Lettre ouverte à M. Jean-Marc Jancovici

Cher Monsieur,

Depuis quelques mois les élèves des grandes écoles vous réclament tous pour venir leur faire votre cours de l’école des Mines de Paris sur l’énergie. Chacun peut trouver ce cours sur la toile et il est en effet passionnant.

Vous y montrez en images et avec un vocabulaire incisif et vivant que nous sommes tous devenus des « supermen pour de vrai » depuis que, par l’intermédiaire des machines, nous nous sommes créés des « prothèses » pour multiplier notre capacité énergétique par 200 en consommant les énergies fossiles non renouvelables que sont le charbon, le pétrole et le gaz.

Mais vous rappelez que « la physique sera toujours plus forte que les slogans » et vous en déclinez les conséquences.

Vous montrez que l’humanité est passée en deux siècles des énergies renouvelables avec le chauffage au bois, la marine à voile, les moulins à eau et à vent ou la traction animale, aux énergies fossiles qui ont transformé notre façon de vivre de façon pratiquement irréversible. Le retour en arrière et la redécouverte des énergies renouvelables comme source principale vous semble utopique et vous le démontrez fort bien.

Vous montrez encore que nous n’avons jamais remplacé une énergie primaire par une autre sans continuer à l’utiliser toujours davantage. Nous consommons de plus en plus de bois, de plus en plus de charbon, de plus en plus de pétrole, de plus en plus de gaz, de plus en plus de nucléaire, et l’apport des nouvelles énergies renouvelables, solaire ou éolienne, est quasiment ridicule et ne peut en aucun cas remplacer les énergies fossiles. Vous dites : « Nous avons changé d’ordre de grandeur dans la transition énergétique. »

Vous montrez tout de même que depuis 2008 l’humanité est passée par un pic et que nous avons changé d’époque sans en prendre réellement conscience.

Vous dites que « la décroissance n’est pas un souhait, c’est un élément du cahier des charges » et vous fustigez les irresponsables qui veulent continuer à faire croitre le PIB en diminuant l’émission de CO2

Vous expliquez en effet que tous les convertisseurs d’énergie fossile produisent du CO2 par carburation, vous montrez que les courbes du PIB et de l’extraction de pétrole se superposent quasi exactement.

Pourtant après avoir brillamment éclairé tout cela dans nos têtes, vous vous engagez dans la piste du réchauffement climatique lié à l’augmentation de CO2, piste dans laquelle vous êtes moins convaincant car le lien reste à faire entre l’augmentation des gaz à effet de serre (GES) et les mouvements des cyclones et des anticyclones, seuls responsables du climat. Je ne vous ai pas entendu non plus expliquer ce qui augmente ou diminue la vapeur d’eau des nuages qui forme 55% des GES alors que le dioxyde de carbone n’en forme que 39% et le méthane 2%. Si le réchauffement actuel est évident, il n’est pas évident de l’attribuer à l’homme ou aux éruptions solaires mal connues et aux éruptions volcaniques surtout quand elles sont inconnues car sous-marines.

Mais ce n’est pas pour vous parler du doute que l’on peut avoir sur le réchauffement climatique anthropique que je vous écris cette lettre mais pour vous parler d’une piste que vous n’explorez pas et qui est à mon sens beaucoup plus riche d’actions. Cette piste vous a échappé car vous en êtes resté à une définition fort exacte de la monnaie qui est malheureusement fausse depuis plus de 50 ans.

Vous dites « Le capital, c’est la partie de la production qui ne se consomme pas tout de suite et qui est réutilisable pour augmenter la production future.» Quelle belle définition de l’argent et ô combien exacte !

Malheureusement cette définition n’est plus d’actualité depuis que Nixon a été obligé de déconnecter le dollar de l’or en août 1971 après que la FED ait imprimé 5 fois plus de dollars qu’elle n’avait d’or à Fort Knox pour payer le plan Marshall et les guerres de Corée et du Vietnam. Depuis cette date le dollar n’est plus une partie non consommée de la production et toutes les monnaies que les accords de Bretton Woods avaient liées en 1944 au dollar, non plus. L’euro encore moins puisqu’il a été créé sur des monnaies qui avaient été déconnectées de productions non consommées 30 ans auparavant.

En en restant à ce qu’était la monnaie du temps où elle avait un sens, et sans chercher à voir ce qu’elle était devenue, vous vous privez d’un facteur limitant dont il est parfaitement possible de se servir. Je vous rappelle que le PIB n’est pas un produit mais le chiffrage d’une activité de négoce, chiffrage fait par les trois façons possibles qui doivent donner le même résultat et qui sont le chiffrage de ce qui a été vendu, l’argent dépensé pour l’acheter et l’addition des factures. Il suffit de créer de la monnaie-dette, ce que l’on fait depuis 50 ans, pour faire du PIB et croire que l’on crée des richesses puisqu’on crée artificiellement l’argent pour les acheter et faire croire que la production des machines est richesse. Le PIB n’existe que si en face des productions il y a de la monnaie. Les machines produisent en pillant la Terre et les banques fabriquent de la monnaie pour que les productions soient des richesses. C’est insupportable.

Vous n’avez pas une grande admiration pour les économistes et je ne citerai pas vos phrases qui sont malheureusement bien souvent justes. Pourtant c’est par l’économie que nous réglerons notre problème qui est en effet la réalisation d’une nécessité absolue de décroissance. Nous ne limiterons les productions que par la limitation de l’argent et le retour de son vrai sens de titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui l’utilise, titre de créance causé par une production humaine préalable.

Or la décroissance est interdite par la fabrication sans fin par les banques d’une monnaie-dette qui n’est plus une production passée non consommée mais une production future espérée et prédéfinie arbitrairement comme une richesse, ce qu’elle deviendra en effet apparemment lors de son achat stimulé par les médias et financé par encore une nouvelle monnaie créée par les banques. La monnaie a toujours été une énergie au sens très exact que vous donnez à l’énergie en disant « L’énergie est ce qui quantifie le changement d’état d’un système ». Elle quantifie par le prix la production passée utilisée pour la transformer en nourriture, en logement, en transport et en quasiment tout puisque même les âmes s’achètent disait Faust. Vous rappelez que « pour utiliser une énergie, il faut un convertisseur » et ce sont les commerçants qui sont les convertisseurs de l’énergie monétaire. Mais l’énergie monétaire a oublié que son énergie primaire est l’énergie humaine qui la limite énormément. Elle est devenue avec la monnaie-dette une nouvelle énergie sans source primaire et totalement illimitée qui vient se surajouter sans obstacles à toutes les énergies que vous décrivez fort bien. Cette énergie se transforme en machines et en mangeuse d’énergie fossile. Elle transforme les productions en richesses en les finançant puis en les achetant, elle consomme sans frein le stock des matières premières, qu’il soit fossile comme le pétrole ou renouvelable comme les poissons.

Vous dites fort justement qu’il faut « donner espoir aux gens dans un monde où par ailleurs il n’y aura plus de moyens », qu’il faut savoir « comment on fonctionne au mieux dans une société qui est en contraction », que c’est une guerre et que « Les généraux de cette guerre n’existent pas …ou pas encore ». Vous avez encore raison mais ces généraux n’émergeront pas si on reste désarmé devant cette énergie factice qui fait croire que l’impossible est possible.

Vous brocardez les économistes en disant : « Les économistes disent : ce qui est limitant, c’est ce qui dépend des hommes, le reste ce n’est pas la peine de s’en occuper » N’ont-ils pas malgré tout raison ? Est-ce qu’il dépend des hommes d’en empêcher d’autres de piller la Terre ? N’est-il pas plus efficace de rendre à l’argent sa force de facteur limitant en laissant à chacun le soin de gérer librement sa pénurie, seul ou en groupe, que ce soit en humanité, en civilisation, en nation ou en village. Le groupe ne doit-il pas simplement veiller à ce que chacun puisse rendre son énergie personnelle utile sans tout attendre des entreprises ?

Ne faut-il pas revenir à la pénurie d’argent et la gérer, ce qui est l’exact inverse de ce que vous disiez à Sciences-Po « Du pognon il y en a » ? Gérer la pénurie d’argent, n’est-ce pas la guerre à gagner que vous appeliez de vos vœux ?

Pour cela il faut s’attaquer à l’édifice aussi chancelant que l’a été l’URSS et qui est constitué des banques, du FMI, de l’Union Européenne, de l’OTAN, des multinationales et accessoirement des politiques et des médias qui leur appartiennent.  Il n’y a que les peuples qui seront des alliés et qui ont tellement plus de bon sens. Mais un combat non mené n’est-il pas perdu d’avance ? Et ce combat-là n’est-il pas, malgré tout, moins compliqué et avec une plus grande chance de succès car moins rêveur, que de se prendre pour Dieu et de décider de baisser la température de l’atmosphère ?

La caverne de Platon n’en cacherait-elle pas d’autres ?

Qui ne connait la caverne de Platon où des hommes enchaînés et ne pouvant tourner la tête, ne voient sur la paroi devant eux que des ombres dont les leurs, la lumière ne provenant que d’un feu allumé derrière eux ? Ils sont convaincus de voir la réalité. Dans cette allégorie un homme est détaché, retrouve la lumière du soleil, s’y habitue très difficilement et, voulant en faire profiter ses anciens compagnons, retourne les voir. Ses compagnons, plutôt que de se réjouir de son retour avec ses nouvelles connaissances, le tue pour conserver leurs fausses vérités que l’habitude a rendues rassurantes.

On oublie facilement que Platon, en un paragraphe très important et insuffisamment commenté, décrit la difficulté qu’a cet homme à supporter de prime abord la lumière du soleil. L’homme commence par ne regarder que les ombres, puis les reflets dans l’eau et ce qui n’est éclairé que par la lune et les étoiles. Il commence par s’enfermer lui-même dans de nouvelles cavernes mentales pour ne pas être aveuglé, cavernes dont il ne sort que par la permanence, l’insistance et la nouvelle habitude du soleil. Ces autres cavernes proviennent toutes de l’importance exagérée donnée à certains éléments par incapacité à voir l’ensemble avec tous ses autres éléments.

Nous qui avons tendance à sourire des pauvres hommes enchaînés dans la caverne, ne devrions-nous pas nous demander si nous sommes bien dans le réel et si nous ne sommes pas dans une nouvelle caverne ? Notre médiocrité n’aurait-elle pas, en profitant de notre liberté, construit cette caverne où la dérision, le sarcasme et la violence ont remplacé la joie de vivre ? Ne l’aurions-nous pas fait pour nous protéger d’une vérité trop éblouissante ? De quel outil disposons-nous pour le savoir ?

