En tous domaines nous maquillons notre incohérence par une création permanente d’argent


Il est assez stupéfiant de voir comment, avec notre complicité passive, il n’y a plus un domaine où notre incohérence manifeste ne soit pas provisoirement masquée par la corruption sous une forme ou sous une autre. En économie, en éducation, en politique, en santé, en sécurité, tout est d’une incohérence que l’on ne dissimule même plus. Tous les problèmes qui sautent aux yeux ne sont apparemment réglés que par les idéologies qui s’inventent des solutions futures. A chacune d’elle une partie du peuple adhère par manque de réflexion. On gagne du temps avec à la fois la carotte des distributions d’argent et le bâton des peurs agitées en tout domaine. Mais le temps complique chaque jour davantage notre problème dont nous refusons d‘analyser la cause. La veulerie, l’incompétence et le cynisme que se partagent nos dirigeants n’ont d’équivalent que l’aveuglement populaire que l’avenir ne semble même plus intéresser.

Tout est fait pour faire oublier au peuple qu’il se suicide en faisant de moins en moins d’enfants et en produisant de moins en moins ce qu’il consomme. Le futur est condamné pour permettre actuellement à une petite fausse élite de s’accaparer au passage une part importante du revenu tout en fabriquant l’argent nécessaire pour anesthésier le peuple par l’idéologie et la corruption. Aucun des trois blocs politiques ne semble s’intéresser au problème. Ils participent tous à la fabrication de notre incohérence tout en gratouillant de-ci, de-là pour que telle ou telle conséquence ne se voit pas trop.

La base de notre incohérence est évidemment l’économie fondée depuis 50 ans sur le libre échange qui fait produire par les plus pauvres, consommer par ceux que l’on présente comme les plus riches en laissant la plus grosse part du revenu à ceux qui organisent les mouvements d’hommes, de marchandises et d’argent, et qui sont les maîtres du système. Quiconque dénonce ce scandale en rappelant que dans un espace cohérent, production, revenu et consommation sont par définition au même niveau comme le rappelle l’INSEE dans ses définitions, est immédiatement accusé de repli sur soi. La consommation ne se fait que par l’emprunt, remboursable individuellement et irremboursable collectivement si ce n’est pas une baisse permanente du niveau de vie, tout en promettant avec la même permanence son augmentation.

On fait croire au peuple que le PIB chiffre une prétendue création de richesse appelée croissance, alors qu’il ne chiffre que la dépense faite avec un argent fabriqué en continu par l’emprunt.

L’incohérence, le mensonge et la dissimulation règnent en maîtres, alimentés servilement par les politiques, les publicitaires et les médias. Nous avons inventé, sans jamais les définir si ce n’est par un historique complètement dépassé, les notions de droite et de gauche qui ne servent qu’à habiller le bien et le mal sans jamais rien préciser et à stigmatiser ceux qui les habillent différemment en ne les définissant pas davantage. On est de droite ou de gauche et c’est un honneur ou une flétrissure indélébile et inexplicable. Les droites veulent remonter le temps et retrouver au choix 1950, 1805 ou 1788. Les gauches baignent dans des futurs incohérents qu’elles ripolinent suffisamment pour qu’une partie du peuple y succombe sans rien y comprendre. Gauches comme droites ne sont intéressées que par se faire élire en trouvant l’argent qui fait les élections et donc en se couchant devant ceux qui le fabrique. Elles taisent scrupuleusement ce qu’elles feraient au pouvoir, à l’instar d’Emmanuel Macron, cet illustre inconnu qui a détricoté la France en n’étant élu que par l’argent fabriqué pour cela.

En sécurité nous cumulons le refus de voir que l’immigration de travail est morte et que Giscard l’a remplacée par une immigration de peuplement qui génère une confrontation civilisationnelle mortifère sur ce qui est bien et ce qui est mal, et l’invention d’un ennemi russe qui ne fait que réagir à la transformation en Yougoslavie d’un OTAN défensif qui aurait du se dissoudre avec le pacte de Varsovie, en un OTAN agressif qui a bombardé Belgrade et voudrait imposer militairement à la Terre entière l’ensemble de nos incohérences. Cela entraîne en réaction les BRICS qui ne s’accordent que sur le rejet de nos incohérences et cherchent à tâtons, chacun dans son coin et dans le respect de la recherche des autres, une cohérence durable qu’aucun n’a encore trouvée.

En éducation nous avons multiplié les incohérences. Alors que l’école avait toujours été le lieu où l’on apprenait à écrire, à lire et à compter avant de se mettre à produire des enfants et des biens, nous en avons fait un lieu d’apprentissage des incohérences déguisées en modernité où l’on apprend à l’enfant qu’il peut décider de son sexe et que les mots vides de sens précis comme démocratie, laïcité, progrès et croissance sont le bien incontournable et indiscutable.

Non contents d’avoir ridiculisé l’école, nous avons inventé une université qui n’en est plus une. L’université était pendant deux siècles, le lieu où quelques sachants particulièrement remarquables, enseignaient à une infime minorité de la population, choisie par un baccalauréat qui éliminait 97 % des lycéens qui eux-mêmes avaient été préalablement sélectionnés comme pouvant être éventuellement plus utiles en ne produisant pas directement eux-mêmes mais en faisant mieux produire les autres. Nous en avons fait une usine à gaz où une armée mexicaine de professeurs au talent douteux mais généralement très contents d’eux-memes, maintient dans l’improductivité pendant des années la quasi-totalité de la population qui y apprend qu’elle est trop intelligente pour produire, qu’elle a tout compris et qu’on va la payer très cher pour exhiber sa nullité. Chacun sait bien que ce qu’il a appris pendant ses « études » ne lui sert quasiment à rien si ce n’est à éviter le ridicule d’être agriculteur, ouvrier ou artisan sans penser une seconde que ce sont pourtant quasiment les seuls à être utiles.

L’université prépare dans la population la peur du lendemain en déconnectant la jeunesse du réel mais elle est cohérente avec les politiques et les médias qui génèrent et diffusent les deux peurs les plus insidieuses, pandémique et climatique.

Côté pandémie, on a généralisé la peur du covid alors qu’il s’avère aujourd’hui que seuls de faux indicateurs ont fait croire à une mortalité importante. Seule la malhonnêteté intellectuelle de docteurs comme Fauci ou Véran dont il faudra bien un jour chercher les motivations, a pu faire accepter par le peuple les suspensions de vie que sont les confinements ridicules, inutiles et suicidaires. Seule la fabrication d’argent ex nihilo a permis comme d’habitude d’étouffer le débat.

