Vive la république ? Vive les valeurs républicaines ?

Nous sommes bassinés depuis quelque temps par la vénération du mot république à laquelle certains mettent même une majuscule, et par les valeurs républicaines où chacun met ce qu’il souhaite imposer aux autres de sa propre idéologie. Le monde politico-médiatico-universitaire sacralise ce mot alors qu’il n’est en soi qu’un espace à remplir ou un temps à occuper puisqu’il n’est qu’une traduction de « chose publique » en latin, res publica. C’est un nom que l’on peut donner au bien commun si l’on sait ce qu’il recouvre et si on ne se limite pas comme aujourd’hui à se mordre la queue en répondant que ce bien commun est la république. Que la chose publique soit importante est une évidence, c’est même toute la nécessité du collectif, en harmonie indispensable quoique compliquée avec l’individuel.  Mais croire que l’on peut réduire le collectif au mot creux de république pour équilibrer efficacement l’individualisme galopant et entretenu par les médias, relève de l’escroquerie. Le mot république est devenu une simple éponge de tous les fantasmes et de toutes les utopies des privilégiés qui ont accès aux médias et qui alimentent leur auto admiration en vénérant la république par l’habillage qu’ils en font avec les valeurs républicaines qui les arrangent. La devise actuelle de la France, Liberté Égalité Fraternité est pour cela bien commode puisque ces trois mots peuvent s’entendre aussi facilement dans le registre actif et très intéressant de l’effort sur soi que dans celui passif et délétère du laisser-aller.

Le premier, et quasiment le seul, à avoir parlé de la république dans sa globalité depuis les Grecs, est Jean Bodin qui a écrit en 1576 Les six livres de la république en distinguant ses différents états, monarchique, aristocratique et populaire. Wikipedia résume fort bien son impact sur tout l’Occident à la fin du XVIe siècle :

Les Six Livres de la République ont été écrits d’abord en français en 1576. Dès la fin des années 1570, cet ouvrage était étudié à Londres et à Cambridge et c’est pour des publics universitaires de ce genre que Bodin en fait lui-même une version en latin, publiée en 1586. Entre 1576 et 1629, cet ouvrage a connu au moins quatorze éditions françaises et neuf éditions latines. Il a été traduit en italien (1588), espagnol (1590), allemand (1592 et 1611) et anglais (1606). Abondamment discuté en France, en Angleterre et dans les pays germaniques, il a inspiré les travaux des juristes et théoriciens de l’État moderne, notamment GrotiusPufendorfHobbes et Locke. Il se trouvait dans les bibliothèques des premiers colons puritains de Nouvelle-Angleterre dès 1620.

La première phrase du premier livre de Bodin définit la république :

La république est en droit gouvernement de plusieurs ménages, et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine.

Il entame son deuxième livre par les différents états possibles de république :

Si la souveraineté gît en un seul prince, nous l’appellerons monarchie. Si tout le peuple y a part nous dirons l’état populaire. S’il n’y a que la moindre partie du peuple, nous jugerons que l’état est aristocratique.

Qui est encore conscient que la monarchie est une forme de république ? En lui mettant une majuscule, nous avons fabriqué une République qui n’a plus rien à voir avec le problème du collectif à organiser, et qui se contente d’imposer une solution prétendument populaire, imaginée en fait par l’aristocratie et mise en œuvre en réalité par la monarchie. Sur les définitions simples et claires de Bodin, et en ouvrant simplement les yeux, nous nous apercevons en effet que, si nous nous intéressons aux ingénieurs qui pensent et décident (Comité scientifique, conseil de défense, Banque mondiale, ONU, OCDE, OMS, FMI, Commission européenne, Trilatérale, Bilderberg, le Siècle …), nous sommes dans une aristocratie (le gouvernement par les meilleurs en grec) extrêmement théorique. Si nous nous intéressons aux techniciens qui exécutent, nous sommes en monarchie. Macron a en effet beaucoup plus de pouvoirs que Louis XIV tout en se réduisant lui-même au double rôle d’exécutant d’ingénieurs plus que discrets et de recruteur de collaborateurs à l’échine suffisamment souple pour avaler toutes les couleuvres d’une politique qui ne cherche pas à résoudre mais à tenir.

L’état populaire pourrait pourtant exister par l’utilisation des référendums comme en Suisse. L’aristocratie discrète et la monarchie exécutante (Sarkozy à l’époque) y ont mis un violent coup d’arrêt en France par le traité de Lisbonne qui a imposé au peuple français en 2008 ce qu’il avait refusé par référendum le 29 mai 2005.

Cette république qui n’est plus qu’un maelstrom nous entraînant vers l’inconnu ne tient provisoirement que par l’injection massive d’énergie monétaire que l’on continue à prétendre sans source énergétique et qui remplace l’énergie humaine rendue obligatoirement inemployée par les confinements et les couvre-feux après l’avoir laissée inemployée par le chômage.

La phrase monarchique tant de fois répétée « quoi qu’il en coûte » est l’illustration inquiétante de l’espoir imbécile de remplacer l’énergie humaine par l’énergie monétaire.

On y cumule deux incompétences sur lesquelles est construite la dissimulation, espérons-le, inconsciente, du retour de l’esclavage.

La première incompétence est statique. Elle est sur la monnaie que tout le monde utilise en ne s’interrogeant jamais sérieusement, ni sur la source de son efficacité ni sur le pourquoi de la confiance que son nom de monnaie fiduciaire demande sans rien expliquer. Jusqu’au 15 août 1971 la confiance était dans la réalité de l’or. Depuis cette date la confiance n’est que dans l’avenir, ce qui permet d’y placer les fantasmes les plus fous et les dynamiques les plus imaginaires.

La seconde incompétence est dynamique. Elle est de croire que la « reprise », quand elle arrivera, « fera le travail » et remboursera aux banques l’argent qu’elles ont créé arbitrairement et qu’elles pourront détruire après prélèvement. C’est tout le problème de la prétendue création de richesse en nous prenant pour des dieux alors que la réalité concrète est que nous ne sommes que des hommes réduits à échanger pour vérifier que nos productions sont des richesses et non des déchets. La création monétaire dont l’utilisation est chiffrée par le PIB, fait croire à la création de richesse en permettant abusivement de reconnaître comme richesses des tas de productions qui n’en sont pas. Combien de journalistes polluent les médias en répétant que le PIB mesure la création de richesses ?

La République avec sa majuscule masque avec la croyance en ces deux incompétences, l’abomination d’une création permanente d’énergie monétaire factice qui, pour être utilisable, se nourrit de la réinvention de tous les esclavages que nous constatons tous les jours et qu’il est toujours bon de répéter : l’esclavage dans l’espace qu’est le mondialisme, l’esclavage dans le temps qu’est la dette, et les esclavages ici et maintenant que sont la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration. Cette réintroduction de l’esclavage est le fondement caché de la grande réinitialisation de Davos et du nouvel ordre mondial.