C’est la cohérence générale qui permet de savoir si nous sommes ou non dans une caverne. Que ce soit celle de Platon ou l’une des nouvelles cavernes que la classe politique nous crée pour ne pas avoir à affronter trop vite une réalité pénible, aucune ne résiste à une analyse globale. Il était en effet incohérent que les hommes de la caverne aient été enchaînés et incapables de se retourner. Mais il était encore incohérent de se contenter des ombres ou des reflets dans l’eau pour avoir une idée de l’ensemble. Il est toujours incohérent d’entendre en permanence depuis 50 ans la classe politique nous seriner le même « La France va mieux » quand elle tient les rênes et « La France est malade » quand elles lui ont été retirées. Pendant ce jeu médical incohérent, les hôpitaux ferment, les gendarmeries ferment, les postes ferment, les écoles ferment, les routes se dégradent, les médicaments sont de moins en moins remboursés et le niveau de vie baisse absolument partout à l’exclusion des prêtres du système pour qui cela va en effet continuellement de mieux en mieux, qu’ils soient d’un bord, de l’autre ou d’ailleurs. Le malheur est que, pour ne pas être tués, ils ne proposent tous que de nouvelles cavernes, celles de leurs idéologies, toutes restreignant la réalité aux éléments dont ils voient le reflet dans leurs mares. Bientôt chacun aura sa propre mare, aussi incohérente par simplisme que celle de son voisin. On cherche en vain l’exception car la réalité est devenue trop éblouissante, trop aveuglante et celui qui se risquerait à la regarder serait probablement tué.

Chaque parti occulte les réalités qui le dérangent car elles révèlent l’incohérence  de son idéologie. Quand il est au pouvoir il appelle « réformes nécessaires » les obligations et les interdictions qu’il promulgue par des lois qui ne représentent plus le désir des peuples mais l’imposition de l’incohérence souhaitée. La multiplicité des obligations et des interdictions est le signe que nous sommes dans une caverne, dans un équilibre instable, comme le château de cartes ou le funambule, qui ne tient que par des obligations et des interdictions. L’équilibre stable, comme la pomme au bout de sa branche ou le manteau au porte-manteau, n’a besoin de rien puisqu’il revient tout seul s’il est dérangé.

Les réalités volontairement occultées sont de deux sortes : les mineures dont l’éclairage est encore envisageable sans que celui qui sort une réalité du boisseau, soit à l’instant même voué aux Gémonies et pendu au réverbère, et les majeures dont on fait même des lois pour déclarer la réalité illégale tellement elles sont dérangeantes.

Voyons d’abord quelques réalités mineures.

La réalité est que la croissance économique est le synonyme parfait mais bien caché, de l’augmentation des dépenses sans jamais se préoccuper de l’origine de l’argent dépensé. Cette croissance se fait aussi bien avec de l’argent durement gagné qu’avec de l’argent emprunté et irremboursable. Cette réalité est soigneusement occultée dans la caverne libérale.

La réalité est que personne n’a jamais fait le lien entre les gaz à effet de serre et le mouvement des cyclones et des anticyclones, responsable du climat. Ce mouvement est toujours constaté mais jamais expliqué car on n’en connait pas l’origine. Cette réalité est soigneusement occultée dans la caverne écologiste.

La réalité est que la richesse n’est qu’un regard qui n’est pas le même dans les différentes civilisations et qui est par définition inchiffrable comme la justice et la clarté. Chaque civilisation a ses riches qui le sont parce que leur richesse a été reconnue. Ceux qui la chiffrent ne sont que des hâbleurs, des jaloux ou des agitateurs. Cette réalité est soigneusement occultée dans la caverne socialiste.

Si l’on passe aux réalités majeures, on rentre en terrain miné car, dans toutes les cavernes, elles sont dissimulées. Des lois sont même faites avec constance pour décréter que les réalités sont illégales. La dernière en date est la loi Avia contre la haine, la haine étant suffisamment vague pour pouvoir servir de couperet à ceux qui n’aimeraient pas ce pauvre Macron ou qui vivraient mal la progression de l’islam en terres chrétiennes, ou encore qui ne voudraient pas d’une immigration ne souhaitant pas s’assimiler.

Osons tout de même en faire l’expérience et vérifions ensemble que la lumière de la réalité est facilement insupportable à certains.

La réalité est que seule une petite fraction du peuple est apte à faire des études longues. La stupidité d’une réussite au bac de 80% ou plus des candidats a bien sûr rendu cet examen sans aucune valeur, mais il a surtout bloqué à très grand frais une partie importante de la population dans des universités dont elle sort formatée, déresponsabilisée, contente d’elle-même, perdue, très souvent inutile et pourvoyeuse de Pôle emploi. L’ancien ministre de l’Éducation nationale Claude Allegre était conscient du coût exorbitant de son administration (avec pourtant des salaires individuels des professeurs notoirement trop bas)  quand il disait en 2011 dans le Point «L’Armée rouge, à laquelle on comparait volontiers l’Éducation nationale en raison de sa masse…». Ce coût est d’autant plus surprenant que peu d’adultes disent avoir appris à l’université, ce qui leur sert dans leur travail. Ils y ont appris la plupart du temps une culture générale qui était auparavant donnée par les familles, le goût agréable mais malheureusement durable de l’oisiveté et ils y ont surtout été préparés à croire en un monde onirique peuplé de consommateurs donnant aux machines le rôle de production de richesses. Ils y ont été formatés à l’irresponsabilité de la formule «Je donne une partie de mon temps et je dois en vivre bien.», fausse vérité présente dans toutes les cavernes politiques.

La réalité c’est qu’une petite minorité a accaparé le mot république qui n’est que la chose commune en latin et qui a comme différentes formes, la monarchie (le gouvernement par un seul), l’oligarchie (le gouvernement par un groupe) et la démocratie (le gouvernement par le peuple). Cette petite minorité a réduit la république à une oligarchie présentée comme une démocratie alors qu’elle n’est de plus en plus qu’une monarchie. Cette réduction, cette falsification et cette soumission se sont faites avec la complicité active des medias et de l’Éducation nationale qui, à force de faire des éclairages incomplets et biaisés, à force de surexposer des éléments isolés, arrivent à faire croire que mensonge est vérité, que minorité est majoritaire, que l’approche du même beau, du même bien et du même vrai, n’est plus la base essentielle d’une civilisation. Pour faire tenir cet équilibre instable cette petite minorité achète très cher l’affect du peuple dans ce qu’elle appelle une campagne électorale et se gargarise ensuite d’avoir reçu mandat. Cherchant à ratisser large pour garder le pouvoir elle survalorise et flatte toutes les minorités, en donnant l’impression qu’elle accepte leurs dictatures et leur entrée sans cesse croissante dans ses propres rangs. Tous ces VRP de la fausse vérité sont présents dans toutes les cavernes politiques.

La réalité est que les femmes et les hommes sont égaux mais non identiques. Ils sont complémentaires aussi bien physiquement que mentalement. Aucun n’est complet et leur collaboration est vitale. Dans toutes les civilisations connues, la femme est le quotidien quand l’homme est le référent. Chacun a d’abord le devoir de son état, puis son devoir de citoyen et enfin le devoir d’équilibrer les deux premiers pour construire son bonheur personnel. Le premier devoir des femmes est la perpétuation de l’espèce et de chaque race si l’on croit à l’intérêt de la biodiversité en ne la limitant pas au végétal et à l’animal. Toute femme qui a au moins trois enfants remplit ce devoir, toute femme qui en a deux, un ou zéro ne le remplit pas, même si certaines n’y sont pour rien, ce qui explique que 211 enfants soient en moyenne nécessaires par 100 femmes pour le simple renouvellement de la population. L’apport des hommes dans le renouvellement est presque insignifiant, grossesse et accouchement ne connaissant pas la parité. Le premier devoir des hommes est d’aller travailler pour rapporter l’argent nécessaire au logement, à la nourriture et au bien-être des femmes et des enfants. Si le devoir de citoyen est le même pour les femmes et les hommes en tant qu’électeur, le devoir d’équilibre est complètement différent car pour la femme ce sera sortir de chez elle pour se sentir utile à la société, alors que celui de l’homme sera plutôt d’être avec ses enfants. La vie professionnelle remplit chez l’homme le devoir de son état alors qu’elle remplit chez la femme son devoir d’équilibre, ce qui rend aberrant la notion même de parité professionnelle tellement à la mode dans certaines cavernes. Les femmes, approuvées par tous les hommes du système, ne remplissent plus leur premier devoir, de San Francisco à l’Oural. Elles participent involontairement avec l’immigration et les machines au remplacement des hommes dans le travail. Cela entraîne la baisse du pouvoir d’achat des salaires souhaitée par un patronat à courte vue. Toujours involontairement elles participent à l’incohérence actuelle qui fait grimper les valeurs refuges, or, œuvres d’art et immobilier, et par ricochet les loyers. Il devient impossible d’avoir des enfants dans un appartement en ville et les rémunérations sont tellement basses que deux salaires deviennent nécessaires pour survivre correctement. Cette réalité est occultée dans toutes les cavernes politiques sans exception car elles doivent toutes flatter l’affect de leurs électeurs… et de leurs électrices.

Mais pour en revenir à la caverne de Platon, l’homme qui en est sorti a eu la chance de ne pas rester enfermé dans ses cavernes mentales d’ombres, de flaques d’eau et de clair de lune. Cette chance nous a été retirée par l’invention très récente de la monnaie-dette qui permet tout, en cassant tous les freins. La monnaie-dette permet d’investir en empruntant pour acheter des machines qui auront une production qu’un client viendra reconnaître comme une richesse en l’achetant. Pour une seule richesse la collectivité aura dépensé deux fois, une fois pour investir et une seconde fois pour acheter. Ne soyons pas surpris que la dette mondiale ne fasse que grimper et se chiffre maintenant en centaines de milliers de milliards de dollars ou d’euros évidemment irremboursables. Cette réalité-là est pour beaucoup la plus insupportable de toutes car la regarder brûle leurs yeux. Ils préfèrent oublier les deux vérités de base de l’économie qui sont qu’un peuple ne peut consommer que ce qu’il produit et que tout commerce international honnête ne peut être qu’un troc.