Côté climat, le GIEC dans lequel seule le France glisse le mot expert alors qu’il n’est qu’intergouvernemental, pond des pavés de plusieurs centaines de pages qui sont assez bien faits mais que personne ne lit. Ce sont les résumés de quelques dizaines de pages purement politiques qui sont réputées être leur condensé alors qu’ils ne sont que le choix de la partie traumatisante. On oublie volontairement que le CO2 nourrit le végétal qui produit l’oxygène dont l’homme et l’animal ont besoin en rejetant le CO2 dont le végétal a besoin. On fait de l’homme un dieu qui peut changer le climat alors que les carottes glaciaires démontrent que le climat changeait terriblement avant l’arrivée des humains. Les chroniqueurs racontent que l’on traversait la Seine, la Loire et le Rhin à pieds secs, des siècles avant que l’écologie subventionnée vienne tout expliquer par notre refus de passer sous leurs fourches caudines.

Est-il cohérent de nous dire que la biodiversité est essentielle dans tous les domaines de la vie, mais que, dans la race humaine, elle est idéologiquement et dogmatiquement inexistante voire malsaine ?

Tout est fait pour maquiller la production de moins en moins d’enfants, de biens consommables et de biens durables tout en espérant sans y croire un lendemain radieux. Cette folie collective ne peut durer mais elle est entretenue par une manipulation quasi scientifique.

On parle beaucoup du double neveu de Freud qu’était Edward Bernays qui a tellement inspiré Goebbels et, à sa suite, tant de manipulateurs contemporains plus ou moins discrets. Mais nous ne décortiquons pas assez les techniques de manipulation que nous vivons tous les jours et qui rendent obsolètes les notions mêmes de démocratie et de sondage.

La base de son enseignement est que les peuples ne sont pas sensibles aux faits mais à la perception des faits. Il suffit donc de travailler leur perception pour leur faire croire ce que l’on souhaite. Publicitaires, politiques et médias ne font que cela.

Les techniques de Bernheim doivent être connues pour constater combien elles sont quotidiennement utilisées sur nous par ceux qui prétendent être à notre service.

  1. Pour convaincre il est inutile d’avoir des arguments logiques, il suffit d’associer un produit ou une idée a une émotion comme le prestige, la liberté, l’appartenance ou la sécurité. La peur fait associer n’importe quoi à la sécurité.
  2. L’opinion publique n’est pas la somme des opinions individuelles mais ce que pensent quelques leaders d’opinion, experts, célébrités ou journalistes qu’il faut mettre en valeur.
  3. Les consommateurs achètent davantage ce que représente un produit que le produit lui-même (voiture pour réussite, montre pour statut social, etc).
  4. Les peuples préfèrent les histoires bien racontées aux démonstrations logiques.

Il en tire dans Propaganda, son livre écrit en 1928 et très curieusement traduit en français qu’en 2007,  la conclusion qu’en politique, dans les médias, les associations et le commerce, les manipulations sont inévitables et que la seule question est de savoir qui l’exerce et dans quel but.

La solution est pourtant simple, elle est pressentie par tout le monde même si personne ne la formule. Il faut multiplier par deux ou trois la rémunération de ceux qui produisent pour qu’ils puissent loger et entretenir des familles aussi nombreuses qu’ils le souhaitent. Tout le reste n’est que conséquences et équilibrages. Toute production nationale doit être protégée par des droits de douane qui affaiblissent autant que nécessaire la concurrence extérieure. Tout résident, qu’il soit Français ou non doit chercher à produire ou être au service de la production. La chimère actuelle européiste, mondialiste et élyséenne, de la création de richesse par la dépense d’un argent créé pour être dépensé, doit être dénoncée vigoureusement alors qu’elle est la base de notre fausse économie actuelle. Le réalisme doit balayer les idéologies, ce qui ne sera pas simple car les puissants actuels ont intérêt à l’incohérence et au mensonge. Aucun parti politique actuel ne leur est pas inféodé d’une manière ou d’une autre et aucun parti politique actuel ne parle du problème que nous devons résoudre. En l’état actuel des choses l’élection présidentielle de 2027 ne changera absolument rien quel que soit le candidat que l’argent aura mis au pouvoir apparent.

Un peuple qui ne produit plus ne peut que disparaitre, nous vivons par médiocrité notre propre disparition et la victoire des oligarques


Quiconque s’intéresse à la généalogie et s’amuse à chercher les actes de mariage et de décès de ses aïeux tellement faciles à trouver depuis que tout est numérisé, ne peut que constater en lisant les métiers qu’ils avaient, que tous produisaient ou étaient au service de la production. La plupart était agriculteurs, cultivateurs comme on disait à l’époque, artisans ou ouvriers. Le revenu tiré de la production, permettait de consommer et sur un plan national, la production, le revenu et la consommation étaient au même niveau, le commerce extérieur n’étant qu’anecdotique. On a récemment appelé ce niveau de vie le PIB, on aurait pu l’appeler le Revenu Intérieur Brut (RIB) ou la Consommation Intérieure Brute (CIB), tellement production, revenu et consommation sont normalement au même niveau. C’est l’augmentation parallèle des trois qui indiquait l’augmentation de la richesse d’un peuple. L’INSEE continue à nous faire croire qu’il calcule le PIB par l’une quelconque de ces trois entrées. Indiquait à l’imparfait, car qui peut croire aujourd’hui que notre production, notre revenu et notre consommation sont au même niveau ? Depuis que les oligarques ont pris le pouvoir, ce n’est plus par nation que production revenu et consommation sont au même niveau mais au niveau mondial ou c’est automatique et impossible à nier sauf croyance aux extraterrestres. Mais la nouvelle répartition est totalement différente et inacceptable : les oligarques prennent pour eux la plus grosse partie du revenu, les peuples occidentaux la plus grosse partie de la consommation et le reste du monde la plus grosse partie de la production. Ils appellent cela le commerce international et voudraient sans aucune chance de succès que ce soit durable. Nous avons volontairement oublié que toute société équilibrée qui s’intéresse à son avenir, produit aussi bien ses enfants que tout ce qu’il faut pour leur faire prendre le relais et tenter d’améliorer pour le bien de tous le PIB, le RIB ou le CIB, comme on souhaite l’appeler puisque ce sont les mêmes en vérité mais aujourd’hui uniquement au niveau mondial et plus du tout aux niveaux nationaux. Nous continuons pourtant volontairement à croire que le PIB mesure chez nous l’augmentation de notre richesse alors qu’il ne mesure plus que l’augmentation de notre dépense.

