore.

Il faut pour cela reprendre le constat dont j’avais demandé la réserve : la valeur ajoutée d’une entreprise n’existe pour la société que si le client lui est extérieur. Il est donc essentiel de faire payer les autres peuples. Cela s’est toujours fait par la guerre, la razzia, la mise à sac, le pillage, voire même par mariage entre familles royales. Mais le capitalisme a inventé la balance commerciale excédentaire ou/et l’émission de fausse monnaie apparemment vraie comme Law l’avait déjà fait pour permettre au Régent de payer les dettes de Louis XIV peu après sa mort en 1715 et comme la bourgeoisie l’a fait avec les assignats pour récupérer, à la révolution française, les biens de la noblesse et du clergé. Les Politiques s’agitent beaucoup pour que la balance commerciale de leur pays soit excédentaire. Ils ont beaucoup de mal à reconnaître qu’il faut qu’elle soit déficitaire chez d’autres pour qu’elle puisse être excédentaire chez eux. Alors ils inventent le gagnant-gagnant qui va convaincre les imbéciles et donc eux-mêmes en premier. Comme évidemment cela ne marche pas et comme aucun pays n’accepte de reconnaître qu’il paye pour les autres, la création de fausse monnaie par les banques centrales permet de faire discrètement endosser par la dette, la reconnaissance de ce paiement pour autrui à régulariser plus tard. On va jusqu’à voir les banques allemandes créer de l’argent pour le prêter aux pays du sud pour qu’ils achètent allemand. Les banques, centrales ou commerciales, se gardent bien de dire qu’elles compensent toujours leur création de monnaie par des créances sur les peuples qu’elles recouvrent à leur rythme avec la complicité des Politiques qu’elles fabriquent ; d’où la paupérisation des classes moyennes. Mais les créances pourries des banques augmentant nettement plus rapidement que l’appauvrissement des peuples pour permettre aux kapos du système de très bien vivre, tout le monde connait l’issue et tout n’est fait actuellement que pour la retarder quitte à la rendre encore plus abominable.

Mais en démocratie les vrais responsables sont les peuples à qui l’on fait croire qu’ils sont intelligents parce qu’ils dépensent le tiers de leur vie à se faire remplir le cerveau d’un savoir choisi par les marchés et souvent inutile. Perdant toute spiritualité et n’ayant plus de sens à donner à leurs vies, ils préfèrent s’évader dans le plaisir et laisser l’addition aux suivants.

Qui se présentera au peuple pour lui dire qu’il enfouit beaucoup trop par lâcheté son intelligence ? Le capitalisme se meurt. A cheval sur les États-Unis et sur la City, il ne survit provisoirement que par l’asservissement des peuples et des civilisations, par la fabrication scolaire et universitaire de demeurés prétentieux ainsi que par la profusion de fausse monnaie qu’il utilise à son seul escient en la plaçant n’importe où, et même à taux négatifs, pour la blanchir et en récupérer peut-être demain une partie.

Il est temps que les peuples, et pourquoi pas le peuple français en premier, retrouvent une organisation sociale qui ne soient pas de simples sublimations de rêves adolescents comme le sont le fascisme, le communisme et le capitalisme.

 

 

Les détenteurs de la violence légale

La définition d’un État est la détention de la violence légale sur une population dans un espace donné. Cette violence peut être physique (armée, police) ou cérébrale (justice, impôts). C’est cette violence qui donne apparemment raison à celui qui a le pouvoir de l’actionner et tout naturellement le fossé se creuse entre le philosophe qui cherche la vérité en doutant par définition, et le politique qui se contente de chercher à détenir la violence légale pour avoir raison en se dispensant de douter.

Ceux qui détiennent actuellement le pouvoir d’actionner cette violence sont de plus en plus régulièrement remplacés vu leur inefficacité sans que l’on s’oriente pour autant vers une réflexion philosophique calme sur les raisons de cette inefficacité. Il est plus reposant de les dénigrer et de tout attendre de ceux qui les remplaceront et qui sont auréolés de toutes les vertus avant d’être affligés de tous les vices.

Ne faut-il pas revenir au vieux principe de juger un arbre à ses fruits et regarder les fruits du siècle que l’on affirme être celui des Lumières ? Il a rompu un équilibre multi-millénaire entre le spirituel et le temporel en généralisant ce que le roi d’Angleterre Henri VIII avait initié et qui est la base de l’organisation mentale actuelle anglo-saxonne, la soumission du spirituel au temporel.