Comment faire comprendre qu’un monarque qui dit vouloir protéger en disant « quoiqu’il en coûte », oublie simplement, on l’espère inconsciemment, de dire « quoiqu’il vous en coûte à vous esclaves » ? La République avec sa majuscule ne fait que justifier notre aujourd’hui en vendant notre demain, la conscience apparemment tranquille.

Quel candidat en 2022 nous sortira la tête des nuages et nous remettra les pieds sur terre ?

Vœu (sans x) 2021

2021 ouvre une nouvelle décennie qui verra s’affronter dans un combat à outrance les tenants de l’énergie monétaire fondée sur l’esclavage et ceux de l’énergie humaine fondée sur la liberté responsable.

D’un côté les adeptes très minoritaires de la grande réinitialisation transhumaniste et mondialiste qui veulent marier le biologique et le numérique comme le souhaite le grand gourou de Davos, Klaus Schwab, suivi par la plus grande partie des équipes dirigeantes mondiales. Ils croient tout résoudre par l’énergie monétaire qui remplace l’intelligence humaine par l’intelligence artificielle et le travail de l’homme par celui de la machine. Ils ont initié ce renouvellement en 2020 par une pandémie de la peur poussant les peuples à se raccrocher à tout ce qui se présente, à l’exclusion de leur bon sens. Ils imaginent une vie dans la contradiction fondamentale de ne plus avoir besoin des humains pour produire mais d’en avoir absolument besoin pour consommer et justifier la production. La production serait assurée par l’énergie monétaire transformée en robots dont ils ne voient pas le prix puisque, pour eux, l’énergie monétaire est gratuite et créée ex nihilo. L’énergie monétaire se transforme aussi bien en énergie fossile qu’en machines. Les adeptes de la grande réinitialisation croient fabriquer cette énergie en se prenant pour des dieux et en reportant les problèmes à demain tout en les aggravant aujourd’hui. Quant à la consommation, elle serait assurée par les humains grâce au revenu universel tout aussi gratuit que les machines mais retenu tout de même aux rebelles récalcitrants. Les citoyens pourraient se distraire, se contenter de produire des services et choisir leurs dirigeants entre candidats présélectionnés, à défaut de candidature unique, pour leur similarité de fond sous des formes diverses. Les nations, les familles n’y auraient plus leur place, la notion même de civilisation perdrait son pluriel disparaissant au profit d’une foule de consommateurs-électeurs, « droitdel’hommés » par un individualisme triomphant, flatté dans toutes ses minorités et noyé mondialement dans une civilisation occidentale unique et moribonde, ne tenant que par l’énergie monétaire totalement artificielle mais déversée sans compter. Les chantres français de cette utopie ont  comme figures de proue Jacques Attali ou Laurent Alexandre. Enarques évidemment, ils ont table ouverte dans les médias et nous montrent avec leurs confrères combien l’humilité a été mal répartie.

De l’autre, ceux, pour l’instant encore plus minoritaires, qui ont compris que l’argent n’apporte son énergie que parce qu’il est un accumulateur d’énergie humaine. Ils ont compris que la monnaie dette et la monnaie numérique, si à la mode actuellement, sont des réintroductions différées de l’esclavage. Ils tremblent pour leurs enfants chaque fois que des dirigeants « débloquent » des sommes extravagantes inexistantes pour se donner l’impression d’être utiles tout en nous enfonçant davantage dans leur impasse. Ils savent que toute solution doit commencer par l’arrêt des distributions gratuites d’argent et par une mise en place et une reconnaissance de l’utilité réelle de chaque citoyen dans sa civilisation, dans sa nation, dans sa famille. Ils voient avec tristesse ou même rage, toutes ces collectivités être volontairement ébranlées en vue de leur destruction.

Entre les deux se trouvent ceux totalement majoritaires et vrais décideurs de demain dont beaucoup de gens sensés qui n’ont pas encore choisi et qui ne trouvent pas toujours le temps de réfléchir. Ils sentent bien que le bateau prend l’eau. Ils sont gilets jaunes, abstentionnistes, souverainistes de tous poils. Ils hésitent entre la révolte et l’attente. L’année 2020 leur a douloureusement rappelé et même martelé la phrase si juste du prix Nobel d’économie Friedrich von Hayek sur les dirigeants qui « obtiennent l’adhésion des gens dociles et crédules qui n’ont pas de convictions personnelles bien définies et acceptent tout système de valeurs à condition qu’on leur répète des slogans appropriés assez fort et avec suffisamment d’insistance ». Ils procrastinent en rongeant leur frein. Ils ne voient pas que leur regrettable impéritie vient d’abord du fait qu’ils limitent tous intellectuellement l’énergie à une donnée physique qui existerait indépendamment de l’homme, ce qui exclut l’intelligence et même la force physique humaine, pourtant toutes deux indispensables à l’utilisation des autres énergies. Ils sont intellectuellement coincés entre l’observation millénaire de la réalité omniprésente de l’esclavage et leur enfermement dans la croyance scientiste que l’énergie ne se chiffre qu’en joules. Sénèque, Einstein ou Aristote, combien de joules ? En déconnectant l’énergie de l’énergie humaine, ils déconnectent l’énergie monétaire de l’énergie humaine et vont même jusqu’à nier l’existence de cette énergie monétaire pourtant en pleine action. En jouissant de cette énergie tout en la niant, ils se font les complices involontaires des mondialistes transhumanistes qui n’existent que par l’énergie monétaire puisée dans la réintroduction des esclavages sous toutes ses formes, ce que tout le monde constate sans toujours le comprendre et en ne l’approuvant jamais.

Je fais le vœu unique que 2021 nous fasse réaliser que l’enfer ce n’est pas les autres mais que l’enfer c’est de ne pas aimer, c’est le mondialisme transhumaniste individualiste. Si ce vœu se réalise, chaque civilisation se retrouvera naturellement chez elle, faisant éventuellement un troc respectueux avec les autres civilisations. Elle limitera son énergie monétaire à la somme des énergies qu’elle stimule, qu’elle constate et qu’elle rémunère chez son propre peuple. La tour de Babel sera détruite comme toutes les sagesses nous y incitent et comme les mondialistes voudraient nous l’interdire, ou pire, nous faire désirer que la tour « transperce le ciel » comme le dit la Bible et qu’elle nous permette d’ « attaquer Dieu sur son terrain » comme le dit le Coran.

Ne nous trompons pas de déluge

Dans toutes les civilisations, il y a le mythe du déluge à un moment où l’homme paie sa faute par sa propre disparition voulue par son créateur. Dans le mythe, la submersion est généralement liquide par des pluies diluviennes ou des torrents dévastateurs. Et il y a toujours un heureux élu comme Noé ou Gilgamesh qui est mystérieusement averti pour construire un hangar flottant, y préserver l’essentiel et redonner une chance à l’humanité, une fois l’inondation résorbée et la Terre nettoyée.