Comment et quand sommes-nous sortis d’une trajectoire qui était de bon sens ? Faut-il accepter la disparition de notre civilisation et son remplacement par une cohérence venue d’ailleurs ? Est-il encore temps de réagir ? Sommes-nous assez courageux pour prendre conscience de l’impasse explosive dans laquelle nous nous sommes fourvoyés ? Ce sont les questions essentielles de l’élection présidentielle de 2027 pour laquelle la totalité des candidats connus aujourd’hui, a déjà choisi de ne pas les aborder, de les éluder par le faire-croire et la corruption, le baratin et les subventions, les idéologies à la mode et la création d’argent.

La première question est la plus essentielle car, si nous n’y répondons pas, nous continuerons à croire que nous vivons un progrès auquel nous avons droit et dont nous pouvons être fiers. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Un demi-siècle a suffi pour que deux détails apparemment insignifiants structurent la chute de notre civilisation par leurs multiples conséquences. Le premier détail est la déconnection des monnaies de toute richesse réelle comme l’or. Le second est la réduction du PIB en somme de toutes les dépenses en ne veillant qu’à ne pas les compter deux fois et en faisant croire que le PIB chiffre toujours la création de richesse.

Cela a permis la multiplication par plus de 60 de la masse monétaire par les banques commerciales et donc une dévaluation des monnaies chiffrée par la montée de l’once d’or (28,3495 g) de 35 dollars en 1971 à près de 5000 dollars aujourd’hui. Fabriquer de l’argent pour se croire de plus en plus riche et le dépenser pour vivre agréablement est la base intellectuelle du désastre que nous vivons et dont les politiques, les médias et les économistes ne font qu’en commenter les conséquences sans jamais s’intéresser aux causes.

La récupération par les oligarques de la majorité du revenu mondial se fait par la création monétaire faite par leurs banques. Quasiment chaque fois qu’une banque prête de l’argent, ce sont les oligarques qui le récupèrent. Pour l’immense majorité qui n’y croit pas un instant, qu’elle prenne simplement la peine de répondre à ces trois questions :

Oui ou non, les banques commerciales créent-elles de la monnaie par la double promesse de l’emprunteur de rembourser, et de la banque d’honorer les chèques et les virements que l’emprunteur fera avec les chiffres que la banque inscrit sur son compte ?

Oui ou non, la promesse de la banque ne se retrouve-t-elle pas toujours entre les mains d’une banque par les chèques et les virements que fait l’emprunteur avec ce qu’il voit sur son compte ?

Oui ou non, toutes les banques ne font-elles pas la même chose depuis 1971 et ne compensent-elles pas entre elles en chambre de compensation, les promesses qu’elles ont à tenir et les promesses qu’elles ont à faire tenir ?

Personne n’ose contester sérieusement ces évidences tout en n’ayant simplement jamais pris la peine d’y réfléchir. Une majorité croissante du revenu mondial est donc ainsi détournée des producteurs vers les oligarques avec la complicité inconsciente des consommateurs qui empruntent. Or la consommation mondiale, le revenu mondial et la production mondiale sont toujours évidemment au même niveau. Comme les pays majoritairement producteurs ont aussi compris grâce aux médias et à internet qu’ils pouvaient améliorer leurs revenus et leur consommation, ce sont les peuples occidentaux habitués à la consommation et déshabitués à la production, qui doivent payer la malhonnêteté des oligarques et aussi, en plus, le désir de justice des peuples producteurs. C’est évidemment très difficile à le leur faire avaler surtout quand les oligarques font dire à ces trop heureux ou malheureux peuples occidentaux, par les politiques et les médias que leur argent a mis en place, que tout est normal, qu’ils s’intéressent tous à l’augmentation du niveau de vie du peuple et que les crises que nous vivons ne viennent que des erreurs des précédents responsables qui n’ont pas appliqué la bonne idéologie. Au lieu de prendre le temps de réaliser et de comprendre les deux sources de notre dégringolade, le personnel politique ne s’intéresse qu’aux conséquences qu’il croit pouvoir soigner tout en laissant prospérer les deux causes. Il compte réparer, rectifier, redresser avec une idéologie dite de gauche et une dite de droite sans jamais définir sérieusement ces deux mots pour la simple raison que chacun y met le bien qui vient la plupart du temps de l’ambiance familiale de l’enfance. Quand on veut exclure et donner du piment à la fadeur et à l’incompétence générale, on rajoute extrême et cela donne une extrême gauche, un extrême centre et une extrême droite qui sert toujours à parler des autres et jamais de soi.

Tout le monde reconnaissant qu’il faut de l’argent pour être élu, nous avons droit indistinctement dans notre classe politique à ceux qui ont eu de l’argent parce qu’ils n’ont pas compris les causes du désastre et à ceux qui en ont eu parce qu’ils l’ont compris mais ont un intérêt personnel à n’en rien dire.  Dans les deux cas le problème n’est pas abordé et le peuple n’est pas respecté.

Pendant que la classe politique perd son temps à tenter de rendre possible l’impossible par des rajouts permanents d’interdictions, d’obligations et de normes qui ne font que tout compliquer davantage, augmenter la taille de tous les codes par 5 ou 6, les peuples vivent dans leur chair la réalité qu’on leur impose qui est une déresponsabilisation accompagnée de la baisse de leur niveau de vie.

La création de fausse monnaie transformée par le travail des emprunteurs en bonne monnaie au profit des oligarques génère évidemment une dévaluation de la monnaie que chiffre la montée de l’or dont la vraie valeur reste stable. Nous vivons les multiples conséquences dramatiques de cette dévaluation spectaculaire et cachée, et on nous les présente toujours comme des avancées dont nous devrions être fiers, ce qui génère un ravin entre la classe politique et le peuple qui renonce à voter tellement son avis n’intéresse plus des gens qui veulent croire que le peuple est aussi inintéressant qu’eux.

Un salaire ne suffit évidemment plus à faire vivre une famille et donc il a fallu que la femme abandonne son devoir d’état de faire et d’élever des enfants pour aller chercher un autre salaire. L’argent nécessaire a été dépensé pour abandonner la vraie égalité homme femme qui est une complémentarité où l’homme va chercher l’argent et la femme l’utilise. On a ridiculisé cette évidence millénaire, pour inventer et imposer une égalité fondée sur une fausse similitude parfaite d’hommes et de femmes si heureusement différents et complémentaires.

Deux salaires suffisent d’ailleurs de moins en moins à faire vivre les familles même si elles diminuent en nombre et en taille. Les oligarques qui en sont la cause, proposent la solution de l’emprunt qui est leur source de revenu. Plus les familles s’endettent, plus les oligarques sont contents et plus nos politiques exhibent leur incompétence.

