Concurrence ou coopération

La concurrence est partout. Tout n’est que concours et compétitivité. La fête planétaire des jeux olympiques célèbre maintenant tous les deux ans la compétition après s’être contentée de le faire tous les 4 ans pendant 70 ans. L’Office Mondial du Commerce genevois (OMC) a définitivement enterré l’Office International du Commerce onusien (OIC) et sa charte de La Havane. Un site libéral comme Contrepoints ressort sous la plume de sa rédaction le 11 février 2018, la traduction d’un article américain  intitulé« Olympics Put Value of Competition on Display » et qu’il avait déjà fait paraître en août 2012 sous la traduction très tendancieuse de « Jeux olympiques : célébration des vertus de la concurrence » avec comme chapeau :

L’économie fonctionne de la même façon qu’une compétition olympique. La concurrence tend à rendre tout le monde meilleur. Et aucune entreprise ni aucun pays ne peuvent maintenir un avantage indéfiniment.

Son dernier paragraphe mérite d’être recopié dans son intégralité :

Dans son livre The World America Made, Robet Kagan écrit que dans les années 1950, il y avait à peu près 1 milliard de personnes riches et 5 milliards de pauvres. « Dès le début du XXI siècle, 4 milliards de ces pauvres ont commencé à sortir de la pauvreté », écrit-il. « Cette période de prospérité globale a bénéficié à un grand nombre de pauvres et a permis l’émergence de puissances économiques comme la Chine, le Brésil, la Turquie, l’Inde ou l’Afrique du Sud dans des parties du monde qui avant cela ne connaissaient surtout que la pauvreté. » Dit autrement, le reste du monde nous rattrape économiquement, et cela améliore les vies de milliards d’individus.

Cette dernière phrase résume une double erreur. D’abord l’éternelle idée colonialiste que nous sommes les premiers, le phare de l’humanité, et que les autres doivent être félicités et sanctifiés pour la seule chose que nous leur donnons le droit de faire, nous rattraper. Qu’ils soient sous-développés, en voie de développement ou « à vocation d’émergence », c’est toujours nous qui éclairons l’univers. Devons-nous vraiment nous conformer à cette vanité américaine alors que nos économies, la leur comme la nôtre, sont au bord de l’explosion ?

Ensuite cette confusion extraordinaire entre l’amélioration de la vie et l’augmentation des dépenses puisque la pauvreté n’est définie chez les bien-pensants que par l’absence de dépenses. Sortir de la pauvreté c’est dépenser. Cette confusion perverse entre la richesse et la monnaie inonde les médias et les esprits alors que la richesse n’est qu’un regard et que la monnaie n’est qu’un véhicule. Devons-nous continuer à négliger ce que transporte la monnaie et à dogmatiser ce qui est vu comme une richesse ?

Ne faut-il pas retrouver la limite entre la concurrence et la coopération, la limite de ce que j’appelle l’oïkos, la maison en grec, à l’intérieur de laquelle seule la coopération est une qualité et la compétition un défaut ? C’est à l’extérieur de l’oïkos que la coopération et la compétition s’analysent au cas par cas, les valeurs n’étant pas forcément les mêmes. La compétition mène à la guerre, chacun étant sûr de son bon droit. Seules la coopération et l’indifférence mènent à la paix. Les médias nous ayant interdit l’indifférence, il ne nous reste que la coopération pour éviter la guerre.

Mais qu’est-ce que la coopération puisque l’on ne nous parle que de compétitivité ? La coopération c’est ce que toutes les familles, tous les villages, toutes les tribus, toutes les nations connaissaient depuis toujours et que les libre-échangistes ont réinventé comme l’eau chaude en l’appelant du terme abscons d’ « avantage comparatif » en le prétendant inventé par David Ricardo il y a seulement deux siècles. De quoi s’agit-il ? Simplement de l’évidence que dans un groupe cohérent, ce que j’appelle l’oïkos, les individus les plus limités sont toujours appelés à apporter, là où ils sont les meilleurs et même les moins bons, leur pierre à l’édifice. Aurait-il fallu attendre Ricardo et ses laudateurs pour que l’idiot du village et l’enfant attardé soient intégrés, qui à son village, qui à sa famille ? Si l’ « avantage comparatif » était mis en application depuis toujours, c’est parce qu’il y avait un but commun, des valeurs communes, une vraie cohérence qui soudait la famille ou le village et qui obligeait à intégrer les plus faibles.

Et c’est là où la perversité du libre-échange se dévoile en dépit malheureusement d’une honnêteté intellectuelle chez beaucoup de ses adeptes. Cette coopération intelligente, cette cohérence, ne tiennent qu’à l’intérieur d’un oïkos d’individus qui ont les mêmes valeurs, et qui ont donc une même civilisation et un but commun. Ce qui explique l’horreur du mondialisme actuel qui veut imposer un seul oïkos à toute la Terre, une seule civilisation, celle déclinante de l’occident qui a décidé de s’imposer à toute la Terre avec la création d’un but commun assigné : éradiquer la misère selon sa définition de la misère. Il suffit de définir la misère comme l’absence de dépense et la prospérité comme les dépenses permanentes pour faire croire à la générosité et à l’altruisme de gens qui dans la réalité, consciemment ou inconsciemment, veulent se construire un eldorado personnel fondé sur les trois esclavages du mondialisme, de la dette et de l’immigration.