Mais l’eau n’est que symbolique dans le mythe et bien d’autre déluges peuvent détruire une civilisation. Tout ce qui est excessif est diluvien et dévastateur. Nous le vivons actuellement tous les jours, « au quotidien » pour parler novlangue puisque « chaque jour » est devenu trop simple. Nous sommes inondés de produits chinois, écrasés de fonctionnaires non régaliens, immergés d’immigration, saturés d’experts et de commentateurs, noyés dans la multiplication anormale des normes, des interdictions et des obligations, submergés par des informations péremptoires, contradictoires et invérifiables, engloutis par toutes les minorités qui ne veulent pas reconnaitre la loi de la majorité et par la nuée d’étudiants ignares et conscients de l’être. Il n’y a pas un déluge mais une prolifération de déluges, tous mortels, chacun d’entre nous relevant surtout celui dont il souffre le plus et reprochant à ses congénères de ne pas prendre suffisamment conscience de ce déluge-là. On aurait même, parait-il, un déluge d’hommes blancs hétérosexuels qui empêcheraient certaines minorités de vivre à leur guise.

Personne ne semble voir que tous ces déluges qui nous détruisent, n’existent que par un autre déluge dont tout le monde profite et qui non seulement autorise mais génère tous les autres, c’est le déluge monétaire qui ne vient pas de Dieu mais d’une élite autoproclamée qui a vu combien nous nous asservissions nous-mêmes facilement pour avoir de l’argent. On atteint des sommets avec le ridicule actuel des milliards « débloqués » comme s’ils existaient, pour répondre à une attente universelle de « moyens ». Chacun en demande pour satisfaire sa lutte personnelle contre le déluge qui l’obsède. Très peu réalisent qu’on ne les satisfait qu’en alimentant un autre déluge qui générera à son tour une demande de moyens à débloquer d’urgence. Notre société devient la société de la mendicité puisqu’avoir de l’argent ne dépend plus du travail fourni et du regard collectif sur ce travail, mais du rapport que l’on a à ceux qui fabrique l’argent.

Du temps où la monnaie était de l’or, les « moyens » étaient normalement limités au travail déjà utilement effectué sauf dans les deux cas où un déluge d’or a tué l’économie : le pèlerinage à La Mecque de Mansa Moussa au XIVe siècle et l’Espagne du XVIe siècle avec le pillage des Amériques.

Depuis la déconnection des monnaies de l’or en 1971, nous en fabriquons à l’envi pour que chacun puisse se protéger de son petit déluge personnel sans s’apercevoir qu’il alimente tous les autres. Le summum du ridicule est atteint aujourd’hui avec le dernier déluge mondial totalement fabriqué de la peur pour des raisons qu’il faudra bien un jour connaître. Le déluge monétaire qui doit lutter contre le déluge de la peur, alimente avec un tout petit effet retard tous les autres déluges mortifères qui forcent à ne plus penser qu’à l’arche qui nous sauvera personnellement en laissant crever tous les autres. Belle façon de nier le droit du groupe au profit d’un droit de l’individu qui ne peut pourtant pas exister sans le groupe !

Nous sommes tous complices de cette infamie.

Soit nous le sommes dans un déluge d’inconscience, en pensant que tout nous est dû puisque nous sommes un pays riche. Riche de quoi ? De notre suffisance ? D’une corne d’abondance qui n’existe pas ?

Soit nous le sommes dans un déluge de procrastinations, en résolvant tout par la fabrication monétaire qui génère les esclavages en croyant « investir », ce verbe qui veut faire croire, avec malheureusement un certain succès, que l’argent pousse en le plantant comme un chou.

Soit nous le sommes dans un déluge de vanité, en niant que l’énergie monétaire est une énergie, ce qui est bien commode car dans ce cas il n’y aurait pas la nécessité d’une source à cette énergie et elle pourrait être une simple vague institution qui apporterait son énergie à partir de rien.

Soit nous le sommes dans un déluge de crédulité, en croyant que la dette, n’étant plus remboursable, ne sera tout simplement pas remboursée et que cela se fera sans troubles graves.

Soit nous le sommes dans un déluge d’individualisme, en étant conscient du désastre imminent mais laissant les groupes se défaire, qu’ils soient civilisations, nations, familles ou simplement indispensabilité de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme. Où est le temps où l’on parlait de sa moitié pour son conjoint ?

Devant ce déluge de déluges, seuls deux avenirs se dessinent.

Celui qui se prépare avec le « grand renouveau », « great reset » pour les anglomanes, l’ONU, le FMI, l’OCDE, l’UE et Davos. C’est celui des puissants, fondé sur la fuite en avant, l’énergie monétaire gratuite, et les fantasmes de la robotique, de l’intelligence artificielle, du transhumanisme et de la communication, ni filtrée par l’action ni épurée par la réflexion. Il est l’inverse d’un changement de paradigme tout en faisant croire qu’il l’est puisque c’est encore et toujours l’énergie monétaire qui fait tout, en ne voyant pas que sa source devient automatiquement l’esclavage car il n’y a pas d’énergie sans source. Cet avenir a besoin d’une main de fer mondiale dans un faux gant de velours pour faire accepter par toutes les civilisations de mourir pour donner une chance de vivre à des fantasmes irréalistes. Cet avenir est visualisable et audible en regardant et en écoutant Jacques Attali qui en est à lui tout seul la caricature émouvante et si contente d’elle-même.

Il est heureusement un autre avenir qui ne dépend que des peuples et que chaque civilisation peut à tout moment se choisir en laissant les autres regarder leurs problèmes avec leur propre regard. Cet autre avenir est fondé sur la capacité des peuples à réagir intelligemment dès qu’ils sont en face d’un problème non biaisé. Dès l’instant où l’on prend conscience que l’énergie monétaire ne prend sa source que dans le travail bien fait et dans l’esclavage, et dès l’instant où l’esclavage est perçu comme non durable, la conclusion coule de source. La quantité de monnaie doit être limitée à l’évaluation qu’un peuple se fait de sa propre richesse ; elle augmente s’il pense sincèrement l’avoir augmentée, elle diminue s’il voit sa richesse diminuer. La quantité de monnaie étant limitée par la réalité du regard d’un peuple sur lui-même, sa rareté génère automatiquement une obligation d’économies et un désir d’augmenter les richesses pour que de l’argent soit créé. Finies les subventions, les assistanats publics, les fonctionnaires inutiles, l’argent claqué pour la tranquillité du pouvoir incompétent, l’argent limité fait disparaitre tous les faux problèmes. Fini le faux libre échange qui n’est plus un échange mais une tentative mathématique de réduire en esclavage les autres peuples par des balances commerciales excédentaires, d’accepter cet esclavage par une balance commerciale déficitaire. L’argent limité fait repartir chez eux tous les immigrés qui ne souhaitent pas s’assimiler. Il fait disparaitre tous ces médias qui n’existent que par des subventions bien qu’appartenant à des milliardaires, et qui ont renoncé à informer pour s’occuper de plaire au plus grand nombre, abandonnant la raison pour l’émotion et rejoignant en malhonnêteté intellectuelle les pogroms et les lynchages. L’argent limité force chacun à se demander comment être utile au groupe et il force l’État à remplir enfin son rôle de créer l’argent correspondant aux nouvelles richesses créées par son peuple et à l’en remercier en le lui donnant. La femme qui porte un enfant puis l’éduque pendant ses premières années enrichit la collectivité, elle doit en être rémunérée. La personne qui se rend utile à une autre personne reçoit d’elle une rémunération mais celle qui se rend utile au groupe, l’enrichit et doit en être rémunérée par l’État. L’État doit trouver l’organisation lui permettant de rendre utile au groupe toute personne qui n’est pas déjà rendue utile par une entreprise. Il n’y a pas un seul déluge qui ne s’arrête automatiquement si un peuple réduit sa quantité de monnaie à la réalité de son propre regard sur ce qu’il croit être sa véritable richesse. Ce deuxième avenir, opposé au premier préparé par les puissants, est confié aux peuples, à chaque peuple et certains l’appellent même de son mot grec de démocratie.