Il n’y a pas que les familles qui s’endettent. Les entreprises et les États le font aussi et, à part de rares monarchies pétrolières, ce sont les oligarques qui font prêter à leurs banques un argent qu’ils récupèrent pour eux. Le monde entier ne vit que sur une dette irremboursable parce qu’éternellement renouvelable à la grande joie des oligarques qui en vivent grassement grâce à notre aveuglement.

Il faut lire ce tableau de dette sur PIB, en se souvenant que le PIB mesure les dépenses de l‘année précédente. Pour ceux que cela étonne, rappelons que la valeur ajoutée d’une entreprise n’est que la dépense de ses clients diminuée de tout ce qu’elle dépense elle-même à l’extérieur de l’entreprise. Ce sont ces dépenses que l’on nous impose comme une création de richesse.

Maintenant rêvons un moment. Imaginons qu’un gouvernement, bravant les interdictions des kapos que les oligarques ont fait placer entre autres à l’Union Européenne et au Conseil Constitutionnel, fasse une loi simple disant que tout prêteur doit, pour être remboursé, apporter la preuve que l’argent prêté a été gagné ou acheté. Sans cette preuve l’argent est remboursé à la collectivité, c’est-à-dire à l’État. Cela ne va qu’avec la nationalisation des banques ou leur liquidation mais l’État se retrouve dans une position extraordinaire qui ne doit pas être entre de mauvaises mains. Finie une dette étatique d’un argent qui n’a jamais été gagné, finie la nécessité de lever en permanence l’impôt puisque le remboursement des prêts aux entreprises et aux ménages d’un argent non gagné, apportera à l’État une manne inespérée lui permettant d’arrêter dans l’instant les impôts stupides sur la production et de baisser drastiquement les impôts de tous les producteurs. Les conséquences sont toutes aussi bénéfiques que sont maléfiques, celles du système actuel. Chacun peut les imaginer.

Ne serait-il pas intelligent de demander à tous les candidats politiques ce qu’ils en pensent ? Il est certain que l’immense majorité rejettera l’idée d’un revers de main dédaigneux sans même tenter de la comprendre. Mais qui sait ? La France a déjà généré des Geneviève, des Jeanne d’Arc, des Napoléon et des De Gaulle.


La droite et la gauche

Sous De Gaulle personne ne se disait de droite. On était dans la majorité présidentielle ou dans l’opposition.

C’est quand Mitterrand est arrivé au pouvoir et que le « peuple de gauche » a fait rentrer Jean Moulin au Panthéon avec la voix chevrotante d’André Malraux, que l’opposition à la gauche s’est retrouvée de droite. Depuis la classe politique se complait dans cette césure artificielle qui génère suffisamment de mépris pour motiver les militants si nécessaires à sa survie.

Nous étions tous internes à HEC à la fin des années 60 et les réunions politiques allaient bon train le soir avec Pierre Rosanvallon ou Pascal Lamy. J’étais souvent d’accord avec ce qui était dit mais je découvrais que suivant les soirs j’étais de droite ou de gauche. Voulant me situer j’appris que la droite privilégiait l’ordre et la gauche la justice. Mais n’ayant jamais vu de vraie justice sans ordre ou de véritable ordre sans justice, je n’étais pas plus avancé. J’ai passé la plus grande partie de ma vie à me dire que la droite et la gauche étaient deux parties de moi-même qui se dissociaient en deux simplismes lorsque j’étais fatigué.

A la réflexion il y a deux choses importantes dans la vie : le mouvement et l’harmonie avec deux erreurs à éviter. Il faut se méfier de l’harmonie sans le mouvement, de la mort, de ce que ceux qui se disent de gauche appellent la droite ou la réaction. Il faut aussi éviter le mouvement sans l’harmonie, l’agitation, la turbulence ou la tourmente, ce que ceux qui se disent de droite appellent la gauche ou le bordel.

Si la droite c’est la peur et la gauche l’insouciance, la droite est aussi la raison et la gauche l’imagination. C’est les opposer  qui est d’une stupidité rare alors que les additionner est une vraie difficulté intelligente. La raison qui dépasse la peur et l’imagination qui se méfie de son insouciance sont à la base de toutes les avancées humaines

Malheureusement la classe politique a un besoin vital de cette apparence de conflit comme entre les Armagnacs et les Bourguignons, les Tories et les Whigs ou les Républicains et les Démocrates. Que la chose publique, les Républicains, puisse s’opposer à la volonté du peuple, les Démocrates, prêterait à sourire si ce n’était un habillage vicieux du combat à mort entre l’argent des uns contre l’argent des autres. Depuis que les uns comme les autres font légalement de la fausse monnaie, ce combat devient omniprésent et balaie toute forme de vérité.

Un jour où il ne savait pas quoi dire, Winston Churchill a dit aux Communes à la fin de la dernière guerre mondiale : « La démocratie est le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres ». Cette phrase imbécile a fait flores car elle permet de justifier un système sans avoir à défendre l’idée que l’avis majoritaire de la foule définit l’intelligence. Il me semblait que cette idée donnait les lynchages et les pogroms. Je dois reconnaitre que cela donne aussi le pire des systèmes, bien évidemment à l’exclusion de tous les autres pour ne pas les étudier. Est-ce scandaleux de faire un lien entre le lynchage, les pogroms et le suffrage universel ? Les médias me jureront que oui mais de quel bord sont-ils ? Et leur majorité définit-elle l’intelligence depuis que l’énarque Mathieu Pigasse possède Le Monde, Le Nouvel Observateur, les Inrokuptibles, Rue 89 et quelques autres. Mathieu Pigasse a appris a bien parler et comme le lui a dit Michel Onffray : « Vous pourriez vendre des réfrigérateurs au pôle Nord ». Est-ce parce qu’il parle bien qu’il pense bien et qu’il agit bien ? La question est posée. Mes lecteurs connaissent ma réponse.

On m’a traité de communiste ou de fasciste chaque fois que je dérangeais. Plus exactement quand on ne me traitait pas de marxiste on me traitait de fâchiste  puisque c’est la prononciation à la mode par importation italienne. Moi j’en reste aux faisceaux et à la lascivité. Je scie le bois. Liberté est donnée à ceux qui veulent le débiter autrement !

De la complexité du problème

Il est triste de constater que par la qualité médiocre de nos dirigeants, toutes fausses querelles confondues, nous en sommes arrivés à une situation telle que les perspectives d’avenir se limitent à Dieu, à la guerre ou au chacun pour soi.

Nos dirigeants ont choisi Dieu qu’ils appellent la croissance pour ne pas paraitre trop obscurantistes. La réalité est que la guerre se prépare pour nous remettre les yeux en face des trous et il ne reste plus qu’à savoir entre qui et qui. Et en l’attendant nous sombrons tous dans le chacun pour soi, ne sachant même plus ce que recouvre en réalité le « nous ».