Qui ne voit que c’est la guerre assurée avec les civilisations qui ne veulent pas disparaître comme l’islam. Cette guerre aura pour nos adversaires l’appui des peuples dont la civilisation n’est réputée intéressante par la globalisation que dans les médias ou dans les musées.

La sagesse des religions nous incite pourtant à respecter les différents oïkos. C’est le mythe biblique de la tour de Babel que l’islam curieusement réduit à la folie de deux hommes et non à la folie d’un peuple, peut-être parce qu’il se veut aussi mondialiste.

Ne pouvant plus défendre mes idées sur le site de Contrepoints puisque j’en ai été banni, j’invite mes lecteurs à leur communiquer l’existence de cet article. J’accueillerai avec grand plaisir leurs commentaires que je m’engage à reproduire in extenso.

Les entreprises créent-elles de la valeur ?

Tout le système économique est fondé sur la création de valeur par les entreprises et sur la répartition des richesses créées. Un énarque trentenaire peut gagner des millions dans une banque privée et les dépenser pour devenir un président de la République à l’actif modeste parce qu’il aurait dit-on apporté une valeur ajoutée fantastique à Rothschild.

Quel est le principe de la création de valeur, de la valeur ajoutée ? Une entreprise ou un artisan achète des fournitures, les travaille, les transforme avec des outils ou des machines, et vend à des clients le résultat, évidemment plus cher que ce qu’il a payé pour pouvoir travailler. C’est cette différence entre les achats et les ventes que l’on appelle la valeur ajoutée. Dans les services c’est une action ou une réflexion qui font monter les prix.

Mais cette valeur prétendument ajoutée n’existe pas si un client ne vient pas s’appauvrir en monnaie pour la créer. C’est la même histoire qu’une classe de CE2 qui prépare des cadeaux pour la fête des mères. On a investi dans une salle de classe, on a acheté tout un tas d’ingrédients, les enfants ont travaillé, un instituteur, pardon! un professeur des écoles, a été payé pour tout organiser et le jour J les cadeaux sont prêts. Mais que se passe-t-il pour l’enfant qui n’a personne à qui l’offrir, personne qui viendra « acheter » son oeuvre sans aucune discussion et avec beaucoup de bisous ? Un cadeau n’existe que si quelqu’un va être content de le recevoir. Sans ce « client », sans maman, la production n’est qu’encombrant voire même déchet que l’enfant va jeter avec rage en en voulant à la Terre entière et qu’on ne lui parle jamais de création de valeur ! La personne qui crée la valeur c’est maman en admirant le cadeau, personne d’autre ! Et cette valeur vient de la rencontre, de la force et de la cohérence de deux énergies, celle de l’enfant qui s’est donné et celle de la maman qui s’est aussi donnée. Est-ce réellement chiffrable ?

Ce que tout le monde comprend pour le cadeau de l’enfant, personne n’a envie de le comprendre pour une entreprise qui ne donne l’impression de créer des richesses que parce qu’il y  a une rencontre, une force, une cohérence entre d’un côté les énergies de l’argent de ses actionnaires et du travail de ses salariés, et de l’autre l’énergie de ses clients qui l’apportent par l’argent qu’ils ont gagné précédemment.

Au lieu de s’attaquer au problème extrêmement difficile du prix qui est le chiffrage de l’inchiffrable, la folie actuelle est de se servir du prix pour l’appeler le PIB et se convaincre qu’il est une richesse que l’on va pouvoir utiliser. C’est exactement comme si papa voulait utiliser pour payer ses impôts ou les courses, le plaisir qu’ont ressenti maman et fiston le jour de la fête des mères.

Il n’empêche que des tas d’experts et de gens très sérieux vont continuer à dire que les entreprises ajoutent une valeur qu’elles créent sans se rendre compte que leur fantasme rend obligatoire les trois esclavages de la mondialisation, de la dette et de l’immigration.

D’autres, ou les mêmes, vont se torturer les méninges pour trouver comment, en bidouillant la monnaie, papa pourra payer ses impôts avec le plaisir de la fête des mères.

Pendant ce temps-là les esclavages progressent et notre civilisation régresse.

Vœux 2018

En ce premier jour de l’année 2018 je forme le vœu que les peuples occidentaux prennent conscience en urgence de ce qu’est réellement la richesse qui les attire tant mais qui les engourdit tellement qu’ils ne réagissent plus devant le désastre qu’ils préparent aveuglément eux-mêmes.

Souvenons-nous que riche vient du mot franc riki qui veut dire pouvoir, et qui a donné reich en allemand. Etre riche c’est avoir un pouvoir, être assis sur quelque chose (traduction littérale du verbe latin possidere), être riche c’est posséder. Mais avoir le pouvoir sur quoi ? Posséder quoi ? Avoir le pouvoir, ce n’est pas posséder des rebuts ou ce qui encombre, c’est posséder ce qui fait envie, ce qui est désiré, ce qui plait parce que c’est ressenti comme beau ou comme bon. La richesse c’est la possession de ce qui est perçu comme agréable, admirable ou délicieux.

Pour percevoir, l’homme a cinq sens dont quatre pour le beau et le bon. La vue et l’ouïe perçoivent le beau, l’odorat et le goût perçoivent le bon et seul le toucher tente de percevoir le vrai comme Thomas dans les évangiles n’a accepté de croire qu’en touchant. Ces trois notions du beau, du bien et du vrai se construisent et se détruisent, évoluent générations après générations, pour former une civilisation qui, petit à petit d’ailleurs, les mélangent et les confondent. On dira en effet en français que « c’est bel et bien lui qui, au beau milieu du printemps, a eu une bonne grippe » pour ne parler que de vérités sans jamais parler du vrai.