Le combat entre l’aristocratie et la démocratie voit pour l’instant les batailles victorieuses de l’aristocratie car les peuples n’ont pas encore compris l’abomination de la fausse corne d’abondance qui les réduit en esclavage au bénéfice d’une oligarchie qui n’étant plus composée des meilleurs, n’est plus une aristocratie dans son sens étymologique.

La vraie révolution est intellectuelle et commence par une prise de conscience des peuples. L’argent est actuellement déversé pour freiner la prise de conscience qu’il y a déjà beaucoup trop d’argent.

Le lien perdu entre l’énergie monétaire et l’énergie humaine

Nous vivons dans un monde totalement irréaliste et magique façon Harry Potter, Star Trek ou Alice au pays des merveilles. Nous le pressentons tous sans avoir vraiment envie d’en prendre conscience tellement une prise de conscience nous ferait affronter une réalité qui nous fait peur.  Si Harry Potter avait sa baguette et le quai 9 3/4, si Star Trek avait la télétransportation et Alice son miroir, nous avons nous aussi une énergie magique créatrice d’illusions et qui résout absolument tout : l’argent qui, pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité, n’est limité que par la décision changeante de quelques-uns. Tous les buts, même les plus aberrants, deviennent apparemment atteignables grâce à cette énergie non reconnue comme telle, et pourtant facilement illimitée, gratuite et omnipotente. Elle n’a officiellement plus de source, donc plus de limites, depuis seulement 50 ans. Nous nous divisons simplement, à en croire Yuval Noah Harari et Laurent Alexandre, entre les dieux qui y ont accès et les inutiles qui n’ont accès qu’aux miettes que les dieux leur abandonnent avec dédain et regret. On croirait vivre dans le monde des sorciers et des moldus ou dans la parabole du riche et de Lazare (Lc 16 :19).

Parallèlement à ce rêve envahissant qui devient angoissant, la réalité devient ringarde, dépassée, « ancien monde », inintéressante. Des peuples entiers font comme les ados qui se retournent dans leurs lits pour ne pas se réveiller et rester dans leurs rêves. La réalité devient subordonnée au rêve et aux fantasmes comme nous le voyons avec la théâtralisation d’un virus peu agressif et d’une élection américaine. Le classement des différents pouvoirs s’intervertit entre le premier et le second d’un côté, et les 3e et 4e de l’autre. Les médias ont pris le pouvoir depuis qu’ils appartiennent quasiment tous à ceux qui ont accès à l’énergie monétaire. Ces professionnels de la parole, ni filtrée par l’action ni épurée par la réflexion, ont pris le pouvoir avec la complicité des juges et des experts qui redéfinissent le bien avec des mots vides de sens mais coercitifs comme « état de droit » ou « urgence sanitaire ». Les pouvoirs législatif et exécutif se sont couchés devant les pouvoirs juridiques, médiatiques et pseudo-scientifiques de ceux que l’on déclare sachants. Une nouvelle définition du bien nous est imposée par une communication omniprésente et lancinante. Elle nous emmène vers un inconnu dont la cohérence n’existe que par la débauche d’argent que le pouvoir y consacre chaque jour davantage tellement demain en exige toujours plus qu’aujourd’hui. Cette réalité refusée en devient tout aussi angoissante que le rêve dans lequel nous essayons de nous réfugier.

Comment est-ce possible ? Comment en est-on arrivé là ? Que faut-il faire et qui le fera ?

Comment est-ce possible ?

Ce n’est pas une question que nous nous posons, pas plus que nous ne nous demandons comment marchent les baguettes magiques, la télétransportation ou le miroir d’Alice. Nous nous contentons d’écouter les médias en admirer l’efficacité et surtout d’en profiter. Comme les grenouilles qui se font cuire en ne s’apercevant pas de l’augmentation lente de la température, nous acceptons d’être violés par les juges, les experts, les journalistes et les politiques tout en trouvant que l’eau, au départ agréable, commence à être vraiment trop chaude. Heureusement pour eux et malheureusement pour nous, l’énergie monétaire nous insensibilise et nous paralyse. Elle vient à leur secours chaque fois que leurs culs-de-sac deviennent trop évidents. La débauche actuelle de l’énergie monétaire prétendument « débloquée » par le pouvoir, justifie à ses yeux le blocage ahurissant de l’énergie humaine qu’est le confinement. Le pouvoir n’y voit même plus l’étalage de sa bêtise et de son affolement.

Comment en est-on arrivé là ?

Ce viol collectif par ceux qui se sont agglomérés en élite auto proclamée a comme première raison l’oubli que la vie n’est qu’une multitude d’échanges effectués par notre énergie. Nous l’avons remplacé par la croyance très agréable mais stupide que nous somme des dieux capables de créer. Nous croyons créer un enfant alors que seule la patience d’une femme permet d’échanger un ovule et un spermatozoïde contre un bébé. Nous croyons créer des richesses alors que nos productions ne se transforment en richesses que par l’échange que nous en faisons avec une autre richesse qu’est l’argent ou par l’espoir ou l’illusion que cet échange sera possible.

Fondé sur cet oubli nous avons cru créer notre baguette magique, notre télétransportation ou notre miroir d’Alice, en assemblant très intelligemment des concepts vidés de leur sens et remplis artificiellement de vide aussi bien dans la réflexion que dans la communication pour ne pas avoir à agir.

Dans la réflexion nous avons changé depuis deux siècles le sens de mots neutres pour en faire des solutions déjà acquises de problèmes soigneusement éludés. Le progrès qui n’est que le mouvement est devenu miraculeusement le bon mouvement. La république qui n’est que le problème de la vie en groupe, en est devenu miraculeusement la solution qui évite de regarder le problème puisqu’on a la solution. L’argent qui n’est qu’un accumulateur d’énergie humaine est devenu à lui tout seul, une énergie venant de nulle part et résolvant tout.