Sans aucune réflexion de fond, la folie collective, uniquement intéressée à la réélection des élus, nous rabâche qu’il faut de l’emploi et que seule la croissance en apporte. Les gesticulations et les simagrées pour faire arriver cette chimère sont dérisoires et ridicules même si elles sont articulées et diffusées par les puissants du royaume qui tiennent l’économie, la politique et les medias et qui en vivent très bien.

On essaie de nous faire croire que la croissance crée à la fois de l’emploi et de la richesse. La logorrhée politico-médiatique toujours chiffrée pour donner une impression de sérieux est assez bien décrite par cet article du Parisien de mai 2013 que l’on peut lire ou enjamber.

  • L’économie mondiale ne croît pas assez vite pour créer les emplois qu’attendent des dizaines de millions de chômeurs, mais elle se renforce progressivement, a estimé mercredi à New Delhi le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI).
    La croissance mondiale devrait progresser de 3,3% en 2013 et de 4% l’an prochain, mais ces chiffres masquent des écarts géographiques, a souligné Naoyuki Shinohara lors d’une rencontre avec des diplomates et des hommes d’affaires.
    Le monde est engagé dans une reprise « à trois vitesses » sans « assez de croissance pour générer des emplois pour les millions (de personnes) qui sont au chômage depuis les cinq dernières années », a-t-il estimé.
    Créer des emplois doit être « une question globale » car elle touche au cœur de la crise économique mondiale qui « affecte les jeunes de façon disproportionnée », a-t-il poursuivi lors de son allocution le jour de la Fête du travail.
    En mars, le chômage a atteint un nouveau record absolu dans la zone euro à 12,1%. C’est dans trois des pays bénéficiant d’une assistance financière internationale, assortie de plans d’austérité drastiques, qu’il est le plus élevé: en Grèce (27,2% selon les dernières données disponibles datant de janvier), en Espagne (26,7%) et au Portugal (17,5%).
    « Les économies les plus performantes sont dans les pays émergents et en voie de développement, l’Asie devant enregistrer une croissance moyenne de 7,1% cette année et l’Afrique sub-saharienne une croissance de 5,6% », a indiqué M. Shinohara, ancien ministre des Finances japonais.
    Des pays tels que les Etats-Unis sont sur le chemin de la reprise, avec une croissance attendue de 2% en 2013. D’autres, comme les pays de la zone euro, devraient voir une réduction de leur croissance cette année, a-t-il ajouté.

En réalité si nous prenons le temps de la réflexion, nous prenons facilement conscience que ce qui est fabriqué ou proposé comme service n’est une richesse que si c’est désiré. Si ça ne l’est pas c’est un encombrement voire un déchet si c’est un objet, un agacement voire un harcèlement si c’est un service.

Une société harmonieuse travaille pour satisfaire les désirs de ses membres ou pour les aider à y renoncer. Dans une telle société on ne fabrique que ce qui est demandé et on ne propose que les services déjà attendus. Pour en vérifier l’harmonie et ne pas confondre caprices et besoins, chaque achat est payé à un prix qui permet à l’acheteur comme au vendeur d’avoir fait une bonne affaire. Ce prix est payé comptant car chacun gagne sa vie par un travail auquel il a droit et qui lui donne sa dignité. Ce paiement libère l’esprit des contraintes matérielles et ouvre une perspective de spiritualité réconfortante. L’Etat ne se soucie que de veiller à l’harmonie.

Mais ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Pour faire tourner la machine qui ne peut pas s’arrêter puisqu’il faut en payer les échéances, on génère artificiellement chez tous, des désirs que seuls quelques-uns pourront satisfaire. Ces désirs honteusement créés par le génie imaginatif du marketing ne peuvent être évidemment que matériels, proches et immédiats puisque l’harmonie est volontairement oubliée.

La gestion des désirs est extrêmement complexe et nous vivons une époque totalement schizophrénique où pour flatter l’électeur, on achète la satisfaction de ses désirs par un double esclavage : l’esclavage dans l’espace par la mondialisation et son propre esclavage dans le temps par le prêt à intérêt. Tout cela dans un climat moralisateur qui justifie la mondialisation par la lutte contre la pauvreté, qui justifie le prêt à intérêt par les nécessités économiques (et la flatterie de l’électeur) et qui naturellement condamne fermement l’esclavage.

Cela ne mène évidemment qu’à une impasse que les adeptes de la croissance appellent la crise.

Pour sortir de cette impasse il faut sans doute travailler sur trois plans :

  • La gestion des désirs qui sont notre moteur vers le bien comme vers le mal. Les désirs sont de trois ordres : le désir animal, les besoins symbolisés par le ventre, le désir affectif, les sentiments symbolisés par le cœur, et le désir cérébral, la raison symbolisée par la tête. Certains désirs comme la sexualité sont cumulatifs. Leur gestion est composition de soi après décomposition de soi comme l’humus est fruit de mort et source de vie.
  • La gestion de la société en nous débarrassant du capitalisme comme nous sommes débarrassés du fascisme et du communisme. Nous avons besoin d’une société pour la monnaie, pour la justice, pour la défense, pour nos infrastructures mais la nôtre est en pleine décomposition. Nos dirigeants ont en effet renoncé à en préciser les limites, les objectifs et l’organisation et croient compenser leur absence de hauteur de vue par la multiplication des lois et des normes pour se donner l’impression d’exister. Sans aucune perspective, ils tentent de maîtriser par une administration qui devient policière et de séduire par des médias qui deviennent propagande. C’est un état prérévolutionnaire.
  • La gestion de notre rapport à ce qui nous dépasse individuellement et collectivement que j’appelle l’Illimité et que la Bible appelle dans la Genèse la Lumière, Lumière qui apparait au 1er jour alors que le soleil et la lune n’apparaissent qu’au quatrième. Cette verticale, ce rapport à ce qui nous et me dépasse, peut-il être multiple ou unique dans une société harmonieuse ? La question mérite réflexion et sera source de débats difficiles lorsque nous aurons renoncé à l’éluder.

Regard d’un encore sexagénaire sur des déjà vingtenaires

Ils sont sortis de l’adolescence et du simple refus d’être comme ceux d’avant. Ils veulent intégrer un monde où ils voient l’argent en première nécessité. Ils résument facilement cette intégration par « faire du cash ». Ils se veulent distants de l’argent mais sont incapables de s’en passer. L’argent les motive car il donne le plaisir de l’immédiateté, l’oubli du « no future » et une illusion d’assurance. Ils sont déjà blasés mais encore curieux. Ils ont compris la faiblesse de leurs ainés mais se sentent incapables de les conseiller.