Ces trois notions ne sont pourtant des références qu’à l’intérieur d’une même civilisation. Montaigne voyait déjà les lois définissant le bien comme une « mer flottante des opinions d’un peuple ou d’un Prince » et il s’interrogeait: « Quelle bonté est-ce que je voyais hier en crédit, et demain plus, et que le trajet d’une rivière fait crime ? Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au delà ? ». Aujourd’hui le bien chez Daesh n’est pas celui de Macron. Pour Daesh, Macron est un mécréant qu’il faut crucifier ou à qui il faut couper un bras et une jambe opposées comme le Coran en laisse le choix dans la sourate 5, et pour Macron, la guerre contre Daesh sera «gagnée d’ici mi, fin février» comme il l’a annoncé aux Français le 17 décembre. Prudent et surtout rusé, il a ajouté « en Syrie » ! Mais Macron comme Daesh n’envisage pas que la civilisation de l’autre soit respectable car chacun croit malheureusement détenir les définitions qu’il veut universelles du beau, du bien et du vrai.

Ces trois abstractions sont pourtant totalement subjectives et nullement universelles quelle que soit l’opinion de certain pape qui s’enferme dans le mot catholique qui veut dire universel en grec. Ces trois entités génèrent, en se combinant entre elles, trois nouvelles abstractions tout aussi subjectives: le bien et le vrai donnent le juste, le vrai et le beau donnent le clair et le beau et le bien donnent le riche, chaque notion cherchant à tout englober en cherchant à valoriser son point faible qu’elle voudrait voir perçu par tout le monde comme non bancal.

La clarté cherche en s’expliquant à être bonne, ce qu’elle n’est pas.
La justice cherche en ses palais à être belle, ce qu’elle n’est pas.
La richesse cherche en se chiffrant à être vraie, ce qu’elle n’est pas.

Mais dans notre civilisation, pendant que la justice tente de rester aveugle et qu’il y a toujours clairement des ordures, nous avons réussi, grâce aux médias, aux économistes et aux politiques qui y ont tous intérêt, à nous convaincre nous-mêmes que la richesse était une vérité et qu’il était même possible de la chiffrer. Oubliés Lao-Tseu et son « Savoir se contenter de ce que l’on a, c’est être riche », oubliés l’ancien président malien Amadou Toumani Touré à propos de son pays réputé pauvre et son « Nous sommes riches de la famille », oublié le bon sens qui sait que la consommation donne un peu de plaisir mais ne mène pas au bonheur. Nous surfons sur une idéologie anesthésiante qui nous a inventé des outils de diffusion du mensonge déguisé en vérité.

Ces outils sont la création de richesses avec son chiffrage le PIB et sa tour de Babel la croissance économique. La croissance qui fait rêver tous les politiques, les conduit systématiquement tous à l’échec, y compris bien sûr l’actuel quarantenaire élyséen comme tous ses contradicteurs, de cette brave Marine à ce pauvre Jean-Luc, puisque la croissance n’est que l’augmentation d’une richesse mythique que personne n’ose remettre en question. On cherche l’ambition politique, le journaliste ou l’économiste qui ne croirait pas la France riche et n’intégrerait pas la croissance dans son discours. Si nous étions le pays riche qu’ils nous présentent tous, comment se fait-il que nous devions mendier pour sauver Notre-Dame de Paris ou le château de Versailles, pour financer la recherche ou nourrir les plus déshérités ? Sans création de richesses les politiciens et leurs mentors n’ont rien à distribuer. Leur travail ou plus exactement leur occupation ne consiste qu’à nous convaincre que la vie a cessé d’être, ce qu’elle a été pendant des millénaires, une transformation par le travail humain de ce que la Terre nous donne puis un partage de tous les résultats. La vie serait devenue d’après eux création comme le ferait n’importe quel dieu. Pour ce faire il faut chiffrer cette « création » pour la rendre crédible et c’est le PIB, somme de toutes nos dépenses, que les polytechniciens de l’INSEE nous présentent comme la création annuelle de richesse et que journalistes et économistes nous inoculent à la méthode Coué pour en utiliser des pourcentages à qui mieux mieux. Plus nous dépensons, plus nous sommes riches! Qui ne serait sensible à cet agréable postulat ? Il faut donc de la croissance mais, comme ce n’est que l’augmentation des dépenses alors qu’il faut « en même temps » diminuer nos dépenses pour résoudre enfin la quadrature de leur cercle, la croissance patine et l’on scrute les étoiles pour savoir dans cet obscurantisme du troisième millénaire quand et où la manne reviendra enfin. A droite comme à gauche on l’attend et on l’implore avec une constance affligeante !

Ces outils fallacieux font rêver à des lendemains qui chantent mais ils faussent tous nos raisonnements. Ils nous ont fait perdre en particulier deux notions essentielles, le sens de l’oïkos et le sens de la monnaie.