Dans la communication nous assistons à un feu d’artifice d’incompétence et de mauvaise foi difficilement démêlable, pour nous faire croire qu’un échange est une création. Des mots comme profit, bénéfice ou PIB sont là pour nous faire oublier l’échange et nous faire croire à la création. On en arrive à croire à la stupidité que les entreprises font du profit sans voir qu’il n’y a là qu’un échange avec un appauvrissement de même montant de leurs clients. L’énergie sous formes de travail et d’argent qu’a mis l’entreprise à produire n’est qu’échangée avec l’énergie qu’a mis le client pour trouver l’argent nécessaire à son achat. Mais on peut par incompétence ou mauvaise foi, négliger l’énergie humaine du client qu’il a transformé en énergie monétaire pour faire croire que les entreprises créent de la richesse. On peut encore, par ruse ou bêtise, distribuer par subventions ou prestations sociales l’argent à échanger avec les productions pour en faire des richesses. On néglige aussi l’énergie monétaire en parlant du PIB comme d’une création de richesse, alors qu’il n’est que l’addition de tous les échanges faits contre de l’argent, y compris les soins, les réparations, la prostitution et la vente de stupéfiants. Il est navrant d’entendre l’économiste Marc Touati sur Sud Radio ou le journaliste économique Eric de Riedmatten sur CNews dire apparemment de bonne foi « Le PIB est la richesse créée dans un pays ». Il est encore plus navrant de voir comment, en fabriquant de la monnaie sans retenue pour les acheter, on fait croire que des déchets et des encombrants se sont miraculeusement transformés en richesses. Est-ce de l’incompétence, de la rouerie ou un scandale délictueux ?

Pendant que nous vivons dans la croyance aux miracles, la réalité poursuit son œuvre. Comme l’argent, que nous le voulions ou non, n’est qu’un accumulateur d’énergie humaine, sa débauche exige une consommation d’énergie humaine équivalente, ce qui se fait naturellement par la montée réelle de tous les esclavages.

Comme aucune force visible n’accepte de se confronter à la contradiction fondamentale qui nie l’échange et qui veut globalement de plus en plus d’argent et de moins en moins de travail, toutes les forces en présence se contentent d’éclairer avec raison les incohérences des autres en dissimulant les siennes et en laissant monter les esclavages nourriciers qui sont ceux que nous voyons monter tous les jours en regardant ailleurs, l’esclavage dans le temps qu’est la dette, l’esclavage dans l’espace qu’est le mondialisme et les esclavages ici et maintenant que sont la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration.

Que faut-il faire ?

Fondamentalement, remettre l’échange vrai au centre de toute organisation, avoir une monnaie accumulateur non trafiqué de l’énergie humaine et reconstruire naturellement une cohérence perdue sur ces deux bases.

A l’intérieur retrouver l’échange entre les citoyens et donc commencer par faire en sorte que chacun ait quelque chose à échanger. Les entreprises, les artisans et les commerçants sont les seuls à échanger des productions contre de l’argent. Mais pour échanger un service contre de l’argent tout le monde peut s’y mettre y compris les chômeurs. Au lieu de flatter les électeurs par des subventions ou des prestations sociales qui ne sont que des habillages peu discrets de la corruption, tous les maires de France pourraient voir comment rendre utile tous leurs administrés au chômage, et comment vérifier cette utilité afin que l’État puisse échanger ces nouvelles richesses contre un argent créé pour les reconnaître.

A l’extérieur retrouver à l’international l’échange du pacte de La Havane que le sénat américain a bloqué après que ses représentants l’aient signé, pour que le libre-échange devienne enfin un échange libre et non plus simplement la liberté honteuse de faire payer les autres par des balances commerciales excédentaires qui sont la négation d’un échange même si on le déguise en « libre-échange ».

Pourquoi appeler protectionnisme le simple appel à la vérité de l’échange, si ce n’est pour embrouiller les esprits ? Pourquoi appeler concurrence ce qui n’est que renoncement devant la difficulté d’un échange vrai ?

L’échange étant complètement différent à l’intérieur et à l’extérieur, c’est l’observation des échanges différents qui définira au mieux l’espace qu’est l’intérieur par rapport à l’extérieur, ce que l’Histoire a appelé jusqu’à aujourd’hui pays, patrie ou nation.

Dans notre espace, retrouver le franc en veillant à ce qu’il ne puisse dépasser en quantité, l’énergie humaine préalablement dépensée à créer ce que nous voyons comme des richesses, et à ce que jamais une fabrication de fausse monnaie ne nous fasse croire que nous créons des richesses car cela attirerait à nouveau tous les perdus et tous les rusés de la Terre.

Qui le fera ?

Sûrement pas ceux qui oublient l’échange dans leur analyse comme Jean-Marc Jancovici qui regrette la consommation d’énergie fossile mais qui dit à ses étudiants « Du pognon, il y en a ! ». Il sera audible quand il aura intégré que seule la limitation de l’énergie monétaire à l’énergie humaine préalablement bien utilisée, nous forcera à inventer la limitation en effet nécessaire de notre consommation d’énergie fossile. Il parle de « Superman pour de vrai », ce qui n’existe pas même si nous vivons comme si nous l’étions.

Sûrement pas ceux qui refusent dogmatiquement que la monnaie est une énergie alors qu’ils s’agitent pour vendre leur pensée tellement ils ressentent le besoin vital de cette énergie.

Sûrement pas les tenants de la monnaie-dette, du mondialisme et du faux libre-échange qui ne sont que les nouveaux esclavagistes qui ne s’en rendent souvent même pas compte et qui préparent leur « grand renouvellement ».

Sûrement pas ceux qui croient à la monnaie-dette sans être partisan du mondialisme car il faut leur laisser le temps de réaliser combien ils sont contradictoires.

Sûrement pas les Politiques qui n’arrivent pas à penser sérieusement à autre chose qu’à leur réélection ou à leur pantouflage. Ils ont compris que l’énergie monétaire se décroche plus facilement dans les ors de la république que dans la dépense de leur énergie personnelle, et ils limitent leur énergie à y parvenir et à y rester.

Sûrement pas toutes les minorités de toutes sortes qui ne se font entendre que par l’énergie monétaire qu’on leur distribue gratuitement.

Sûrement pas les yacafaucons qui ont la solution universelle avant d’avoir posé le problème.

Sûrement pas les vieux comme Joe Biden dont on regarde surtout qui le remplacera à sa disparition physique ou mentale.

Il ne reste pas grand monde mais l’intelligence, le bon sens et la pression de la réalité fera forcément émerger dans les nouvelles générations celui ou ceux (regroupant ce que le français nous a toujours dit être aussi bien des hommes que des femmes) qui prendront enfin le taureau par les cornes en limitant la monnaie à l’énergie humaine déjà intelligemment dépensée, nous laissant devant un problème très difficile mais qui pourra enfin être résolu puisque la suppression de la fausse corne d’abondance nous aura forcé à revenir dans la réalité.

 

 

On se trompe de transition énergétique

La transition énergétique est à la mode. Politiques, médias et mouches du coche s’en donnent à cœur joie et laissent croire à un remplacement progressif des énergies fossiles émettrices de CO2 et des énergies nucléaires qui font facilement peur, par des énergies renouvelables.