Ils se cherchent individuellement, sentent la nécessité du groupe mais n’en imaginent plus un seul pour lequel ils seraient prêts à donner leur vie. On se sert du groupe, on ne le sert pas. C’est à d’autres de dire comment servir le groupe contre du cash.

Ils ont compris qu’ils devaient renoncer à une partie de leurs rêves mais ils ont souvent appris dans leurs études supérieures que pour être reconnu et avoir son diplôme il fallait savoir approuver le professeur sans lui poser de questions. Ils en tirent souvent un écartèlement entre être fier de soi et être reconnu, entre être soi et être accepté. Personne ne leur a dit que l’université c’était au contraire poser des questions et se servir des réponses pour se construire, se trouver soi-même et édifier la société de demain.

Ils peuvent pourtant être très utiles car ils sont demain et ils seraient écoutés s’ils se rassemblaient pour parler. Non pas parler pour faire comme leurs ainés et tenter de faire croire à des fausses solutions de problèmes mal posés mais parler pour bien poser les problèmes et refuser les réponses ineptes ou démagogues. Parler pour mettre d’abord sous forme de questions, les difficultés profondes qu’ils voient dans notre société. Ce parler-là pourrait être l’apport efficace des vingtenaires.

Serait-il fou d’imaginer que des vingtenaires se regroupent pour faire le double effort de comprendre et d’interroger ? Comprendre les impasses économiques, politiques et éducatives dans lesquelles nous sommes et mettre sous forme de questions dérangeantes la compréhension de ces impasses. Ne serait-ce pas le choc dont notre société a besoin ?

Voyons quelques premiers exemples de questions qui pourraient être travaillées et auxquelles les adultes répondent habituellement mal quelle que soit leur position sociale et leurs orientations politiques. Les réponses entendues sont souvent bateau et témoignent fréquemment de l’ornière dans laquelle leurs ainés se sont volontairement ou lâchement enfoncés. Dans ces exemples qui ne sont là que pour ouvrir des pistes, chaque question est divisée en une partie A fondamentale et apparemment simple et une partie B plus concrète mais qui montre que la partie A n’était pas si facile.

En économie :

  • A – Qu’est-ce que la richesse ?
  • B – Pourquoi l’INSEE a-t-il 3 façons différentes de calculer le PIB ?
  • A – Quelle est l’origine de la monnaie ?
  • B – Si au début était le troc, pourquoi cela ne s’applique-t-il pas à la famille ou à une association nouvelle ?

En éducation :

  • A – Que veut dire éduquer ?
  • B – Une éducation uniquement fondée sur l’instruction ne court-elle pas le risque de propager des idées fausses par manque de filtrage par le concret de l’expérience et par le recul du discernement ?

En politique :

  • A – Qui doit gouverner ?
  • B – Thomas Jefferson, 3ème président des Etats-Unis, avait-il tort en donnant sa définition de la meilleure forme politique : « Il y a une aristocratie naturelle, fondée sur le talent et la vertu, qui semble destinée au gouvernement des sociétés, et de toutes les formes politiques, la meilleure est celle qui pourvoit le plus efficacement à la pureté du triage de ces aristocrates naturels et à leur introduction dans le gouvernement » ?
  • B – Jean Bodin était-il insensé en écrivant dans son livre « Les Six Livres de la République », au 16ème siècle,  que la monarchie, l’aristocratie et la démocratie étaient des formes diverses de la république ?
  • B – La démocratie ne nécessite-t-elle pas la responsabilité des votants c’est-à-dire leur liberté, leur compétence et leur engagement ? « Un homme, une voix » répond-il à cette nécessité ?
  • B – Pour conduire il faut un permis de conduire, pour chasser il faut un permis de chasser, pour pêcher il faut un permis de pêcher, pour voter ce n‘est pas la peine. Est-ce moins important ?
  • B – L’avis majoritaire de la foule mène-t-il plus souvent à la sérénité ou au lynchage ?
  • B – Un peuple et une foule ne sont-ils que deux facettes d’une même réalité ? Que manque-t-il à une foule pour faire un peuple ?
  • A – Y a-t-il une taille optimale à ce qui est gouvernable ?
  • B – Ne faut-il pas que ce soit suffisamment grand pour avoir une monnaie et suffisamment petit pour que le discernement puisse encore contrôler ?

En philosophie :

  • A – Qu’est-ce que le sacré ?
  • B – Quelle différence y a-t-il entre un lieu sacré et un sacré lieu, un temps sacré et un sacré temps ?
  • A – Quelle est l’origine de l’énergie ?
  • B – Si l’univers a été créé par le Big Bang, d’où est venue l’énergie qui a permis le Bang ?
  • B – Et si l’origine est différente qu’est-ce qui l’a déclenchée ?
  • A – Qu’est-ce que la fraternité ?
  • B – La cohérence, la solidarité et le sacré, ne seraient-ils pas les trois composants de la fraternité ?

Thomas Jefferson

Combien de Français connaissent-ils Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, dont la tête est sculptée  avec celles de George Washington, d’Abraham Lincoln et de Théodore Roosevelt au Mont Rushmore dans le Dakota du sud, lieu où Hitchcock tourna la séquence finale de North by Northwest (La Mort aux trousses) ? Son portrait figure sur les billets de 2 dollars et les pièces de 5 cents. Rédacteur principal de la déclaration d’indépendance on le surnommait « Le Sage de Monticello », nom de sa propriété en Virginie ou l’intraduisible « Man of the People ».

Il a écrit sur la liberté : « Le prix de la liberté c’est la vigilance éternelle » et, sans connaitre les limitations de vitesse, il disait déjà : « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre ».

Il gardait un esprit rebelle qui remettait avec bon sens les choses à leurs places : « Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère » mais il faisait la part des choses : « Pour les questions de style, nage avec le courant mais sur les questions de principe, sois solide comme le roc » ou « Se révolter contre la tyrannie c’est obéir à Dieu ».

Il ne craignait pas de dire ce qu’il pensait des médias : « Un homme qui ne lit jamais est plus cultivé qu’un homme qui ne lit que les journaux ».

Il avait sur le système bancaire et sur l’emprunt un regard acéré. Il a écrit en 1816 :

« Je crois sincèrement que les institutions bancaires sont plus dangereuses que des armées entières prêtes au combat; et que le principe de dépenser de l’argent remboursable par la postérité, connu sous le nom de financement n’est rien d’autre qu’une escroquerie de l’avenir à grande échelle ».