L’oïkos, la maison en grec qui a donné leur préfixe à l’économie, à l’écologie et à l’écosophie, est le groupe cohérent, famille, nation, église, à l’intérieur duquel les échanges n’ont pas du tout la même nature qu’à l’extérieur : la coopération à l’intérieur, le troc à l’extérieur, deux types d’échange qui n’ont rien à voir. La coopération est l’échange des êtres en valorisant l’être au maximum, en cherchant à le rendre utile quelles que soient ses capacités comme c’est le cas dans n’importe quelle famille et comme c’était le cas dans les villages, alors que le troc est l’échange des productions, chacun cherchant à valoriser sa propre production et à se sentir le gagnant de l’échange. L’échange des êtres n’existe qu’à l’intérieur de l’oïkos, à l’extérieur il n’y a que l’échange des avoirs avec une satisfaction chez les deux protagonistes. L’avantage comparatif de David Ricardo que tout le monde connait inconsciemment depuis des millénaires à l’intérieur de l’oïkos et qui valorise l’être, devient complètement faux quand des idéologues l’extrapolent à l’extérieur de l’oïkos où seul le troc est réaliste car les valeurs des êtres ne sont pas les mêmes. Plaquer artificiellement des valeurs comme la laïcité ou les valeurs universelles ( ou catholiques pour les évêques de France avec leur accueil effréné des migrants ) pour accoucher aux fers de nouveaux oïkos, est dérisoire, la laïcité ou les valeurs universelles étant au contraire la négation de l’oïkos et l’imposition de nouveaux colonialismes éthiquement déguisés. Le chômage n’est que la conséquence de l’oubli de l’oïkos et de l’oubli des êtres au profit des avoirs. Cela va tellement loin que nous réinventons l’esclavage qui ne consiste qu’à prendre des êtres humains pour des avoirs. Nous réinventons l’esclavage ailleurs qu’est la mondialisation, l’esclavage plus tard qu’est la dette et l’esclavage ici et maintenant qu’est l’immigration. Accessoirement ces esclavages nous permettent de croire que nous vivons sur la création de richesses, et des générations entières ne cherchent plus à vivre mais à « profiter de la vie ». Nos hommes produisent de moins en moins, nos femmes font de moins en moins d’enfants, fin programmée de l’oïkos, fin programmée de notre civilisation sous nos yeux absents.

Mais la perte de l’oïkos ne serait pas possible sans la perte simultanée du sens de la monnaie. La capacité énergétique de la monnaie ne dépend que de l’oïkos mais elle le structure également. La monnaie est ce véhicule d’énergie contrôlé par l’oïkos comme l’électricité véhicule une énergie qui était contrôlée en France jusqu’à présent par EDF. Les deux ne sont que des transporteurs d’énergie, simples intermédiaires entre une production et une utilisation. Mais si l’origine de l’énergie électrique est multiple et reconnue, la perte de l’oïkos nous a fait passer à la trappe l’origine de l’énergie de la monnaie qui est l’énergie humaine. Nous nous prenons pour des dieux qui se donnent l’impression de créer collectivement des richesses en créant par l’intermédiaire des banques une monnaie imprimée ou virtuelle. Les banques, en créant la monnaie, oublient toujours de dire qu’elles émettent en même temps des créances sur leurs clients si ce sont des banques commerciales, ou sur leurs peuples si ce sont des banques centrales. Ces créances de plus en plus irrécouvrables sont l’explosif qui n’attend que son détonateur. Parallèlement les crypto-monnaies comme le bitcoin, après avoir fait semblant de créer un nouvel oïkos, sont définitivement tombées dans l’avoir et flambent comme l’immobilier, les bourses, les œuvres d’art et comme les oignons de tulipes au XVIIsiècle au Pays-Bas jusqu’à leur effondrement en février 1637. Je ne crois pas un instant que l’éclatement de ces bulles attendent 2037.

Mais pour demeurer dans l’illusion le plus longtemps possible, nous nous habillons tous en observateur, en conseiller, en commentateur, en journaliste, en fonctionnaire public ou privé pour expliquer, sans rire et pour survivre, comment faire fonctionner le pays de Cocagne. Nous sommes devenus un peuple qui explique sans produire comment produire et comment nous allons tous vivre mille ans grâce à la recherche financée par la création de richesses.

Nous confions aux entreprises la mission totalement impossible de créer des richesses alors qu’elles ne font que répartir l’argent de leurs clients entre leurs fournisseurs, leurs actionnaires, leurs salariés et la collectivité. Pour faire circuler l’argent, les entreprises produisent des biens et des services mais il n’y a aucune création de richesse, il n’y a que des transferts si ce qu’elles produisent intéresse. Les clients viennent échanger volontairement leur argent contre la production de l’entreprise, les deux étant normalement le fruit de l’énergie humaine, ce qui est complètement oublié depuis que l’on a inventé le revenu universel, la monnaie hélicoptère ou simplement la dette. La publicité est l’ultime trouvaille que nous avons conçue pour nous convaincre, avec de l’argent aussi abondant que dévalorisé, que les masses d’encombrants fabriquées en continu par les machines sont des richesses.