A contre-courant mais parfaitement logique, Jean Marc Jancovici rappelle dans tout le monde universitaire que vivre sur les énergies renouvelables a toujours été l’apanage de l’humanité avec son chauffage au bois, sa traction animale, sa marine à voile et ses moulins à eau et à vent. Il explique à juste titre que ce n’est que depuis que nous utilisons de l’énergie fossile que nous sommes devenus des supermen à nos propres yeux en multipliant par des milliers notre capacité énergétique grâce aux machines. Il montre aussi, croquis à l’appui, qu’aucune énergie n’en a jamais remplacé une autre et que les nouvelles énergies ne se sont chaque fois que surajoutées aux précédentes que l’homme a continué à consommer de plus en plus, tellement ses machines étaient énergivores. Le charbon n’a pas remplacé le bois que l’humanité a continué à consommer de plus en plus. Le gaz et le pétrole n’ont pas remplacé le charbon que l’humanité a continué à consommer de plus en plus. Le nucléaire n’a pas remplacé le pétrole et le gaz que l’humanité a continué à consommer de plus en plus.

Encore une fois à juste titre, Jancovici insiste sur le fait que l’énergie fossile n’est pas gratuite alors que nous ne payons que le prix de son extraction, de son transport, de sa transformation et les bénéfices de tous les acteurs de son cheminement. Nous ne payons pas la reconstitution en millions d’années de ce que nous consommons quotidiennement de façon croissante. Jancovici souligne que cet aveuglement était déjà celui de Jean-Baptiste Say qui écrivait en 1804 dans son Traité d’économie politique: « Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ».

Là où Jancovici fait lui-même exactement l’erreur qu’il reproche à Jean-Baptiste Say d’avoir fait il y a deux siècles, c’est quand il dit négligemment lors de sa très intéressante leçon inaugurale à SciencesPo le 29 août 2019 « Du pognon, il y en a plein » (à 2h13 sur les 2h24 de sa leçon). Il ne réalise pas que la monnaie est une énergie, qu’elle n’est pas plus gratuite que les autres, et qu’une fois de plus cette énergie voudrait  remplacer les énergies précédentes et ne fait en fait que se surajouter sans faire baisser les autres.

L’énergie monétaire a en effet complètement changé sa source par un véritable triple saut en un peu plus de 50 ans, de 1944 à 2001. Jusqu’aux accords de Bretton Woods en 1944, toute monnaie avait toujours été liée à ce que le peuple qui l’utilisait voyait comme une richesse préexistante, généralement de l’or. La monnaie était la richesse du passé du peuple. C’est pour cela qu’en échange de la monnaie il donnait de lui-même. Les accords de Bretton Woods n’ont apparemment pas changé grand chose. Sous impulsion américaine ils ont lié les monnaies au dollar et le dollar à l’or. Cela restait cohérent à la condition que la FED n’imprime pas plus de dollars que le Trésor américain ne possédait d’or. Or la FED a imprimé 5 fois plus de dollars qu’il n’y avait d’or et Nixon a été obligé le 15 août 1971 de déconnecter en urgence le dollar de l’or pour endiguer la fuite de l’or américain que beaucoup, comme De Gaulle, venaient chercher contre des dollars. Mais le troisième saut de ce triple saut a été l’introduction de l’euro avec des équivalences avec les monnaies européennes antérieures en oubliant consciencieusement qu’elles n’étaient plus liées à rien par la décision américaine de 1971.

Depuis le 15 août 1971 et officiellement à partir de la création de l’euro, l’énergie monétaire ne provient plus d’une richesse passée reconnue comme cela avait toujours été le cas depuis l’aube des temps. Elle provient d’une richesse future totalement imaginaire et que l’on peut donc faire croître sans limite en l’espérant himalayenne, voire même perçant le ciel. Nous vivons globalement au-dessus de nos moyens grâce aux 200.000 milliards de dollars de dettes que nous avons. Ces dettes sont en réalité la source virtuelle et apparemment gratuite de la nouvelle énergie monétaire qui nous permet partout de faire n’importe quoi et de croire possible le libéral-libertarisme. Nous avons rajouté aux couches d’énergies que Jancovici décrit très bien et que nous continuons à consommer, une nouvelle énergie dont il ne parle pas comme d’une énergie, l’énergie monétaire. Nous consommons avec la monnaie, une énergie sans source connue. Nous la voulons gratuite et illimitée et nous le croyons possible puisque c’est une énergie qui nous vient du futur. Venant du futur nous pouvons l’imaginer à notre guise et c’est cette transition énergétique que nous vivons actuellement et dont nous n’osons pas parler parce qu’au fond de nous, nous n’en sommes pas très fiers.

La question que chacun devrait se poser aujourd’hui est de savoir s’il veut se dégager des faux rêves collectifs mondialisés et inatteignables que les médias, l’éducation nationale et les politiques ont mis dans les esprits. Ces rêves se nourrissent de l’énergie monétaire (donnez-nous les moyens). C’est en sortant de ces rêves et en réalisant que « la seule source de l’énergie monétaire est le travail humain et ses réalisations passées » (Bruno Lemaire), que nous pourrons faire en sorte que cette énergie monétaire soit à nouveau au service du peuple puisque c’est sa propre richesse, et qu’elle ne soit pas gaspillée au service d’un système que plus personne de sérieux ne défend vraiment.

L’énergie des chômeurs doit remplacer l’énergie monétaire venant de la dette. Mais cela commence par la compréhension et la maîtrise de l’énergie monétaire, puis par la compréhension que le chômage n’est pas le problèmes des entreprises mais celui des politiques. Sans quoi nous continuerons à faire toutes nos bêtises en douceur grâce à l’énergie monétaire qui fabrique les machines, et tant que les énergies précédentes seront encore disponibles pour les faire fonctionner.

Le « problème à traiter » de Jean-Marc Jancovici

Dans sa leçon inaugurale à SciencesPo du 29 août 2019, où il reprend son cours au Mines de Paris, Jean-Marc Jancovici souligne remarquablement le « problème à traiter » en partant d’un constat difficilement contestable, à savoir que toute notre vie n’est composée que de ressources transformées, elles-mêmes n’étant toutes, que de l’énergie transformée. Il précise que ce sont les machines qui ont fait de nous des « supermen pour de vrai », en multipliant notre puissance personnelle en moyenne par 200, et en occident dans les villes par mille ou deux mille. Cela s’est fait en deux siècles en passant des énergies renouvelables aux énergies fossiles dont le côté apparemment illimité n’a jamais permis de réflexion sur le coût de leur reconstitution qui devrait en toute logique être pourtant provisionné.

Avec quelques formules-chocs il nous rappelle des vérités oubliées : « L’énergie c’est la capacité à transformer l’environnement », « Dans un seul litre d’essence il y a la même capacité à transformer l’environnement que dans 10 à 100 jours de travail de force d’un être humain », « Dépenser de plus en plus d’énergie c’est utiliser de plus en plus de machines », « Chaque être humain exploite sans s’en rendre compte des milliers de machines ». Il constate que nous avons simplement remplacé l’esclavage humain par l’armée d’esclaves que sont les machines, en considérant toujours que la ressource est illimitée donc gratuite, et que l’on ne paye que son ramassage.