La France est divisée entre le bon sens perdu des Gilets jaunes confrontés aux réalités et l’intelligence brillante et méprisante de Macron et de ses affidés qui s’enferment dans des cavernes de plus en plus sophistiquées. L’intelligence ayant refusé de se laisser policer par le bon sens, l’affrontement a commencé et le bon sens gagnera comme toujours.

Mais à quel prix et en combien de temps ?

 

 

 

 

 

Vœux 2020

En ce début de la dernière année de cette décennie, je forme le vœu que nous retrouvions l’harmonie entre l’individuel et le collectif. Oui, même si cela fait ricaner les imbéciles, c’était mieux avant, quand cette harmonie existait. Surtout ce sera mieux après, lorsque nous l’aurons retrouvée.

Deux éléments nous ont fait perdre cette harmonie : la survalorisation de l’individu et le fantasme de l’énergie gratuite. Les deux se confortent l’un l’autre et nous aveuglent.

La philosophe Simone Weil qui devrait être au Panthéon, nous a pourtant rappelé qu’un droit n’est qu’une reconnaissance par les autres de leur obligation alors qu’une obligation est une nécessité vitale. Robinson Crusoé, tout seul sur son île n’avait aucun droit mais il avait des obligations. Nos droits n’existent que par la réalité du collectif auquel nous appartenons. Et c’est cette réalité qui n’est plus vécue et qui est fantasmée.

Les dieux n’ont des droits que parce que les hommes ont des devoirs. Les hommes ont toujours et partout, à la notable exception des Aborigènes d’Australie, tenté de se prendre pour des dieux en créant des esclaves qui n’ont que des devoirs et dont la vie est de moindre importance. Aujourd’hui, toute honte bue, nous avons porté au pouvoir des individus qui nous flattent en recréant trois esclavages pour que nous puissions continuer à nous prendre pour des dieux. Ils créent  avec le mondialisme l’esclavage dans l’espace. Ils créent avec la dette l’esclavage dans le temps. Ils tentent de créer avec l’immigration un esclavage ici et maintenant qui génère plus de Spartacus que d’oncles Tom car ils débarquent avec leur cohérence pour constater que nous avons perdu la nôtre.

Survaloriser l’individu c’est ne plus accueillir la mort comme partie de la vie et ne plus en atténuer la douleur par les familles nombreuses comme le font tous les animaux. Survaloriser l’individu c’est renoncer à donner un sens à sa vie et se contenter du plaisir en considérant le bonheur comme inatteignable. Survaloriser l’individu c’est surcharger les hommes d’obligations pour leur faire croire qu’ils ont des droits. Survaloriser l’individu c’est en fait le mépriser en le flattant, ce que fait très bien le nouveau haut clergé, subtil mélange de politiques, de médias et de patrons de Cac 40, fausse noblesse dévoyée à la sexualité compliquée qu’elle aimerait voir banalisée.

Mais ceci n’est rendu possible que par le déni que la monnaie est une énergie et par sa fabrication en continu par et pour le haut clergé qui se félicite de voir grimper les prix de ce qu’il aime, l’immobilier, les œuvres d’art et les actions en bourse. Il feint de ne pas voir que ces hausses de prix ne sont pas des augmentations de valeur mais des dévalorisations de monnaies qui appauvrissent les peuples dont il se moque éperdument tout en jurant bien sûr le contraire.

Les révolutions grondent partout et les différents hauts clergés tremblent de leur absence d’avenir par manque d’harmonie. Puissent 2020 et le peuple français être ce que les fleuves Alphée et Pénée ont été pour les écuries d’Augias.

La retraite, entonnoir de tous les problèmes d’une société

La retraite est un résultat et, comme l’étymologie de résultat l’indique (sauter en arrière), c’est par une étude de ce qui précède que l’on peut envisager d’y voir clair.

Or nous vivons dans une société qui, non seulement a perdu ses repères en se contentant puérilement des droits de l’homme (ou malicieusement pour certains voire perfidement), mais s’est organisée sur des erreurs multiples et cumulées, fondées sur des absences de définitions claires de la richesse et de la monnaie.

La confusion entre production et richesse a fait survaloriser les entreprises que l’on bichonne stupidement depuis un siècle tout en leur demandant de prendre en charge la protection sociale du peuple, ce qui n’est en aucun cas leur raison d’être qui est de produire autre chose que des déchets, des embarras ou des problèmes.

C’est l’absence générale de cohérence qui caractérise actuellement notre civilisation et qui génère des idéologies partisanes incohérentes qui s’affrontent sans aucune chance de se comprendre puisqu’elles sont toutes incompréhensibles. Il ne peut y avoir que des alliances de circonstances façon programme commun, rassemblement des droites ou actuellement macronie.

Essayons d’y voir clair dans ce bourbier.

Tout commence par une absence de définition claire de la monnaie. Depuis Aristote on ne parle de la monnaie que par ses utilités (trois selon lui) ou par sa catégorie (signe, marchandise, symbole, contrat, institution) sur laquelle personne n’est d’accord. Depuis deux millénaires on glose sur quelque chose que l’on a renoncé à définir, ce qui autorise à en dire à peu près n’importe quoi. Tentons une vraie définition. La monnaie est un titre de créance sur n’importe quel membre du peuple qui utilise cette monnaie. Faut-il rappeler que monnaie comme monument  vient de moneo forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire ? La cause de la monnaie comme du monument est de se souvenir. Ce souvenir, cause de la monnaie, c’est la création de richesse qui a été faite antérieurement et dont la valeur est constatée par la création de monnaie. La monnaie ne peut donc être qu’une richesse reconnue comme l’or ou l’argent ou que le substitut d’une richesse déjà existante. Toute autre monnaie est une fausse monnaie totalement illicite même si elle est légale. L’euro est la première monnaie dans toute l’histoire de l’humanité à avoir été créé hors cette obligation. Il a été créé pour se substituer à des monnaies qui avaient été déconnectées de toute richesse réelle par un président américain trente ans auparavant.

Le problème est encore compliqué par le fait que la richesse est une notion purement culturelle dont la réalité comme la valorisation ne dépend  que du regard de chaque culture. Par conséquent une société cohérente multiculturelle ne peut pas avoir une seule monnaie; elle doit en avoir autant que de cultures. Dans notre société qui par idéologie veut à la fois être multiculturelle et avoir une monnaie, deux fausses solutions se font jour sans aucun espoir de réconciliation ni de solution de quoi que ce soit. A un extrême la monnaie mondiale qui se veut unique comme le dollar ou les droits de tirage spéciaux du FMI et qui prône une monoculture anglo-saxonne conquérante quoique moribonde. Et à l’autre extrême l’éparpillement des monnaies conceptuelles ou des Systèmes d’Echange Local qui partent de la vraie richesse d’une culture mais qui laisse tous les problèmes collectifs difficiles à la charge d’un système qu’ils combattent. Au milieu l’euro qui, fondé sur le vide, veut jouer au dollar ou les cryptomonnaies qui tentent sans aucune chance de succès d’être à la fois mondiales et multiculturelles.

Alors que faire ?

Seule la cohérence du groupe et sa culture permettent de définir ce qu’est pour lui une richesse, ce qui est vu comme bien, beau ou bon. La cohérence culturelle est à la base de l’approche de la richesse qui elle-même est le regard qu’un peuple jette sur lui-même. C’est le lien fondamental entre la culture et l’économie.

C’est par l’étude des incohérences actuelles que doit débuter le chemin vers la cohérence, tellement nous avons été formatés à les vivre comme normales et même comme évidentes  et non discutables.

L’incohérence de base, mère de toutes les autres, est que les entreprises créent de la richesse.

Une entreprise est un assemblage d’énergies, humaines et monétaires, qui a été constitué pour produire. Mais de même qu’une vache produit du lait, des veaux, des bouses, de l’urine et du méthane, l’entreprise produit des biens ou des services qui peuvent être aussi bien des richesses que des déchets, des embarras ou des problèmes. Ce qu’elle produit est reconnu comme richesse si un client vient s’appauvrir pour l’acheter et donc uniquement si la production peut être transformée en monnaie. C’est en effet le client qui accepte de payer la production plus cher qu’elle n’a couté. Cette différence, appelée comptablement « valeur ajoutée », n’est que la valorisation de l’énergie humaine dépensée pour produire. Le prix de vente de la production est en effet composé de ce qu’il a fallu acheter à l’extérieur pour pouvoir produire, augmenté de la  valeur ajoutée, partie qui rémunère l’énergie humaine dépensée à l’intérieur de l’entreprise. Mais cette transformation de la production en richesse n’est vraie que si la monnaie est rare, et elle est actuellement totalement faussée par tous les moyens imaginables.

Pour faire croire que les entreprises créent des richesses, la doxa utilise deux moyens. Le premier est de négliger comptablement ce que l’entreprise produit et ne vend pas ; on ne fait en pratique que de vagues nettoyages des stocks qui sont partout survalorisés. Mais surtout le XXe siècle a inventé la stupidité absolue du prêt sur richesse future et non plus sur gage, sur richesse déjà reconnue comme cela avait toujours été le cas dans toutes les civilisations depuis l’aube de l’humanité. Les banques fabriquent de la fausse monnaie, légale mais illicite, qu’elles prêtent sur richesses futures. La richesse étant constatée par le prix que le client en donne, la monnaie est abandonnée deux fois pour la même production, une première fois par la banque qui crée l’argent sur la future production prédéfinie comme richesse à venir et une deuxième fois par le client qui achète la production et qui la reconnait effectivement comme richesse même s’il l’achète lui-même avec de l’argent emprunté. La banque ne peut récupérer pour la détruire, la fausse monnaie qu’elle a créée, qu’en générant un nouveau prêt au client ou à l’entreprise. C’est la montée sans fin de la dette que nous connaissons si bien.

N’importe qui peut constater que les machines qui ont coûté très cher, produisent en continu ce qu’il faut faire croire être des richesses. Ensuite la publicité et les médias martèlent à grand frais que ce sont des richesses. Enfin le système bancaire fabrique la fausse monnaie légale qui va permettre de payer les machines, de payer la publicité et de mettre de l’argent à disposition pour payer la production et lui donner l’apparence d’une richesse. Ce trépied mortel pour la civilisation, machines publicité banques, fondé exclusivement sur le fantasme d’un lendemain merveilleux, ne fonctionne que par la création de fausse monnaie légale et d’emprunts irremboursables. Il est tout de même présenté comme le trépied du succès et de la prospérité. Pour en convaincre encore davantage les nigauds, on charge les entreprises, réputées riches par idéologie, de fournir du travail au peuple et de payer pour sa protection sociale, ce qui évite aux Politiques de s’y intéresser vraiment et de devenir enfin utiles.