Je forme le vœu que se diffuse en 2018 dans le monde, à partir de la France, l’idée simple que la richesse n’est qu’une façon de regarder, de trouver beau ou bon un objet, une idée ou un être, que se diffuse l’évidence que la richesse est donc inchiffrable, qu’elle se constate et ne peut se créer. Il est enfantin puis pervers, car refus du bon sens et base de notre autodestruction, de croire à la création de richesses, de voir dans la richesse autre chose que le regard que les puissants portent sur leurs propres avoirs en nous faisant payer à tous leur vie trop facile et en nous promettant la lune pour que nous continuions à rêver à leur ressembler. Il nous faut nous extraire des grandes théories que nous ânonnons sans les comprendre et donc sans oser les affronter. Souvenons-nous simplement que dans notre oïkos que nous appelons nation, il est écrit dans le préambule de nos deux dernières constitutions que le travail est un droit. Appliquons ce droit par des sociétés productives d’économie mixte public-privé en arrêtant les esclavages, en mariant enfin la puissance publique et l’initiative privée, ce que ni le communisme ni le libéralisme n’ont réussi à faire. Nous devrons certes payer le prix auquel nous sommes capables de produire mais nous économiserons les gaspillages fabuleux en publicité et nous aurons la fierté d’avoir collectivement sauvé notre civilisation sans la prendre vainement, vaniteusement et bêtement pour LA civilisation sur LA planète. Puisse 2018 être l’année où, en refusant enfin de croire à la création de richesses, nous aurons arrêté la construction de la nouvelle tour de Babel.

 

 

 

 

La parité et l’homosexualité ne sont-elles pas en train d’achever notre civilisation déjà bien malade ?

La respiration est-elle plus importante que l’alimentation ou lui est-elle accessoire ? L’une ne pourrait-elle pas remplacer l’autre si l’une des deux venait à manquer ? Chacun voit bien l’inanité de ces questions mais ne peut que constater leur actualité si l’on remplace ces deux mots féminins par un mot masculin, l’homme, et par un mot féminin, la femme.

La nature a pourtant doté la femme de la seule capacité à fabriquer les enfants, donc le futur, l’homme n’en étant que le déclencheur indispensable. Parallèlement la même nature que l’on peut appeler Dieu, a doté l’homme d’une force physique supérieure à la femme qui a du, pour se faire respecter, approfondir sa finesse et prendre le pouvoir  à la maison dans quasi toutes les civilisations pendant que l’homme gardait ce pouvoir à l’extérieur de la maison.

La vague actuelle d’individualisme triomphant a mis à mal cet équilibre et chaque sexe succombe de plus en plus souvent pour exister, à l’utilisation perverse de ses forces. La société réagit actuellement très heureusement contre les violences faites aux femmes. Elle devrait réagir aussi quand certaines femmes dégradent leur finesse en ruse et en manipulation du côté nigaud des hommes.

Cette vague d’individualisme parachève l’effondrement de notre civilisation qui s’est déroulée en trois temps sous nos yeux absents. Le XIXsiècle avec la révolution industrielle a négligé l’individu qui a tenté de résister par le romantisme et le socialisme. Notre civilisation croit avoir ensuite tué Dieu au XXsiècle avec ses trois matérialismes, communisme, fascisme et capitalisme, le dernier peinant à mourir. Et pour terminer le travail, ce qui reste de notre civilisation cherche actuellement au XXIsiècle à affaiblir voire à ridiculiser tous les groupes comme la famille, l’église ou la nation en survalorisant l’individu et en ne voyant plus qu’une famille humaine, une spiritualité universelle et une gouvernance mondiale, bref, une nouvelle tour de Babel qui veut à nouveau transpercer le ciel. Les seuls groupes qui donnent l’illusion de tenir, sont les associations grâce à leur côté évanescent et éternellement renouvelable, et les sociétés commerciales grâce au mensonge éhonté sur lequel elles sont toutes construites, le principe de continuité, base de la comptabilité et des bilans et qui réfute dogmatiquement la mort en légalisant le mensonge. Quand une entreprise s’arrête il faut généralement multiplier son passif par deux et diviser son actif par dix.

Deux fantasmes médiatiquement entretenus, la parité et l’homosexualité, n’alimentent-ils pas l’effondrement de notre civilisation par leur individualisme exacerbé ?

La parité que l’on nous vend comme juste et bénéfique, rompt l’harmonie entre l’homme et la femme car il ne peut y avoir de parité dans la fabrication des enfants et au moins au début de leur façonnage prépubertaire. Les femmes envahissent tous les métiers en en excluant progressivement les hommes comme c’est déjà patent en médecine et en droit. Et quand la force physique est indispensable, c’est l’immigration et la machine qui prennent le relais des hommes. L’immigration maghrébine et subsaharienne fait aussi largement plus de trois enfants par femme quand les femmes blanches dont la seule évocation fait soupçonner de racisme, en font en moyenne à peine plus qu’un, acceptant tacitement la fin de notre civilisation

Les hommes assistent impuissants à la « matriarchisation », à la mécanisation et à l’immigration de notre société. Ils se féminisent et dilapident leur force physique inexploitée en salle de sports ou en violence contre les autres ou contre eux-mêmes. Les suicides se multiplient dans l’indifférence générale.

L’homosexualité que l’on ne préconise pas mais dont on condamne le refus est avant tout un mystère que l’on ne veut élucider. Est-elle acquise ou innée ? Innée elle serait génétique à cause d’un gène auquel personne ne croit suffisamment pour le chercher. Acquise elle culpabiliserait les parents qui, quoi qu’on en dise, la vivent comme un malheur. Personne ne veut se souvenir que les Grecs avaient parfaitement vu que l’homosexualité n’est qu’un passage dont la société actuelle ne parle jamais. A Athènes les familles confiaient leur éromène de 12 ans à un éraste de 18 ou 20 ans avec mission de le préparer à l’âge adulte en tous domaines y compris sexuel. Et si l’homosexualité faisait partie de cette étape, elle n’en n’était pas l’essentiel et n’était qu’un moment. Celui qui y restait coincé était méprisé et pouvait même dans certains cas extrêmes, être exécuté par apotympanismos.