Ce grand humaniste écrivait : « Il y a une aristocratie naturelle, fondée sur le talent et la vertu, qui semble destinée au gouvernement des sociétés, et de toutes les formes politiques, la meilleure est celle qui pourvoit le plus efficacement à la pureté du triage de ces aristocrates naturels et à leur introduction dans le gouvernement ». Trouverait-il dans notre « un homme, une voix » tellement à la mode, une bonne application de son excellent principe ?

Et cerise sur le gâteau, il a dit : « Chaque homme de culture à deux patries : la sienne et la France ».

Qu’avons-nous fait de sa seconde patrie ? Et ne devons-nous pas réagir en travaillant une autre de ses phrases : « Le peuple est le seul sur lequel nous puissions compter pour préserver notre liberté » ?

 

La barque de Delphes

Petit à petit, les unes après les autres, toutes les planches de la barque ont été remplacées pour cause d’usure et, un jour, plus aucun élément d’origine ne subsiste. L’oracle de Delphes demandait au propriétaire de la barque si c’était toujours la même. Et bien sûr il répondait que oui.

Ainsi vont les peuples. Si le groupe n’est qu’un amas d’individus, il meurt à la mort des individus. Mais si le peuple s’appuie sur son histoire pour vivre au quotidien son économie, son éducation et sa politique avec un but qui le motive à le faire, alors il se prépare un futur.

Le « no future » tellement ravageur aujourd’hui ne viendrait-il pas d’un simple oubli de notre part ? N’aurions-nous pas oublié l’utilité de la barque ?

Le « gouvernement » Dupont-Aignan

Libération du 11 mai 2013 rapporte que Nicolas Dupont-Aignan aurait appelé de ses vœux un gouvernement d’union nationale rassemblant « Henri Guaino, Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg, et pourquoi pas M. [Florian] Philippot [FN, ndlr] et [François] Delapierre [Parti de gauche] », gouvernement qui travaillerait sur une ligne « de salut public pour […] relocaliser, sortir de l’euro, contrôler nos frontières, mettre en place un vrai plan de redressement de nos finances ».

Deux jours plus tard Yves Calvi écoutait avec tristesse dans Mots Croisés le débat médiocre entre Jean-Louis Borloo et Michel Sapin dont il remarquait en fin d’émission la troublante proximité. Borloo revenait comme toujours avec verve sur les dépenses à faire d’urgence pour les services à la personne, la construction et l’environnement pour faire la croissance que tout le monde attend pendant que Sapin n’osait pas demander où trouver l’argent et se réfugiait comme toujours sur l’état lamentable où il avait trouvé la France.

Il est temps de différencier les trois étapes de notre éventuel redressement. Il faut d’abord poser le problème, ensuite le comprendre, en chercher enfin la solution.

La première étape est terminée. Le problème est le chômage de masse qui augmente et va continuer à augmenter. Il y a unanimité sur ce point.

Sur la deuxième étape, comprendre le problème, tous les participants sans exception au gouvernement imaginaire de Nicolas Dupont-Aignan commencent à réaliser qu’il faut limiter géographiquement le groupe à l’intérieur duquel il peut y avoir solidarité. Cette limite existe, n’en déplaise aux mondialistes et il est peu probable que ce soit celle de l’Europe tellement on observe actuellement comment 27 égoïsmes veulent faire payer les 26 autres. La France est un territoire clairement limité et compréhensible.

Certes, sur la troisième étape, les membres du gouvernement Dupont-Aignan ne sont absolument pas d’accord et il est clair que des choix difficiles seront à faire car ils seront forcément douloureux. Personne ne détient une vérité de principe mais si tous ces gens savaient se retrouver pour analyser le problème en sortant des ornières imposées par les faux intellectuels du moment, une immense avancée serait faite. Travail difficile car chacun croit comprendre et chacun détient une pièce du puzzle que nous allons devoir reconstituer ensemble.

Premiers travaux essentiels pour remettre les idées en place :

– L’origine de la monnaie.
– Le PIB, chiffrage d’une activité commerciale, qui ne se soucie ni de l’origine de ce qui est proposé, ni de ce avec quoi on l’achète, ne peut donc servir de référence à rien, si ce n’est à l’apparence et à l’illusion. Le présenter comme une création de richesse est honteux et devrait être délictueux.
– La croissance, augmentation du PIB, chiffrée par la somme de toutes les dépenses, n’est en aucun cas une ressource.

Il sera toujours temps, une fois les données économiques de base nettoyées,  de comprendre comment l’éducation et la politique sont à la fois sources et conséquences de notre aveuglement collectif.

C’est par le travail en profondeur du « gouvernement Dupont-Aignan » que le problème sera suffisamment compris pour que des solutions diverses puissent être proposées si tant est qu’il y en ait plusieurs.

Qu’est-ce que la sagesse ?

Dans ce monde si perdu que chacun propose sa solution sans y croire, il y a un mot reconnu par tous comme utile au lendemain, c’est le mot sagesse. L’aimer c’est en grec faire de la philosophie. La difficulté est de savoir ce que l’on y met.

Ne serait-ce pas l’harmonie entre trois voies complémentaires que nous avons du mal à emprunter et à concilier ?

– Une voie personnelle que l’on peut appeler la voie initiatique. Elle est renaître de soi-même après s’être nettoyé de ce qui n’est pas soi. Mahomet dit dans un hadith célèbre « Mourez avant de mourir »; le Talmud dit qu’un converti est comme un nouveau-né ; Jésus dit à Nicodème que pour être heureux, pour vivre hors le temps, pour avoir « la vie éternelle » comme dit Jean, il faut qu’il naisse de nouveau. Toutes les initiations font mourir pour renaître. Le faire n’est pas facile et le calvaire du Christ est pour cela exemplaire. Louis-Vincent Thomas nous rappelait dans La mort africaine qu’ « il y a 3 moments importants dans la vie : la naissance, l’initiation et la mort. Des trois le plus important est sans conteste le second qui donne sens au premier et enlève tout pouvoir destructeur au troisième ».

– Une voie horizontale qui est la voie politique, celle du rapport aux autres et à la cité. C’est probablement la voie la plus négligée actuellement même si elle est la plus courtisée. Tous les groupes se lézardent, les référents s’estompent et les quotidiens s’en ressentent en partant dans tous les sens pour aboutir souvent à l’autodestruction. La peur du lendemain se traduit en mensonges et la tentation de se satisfaire de l’apparence est omniprésente. La difficulté est de ne pas se contenter de superposer l’absence de groupe, l’individualisme, et le groupe général, l’humanité pour laquelle on ne nous propose guère que de nous nourrir, de trier nos poubelles et de faire du vélo. L’honneur de la voie politique est de se souvenir que polis, la cité, avait sa limite, que cette limite était aussi essentielle que difficile à cerner. La facilité de refuser les limites ou de vouloir les abolir se retourne toujours contre ceux qui préfèrent le rêve à la réalité.