Les autres incohérences découlent de la première car si les entreprises créent de la richesse, il faut à la fois les en remercier et leur en prendre une partie.

Pour les en remercier le quatrième quart du XXe siècle a inventé le système le plus ingénieux et le plus scandaleux qui soit. La valeur ajoutée qui devrait rémunérer le travail, est en grande partie détournée par l’État et par les actionnaires. Les actionnaires considèrent qu’il faut les rémunérer de l’argent qu’ils ont mis même s’il ne provient que d’un emprunt et l’État prélève la protection sociale du peuple qu’il augmente sans arrêt par démagogie. Ce paiement de la protection sociale par les entreprises est confié à l’URSSAF qui a pouvoir de faire condamner pour travail dissimulé toute personne qui en rémunère une autre sans prendre en charge la protection sociale de tous. Le résultat est que le travail est de moins en moins rémunéré et que les classes moyennes s’appauvrissent continuellement. Cerise sur le gâteau, cette ponction des actionnaires et de l’État peut se faire jusqu’à ce que l’entreprise en meure, ses dettes étant alors reprises par la collectivité, ce qui a été sacralisé par la loi Badinter de 1985. Tant que ça marche c’est pour l’État et les actionnaires, mais quand ça ne marche plus, ce qui est inéluctable, c’est pour la collectivité. Le dépôt de bilan qui était une honte, devient un moyen de gestion comme l’a dit Bernard Tapie.

Pour prendre aux entreprises une partie de la richesse qu’elles sont faussement supposées créer, se met en place en plus des actionnaires et de l’État, le fabuleux réseau des conseils, des experts, des observateurs, des commentateurs, de tous ces inutiles qui sont payés très cher pour faire croire que le système aberrant peut tenir et même être amélioré. Ceux qui produisent ce qui est vraiment utile comme les agriculteurs ou les artisans vivent de plus en plus mal et sont de moins en moins nombreux pour que survivent de plus en plus d’inutiles et que vivent de mieux en mieux les prêtres du système.

Sans comprendre l’incohérence générale de la situation, il n’est pas possible d’aborder sérieusement les problèmes de chômage et de retraite. Il faut d’abord alléger le fardeau des entreprises de ce qui ne les concerne pas et l’argent doit revenir aux gens qui y travaillent et qui doivent être infiniment mieux payés. Il faut d’abord décharger les entreprises de la protection sociale et en charger les Politiques qui ont l’impôt à disposition. Il faut d’abord que l’État récupère la création monétaire qu’il est seul à pouvoir créer sur richesse constatée quand les banques ne peuvent la créer que sur richesses futures. Il sera alors possible que chaque municipalité soit chargée de rendre utile tous ses concitoyens en mettant au travail tous ceux qui le souhaitent et qui n’ont pas été appelés par une entreprise. Il sera alors possible que l’État valorise ces richesses nouvellement créées et crée la monnaie constatant ces richesses nouvelles.

Ayant retrouvé le bon sens, l’harmonie commencera à être à nouveau envisageable et il sera alors possible de regarder le problème des retraites qui est très simple quand on ne le complique pas artificiellement en accueillant le chômage comme une fatalité et le formatage étudiant comme une nécessité.

Contre la planète sauvons la Terre

La planète est partout. Il faut parait-il la sauver de l’inconscience des hommes et de la veulerie de leurs dirigeants. Personne ne sait comment faire mais la jeunesse occidentale sait que les adultes devraient voir ce sauvetage comme leur premier problème et elle donne la direction à suivre : baisser drastiquement l’émission de CO2, le GIEC, Jean-Marc Jancovici et les accords de Paris l’ont dit. Le Secrétaire général de l’ONU a même dit à la COP 25 de Madrid : « Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon. Nous devons mettre fin à la guerre à la planète ».

Une première question s’impose. Pourquoi notre planète qui s’appelle la Terre, a-t-elle perdu son nom dans les médias pour devenir contre tout bon sens l’unique planète de l’univers ? Une  réponse est que nous nous trouvons une fois de plus devant l’éternel combat des idéologies et du bon sens. Toutes les idéologies s’affirment comme la vérité absolue et ne supportent pas le doute qui, lui, habite le bon sens. Toutes les idéologies utilisent pour s’imposer la fragilité et la fougue de  la jeunesse comme la partie la plus moutonnière des adultes. La jeunesse hitlérienne et les pionniers soviétiques dénonçaient déjà leurs parents récalcitrants. Dans les fausses démocraties inventées au XXe siècle, les pouvoirs ont besoin de la foule pour survivre et plus du tout du peuple et de son bon sens. Les Politiques ont besoin d’électeurs et les médias d’auditeurs, de lecteurs et de spectateurs. Les médias ne vivent que de la publicité et des subventions octroyées par les Politiques. Leurs audiences de la veille est leur premier souci du matin. Elles sont calculées, on ne sait vraiment comment, sous le contrôle des Politiques et sont la base de leurs recettes publicitaires. Les Politiques ne vivent que de l’image attirante ou repoussante que les médias diffusent d’eux. Le dernier sondage est leur premier souci du matin. On ne sait vraiment comment il est fabriqué, mais il est largement diffusé par les médias. Le peuple tient le rôle de Pinocchio mais il est difficile de dire entre les Politiques et les médias, qui jouent le Chat et qui jouent le Renard. Ce qui est sûr c’est qu’à eux deux, comme dans le conte de Collodi, ils tentent de transformer le pays en Pays des jouets (Paese dei Balocchi) et le peuple en baudets.

Essayons de nous extraire de l’idéologie, de revenir à la Terre et d’analyser le problème avec bon sens sans nous précipiter sur la solution que le bon sens, contrairement à l’idéologie, ne trouve que lentement.

Tout d’abord qu’en est-il vraiment du « réchauffement climatique » puisqu’il est martelé d’appeler ainsi l’évolution du climat ? Personne ne conteste que depuis quelques années les glaciers fondent et les calottes polaires diminuent. La calotte glaciaire de l’Antarctique s’analyse différemment car, contrairement à celle de l’Arctique qui n’est composée quasiment que d’eau salée gelée, elle est principalement composée d’eau douce gelée venant des chutes de neiges sur le pôle sud qui est un continent. Mais deux remarques s’imposent.

La première est que depuis Gutenberg, depuis que nous avons des documents nous parlant du climat, les périodes de réchauffement et de refroidissement ont été nombreuses sans qu’il n’y ait de lien avec l’émission de CO2, ce qui entraîne la deuxième remarque.

Le lien entre le réchauffement climatique et l’émission de CO2 vient du cumul de deux choses :

D’une part l’observation indiscutable que les activités humaines et animales produisent dorénavant plus de CO2 que les activités végétale et océane n’en absorbent.

D’autre part une théorie que le CO2 serait un « gaz à effet de serre » et que ce serait lui, avec le méthane du pet des vaches, qui ferait fondre les glaciers. Et c’est là où se situe la vraie difficulté que le bon sens est forcé de relever car sur ce point on affirme beaucoup plus que l’on n’explique. C’est le maillon faible de la chaîne et comme toujours la chaîne n’a de solidité que celle de son maillon le plus faible. Chacun observe que c’est l’atmosphère qui protège la Terre du vide glacial sidéral. L’atmosphère joue le rôle de la vitre dans une serre. Elle est composée grosso modo de 80% d’azote, de 20% d’oxygène et de traces d’autres gaz, 0,93% d’argon, 0,25% de vapeur d’eau, 0,04% de CO2… Les nuages qui gardent la chaleur de la Terre, ou qui ne la retiennent plus quand ils ne sont plus là, ne sont pas un gaz mais des gouttelettes d’eau en suspension dans l’atmosphère. Il est surprenant de lire qu’on les additionne aux traces de vapeur d’eau pour affirmer mensongèrement qu’ils forment 72% des « gaz à effet de serre ». Ils sont en tous cas les protecteurs de la chaleur terrestre et il est vrai par ailleurs que la quantité de CO2 est passée de 280 ppmv (parties par million en volume) en 1750 à 381 ppmv en 2006. Cela fait certes passer le pourcentage de CO2 dans l’atmosphère de 0,04% à 0,05%, mais qui explique le lien avec le climat qui est proféré partout ?

Un changement climatique peut venir de trois sources :

  • La distance irrégulière de la Terre au soleil et l’inclinaison variable de son axe très bien décrits par les paramètres de Milutin Milankovic,
  • L’activité solaire que nous commençons juste à décrire faute de la comprendre,
  • L’activité des créatures terrestres, qu’elles soient végétales, animales et humaines.

Il s’observe par le déplacement des dépressions et des anticyclones, déplacement dont on ne voit pas clairement le lien avec la quantité de CO2 dans l’atmosphère. On ne voit d’ailleurs clairement pas grand-chose sur le déplacement des dépressions et des anticyclones que l’on constate sans jamais l’expliquer.

L’idéologie, irréfutable sous peine de négationnisme, que la Terre va mourir parce que dans son atmosphère le CO2 passe de 0,04% à 0,05% ne serait-elle pas un dérivatif commode que le capitalisme utiliserait pour cacher le vrai problème autrement plus sérieux ? Pour survivre encore un moment, le capitalisme n’aurait-il pas besoin à la fois de piller les matières premières de la Terre et de ne former qu’une seule civilisation mondiale consumériste, apparemment multiculturelle et en réalité anglo-saxonne ? Entendre à Madrid à la COP 25 qu’il faut « inciter les gouvernements à agir contre le changement climatique » montre bien la force du chant du cygne du capitalisme. Le peuple français doit-il en être dupe ?

Ne faut-il pas mettre fin à la guerre à la Terre en reconnaissant ses civilisations diverses et en tentant chacun chez soi de redonner de la cohérence à sa propre civilisation ?

Les bases de l’économie sont bafouées dans un silence général

L’économie n’est que l’étude des rapports entre la production, la richesse et la monnaie. Elle ne peut être crédible qu’en étudiant globalement les trois y compris leur interaction. Et pour ce faire il faut d’abord comprendre précisément ce qu’est chacun des trois pieds de l’économie avant d’étudier leurs relations. Il ne faut pas se contenter de définitions vagues, de fausses évidences et de soumissions sécurisantes à de prétendus sachants. Si les détails peuvent être délicats, l’épine dorsale de l’économie est à la portée de tous et d’une simplicité biblique. Seuls les montages que l’on fait partout pour faire tenir un système impossible sont évidemment complexes.