Ce passage, conscient ou inconscient, qui s’évacue souvent par le sport, est la première approche de l’autre, pas trop différent de soi et qui intimide moins qu’un abord direct de l’autre sexe. Il ne mérite ni honneur ni indignité, il est tout simplement naturel. Mais y rester bloqué génère une souffrance à vie qui mérite sympathie, compassion ou empathie, quel que soit le préfixe que l’on met à la souffrance que génère ce blocage. Il est triste de voir actuellement cette souffrance tenter de se compenser par un étalage accrocheur et, quand un adolescent a la franchise d’exprimer son malheur et même envisager de se supprimer quand il se croit homosexuel, il est scandaleux de lui conseiller de s’assumer et de ne pas au contraire dédramatiser en éclatant de rire et en lui rappelant qu’il n’est que comme tout le monde.

Se trouvera-t-il suffisamment de citoyens avec assez d’humilité, de courage et de bon sens pour diffuser ces vérités simples dont l’oubli nous accable ?

Les essentiels perdus

Que ce soit en Belgique, en France ou presque partout en occident, les dirigeants politiques sont perdus. Formés à la démagogie des campagnes électorales et à la discrète recherche de fonds pour les financer, dans un monde dogmatiquement scindé entre droite et gauche et où, être les deux à la fois devient aujourd’hui le nec plus ultra, aucune réflexion de fond ne les encombre, ils « font de la politique ».

Et cela ne marche plus. Les peuples les rejettent et cherchent l’homme providentiel tout en se contentant d’hommes au coups de menton mussolinien façon Trump ou Macron, car les peuples ont été totalement désorientés par des médias qui ont pris le pouvoir au nom de leurs actionnaires. Les voix médiatiques indépendantes comme Zemmour ou Polony en sont écartées et la morale est confiée au Conseil Constitutionnel, au Conseil d’État, au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au Comité Consultatif National d’Ethique, groupuscules nommés par le pouvoir en place qui leur donne une puissance considérée de plus en plus comme sagesse divine et donc non contrôlable par le peuple. « En même temps » le Président de la République considère qu’il n’est « pas digne d’étaler certains débats sur la place publique » quand le Chef d’État-Major des Armées dit sa vérité aux députés à l’Assemblée Nationale.

Que Macron et Trump échouent est d’une telle évidence que l’annoncer est sans risque car les essentiels sont perdus. Macron et Trump sont les derniers avatars du système dans les deux pays phares de l’Occident, l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon et la Corée du sud n’en étant que les meilleurs techniciens. Si la constitution américaine empêche le totalitarisme, la constitution française le permet et la tentation s’en fera évidemment jour. Espérons que la sagesse et l’humilité l’emporteront !

Mais quels sont ces essentiels perdus dont nous vivons l’absence par ses innombrables retombées ? Ne faut-il pas mettre provisoirement de côté ces retombées dont tout le monde parle mais qui ne sont que le petit bout de la lorgnette et l’écume des vagues, pour nous concentrer sur ces essentiels perdus dans chacune des 3 bases d’une société, l’économique, l’éducatif et le politique ?

Mais il faut bien évidemment d’abord prendre conscience de ce qu’est une société.

Une société est un groupe d’êtres humains qui, pour pouvoir vivre quotidiennement en groupe, répute comme étant objectifs pour tous ses membres les subjectivités du beau, du bien et du vrai, c’est-à-dire de la richesse, de la clarté et de la justice si l’on fait la symbiose deux à deux de ces trois approches de groupe, objectives pour ce groupe mais subjectives pour tous les autres.

L’homme a besoin de référents considérés comme objectifs à l’intérieur de son groupe même s’ils sont objectivement totalement subjectifs. C’est la transcendance qui rend objectives pour le groupe ses subjectivités et l’absence de transcendance conduit à la survalorisation d’éléments matériels objectifs comme la production, le diplôme ou la monnaie qui ne valent pourtant que par le regard qu’on leur accorde.

Une société n’a pourtant pas besoin de la fausse objectivité de la production, du diplôme ou de la monnaie pour considérer comme objectives chez elle les notions parfaitement subjectives de travail, de richesse, de famille, de patrie. S’enrichir de ce que d’autres peuples ont objectivé chez eux s’appelait voyager et n’existe quasiment plus.

Les universalismes ont de toute éternité tenté d’imposer leurs visions du beau, du bien et du vrai à toute l’humanité. En occident, du colonialisme au mondialisme, du capitalisme au communisme, du catholicisme au libéralisme, tous les universalismes ont voulu s’imposer à tous pour ne pas avoir à retrouver leurs essentiels perdus et retirer la poutre de leur œil. Toujours sous le masque de la fraternité humaine qui veut enlever la paille des yeux de leurs voisins, ils tentent de vampiriser les autres peuples pour ne pas voir la poutre de leur œil C’est en oubliant toute humilité dans cette fuite en avant et ce besoin de transformer les autres pour ne pas se transformer soi-même, que tous les universalismes s’effondrent soit vaincus par la force ou le déferlement de la multitude, soit décomposés de l’intérieur par cette incapacité à se remettre en cause en reconnaissant avoir perdu sa transcendance.