– Une voie verticale que l’on peut appeler la voie hermétique qui regroupe d’une façon très composite les gnoses, les mystiques, les religions et le logos d’Héraclite. Elle est l’intelligence et le mystère, la quête éternelle de la bonne gestion de nos contradictions. Elle commence par l’humilité, l’accueil du fait que l’humus, fruit de morts et source de vies, a la même racine que l’homme ; l’humilité de sortir du « yes we can » pour admettre le « we cannot » en reconnaissant que nous ne sommes pas des dieux. Elle se poursuit par le travail du socratique « Connais-toi toi-même et tu connaitras l’univers et les dieux ». Elle s’épanouit dans la tradition qui est la transmission par le dire. La voie verticale renaît après un siècle d’essoufflement.

Il suffit d’approcher la sagesse par cette harmonie pour prendre conscience de la distance qui nous en sépare. Mais si nous voulons nous en rapprocher, il est nécessaire, là comme ailleurs, de bien poser le problème pour envisager sa solution.

Au royaume des aveugles les borgnes sont rois

La complicité objective des peuples et de leurs dirigeants, cachée sous le beau mot de démocratie, est en Occident le frein essentiel à toute solution douce de ce que le monde médiatico-politique appelle la crise. Faut-il pour autant condamner les aveugles ou reprocher aux borgnes d’être des cyclopes ? Non mais tenter de leur ouvrir les yeux n’est pas défendu.

D’un côté, les peuples occidentaux sont ravis de croire que le progrès et la croissance leur font vivre un confort que très peu de leurs aînés connaissaient. Ils n’en profitaient d’ailleurs que par héritage ou par un travail efficace, rude et acharné. Aujourd’hui les peuples occidentaux sont prêts à envisager des pauses dans l’augmentation permanente de leur confort mais font semblant de croire qu’un retour à la dureté réelle de la vie est impossible. Un chauffeur de taxi tunisien disait avec grand bon sens : « Chez nous si on ne travaille pas, on ne mange pas. Ici qu’on travaille ou qu’on travaille pas, on mange. Alors on vient tous ici ». Mais cette croyance n’est que superficielle et chacun sait bien que tout cela est provisoire et fait peur. Cette peur se transforme en haine de soi ce qui fait la fortune des psys, ou/et en haine des autres ce qui fait monter la violence lentement mais sûrement.

De l’autre côté, les classes dirigeantes se servent du côté assez inique du confort par héritage pour faire croire qu’elles vont l’offrir à tous sans que la pénibilité du travail soit une nécessité. Pour cela, avec l’appui intéressé de la fausse science économique, elles utilisent l’énergie sociale qu’est l’argent pour assouvir les désirs du peuple. Plaire ou conduire, il faut choisir, et les Politiques ont choisi. Ils cherchent à plaire en berçant le peuple par la survie assurée et le plaisir anesthésiant, « Panem et circences » comme l’écrivait le trop méconnu Juvénal qui décrivait la société romaine décadente et si proche de la nôtre.

Certains Politiques sont de bonne foi et croient réellement qu’en changeant le temps avec la recherche et l’innovation, qu’en changeant l’espace avec l’Europe et le mondialisme, qu’en changeant les hommes avec la formation, Dieu nous récompensera en nous envoyant la Croissance qui nous donnera enfin l’argent que nous empruntons en attendant Godot. Ils réalisent mal que toutes les idéologies (fascisme, communisme, capitalisme) sont expansionnistes et se veulent universelles comme maheureusement certaines religions comme le catholicisme, certain protestantisme et l’islam. Les idéologies restent les spécialistes du faire-croire et au bout du compte elles échouent systématiquement, et à convaincre, et à imposer.

D’autres Politiques sont cyniques et savent très bien que cela ne mène nulle part mais hésitent entre le « Je suis leur chef, il faut bien que je les suive » du maréchal de Saxe et le « Après moi le déluge » de Louis XV. Ils se recentrent sur leur cœur de métier qui est l’élection. Ils sont attentifs à toujours dire ce qui plait à leur électorat.

Tous, honnêtes hommes de fond ou de forme, utilisent la boite de Pandore ouverte en août 71 qui a déconnecté les monnaies de toute valeur objective et a rendu surpuissants tous ceux qui traînaient dans leurs circuits. Plus personne ne sort de la phrase imbécile « au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie » et ils créent sans arrêt par des moyens de plus en plus sophistiqués l’argent dont ils ont besoin pour acheter leur peuple.

La crise est la confrontation entre leur rêve impossible et la réalité. Nous sommes dans la période difficile où tous les efforts sont demandés aux peuples pour faire durer encore un peu le faire-croire.

Les axes de réflexion pour minimiser les risques de guerre sont tous rejetés par le peuple qui sans le savoir prépare sa propre tombe. Il faut tout de même que ceux que la vraie politique intéresse les regardent en face.

Il faut :

1) Donner une définition compréhensible de l’entité géographique et humaine à laquelle nous appartenons en se souvenant de « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf ». Du village à l’Europe quelle est l’entité primordiale ? Ne serait-ce pas la France ?

2) Reconnaître des définitions communes du Beau, du Bien et du Vrai comme constitutives d’un groupe. L’approche commune de leurs trois mariages deux à deux, le Riche, le Juste et le Pur, est le lien social d’un groupe vivant. L’harmonisation fiscale et sociale en est naturellement l’une des conséquences et si elle n’existe pas, n’est-ce pas la preuve de la fictivité du groupe ?

3) Protéger cette entité pour que ses membres aient tous le travail auquel ils ont droit mais soient mis en face d’eux-mêmes et qu’ils puissent affronter puis résoudre leurs contradictions que révèlera la hausse des prix inhérente au protectionnisme.

4) Renoncer à la fausse démocratie du « un homme, une voix » qui ne donne le pouvoir qu’à l’argent pour travailler les deux axes possibles de la vraie démocratie à inventer : le permis de voter et le tirage au sort.

5) Renoncer au laminage intellectuel de la prétendue Education Nationale qui limite l’éducation à l’accumulation de connaissances en se faisant concurrencer par internet, pour ajouter à nouveau les compléments indispensables de l’expérience et de l’apprentissage du discernement.

Il reste pour éviter la guerre à répondre à la question : faut-il convaincre le peuple pour convaincre ses dirigeants ou faut-il convaincre les dirigeants pour convaincre le peuple ? Et qu’en pensent les médias ?