Une production est une fabrication de produit, que ce soit un pain, un fruit, un dessin d’enfant, une bouse de vache, un soin, une voiture, un résidu nucléaire ou une machine. C’est quelque chose de totalement objectif, une réalité incontournable. Une production peut être une richesse, un déchet ou un problème. Elle peut même changer de catégorie avec le temps comme le dessin d’enfant ou l’automobile, tellement richesse, déchet et problème sont des notions totalement subjectives qui évoluent avec le temps, ou avec l’espace, voire même avec les gens avec lesquels on se trouve.

Une richesse est en effet le regard totalement subjectif qu’une collectivité porte sur une chose ou sur une idée qu’elle trouve belle ou bonne. Toute civilisation tend à rendre ce regard objectif car elle considère sa vision du beau, du bien et du vrai comme la seule vision sérieuse. Elle croit sa justice juste puisqu’elle y voit l’addition de ce qui est bien et de ce qui est vrai pour elle. Elle croit que sa clarté est limpide puisqu’elle y rassemble ce qu’elle croit beau et ce qu’elle croit vrai. Et elle croit aussi que sa richesse est objective puisque tout le monde la trouve belle et bonne ; tout le monde… de cette civilisation. Une bière est richesse à Munich, pas du tout sur une autoroute suédoise. De même que la justice de Daesh n’a rien à voir avec la justice occidentale, la richesse d’un Malien qui est riche de la famille, n’a rien à voir avec la richesse d’un Américain.

La monnaie a une histoire et c’est toujours la même sur toute la Terre et elle est en général assez mal racontée. La monnaie n’arrive pas toute seule et au début il n’y a jamais eu le troc. Au début tout groupe humain se constitue autour du donner-recevoir-rendre que l’on constate dans les familles, dans les tribus et dans les groupes d’amis. C’est une sorte d’échange des êtres, de ce qu’ils font de mieux ou de moins mal. Ce donner-recevoir-rendre a été admirablement étudié par l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel Mauss (1872-1950). Il y a vu un « fait social total » au service du lien social et le nourrissant. Ce fait social est total parce qu’il est à dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et même juridique. Cette réalité dans la constitution des groupes humains est fondamentale et renvoie aux oubliettes la notion ridicule de troc au départ des groupes humains. Qui, à part les idéologues de l’économie, voit du troc dans la vie familiale ?

La monnaie n’est pas venue remplacer le donner-recevoir-rendre ni bien évidemment le troc qui n’a jamais existé que très exceptionnellement entre particuliers, elle est venue résoudre le problème créé par certains qui  partout oubliaient de donner et de rendre et se contentaient de recevoir. Cela posait un problème que les familles connaissent et règlent en interne. Mais quand le groupe devient important, il ne peut plus être résolu par le simple regard ou la remarque d’une autorité reconnue. C’est alors l’introduction de la monnaie qui partout résout le problème. Le groupe prend d’abord acte du fait qu’un individu a donné, qu’il a contribué à la richesse collective. Il lui donne en reconnaissance un titre de créance sur n’importe quel autre membre du groupe. Ce titre de créance transmissible et facilement transportable, s’appelle la monnaie en souvenir du travail  qu’il a effectué et qui a été reconnu utile. Le mot monnaie comme le mot monument vient en effet de moneo, forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire. La cause de la monnaie comme celle du monument est de se souvenir. La monnaie circule, transportant l’énergie qui a permis sa création, mais par définition le pouvoir ne peut la créer que si une nouvelle richesse a été constatée. Sans cela c’est de la fausse monnaie qui ne fait que dévaloriser la monnaie existante en augmentant sa quantité sans augmenter la richesse. C’est l’énergie humaine qui a créé une nouvelle richesse, qui se retrouve dans la monnaie. Il n’y a de vraie monnaie qu’en constat d’une richesse existante. C’est un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui l’utilise.

Très curieusement depuis des siècles personne ne semble avoir pris la peine de définir la monnaie d’une façon simple et claire et on entend le désaccord des économistes. Certains disent que c’est une marchandise, d’autres un signe, Adam Smith la voyait comme un voile et tous ceux qui n’ont surtout pas envie de savoir ce qu’elle est, vont dire que ce n’est qu’une convention. Ce qui est sûr, c’est que la monnaie, n’ayant jamais été définie sérieusement, est devenue comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.

La meilleure car elle permet de faire le lien à l’intérieur d’une civilisation entre les productions objectives et les richesses subjectives. Ce lien très naturel et pourtant très complexe s’appelle la valeur ou le prix. Le prix immobilise pour un groupe sur une production donnée, à un moment donné et en un lieu donné, la notion très variable de richesse. Grâce à ce lien Aristote a pu écrire, sans malheureusement jamais définir la monnaie, qu’elle pouvait avoir trois utilités : faciliter les échanges, être une réserve et chiffrer la valeur.

Mais la monnaie est aussi devenue la pire des choses car les hommes ont pris conscience de la force énergétique de la monnaie qui transporte de l’énergie humaine et ils ont joué sur la force énergétique de la monnaie pour fabriquer de la fausse monnaie en feignant d’oublier que cette fausse monnaie ne faisait que dévaloriser la vraie, lui diluer son énergie. Tant que les faux monnayeurs étaient des délinquants, le problème n’a pas été trop grave car ils étaient pourchassés et donc peu nombreux. En France ils ont été d’abord condamnés à mort par ébouillantage au marché aux pourceaux puis simplement guillotinés jusqu’en 1832 date à partir de laquelle les peines ont diminué du bagne à la réclusion et de la perpétuité à 30 ans. Mais le scandale, dénoncé par le prix Nobel Maurice Allais et qui a généré un embrouillamini indescriptible, c’est quand l’État a reconnu que le faux-monnayage pouvait être acceptable intellectuellement et qu’il est devenu légal pour les banques par l’acceptation de la monnaie scripturale, celle que l’on crée par un jeu d’écritures. Ce sont les banques elles-mêmes réunies dans Bâle 3 qui limitent leur création de fausse monnaie par des normes autoproclamées et très aisément contournables. Essayons tout de même de décrire l’indescriptible folie actuelle qui fait croire aux braves gens que l’économie est compliquée et qui n’est là que pour ne plus voir l’essentiel.

D’abord l’historique. Les accords de Bretton Woods de 1944 avaient lié les monnaies au dollar en liant le dollar à l’or et donc à une richesse préexistante. Mais Nixon ayant en 1971 déconnecté le dollar de l’or, il a ipso facto déconnecté les autres monnaies de toute richesse précédemment créée. L’euro a donc été créé en équivalence à des monnaies qui n’avaient plus aucune équivalence avec une richesse reconnue, et ce depuis le 15 août 1971. Aujourd’hui la monnaie n’est plus créée par l’État en constat d’une richesse précédemment créée mais par les banques qui équilibrent cette création par une créance sur le futur, c’est-à-dire par un espoir de création de richesse future. D’une création de tous temps de la monnaie sur le constat d’une richesse existante et reconnue, on est passé, pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité avec l’euro, à une monnaie créée sans vraies limites sur l’espoir d’une richesse future, ce qui autorise tous les fantasmes.

C’est pour faire passer cette ignominie intellectuelle que l’université, les experts, l’INSEE et les médias sont tous mis à contribution pour faire croire à la création de richesse pendant que les politiques font rentrer par l’impôt les créances des banques. Au XXIe siècle la manipulation se met en marche et les impôts se mettent à monter.

Pour faire croire à la création de richesse, on crée le PIB, fabuleux outil inverseur, qui appelle produit la somme de toutes les dépenses. Plus on dépense plus on est riche. On a même appelé sans rire « croissance économique » l’augmentation des dépenses. Les experts ne travaillent plus que sur des pourcentages de PIB. Les critères de Maastricht sombrent dans un ridicule qui ne dérange même plus. Le déficit budgétaire ne peut être supérieur à 3% de ce que l’on a dépensé l’année d’avant. Dépensez plus et il deviendra intelligent d’augmenter le déficit ! L’emprunt ne doit pas dépasser 60% de ce que l’on a dépensé l’année précédente. Dépensez plus et vous pourrez emprunter encore davantage ! Ubu est roi dans l’Union européenne.

Dans le même temps les banques fabriquent la monnaie qu’il faut pour que toutes les productions soient achetées et deviennent des richesses justifiant a posteriori la fabrication de monnaie. Et on en arrive à la stupidité absolue que toute production est réputée richesse. Cette erreur entraîne toutes les autres car tout se met au service de la production qui s’emballe grâce aux machines que les banques financent, qui doit être vue comme une richesse grâce à la publicité que les banques financent, qui doit être achetée par des consommateurs que les banques financent. La spirale infernale est lancée. On fabrique de plus en plus de monnaie pour justifier la création aberrante précédente.

Les conséquences sont multiples comme celles d’une bombe à fragmentation. Les contradictions s’enchaînent et s’entraînent :

Il faut dépenser pour faire du PIB mais ne pas dépenser pour respecter les critères de Maastricht.

Le peuple ne doit pas être trop payé pour que les productions restent à un niveau de prix raisonnable en dépit des montagnes d’argent dépensé en machines et en publicité, mais il doit tout de même avoir l’argent pour acheter les productions et en faire des richesses. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.

Le peuple qui se croit en démocratie doit laisser en place la pseudo élite qui depuis 50 ans détruit la civilisation pour rester en place sous différentes couleurs évolutives, mais en même temps on augmente perpétuellement ses impôts. Les campagnes électorales sont de plus en plus compliquées pour embobiner le peuple et cela coûte de plus en plus cher. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.

Malgré cela le peuple met des gilets jaunes pour dire que cela ne va pas. Il faut bien alors trouver des électeurs pour rester en place. On en arrive au racolage de toutes les minorités que l’on flatte, à une dictature des minorités que l’on finance. Comment faire ? L’emprunt. Demain paiera.

Dieu ! Qu’il est devenu compliqué et dispendieux de faire croire que la bêtise est intelligente ! Et si on en revenait à ce qui a été vrai de l’aube de l’humanité à 1971, à une monnaie constatant une richesse existante et reconnue, monnaie dont seule la rareté évite toutes les dérives ?