Le problème est parfaitement posé mais il bute sur les solutions en commençant pourtant par donner une excellente définition de l’économie, « l’économie c’est la compréhension des facteurs limitants dans la production ». Mais il ne tire pas les conséquences de sa propre définition car il ne parle que des facteurs limitants que sont pour lui l’émission de CO2 par toutes les machines thermiques et la lente destruction de la Terre par une consommation inconsidérée de ses ressources.

Il ne parle pas du premier facteur limitant, le plus naturel, celui qui devrait nous mettre obligatoirement et naturellement devant notre problème pour utiliser notre intelligence à le résoudre, même si nous ne savons pas aujourd’hui comment. Il élimine au contraire cette limite essentielle en disant : « Du pognon il y en a ». Ce facteur limitant normal dont il ne dit pas un mot, c’est la rareté normale de l’énergie monétaire. Le problème de notre civilisation, c’est que nous avons volontairement oublié la source de cette énergie pour ne pas voir son épuisement. Nous avons sombré dans la «pigilithie» dont nous devons nous vacciner car elle nous empêche, par la fuite en avant, d’affronter notre problème. La monnaie est une énergie dont nous avons perdu la source. C’est cette énergie sans source qui fabrique les machines qui grignotent la Terre. Jean-Marc Jancovici a parfaitement raison de dire que « PIB ou  CO2, il faut choisir » mais il doit prendre conscience que le PIB n’est que la somme de nos dépenses de consommation ou d’investissement et que ce PIB est fabriqué artificiellement par une énergie monétaire sans source, « apigique ».

Certains pourront se contenter de la réponse  proposée par Contrepoints D’où vient l’argent ? Du chiffre d’affaires des entreprises, point. Personnellement cette réponse me fait simplement me remémorer la réplique culte de Thierry Lhermitte : « Je n’aime pas dire du mal des gens mais effectivement elle est gentille ». D’autres pourront, comme Jean-Marc Jancovici, vouloir soigner le malade sans chercher la cause de la maladie, faire des vœux pieux : « Faire des propositions qui n’ont plus besoin de la croissance ». Mais c’est en s’intéressant plus sérieusement à la source de l’énergie monétaire que les solutions apparaîtront enfin. C’est en faisant une vraie révolution personnelle par la compréhension que l’énergie monétaire n’est pas plus gratuite que les énergies fossiles que les générations montantes pourront sortir du constat désespéré de Jean-Marc Jancovici et sauver notre, …leur civilisation.

La Fontaine nous l’avait pourtant bien dit

Il y a  trois types de dépenses. Celles pour survivre, celles pour préparer le futur et celles pour améliorer la qualité de sa vie. Cela est vrai tant pour les dépenses personnelles que pour les dépenses collectives.

La distinction entre les trois types de dépenses n’est pas aisée car elle est très subjective. Les dépenses pour survivre sont très faibles puisque la misère ne fait pas mourir quelle que soit la gêne qu’il y a à écrire cela. Elles sont donc négligeables par rapport aux dépenses de la fourmi qui prépare l’avenir et de la cigale qui améliore sa qualité de vie, les deux ayant tendance à penser qu’elles ne font que donner un sens à leur survie.

Mais si La Fontaine dans La cigale et la fourmi a étudié la dépense d’énergie animale comme symbole de l’énergie humaine, notre civilisation dépense l’énergie électrique et l’énergie monétaire dont notre pigilithie nous fait oublier les sources. La source de l’énergie monétaire est encore plus dédaignée que celles de l’énergie électrique.

Comme nous avons complètement oublié que l’énergie monétaire n’est que de l’énergie humaine transformée, nous n’arrêtons pas de l’utiliser sans la nourrir, ce qui nous conduit inéluctablement à la catastrophe.

Depuis que l’argent n’est plus créé par les États en reconnaissance d’énergie humaine bien utilisée, mais par les banques en imposant systématiquement aux peuples une dette de même montant, il n’y a plus de véritable création d’argent mais un report sur le futur des efforts à faire pour une satisfaction immédiate.

Parallèlement nous dépensons de plus en plus notre énergie monétaire façon cigale et de moins en moins façon fourmi puisque nous avons de plus en plus peur de notre futur qui nous est de plus en plus étrange. L’inconvénient majeur est que l’échange qu’est la dépense change de nature entre la cigale et la fourmi. Si la fourmi engrange en dépensant, la cigale dilapide en dépensant. Et quand il s’agit d’énergie monétaire qui n’est plus remplacée, la différence est dramatique. Se payer des vacances à la neige ou une croisière en Méditerranée n’a rien à voir avec s’acheter une maison ou se nourrir. On peut aussi s’interroger pour savoir s’il faut classer les dépenses d’éducation nationale telle qu’elle est, en dépense de cigale ou de fourmi.

Nous n’arrêtons pas de dilapider de l’argent qui n’est pas remplacé puisqu’une énorme quantité d’énergie humaine est laissée au repos par le chômage. Le chômage n’intéresse d’ailleurs pas vraiment nos dirigeants puisqu’ils se déchargent du problème sur les entreprises en s’occupant surtout de récupérer sur le peuple la part croissante d’énergie monétaire dont ils décrètent avoir besoin eux-mêmes alors que la masse globale de cette énergie monétaire décroit. Elle décroit même si la quantité de monnaie augmente, c’est simplement la valeur faciale qui baisse encore plus par la hausse des prix. Certes nos dirigeants, toutes couleurs confondues, tentent bien de faire payer les autres peuples par le commerce international mais si l’Allemagne y arrive, la France, elle, donne en plus au contraire, de son peu d’énergie aux autres.

J’essaie par mille bouts et avec sûrement beaucoup de maladresses, de faire comprendre le drame vers lequel nous nous dirigeons en nous décrétant fourmis alors que nous sommes cigales. Borloo et Macron peuvent se réconcilier et Macron peut rêver réussir pour la France ce que Borloo a réussi à Valenciennes en faisant payer l’Union européenne. Les libéraux peuvent continuer à croire qu’échanger enrichit parce que tout le monde est content. Les socialistes peuvent s’entêter à vouloir faire rendre gorge aux riches et les gilets jaunes peuvent occuper les ronds-points pour demander leur part d’une richesse qui ne se crée pas parce que les chômeurs sont aux repos. Tant que nous croirons que la monnaie est une marchandise ou un signe ou une institution et que nous ne la reconnaîtrons pas comme une énergie, tant que nous laisserons l’énergie des Français mal, pas ou peu utilisée, le pouvoir d’achat des Français continuera à baisser. Il faudra bientôt trois salaires par foyer alors qu’un seul suffisait il n’y a pas si longtemps. Et pour paraphraser La Fontaine :

« Vous partiez en vacances ? j’en suis fort aise. Eh bien ! payez maintenant. »

 

L’énergie monétaire

Sujet explosif tellement les positions sont tranchées et apparemment contradictoires. La monnaie est neutre, elle n’est qu’un voile, disent les uns. Elle est d’une puissance folle et elle permet tout, disent les autres. Est-il possible et crédible que chacun ait raison et tort à la fois ?