Nous remettre en cause c’est retrouver nos cohérences qui ne sont pas universelles mais qui nous ont construits, générations après générations. C’est moins regarder ce que font les autres en n’en prenant que ce qui nous arrange et nous regarder davantage nous-mêmes dans la globalité de notre problème.

Nous avons oublié que l’économie est la capacité à échanger intelligemment l’énergie de chacun avec d’autres dans l’intérêt de tous, pour perdre notre temps à nous disputer pour savoir si c’est le problème du privé comme le dit le capitalisme ou celui du public comme le disait le communisme. Les deux camps ne font plus que regretter que cette énergie soit de moins en moins utilisée et se contentent, pour ne pas affronter le problème et le voir soi-disant résolu, d’observer la montée des trois esclavages que sont la mondialisation, la dette et l’immigration.

Nous avons oublié que l’éducation est l’harmonieux mélange de connaissances, d’expériences et de discernement. En transformant l’instruction publique en éducation nationale, nous avons délibérément méprisé l’expérience et le discernement alors que toutes les civilisations avaient jusqu’à présent réservé l’instruction à un petit nombre, jugé à la puberté sur son expérience et son discernement. Tout ce qui était expérience comme le service national a été supprimé par les politiques pour fabriquer de plus en plus lentement des maillons d’une chaîne qui n’existe pas. Ces maillons orphelins sont abandonnés à leur « initiative personnelle » comme le leur conseillent Jacques Attali et consorts.

Nous avons oublié que la politique est l’art d’harmoniser un peuple, que la république, la chose publique en latin, peut être confiée à un seul en monarchie, à un groupe en aristocratie ou au peuple lui-même en démocratie comme Jean Bodin l’a parfaitement expliqué au XVIe siècle dans Les six livres de la République. La démocratie est une merveilleuse utopie qui n’a encore jamais existé nulle part contrairement à ce qui nous est seriné mais qui peut être travaillée par le tirage au sort ou le permis de voter. Aujourd’hui la politique est un fromage qui se résume a faire le beau avec nos voisins en oppressant le peuple par la compétition avec lui-même au lieu de le faire coopérer, d’abord en interne, ensuite éventuellement avec d’autres peuples. La compétition se moque de la mort de l’autre alors que la coopération a besoin de son énergie.

Mais nous avons aussi oublié que si la politique est l’art d’harmoniser un peuple, elle ne doit pas se contenter de veiller à son bon fonctionnement en faisant confiance aux individus qu’elle assiste par ses magistrats que l’on appelle parlementaires ou fonctionnaires. Elle doit aussi veiller à la transcendance, c’est-à-dire au dépassement de soi dans la découverte des autres qui était confié à l’Eglise. Or l’Eglise a quasiment déserté ce champ pour se contenter de la redistribution des richesses soi-disant créées. Et ce champ manque terriblement. Nous oublions que le premier devoir d’une femme est de faire les enfants nécessaires au renouvellement de la population quand le premier devoir d’un homme est d’être en tous domaines son complément. Le manque de transcendance détruit toutes les collectivités, de la famille à la nation. Nous faisons de la compétitivité une qualité alors que c’est la coopération et la collaboration, qui permettent la vie en commun. Nous en arrivons même à mettre l’homme et la femme en compétition aussi bien par la parité que par l’orientation sexuelle qui oublie, ce que les Grecs savaient déjà fort bien, que les pulsions homosexuelles sont un passage normal de l’adolescence qui normalement ne dure pas. Si l’évolution ne se fait pas ou se fait mal, cela vaut compassion et empathie mais ni excès d’honneur ni indignité.

L’heure est grave car tout est dans le paraître et dans les techniques de report des problèmes alors que les solutions sont dans l’humilité, le courage et le discernement.

Fermons nous-mêmes la chaîne

Il n’est que de regarder la publicité pour constater combien nous sommes chouchoutés voire emmaillotés pour nous apprendre à bien dépenser notre argent. Mais le vide est sidéral dès que se pose la question de comment le gagner, à part quelques livres bas de gamme dont les auteurs tentent de nous grappiller quelques sous.

Si pour la dépense on fait semblant de nous prendre pour des gens responsables et raisonnables, pour le gain on nous laisse nous reposer sur « l’autre ». « L’autre » évolue dans le temps. Des parents jusqu’à la caisse de retraite nous passons par l’employeur public ou privé, voire par la collectivité elle-même, pour laisser à « l’autre » la responsabilité de nous donner de quoi dépenser. Nous payons d’ailleurs le minimum vital plus cher que dans d’autres pays comme l’Allemagne, en l’achetant de plus en plus à l’étranger pour que l’impact énorme de la publicité et du soi-disant gratuit ne se fasse pas trop sentir.

Certains se demandent ce que veut dire le « système » dont tout le monde parle sans jamais le définir clairement. Le système, c’est prendre à la fois (en même temps!) le peuple pour responsable dans sa dépense, et irresponsable dans son gain tout en le lui reprochant car il faut bien un bouc émissaire. Le système, c’est fabriquer de plus en plus d’emplois inutiles de conseillers, d’experts et d’observateurs en tous genres dont le seul but est de le faire tenir encore un moment, lui, le système, avec leur complicité souvent involontaire car motivés pour beaucoup par le simple besoin de survivre. Mais ils rendent tous le problème de plus en plus insoluble puisque personne ne produit plus rien dans des villes qui ne savent que dépenser et dire ce qu’il faudrait faire.