Les Lumières nous ont apporté le fascisme pour ceux qui voulaient être reconnus comme les plus beaux, les plus forts et les plus intelligents; le fascisme est mort du mépris des autres. Elles nous ont apporté le communisme pour ceux qui rêvaient par la violence à une absence de violence légale; le communisme est mort par effondrement d’une construction incohérente. Les Lumières nous ont apporté le capitalisme pour ceux qui confondaient le contentement et la richesse et qui pensaient s’enrichir sans appauvrir quiconque en étant contents d’un échange; le capitalisme n’est pas encore mort et c ‘est son agonie et les soins palliatifs mis en place par ses défenseurs qui heurtent tant le bon sens populaire.

La violence légale s’est aujourd’hui mise exclusivement au service du capitalisme. Côté violence physique, les armées veillent à ce qu’aucune autre forme d’organisation sociale ne naisse nulle part sur la Terre pendant que la police contient les interrogations populaires. Mais c’est du côté de la violence cérébrale que le capitalisme désormais sans concurrence fait très fort.

Par un principe de précaution généralisé, fait d’interdictions et d’obligations, et verrouillé par les lois mémorielles, il instaure une violence légale officiellement protectrice et réellement infantilisante qui permet, dans une fausse démocratie, d’acheter moins cher l’affect d’une population à qui l’on affirme donner tout le pouvoir tout en veillant à ce qu’elle ne puisse être informée totalement. Toujours par l’argent, l’information, de plus en plus sous-traitée à la finance, se réduit à un éclairage ostensible, non pas de l’ensemble de la scène mais exclusivement de ce qui doit marquer les esprits, le tri étant fait en amont par l’Agence France Presse.

Cela fabrique tout naturellement une représentation populaire détentrice de la violence légale mais qui ne ressemble en rien au peuple qu’elle est supposée représenter. Le muselage de l’internet par la violence légale est en cours puisque la dissolution de la goutte d’eau dans l’océan ne semble même plus suffire.

Mais le capitalisme fait encore plus fort pour durer par une prise en ciseau des esprits. D’un côté on formate à grand frais les êtres et de l’autre on crée une division totalement artificielle entre ceux qui résisteraient encore au formatage.l

Le formatage se fait pendant de très longues années dans une éducation dite nationale où l’on diffuse que la nation n’existe plus et que la Terre rebaptisée LA planète est le seul espace cohérent d’un capitalisme universel. On fait croire que la dépense, baptisée produit par le PIB, est une création de richesse à se partager et on fabrique de la monnaie pour pouvoir dépenser sans jamais expliquer que la monnaie n’est plus le constat d’une richesse déjà existante mais celui d’un espoir que l’on sait irréalisable mais qu’on implante dans les esprits.

On détourne d’ailleurs l’attention de ce seul problème fondamental en faisant vivre artificiellement les contradictions secondaires. La démocratie dit que la majorité a raison donc on va valoriser toutes les minorités quelles qu’elles soient en les portant toutes au pinacle avec l’aide de la violence légale. On constate une fonte bien réelle des glaciers et on va totalement artificiellement dire que l’homme en est responsable par le CO2. Là, la contradiction est plus subtile car elle est induite sans jamais être formulée. On ne dit jamais que le principal gaz à effet de serre est la vapeur d’eau sous forme de nuages qui garde la nuit la chaleur solaire comme chacun le constate. On ne dit jamais que la Terre a été glaciale et torride bien avant que l’homme n’apparaisse et qu’il est essentiel de comprendre pourquoi avant de chercher ce que l’homme a pu réellement modifier. Il est ridicule de se prendre pour Dieu et vouloir changer le climat quand on n’a encore absolument rien compris au déplacement des anticyclones et que l’on surexploite l’animal, le végétal et le minéral, voire même l’humain que l’on réduit à un consommateur-électeur-spectateur.