 

Les inutiles ont pris le pouvoir partout

De partout les peuples des villes descendent dans la rue brandissant le drapeau de leur pays. Les peuples des campagnes n’ont pas besoin de drapeau pour être attachés à leur terre. Avec le concours des médias partout rachetés par la finance, des gens qui ne savent pas faire grand-chose ont pris le pouvoir en flattant l’affect du peuple qui les a crus, tellement ils ratissaient large. Partout les peuples sont plus que déçus car ces gens pour faire croire à leur utilité, continuent à flatter, à détruire le tissu social, à rêver, à créer des normes pour les vérifier, à créer de l’argent pour le dépenser et se croire puissants comme l’empereur nu du conte d’Andersen. Ainsi actuellement nous avons Emmanuel Macron.

La destruction de la civilisation est leur première occupation, toujours déguisée en croisade pour le bien. On crée les droits de l’enfant soi-disant pour le protéger mais dont le résultat est de tuer l’autorité parentale indispensable à la structuration de l’enfant et donc de tuer la famille. On crée des normes dans tous les domaines soi-disant pour protéger mais dont le résultat est de rendre tout beaucoup plus cher, d’appauvrir tout le monde, et de permettre en plus une rapine générale en sanctionnant leur non-respect. On crée une vérité totalement artificielle et idéologique, serinée par les médias, et qui pour être crédible consomme une énergie folle comme la colle pour faire tenir le château de cartes alors que la pomme au bout de sa branche n’a besoin de rien pour résister au vent. Tout devient obligation et interdiction pour atteindre le rêve inatteignable des inutiles qui dépensent l’énergie de leur peuple en les  réduisant à des spectateurs, des auditeurs, des lecteurs, des consommateurs et des électeurs. De partout tout naturellement les peuples se détournent de cette obligation de servitude. Ils ne votent plus. Ils n’acceptent plus de voir leurs pays détruits par leurs dirigeants. Ils n’acceptent pas les obligations de parité quand on fait l’impasse sur la parité dans les maternités. Mais ils n’ont pas le droit de le dire.

Et pendant ce temps-là les problèmes s’accumulent, tous liés au fait que le pouvoir ne s’intéresse qu’à l’inutile, du moment qu’il flatte l’affect du peuple et qu’il justifie sa propre agitation.

Tout chef sait depuis l’aube de l’humanité qu’il faut faire faire aux gens dont il a la charge, ce qu’ils font le mieux ou le moins mal. Ce principe évident a été rappelé par David Ricardo dans ce qu’ils ont appelé pompeusement « l’avantage comparatif » comme s’il fallait toujours donné un nom abscons au bon sens pour faire croire qu’on l’a découvert. Le devoir du pouvoir est donc de veiller à ce que chaque citoyen fasse bien ce qu’il fait le mieux ou le moins mal. Mais au lieu de cela, dans l’incapacité de remplir son rôle auquel il n’a pas envie de réfléchir, il se décharge lâchement du problème sur les entreprises dont la vocation est ailleurs : produire et faire reconnaître leurs productions comme des richesses. Il suffit de faire croire grâce aux médias que les entreprises créent des richesses pour justifier la double inutilité coûteuse de simultanément les subventionner et les prélever. Les prélever en mettant à leur charge l’ensemble de la protection sociale du peuple et en confisquant une part de l’argent qu’ils prennent à leurs clients venus reconnaître leur production comme une richesse. Les subventionner de mille façons plus ou moins discrètes mais surtout en laissant, depuis la loi de 1973 et surtout depuis celle de 1985 appelée loi Badinter, le droit aux actionnaires de pomper les liquidités quand tout va bien mais de laisser les dettes à la collectivité par le dépôt de bilan quand tout va mal. Pile je gagne, face tu perds. Bernard Tapie a officialisé le dépôt de bilan comme un acte  de gestion alors qu’il était la honte avant 1973. Non content de ne pas faire son travail en l’imposant aux entreprises, l’État distribue l’argent qu’il n’a pas, aux citoyens qu’il ne sait pas rendre utiles. Si par hasard un édile veut rendre utile un chômeur, l’URSSAF sort de sa niche pour l’accuser de travail dissimulé puisqu’il ne prend pas en même temps en charge la protection sociale de tout le monde y compris des salariés de l’URSSAF.

En même temps comme dirait certain, la démocratie devient un mot ridicule alors que Jean Bodin en avait admirablement donné le sens au XVIe siècle comme une des trois formes de république avec la monarchie et l’aristocratie. Il ne peut y avoir de démocratie que si les électeurs ont quelque chose à perdre s’ils choisissent des incapables. Athènes l’avait parfaitement compris en limitant le droit de vote aux producteurs de blé et d’huile d’olive comme le XIXe siècle avait aussi tenté de le respecter en limitant le droit de vote à ceux qui payaient des impôts. La formule étonnamment stupide d’ « un homme, une voix » permet à la finance de placer ses hommes en achetant l’affect du peuple avec l’argent de ce peuple qui n’a que le droit de s’appauvrir. La finance, pour continuer à tenir son monde, a transformé la démocratie en dictature des minorités grâce à ses pions et aux médias. Comment s’étonner que l’abstention devienne la réponse intelligente des peuples ?

Mais le plus gros problème reste l’espace de jeu des acteurs économiques et les drapeaux brandis par les manifestants sur toute la Terre montrent où est le bon sens des peuples. Personne n‘a jamais vu quiconque, à part la pseudo élite qui en vit, brandir un drapeau européen dans une manifestation. On a oublié qu’à l’intérieur d’une même nation c’est le donner-recevoir-rendre qui est la règle économique de base alors qu’entre nations, seul le troc est sérieux. L’ONU avait unanimement reconnu cette évidence dans la charte de La Havane de 1948 en créant l’Office International du Commerce (OIC). Pour plaire à l’armée d’inutiles, on a créé à Genève en 1995 l’OMC, cette organisation imbécile qui essaie de créer entre les États une organisation faite d’interdictions et d’obligations sous le parapluie d’un but réputé commun, la fin de la pauvreté. L’OMC a pris soin de définir dogmatiquement la pauvreté comme l’incapacité à emprunter pour dépenser. Fabriquez de la monnaie, déversez-la par hélicoptère et vous aurez vaincu la pauvreté. Tel est le dogme des inutiles qui rêvent d’une civilisation mondiale impossible mais qui s’acharnent à détruire les civilisations existantes en prétextant que les races comme les nations n’existent pas. Dire qu’elles existent est immédiatement traduit comme une volonté de croire sa nation ou sa race supérieure. Ce mensonge est tellement répété qu’il en deviendrait presque vérité, Sachez différencier un chêne d’un sapin et vous serez immédiatement accusé d’en mépriser un. Il est triste de voir les banques allemandes creuser leurs tombes en prêtant sans retour possible aux banques du sud de l’Europe, l’argent qu’il leur faut pour que leur peuple achète allemand. Avec Target 2, l’Union européenne, autre nom du 4e Reich, est bien mal partie.

Ainsi va le monde en attente de ce qui balaiera ces inutiles au pouvoir qui, pour y rester, fabriquent à la pelle de nouveaux inutiles dans l’éducation nationale, et de l’argent pour tenir encore un peu en consommant l’énergie du futur.

Et si on arrêtait de nous prendre pour des c… avec le réchauffement climatique anthropique ?

Toute personne qui parle de changement climatique devrait connaître sur le bout des doigts les paramètres de Milutin Milankovic qui expliquent pourquoi la Terre a été plusieurs fois depuis des millions  d’années une boule de glace et le sera à nouveau avec des périodes interglaciaires plus ou moins longues pendant lesquelles la vie peut se développer. Le premier paramètre est l’obliquité de l’axe de la Terre par rapport au soleil qui varie dans un cycle de 41.000 ans de 21,9 ° à 24,5°. Le second est l’excentricité de la Terre qui tourne autour du soleil dans un cycle de 100.000 ans sur une orbite qui va du cercle presque parfait à une ellipse faisant évoluer les distances de la Terre au soleil. Le troisième paramètre est la précession des équinoxes, la terre tournant comme une toupie avec un axe qui décrit un cercle en 23.000 ans. Ces trois paramètres expliquent, à rayonnement constant du soleil dont nous ne savons pas grand-chose, pourquoi la Terre en reçoit des quantités très variables. C’est très bien expliqué sur des tons différents dans deux vidéos assez courtes, visibles sur youtube ici et ici, que quiconque souhaitant ne pas dire trop de bêtises sur le climat, devrait absolument regarder.

Cela éviterait de continuer par ces fadaises à détourner l’attention des braves gens du vrai problème actuel qui est le pillage de la Terre pour nourrir les machines qui fabriquent et transportent en continu ce que l’on impose comme richesses, en fabriquant au même rythme de la monnaie pour les acheter. Nous sommes encore beaucoup trop nombreux à ne pas comprendre que la monnaie est une énergie monétaire comme l’électricité est une énergie électrique. Ne le comprenant pas, nous ne sommes pas choqués que la monnaie soit devenue une énergie sans source, une énergie qui n’est qu’apparence et qui s’accumule en creux dans les dettes que les Politiques sont payés à récupérer par l’impôt. La dette mondiale des 6 milliards d’êtres humains est aujourd’hui de 200.000 milliards de dollars en additionnant les dettes des États, des entreprises et des particuliers. Et cela monte à chaque instant puisque nous ne voulons pas en prendre conscience en feignant de trouver cela secondaire. Nous préférons jouer au sorcier qui va déplacer les anticyclones et les dépressions en s’en croyant capable alors que personne n’a encore expliqué les raisons de ces déplacements imprévisibles. A force de se laisser prendre pour des c…, ne le deviendrions-nous pas un peu ?

La science économique aurait-elle inventé la machine à remonter le temps ?

Le temps et l’espace sont deux décors infinis dont l’homme a besoin pour analyser sa liberté, pour tenter de comprendre ce qui se passe autour de lui. Il appelle espace ce qui est réversible, et temps ce qui ne l’est pas. Par définition le temps ne se remonte pas car s’il se remontait, on l’appellerait l’espace.

L’homme a toujours rêvé de remonter le temps et depuis un siècle, trois illusions lui sont proposées pour faire semblant d’y croire : le cinéma, une mauvaise interprétation d’Einstein et la science économique. Pour le cinéma l’expression populaire « faire du cinéma » donne bien ce côté illusoire. Pour Einstein l’allongement apparent par la vitesse de la durée d’une seconde dans une horloge atomique, ouvre les portes du rêve puisqu’une sinusoïde est plus longue qu’une ligne droite. Pour la science économique c’est mieux caché, c’est mieux habillé mais probablement plus pervers tellement tout est fait pour qu’on y croit.