L’énergie électrique existe à n’en pas douter, chacun le vérifie chez lui tous les jours. Elle fait fonctionner à la maison une multitude d’appareils, du réfrigérateur à la télévision en passant par l’éclairage, voire même le chauffage. Et pourtant si la centrale s’arrête ou si l’alimentation est coupée, c’est la panne! L’énergie électrique n’est en fait que l’énergie utilisée par une centrale électrique qui l’a transformée pour la véhiculer. Elle est neutre en elle-même puisqu’elle ne rajoute rien. Mais qui pourtant peut dire que l’énergie électrique n’existe pas ?

C’est exactement la même chose pour la monnaie. La monnaie est simultanément, à sa création, une créance et une dette, un actif et un passif. C’est la double écriture des banques qui créent l’argent en le mettant simultanément à leur passif à disposition immédiate de leur client et à leur actif, en créance différée sur ce même client. Il n’y a évidemment aucune création d’énergie dans l’écriture simultanée d’une dette et d’une créance et pourtant personne ne peut  nier que l’argent loge, nourrit, habille, transporte, soigne et la liste est sans fin. Il y a une énergie monétaire créée par une action apparemment totalement neutre.

Cela est possible car l’action neutre de la création monétaire n’est neutre que par l’addition de deux actions inverses de même force, une dette et une créance, qui ne sont pas neutres du tout quand elles sont prises isolément. Une dette est une reconnaissance d’avoir reçu quelque chose, un bien, un service, de l’énergie qu’elle qu’en soit la forme si elle est reconnue comme positive. Une créance est le constat d’avoir fourni cette énergie.

La monnaie permet que les échanges d’énergie positive à l’intérieur d’un  groupe ne soient pas forcément simultanés. C’est le « donner-recevoir-rendre » de Marcel Mauss, si évident en famille et dans une association, si fragile sans argent quand le groupe est important et si idéologique et irrationnel quand on veut imposer le même au monde entier. La monnaie permet de stocker l’énergie d’un individu en reconnaissant la dette qu’à le groupe à son égard, en en faisant une créance transmissible à tout porteur, créance échangeable avec tout bien ou service apprécié par le groupe. La monnaie n’est pas une reconnaissance de dette, c’est un constat de créance sur le groupe qui ne peut exister que si le groupe se reconnait débiteur.

La monnaie transfère dans le temps et dans l’espace par une sorte de vecteur spatio-temporel l’énergie humaine quand elle a été reconnue comme positive par le groupe utilisateur de cette monnaie. La création de monnaie saine se fait donc par l’obtention par un individu d’une créance sur le groupe. Le groupe constate que cette personne lui apporte plus qu’elle ne reçoit de lui et il officialise cette créance en créant de la monnaie qu’il lui donne. La monnaie est une créance que le porteur détient sur le groupe qui utilise cette monnaie, ce qui la rend énergétique dans l’ensemble du groupe.

Une économie saine vient du nombre le plus important possible de personnes qui apportent plus à la collectivité qu’elles n’en reçoivent. C’est ce déséquilibre vertueux que l’État doit équilibrer par la création de monnaie qu’il distribue à ses créanciers sans jamais être un État providence.

Dans une société vivante, les individus contribuent à l’édification et au fonctionnement de la société, soit seuls soit en se regroupant pour être plus efficaces. Naissent ainsi les artisans, les entreprises et les services qui les aident à produire en les soignant, en les défendant, en donnant un sens tant au groupe qu’à l’action de chacun. Une gestion saine de l’énergie monétaire par l’État permet d’équilibrer la production et la consommation, en laissant toute leur place aux seules questions difficiles, la raison d’être du groupe et la raison d’être de chacun de ses membres.

Une société meurt brutalement par la guerre ou insidieusement quand les commentateurs deviennent plus nombreux que les acteurs et que l’on interdit, d’abord par la manipulation médiatique puis par la loi, de regarder la vérité en face.

Là s’arrête la réflexion et commence la simple observation des dérives, toutes fondées sur la survalorisation du groupe ou sur la survalorisation de l’individu, toutes deux vantées par des gens qui se survalorisent eux-mêmes.

Le XXe siècle a éradiqué deux dérives totalitaires qui mettaient le groupe au-dessus de tout et qui n’avaient pas de respect pour ceux qui ne rentraient pas dans leur idéologie. Cette dérive nous menace encore aujourd’hui chez ceux qui, pour construire leur Union européenne ou leur gouvernance mondiale, ont un total mépris pour l’opinion des peuples, pour leur existence même, et voudraient les faire voter et revoter jusqu’à ce qu’ils votent à la convenance de leur idéologie prétendument universelle, fut-elle difficilement défendable si on respecte vraiment les individus, et dans leur diversité, et dans leur similitude.

Mais cette dérive idéologique ne doit pas cacher l’autre dérive inverse qui survalorise l’individu au détriment de la collectivité sans voir que seul l’État peut détenir la violence légitime (armée, justice, police) et l’émission de la monnaie, constat de l’énergie de son peuple. Cette dérive, en laissant aux banques privées l’émission de la monnaie, fait perdre à la monnaie son rôle régulateur qui est de plus en plus laissé à la violence sans que notre prétendue élite autoproclamée ne se rende même compte qu’elle ridiculise son armée, sa justice et sa police qui doivent se singulariser pour exister et se féminiser pour être dans le vent. Le matraquage de la violence faite aux femmes n’est-il pas là pour faire oublier que l’on confie de plus en plus aux femmes la violence légitime avec un succès à vérifier ?

La société de l’apparence dans laquelle nous vivons aujourd’hui et que nous fabrique la classe politico-médiatique, voit apparemment s’affronter ces deux dérives pour ne pas voir qu’en fait elles s’additionnent.

Ces deux dérives se sont habillées de fausses querelles pour se donner une impression de sérieux: divergence droite-gauche, discorde socialistes-libéraux, opposition nationalistes-mondialistes. Cela occupe l’affect et endort la raison. Nous ne voyons même plus qu’au lieu d’additionner chaque fois les qualités de ces deux parties de nous-mêmes que sont le mouvement et l’harmonie, nous en additionnons les défauts qui sont le désordre et l’immobilisme, deux prémices du chaos.

Tant que nous ne retrouverons pas l’évidence que la vie matérielle n’est que transformation et échange dans un donner-recevoir-rendre harmonieux, tant que nous croirons à la création et au partage des richesses, tant que nous croirons possible de libérer une énergie qui n’a pas été préalablement enfermée et que le crédit peut être sur richesses futures alors qu’il ne peut être que sur gage comme il a toujours été ou sur l’aval collectif que seul l’État peut donner, tant que nous croirons pouvoir utiliser aujourd’hui l’électricité que la centrale produira demain, tant que l’énergie monétaire ne sera ni comprise ni gérée, nous resterons par notre passivité, complices de ce qui nous arrive.