Mais pour tous ceux qui résisteraient au formatage et dont on martèle le mépris en les appelants extrêmes ou populistes, le capitalisme et sa violence légale ont réussi le tour de force de les diviser en deux pour qu’ils dépensent l’essentiel de leur énergie à se haïr. On a oublié que les trois moteurs de l’homme sont son cerveau avec sa raison, son cœur avec ses sentiments et son ventre avec ses besoins. La seule différence entre la droite et la gauche est que la droite privilégie la raison et donc l’harmonie alors que la gauche privilégie les sentiments et donc le mouvement. Les deux sont pourtant essentiels et la droite comme la gauche ne sont que deux parties de nous-mêmes qui se dissocient en deux simplismes quand nous sommes fatigués. La force du capitalisme et de sa violence légale est de flatter les besoins pour ne pas laisser se marier la raison et les sentiments. Se crée un fossé totalement artificiel entre Michel Onfray et Eric Zemmour qui disent pourtant grosso modo la même chose avec des mots différents.

L’avenir est entre les mains de la jeunesse dont la fragilité est peu respectée. Pour qui voudrait constater une facette de cette fragilité je propose de lire l’article de Contrepoints Éloge de la mondialisation signé par un jeune étudiant très bien formaté.

La science économique ne rendrait-elle pas aveugle ?

Il est sans doute temps d’expliquer pourquoi la science économique tellement révérée n’est pas seulement un assemblage de truismes présentés en pièce montée pleine de vide. Il ne serait alors qu’amusant de la prendre au sérieux. Mais n’existant que par le chiffrage de tout et confondant des observations incomplètes vaguement chiffrées avec des théorèmes, elle en oublie l’essentiel qui ne se chiffre pas.

Toute la classe politico-économico-médiatique parle du PIB comme d’une création annuelle de richesses à se partager mais néglige la différence entre une richesse, un embarras et un déchet. L’antiquaire, le brocanteur et le ferrailleur constatent pourtant tous que les déchets des uns sont des richesses pour d’autres et inversement. La richesse n’est en effet qu’un regard, un regard appris d’un groupe qui trouve beau et bon ce qu’il appelle riche et qui n’est vrai avec certitude que dans ce groupe. Ses membres auront le même regard sur ce bien ou sur ce service qui ne sera pas du tout forcément le regard d’un autre groupe. La richesse est tout sauf objective.

Mais alors comment différencier le PIB création de richesses, du PIB création de déchets ou d’inutilités ? C’est le regard réaliste inchiffrable de l’acheteur qui fait la différence. Le pâtissier croit chaque jour fabriquer des richesses mais si personne ne veut les acheter, ses gâteaux deviendront vite des inutilités puis des déchets. Il faut en outre que le regard du client soit réaliste et qu’il ait non seulement l’envie mais la capacité d’acheter. Et c’est là où le bât blesse car la science économique prend pour une donnée la capacité à acheter. Cette erreur fondamentale fait la fortune de deux mondes : le monde publicitaire qui s’habille d’un « faire savoir » alors qu’il n’est que dans le « faire croire » que ce qui est vendu par ses clients est richesse, et le monde financier qui, par l’emprunt appelé pudiquement financement, donne la capacité à acheter. C’est la société de l’apparence qui appauvrit les pauvres et qui enrichit les riches en permettant à la machine de tourner, au capitalisme de croire en son avenir et à M. Mélenchon de trouver que la France n’a jamais été aussi riche. Si l’on produit, c’est qu’on est riche, même si nous ne produisons que des inutilités et des déchets qui ont du mal à trouver preneurs et que nous importons ce dont nous avons besoin sans savoir comment le payer.

Ce qui est gravissime, c’est que le raisonnement médiocre de croire fabriquer des richesses dès lors que nous finançons leur production, a contaminé l’éducation nationale qui s’auto-évalue par l’argent qu’elle dépense alors qu’elle devrait bien évidemment s’évaluer par l’embauche des diplômés qu’elle produit. L’éducation nationale pense qu’accumuler des connaissances fabrique des têtes bien faites utiles à la société comme d’autres assemblent des matières pour en faire des objets. Personne ne semble se demander si nous fabriquons bien des richesses dans notre système éducatif et pas simplement des inutilités voire des rebuts.

Pour le savoir il n’y a que le regard de l’acheteur qui fait la différence. Pour nos étudiants l’acheteur s’appelle l’employeur qui doit à la fois vouloir embaucher et pouvoir le faire.