Le principe de la science économique qui remonterait le temps est qu’une conséquence peut arriver avant que sa cause ne survienne, que l’eau d’un fleuve pourrait être à son estuaire avant d’être à sa source. C’est le principe même actuel de la monnaie et de la notion d’investissement.

Pour bien l’appréhender il faut d’abord se souvenir que la monnaie n’est que le substitut d’une richesse déjà constatée pour pouvoir, par une impression de troc que l’on appelle le prix, garder l’esprit du donner-recevoir-rendre, « fait social total » constitutif d’un groupe harmonieux et cohérent. Toute vraie monnaie est une richesse déjà constatée qui transporte avec elle une part de la vie passée du groupe. Dans l’histoire cela a été, entre autres, du sel, du bétail, des plumes rares, du cuivre, de l’argent ou de l’or. Même le papier monnaie a toujours été émis au départ avec garantie d’une richesse déjà reconnue. Ce fut les actions de la compagnie du Mississipi pour le système de Law, les biens confisqués de la noblesse et du clergé pour les assignats, et l’or pour le dollar, base du système de Bretton Woods de 1944.

C’est la dérive du système qu’il est intéressant d’étudier. Comment pouvons-nous croire qu’un bout de papier multiplié à l’infini peut garder une valeur énergétique constante ? C’est tellement facile d’imprimer du papier quand on en a le pouvoir, que systématiquement on en imprime beaucoup plus que leur équivalent en richesse déjà reconnue et le papier-monnaie ne vaut plus rien à échéance variable. Ce fut le cas pour Law qui finit exilé à Venise au bout de 5 ans quand le Régent a eu remboursé les dettes énormes de Louis XIV. Ce fut le cas pour les assignats quand la bourgeoisie a eu fini de récupérer en 7 ans les biens de la noblesse et du clergé. Pour le dollar la FED dès la fin de la guerre a imprimé infiniment plus de dollars qu’elle n’avait d’or à Fort Knox. Le plan Marshall comme la guerre du Vietnam n’ont été financés que par de la fausse monnaie. Et c’est parce que plusieurs pays ont imité la France de De Gaulle qui allait échanger ses dollars contre de l’or, que Nixon a été obligé, pour ne pas voir Fort Knox complètement vidé de son or, de dénoncer la convertibilité du dollar le 15 août 1971. Il y avait en effet à l’époque 53 milliards de dollars en circulation dans le monde et le trésor américain n’en possédait pas le cinquième en or. Depuis cette date, voilà bientôt un demi-siècle, le dollar comme toutes les monnaies qui lui étaient liées par les accords de Bretton Woods et leurs remplaçantes comme l’euro, sont des monnaies dite fiduciaires dont l’équivalent n’est plus une richesse reconnue mais la confiance que nous avons en Trump, en Bush père et fils, en Mitterrand, en Chirac, en Sarkozy, en Hollande, en Macron et en Christine Lagarde pour nous créer de la richesse.

Conseillés par la science économique, ces politiques unanimes ont inversé le temps en faisant une sorte de constat public d’existence de ce qui n’existait pourtant pas encore. Ils ont laisser constater par les banques centrales une richesse inexistante en imprimant des billets reconnus par la population comme une richesse, ils ont appelé leur utilisation, un investissement, et ils ont compté sur l’avenir pour apporter la preuve de la transformation miraculeuse du papier en richesse. C’est à l’avenir qu’ils ont confié la tâche difficile de montrer qu’Aristote avait mal cherché en ne trouvant pas les organes reproducteurs  d’une pièce de monnaie.

Mais comme la confiance que nous avons dans les politiques est totalement inexistante bien qu’artificiellement gonflée par les médias appartenant à la finance, observons comment ils ont pu faire illusion un demi-siècle alors que le système de Law et les assignats n’ont tenu que quelques années.

Il a fallu pour cela, à la fois faire oublier ce qu’était la monnaie, faire croire à un système aberrant, et masquer la façon dont la réalité et le bon sens reprenaient le dessus et ridiculisaient le système.

Entre ceux qui voulaient que la monnaie soient une marchandise, ceux qui voulaient qu’elle soit un symbole, ceux qui voulaient qu’elle soit une institution, il y a eu d’abord un accord tacite insolite pour refuser de voir que la monnaie est avant tout une énergie, une « force en action » fondée sur le « souvenir » comme le disent les étymologies grecques des deux mots énergie et monnaie (moneo forme causative latine de la racine grecque men de la mémoire). Quel pan de vie n’est-il pas en effet arrangé, stimulé ou dérangé par la force de l’argent ? Mais il était capital que cette énergie ne soit pas reconnue comme telle car il aurait fallu s’interroger sur sa source, se demander d’où elle venait.

C’est ensuite par la construction d’un système utilisant une énergie sans source que s’est érigée l’illusion actuelle qui pose tant de problèmes. Il n’est pas simple de faire croire que demain peut précéder hier, qu’un fleuve coule à contre-sens et que dépenser enrichit. C’est le rôle du PIB qu’il faut bien comprendre pour ne pas s’en laisser conter.

Le PIB (produit intérieur brut) n’est en aucun cas un produit. Il mesure une activité économique en la chiffrant de 3 manières comme on peut mesurer de trois manières l’activité d’un marché sur une place de village ; soit en chiffrant comme on le peut, ce qui y est vendu, soit en comptant ce qui y a été dépensé pour l’acheter, soit en additionnant toutes les ventes qui s’y sont faites. L’INSEE fait intervenir sans vergogne le commerce extérieur dans un seul de ses trois calculs, ce qui démontre mathématiquement qu’il n’a aucune influence sur le PIB car le PIB se moque tout autant de l’origine de ce qui est vendu (production, importation, récupération ou vol) que de l’origine de l’argent qui a permis de l’acheter (travail, emprunt, visiteur ou vol). Le PIB est la somme de tout ce qui est dépensé avec un argent sans distinction d’origine pour acheter des biens et des services sans origines différenciées.

L’idée géniale de la science économique est d’avoir appelé produit, cette somme de dépenses. D’un côté elle a rendu incompréhensible la définition du PIB par des définitions techniques absconses et mensongères puisque présentées comme le chiffrage d’une activité de production alors qu’il ne chiffre que des activités de négoce. De l’autre elle a fait miroiter tout ce que l’on pouvait théoriquement faire grâce à ce produit intérieur brut, après avoir astucieusement métamorphoser cette dépense en corne d’abondance. Elle a fabriqué à la pelle de jolies courbes montrant tout ce que l’on pouvait dépenser avec des pourcentages de PIB. Elle a réussi à nous faire croire que nous pouvons utiliser aujourd’hui ce qu’on nous prédit comme devant exister demain. Et c’est tellement agréable que nous nous sommes laissés bercer.

Aujourd’hui il suffit d’emprunter pour dépenser et augmenter d’autant le PIB, c’est technique et aucune personne honnête et compétente ne dira le contraire. La science économique nous laisse simplement croire, sans jamais prendre le risque de l’affirmer trop ouvertement, qu’ayant fait du PIB, nous nous sommes enrichis et que des pourcentages de ce PIB, de cet enrichissement collectif, sont à notre disposition. Fini le temps où il fallait gagner sa vie et donner de soi pour avoir de l’argent avant de le dépenser. Grâce à la science économique et au PIB, le temps est inversé : il suffit de dépenser pour s’enrichir et sur ce miracle nous allons construire demain avec l’argent d’après-demain. C’est très exactement ce que nous vivons actuellement en refusant d’en prendre conscience.

Si l’INSEE dit bien que le PIB ne mesure qu’une activité, on entend des économistes expliquer qu’emprunter ce n’est pas grave dès l’instant où la croissance est supérieure à l’augmentation de la dette. La croissance étant l’augmentation du PIB donc des dépenses, il n’est pas grave pour ces « experts » d’emprunter davantage puisque nous dépensons encore plus !

Le traité de Maastricht, voté mesquinement en France par 49% des votants contre 47%, énonce des critères : ne pas avoir un déficit supérieur à 3% du PIB et avoir une dette publique inférieure à 60 % de ce même PIB. Il est déjà intéressant d’observer la stupidité de lier l’autorisation de déficit et la capacité d’emprunt à la quantité d’argent dépensée (plus vous dépensez, plus vous avez le droit d’augmenter votre déficit et votre capacité d’emprunt !). Mais au moins les deux étaient liés et il a fallu que les médias n’éclairent plus que le critère de 3% pour que nous oublions tous le critère de 60 % qui a volé en éclats en étant déjà aujourd’hui à 100% sans que nous en soyons dérangés.

Mais tout ce jeu malsain n’étant destiné qu’à faire croire à un sérieux inexistant, la réalité résiste bien évidemment et s’impose. Comme l’énergie sans source n’existe pas et qu’il faut donc bien une source à toute cette énergie dépensée, le système a mis en place de nouvelles ruses.

Il a d’abord choisi de faire payer les autres par le commerce extérieur qui est une première tentative de ressusciter l’esclavage dans l’espace. Après avoir fait capoter l’OIC qui prônait des commerces extérieurs équilibrés fondés sur la coopération, il a créé l’OMC fondé sur la concurrence, ce qui est intellectuellement aberrant. Aujourd’hui l’Allemagne prête des euros allemands pour que d’autres pays achète allemand. Avec quoi sera-t-elle remboursée ?

Comme cela ne suffisait évidemment pas et même aggravait le problème pour la France, le système a inventé pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’esclavage dans le temps, la dette qui s’envole à la fois chez les particuliers, dans les entreprises et dans les États. Sur ce point les courbes sont justes et terrifiantes. Demain paiera. Avec quoi ? Tais-toi et vote.

Comme cela ne suffisait encore pas, le système a officiellement choisi de ne surtout pas laisser monter les prix du quotidien, ce qui revient automatiquement à les laisser monter hors économie quotidienne, à la Bourse, dans l’immobilier et dans les œuvres d’art (ce qui fait de la croissance puisque la dépense augmente et fait croire que nous sommes plus riches). Il se refuse à voir que les prix du quotidien  augmentent quand même mais surtout il a mis en place un nouveau mode de paiement par appauvrissement du peuple, ce qui lui fait entr’apercevoir l’esclavage dans le temps.

Le système bancaire est chargé de ce nouveau mode de paiement et remplit parfaitement son rôle en étant un Janus à deux têtes. Un seul Janus, la banque, deux têtes opposées, égales par définition mais gérées différemment, son actif et son passif.

Dans toute entreprise est inscrit au passif d’où vient l’argent et à l’actif où il est. Si l’actif est supérieur au passif on rééquilibre par le bénéfice et si c’est l’inverse le rééquilibrage se fait par la perte. Mais on peut écrire n’importe quoi et la vérification se fait par la trésorerie qui est le constat de la réalité de la rentrée des créances et de la sortie des dettes. Sans rentrer dans le détail qui est volontairement très compliqué, les banques dégagent toutes un bénéfice important sur leurs bilans, mais sont curieusement en permanence en difficultés de trésorerie alors qu’elles créent elles-mêmes l’argent et qu’elles poussent tout le monde à emprunter. C’est là où la banque centrale intervient et paye les créances douteuses (le quantitative easing) en les récupérant mais en les faisant garantir automatiquement par les États qui augmentent les impôts.

Comme tout cela n’est toujours pas suffisant pour rendre cohérent un système incohérent par nature et qui n’a tenu que par le double dégoût du fascisme et du communisme, on a complété la panoplie par l’esclavage « hic et nunc », ici et maintenant, par l’immigration que les entreprises ont demandé aux politiques pour contribuer à la baisse du niveau de vie.

La paupérisation des peuples entraîne inéluctablement la peur du lendemain, la baisse de la natalité et la montée effrénée de l’individualisme, la collectivité ayant perdu toute cohérence, toute crédibilité et se réfugiant dans la fuite en avant. Le libertarisme peut occuper les esprits, le libéralisme lui en a ouvert toutes les portes même s’il lui prépare des lendemains difficiles.

Il n’y a que par une prise de conscience collective que la civilisation occidentale pourra être sauvée et ne pas être submergée par une « migration de remplacement » telle que l’ONU l’envisage dans un dernier rapport.

 

La folie perverse du gagnant-gagnant

Le gagnant-gagnant est la base du commerce mondial qui affirme que l’échange enrichit. C’est la trouvaille que le capitalisme a réussi à mettre dans les esprits fragiles pour retarder son écroulement par des soins palliatifs de plus en plus coûteux. Il est important de bien le comprendre pour ne pas s’en laisser endormir. Il est habilement fondé sur deux constats avérés et non discutables, sur un montage intellectuel assez simple et sur la capacité des peuples à croire que l’habit fait le moine et l’expert, la vérité.

Le premier constat est que lorsqu’un client a acheté son pain, il y a deux heureux, le client et le boulanger. Sans ce double contentement, pas de commerce possible et ce double contentement est chiffré par une augmentation du PIB qui additionne tous les achats sans aucune distinction. L’idée même de chiffrage du contentement devrait déjà pousser à la vigilance, voire à la prudence.

Le second constat est que le pire des imbéciles ou le dernier des demeurés peut toujours être utile à quelque chose dans un groupe organisé. Le bon sens le sait depuis toujours mais si l’on veut paraître savant, il faut appeler cela « l’avantage comparatif » de David Ricardo et dire que, comme tout le reste, nous ne le savons que depuis que le siècle des Lumières a enfin éclairé l’humanité.

Le montage intellectuel consiste simplement à décaler le premier constat et à négliger une condition essentielle du second pour pouvoir aussi le décaler.

Le décalage du premier constat consiste à transformer discrètement et arbitrairement le plaisir de deux individus en augmentation de la richesse collective. La « science » économique n’a jamais intégré que le contentement est une richesse terriblement volatile qui disparait très vite. Le rôle du PIB que l’on insère en permanence dans les esprits, est de faire croire à une création durable de richesse par la sacro-sainte « valeur ajoutée » qui claque comme une vérité indiscutable alors qu’elle n’est qu’illusion. En effet si l’échange de l’achat de pain a satisfait deux personnes à qui cet échange a donné du temps pour atteindre demain, si le travail du boulanger a été reconnu et récompensé, si le pain a été consommé ou jeté, si le boulanger a un euro  de plus et le client un euro de moins, on cherche l’augmentation de la richesse collective aussi vainement qu’Aristote avait cherché les organes reproducteurs d’une pièce de monnaie. Quand les économistes accepteront-ils de reconnaître qu’il n’y a de valeur ajoutée d’une entreprise que parce qu’un client est venu s’appauvrir pour la créer ? C’est bon pour l’entreprise mais c’est totalement neutre pour la société…. sauf si le client lui est extérieur. Comme on dit en cuisine « Réservez ! », mettez de côté en attendant de s’en servir plus tard.

Le décalage du deuxième constat est beaucoup plus pervers car il se fonde d’abord sur l’oubli que l’emploi de l’idiot du village n’est possible que dans un village organisé ou au moins structuré par une notion commune du bien. Il faut en effet bien avoir en tête ce que dit le bon sens à tout le monde depuis toujours et ce que dit l’avantage comparatif de Ricardo à ceux qui croient que c’est le siècle des Lumières qui a rendu le monde intelligent : Même si quelqu’un est plus mauvais en tout, il est utile au groupe qu’il fasse ce qu’il sait faire le moins mal. C’est là où le bât commence à blesser sérieusement car le capitalisme a complètement renoncé à appliquer ce principe évident à l’intérieur d’une même nation, ce qui est pourtant la seule façon de lutter efficacement contre le chômage. Il préfère sous-traiter ce problème aux entreprises dont ce n’est pas la vocation première et faire geindre les politiques sur leur inefficacité. Ayant abandonné l’application de l’avantage comparatif à l’intérieur des nations, le capitalisme tente de le rendre vivant à l’extérieur par une seule civilisation mondiale (la nôtre bien sûr même si elle est très malade) et une vision méprisante des autres peuples et de leurs civilisations. Ils deviennent nos idiots du village. Pendant que le capitalisme laisse se développer dans les nations de notre civilisation, le chômage qui est l’exacte négation de l’avantage comparatif de Ricardo, il décale ce principe vers l’ensemble des nations en voulant les voir unies et harmonieuses dans le groupe factice et fort coûteux de la mondialisation, de l’ONU, de la banque mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’UNESCO, de l’OCDE, etc etc…. C’est la raison fondamentale de la volonté de détruire les nations de l’intérieur comme de l’extérieur, et d’imposer une seule civilisation mondiale parfaitement organisée pour que l’avantage comparatif devienne en effet une réalité au bénéfice de ceux qui l’organisent sous le merveilleux prétexte hypocrite de sauver de la pauvreté sur toute la Terre, ces êtres qui disparaitraient sûrement si nous ne leur donnions pas de quoi dépenser. C’est ce dont se vante Pascal Lamy, ex patron de l’OMC, dans la logique d’un monde à la Jacques Attali fondé, à entendre ce dernier, sur les marchés, la démocratie et l’initiative personnelle. Ce trépied « attalien » qu’il nous rabâche depuis 30 ans n’est que la domination des marchés qui achètent le vote des peuples et leur illusion par la démocratie et qui laisse les individus se débrouiller comme ils le peuvent. Heureusement ces être prétendument supérieurs, très contents d’eux-mêmes et fiers de sauver « la planète » comme ils disent et font dire à leurs affidés, seront bien évidemment remis à leurs places par la réalité et par l’Histoire. La réalité est que la Terre est composée d’une multitude de minéraux, de végétaux, d’animaux et d’humains et que la biodiversité s’applique aussi au genre humain, ce qui explique très heureusement la diversité des civilisations et des races.

Il faut maintenant comprendre comment on fait gober aux peuples toutes les fadaises nécessaires au capitalisme et comment le système tourne tout de même apparemment encore.

Il faut pour cela reprendre le constat dont j’avais demandé la réserve : la valeur ajoutée d’une entreprise n’existe pour la société que si le client lui est extérieur. Il est donc essentiel de faire payer les autres peuples. Cela s’est toujours fait par la guerre, la razzia, la mise à sac, le pillage, voire même par mariage entre familles royales. Mais le capitalisme a inventé la balance commerciale excédentaire ou/et l’émission de fausse monnaie apparemment vraie comme Law l’avait déjà fait pour permettre au Régent de payer les dettes de Louis XIV peu après sa mort en 1715 et comme la bourgeoisie l’a fait avec les assignats pour récupérer, à la révolution française, les biens de la noblesse et du clergé. Les Politiques s’agitent beaucoup pour que la balance commerciale de leur pays soit excédentaire. Ils ont beaucoup de mal à reconnaître qu’il faut qu’elle soit déficitaire chez d’autres pour qu’elle puisse être excédentaire chez eux. Alors ils inventent le gagnant-gagnant qui va convaincre les imbéciles et donc eux-mêmes en premier. Comme évidemment cela ne marche pas et comme aucun pays n’accepte de reconnaître qu’il paye pour les autres, la création de fausse monnaie par les banques centrales permet de faire discrètement endosser par la dette, la reconnaissance de ce paiement pour autrui à régulariser plus tard. On va jusqu’à voir les banques allemandes créer de l’argent pour le prêter aux pays du sud pour qu’ils achètent allemand. Les banques, centrales ou commerciales, se gardent bien de dire qu’elles compensent toujours leur création de monnaie par des créances sur les peuples qu’elles recouvrent à leur rythme avec la complicité des Politiques qu’elles fabriquent ; d’où la paupérisation des classes moyennes. Mais les créances pourries des banques augmentant nettement plus rapidement que l’appauvrissement des peuples pour permettre aux kapos du système de très bien vivre, tout le monde connait l’issue et tout n’est fait actuellement que pour la retarder quitte à la rendre encore plus abominable.

Mais en démocratie les vrais responsables sont les peuples à qui l’on fait croire qu’ils sont intelligents parce qu’ils dépensent le tiers de leur vie à se faire remplir le cerveau d’un savoir choisi par les marchés et souvent inutile. Perdant toute spiritualité et n’ayant plus de sens à donner à leurs vies, ils préfèrent s’évader dans le plaisir et laisser l’addition aux suivants.

Qui se présentera au peuple pour lui dire qu’il enfouit beaucoup trop par lâcheté son intelligence ? Le capitalisme se meurt. A cheval sur les États-Unis et sur la City, il ne survit provisoirement que par l’asservissement des peuples et des civilisations, par la fabrication scolaire et universitaire de demeurés prétentieux ainsi que par la profusion de fausse monnaie qu’il utilise à son seul escient en la plaçant n’importe où, et même à taux négatifs, pour la blanchir et en récupérer peut-être demain une partie.

Il est temps que les peuples, et pourquoi pas le peuple français en premier, retrouvent une organisation sociale qui ne soient pas de simples sublimations de rêves adolescents comme le sont le fascisme, le communisme et le capitalisme.