Si l’employeur est l’Etat, il embauche autant de fonctionnaires qu’il veut en augmentant d’abord le déficit budgétaire puis les impôts. Les fonctionnaires étant surprotégés, l’Etat embauche de plus en plus par l’intermédiaire de myriades d’associations subventionnées. Le financement vient donc dans tous les cas du peuple qu’il faut à la fois tondre et flatter, ce qui est le délicat métier de Politique qui montre chaque jour davantage son inefficacité ou, plus exactement, son intérêt exclusif pour l’immédiateté par absence totale de vision.

Si l’employeur est privé, il raisonne en « valeur ajoutée » car on lui a fait croire à la création de richesses. Mais il est confronté à la dure expérience de la réalité et il n’embauche quasiment plus que des commerciaux et des conseillers qui doivent lui démontrer que le système tourne encore. Faut-il s’étonner de leur inefficacité et de la montée du chômage ?

La solution tout le monde la connait mais elle n’est guère électorale. Il faut infiniment moins d’étudiants et remettre les Français au travail pour fabriquer des biens vraiment utiles. Il faut parallèlement les mettre devant les choix très difficiles des renoncements à faire inéluctablement pour conserver quelques avantages de la société actuelle de l’apparence. Un Politique qui veut être élu, veut-il le dire et peut-il le dire ?

Ne faut-il pas en désespoir de cause créer la race des Politiques qui préfèrent la vérité à l’élection ? Et Internet ne pourrait-il pas être le vecteur non censuré par les médias de cette expression ?

La richesse n’est qu’un regard

Le XXème siècle, a été le siècle du triomphe éphémère des trois idéologies fasciste, communiste et capitaliste. Il nous a habitués à tout chiffrer car le chiffre, la plupart du temps asséné et invérifiable, donne un vernis scientifique et coupe court à toute discussion. Les politiques sont passés maîtres dans l’art de jouer avec les chiffres. Ils se lancent avec talent  dans ces fameuses batailles de chiffres qui feraient presque croire à leur sérieux.

Si la parole ouvre le débat, le chiffre le ferme et arrête la réflexion. C’est probablement la raison pour laquelle les idéologies aiment tout chiffrer.

L’exemple de la richesse est révélateur. Nous savons que riche vient du mot franc rikki qui veut dire pouvoir et le pouvoir se chiffre mal. J’ai souvent pris l’exemple du crottin de cheval qui est richesse pour le jardinier, déchet pour le cheval et encombrement pour le promeneur. Nous pouvons prendre aussi l’oxygène, excrétion du règne végétal et richesse du règne animal. L’antiquaire, le brocanteur ou le ferrailleur ne ramassent-ils pas les déchets et les encombrements des uns pour les proposer comme richesses aux autres ? Le siècle des grandes découvertes a enrichi l’Occident de métaux précieux, d’épices et de tissus admirables que nos ancêtres échangeaient contre ce qu’ils appelaient de la pacotille. Ils souriaient de la naïveté de leurs partenaires … qui devaient en faire autant ! Une maison construite sans permis sur un littoral corse est-elle une richesse, un encombrement ou un déchet à faire disparaitre ?

La richesse n’est qu’un regard et le triple drame économique du capitalisme est d’avoir voulu la chiffrer, la croire universelle et la décréter objective.

L’incroyable imbécilité du PIB qui additionne nos dépenses pour nous les présenter comme des richesses, est stupéfiante dans tous les sens du terme. L’INSEE qui tente de calculer le PIB ne se demande même pas si ces dépenses sont utiles ou stupides, si elles sont faites avec de l’argent économisé ou de l’argent emprunté. Nous dépensons donc nous sommes riches et il faut dépenser toujours davantage. On fait la même croissance en dépensant l’argent des autres grâce à l’exportation comme l’Allemagne ou en dépensant un argent que l’on emprunte pour acheter ce que l’on importe comme la France.

Faut-il vraiment parler de crise ? Ne faudrait-il pas mieux constater le chant du cygne d’une idéologie qui ne cherche même plus à s’expliquer ? Comme l’ont fait avant elle ses grandes sœurs, les idéologies fasciste et communiste, l’idéologie capitaliste recule les échéances de son déclin en envoyant toujours davantage son clergé dans les médias pour séduire et en alourdissant en permanence  le fardeau qu’elle fait supporter au peuple par, au choix, la dévaluation, la hausse des prix ou le chômage.