De braves âmes façon Attali qui ont parfaitement compris le système pour elles-mêmes, nous proposent de nous débrouiller grâce à notre initiative personnelle entre le marché qui nous dit mensongèrement que nous ne sommes rien tellement nous sommes nombreux et la démocratie qui nous dit mensongèrement que nous sommes tout tellement nous sommes intelligents. Elles nous poussent à tenter l’aventure de la création d’entreprise alors que tout ce qu’elles ont soi-disant créé elles-mêmes a toujours été créé par d’autres. Le résultat est cette myriade d’entreprises sans avenir dont le seul but est par flagornerie de nous faire dépenser davantage notre argent. A nous de demander à « l’autre » de nous en donner « les moyens ».

Le système a oublié que l’économie est une chaîne fermée où nous ne pouvons profiter de l’énergie des autres que parce qu’ils peuvent profiter de la nôtre. L’économie est par définition une coopération alors que le capitalisme en a fait une compétition sans enjeu où l’on nous serine que la compétitivité est une qualité alors qu’elle n’est que pousse-au-crime vers la fraude, la haine de l’autre tout en comptant sur lui, et la désespérance. Le système n’arrête pas de chercher plus ou moins inconsciemment comment refermer la chaîne ailleurs ou à un autre moment. On ne peut expliquer autrement le mondialisme, la dette et l’immigration. C’est chaque fois compter encore et toujours sur « l’autre » pour le gain. Le mondialisme va, en vendant nos emplois, chercher des marchés qui doivent, on ne sait comment, nous faire mieux vivre. La dette, en vendant nos enfants, reporte à plus tard tous les problèmes que nous sommes incapables d’affronter. L’immigration, en vendant notre culture, fait reposer le travail et le renouvellement de la population sur des arrivants peu exigeants qui acceptent de travailler et qui n’ont pas encore compris que nous avions déjà vendus leurs enfants comme les nôtres.

Pendant ce temps (en même temps!) nos élites papillonnent en vivant elles-mêmes fort bien. Elles s’intéressent à la parité, summum de l’individualisme et de la compétition, en laissant aux animaux et aux peuples stupides la coopération toute bête entre le mâle et la femelle. Même la procréation doit dorénavant parait-il pouvoir se faire en solitaire. Nos élites attendent la croissance qui va créer des richesses et enfin fermer cette chaîne à laquelle elles ne veulent rien comprendre. Elles s’écoutent et se retranscrivent mutuellement dans un jargon incompréhensible qui rappelle la médecine du prétendu siècle des Lumières. Faut-il rappeler qu’entre les médecins de Molière du XVIIe siècle et Semmelweis au XIXe siècle qui a sauvé des milliers de femmes en disant simplement à ses confrères médecins de se laver les mains, il s’est passé un siècle et demi de perte de bon sens et de gain de suffisance. Semmelweis a été accusé par sa corporation d’obscurantisme et de mysticisme. Quand après Semmelweis, Pasteur qui n’était, heureusement pour lui, ni médecin ni pharmacien a sorti la médecine de son ignorance crasse et arrogante, l’économie et la politique ont pris le relais de l’ignorance et s’y complaisent depuis près de deux siècles en flattant le peuple qui adore la flatterie et les idoles. La médecine pendant ce temps (en même temps!) s’est servi de l’innovation prônée par les économistes pour faire faire à l’humanité un bond quantitatif incroyable dont on se contente de se préoccuper de la survie alimentaire. La médecine a remplacé la religion dans la gestion de la peur de la mort mais elle coûte beaucoup plus cher, n’assume pas son nouveau rôle et ne réussit pas à s’intégrer dans la chaîne. Elle ne se demande jamais qui s’appauvrit pour l’enrichir.

S’asseoir et réfléchir, est-ce si compliqué ?

L’Union européenne s’est construite sur la fuite en avant commune de ses élites qui veulent continuer à fermer la chaîne par le mondialisme, la dette et l’immigration. Elle n’a comme avenir que l’explosion et la violence car ses élites sont tellement enfermées dans leurs prés carrés que le bon sens n’aura jamais l’unanimité requise. Elles vont se repeindre aux couleurs du temps en espérant tout de l’innovation comme la France vient de le faire. Elles vont continuer à s’entre-déchirer entre souverainistes et européanistes sur le meilleur espace pour régler le problème en continuant à faire monter le chômage, l’immigration et la dette pour ne pas avoir à dire à leurs peuples qu’ils se sont trompés toute leur vie, que le temps des weekends, des 5 semaines de congés payés, des RTT et des arrêts maladie est terminé et qu’il nous faut refermer la chaîne tous seuls en nous remettant à produire et en payant le prix auquel nous sommes capables de produire avec notre façon de vivre. La fuite en avant doit devenir l’ennemi, les agriculteurs doivent cesser de stériliser la terre pour un productivisme éphémère que le système a rendu inhérent à leur survie, chacun doit se demander l’échange qu’il a avec la société, ce qu’il lui donne et ce qu’il en reçoit. Le rôle d’un gouvernement, quelle que soit l’organisation de son peuple, est de veiller à ce que personne ne soit exclu de cet échange. Tout le reste est accessoire mais les gouvernements s’occupent pourtant de tout sauf de cet essentiel qu’ils ne font que pleurer.

Fermer la chaîne nous-mêmes c’est commencer par accepter qu’un gain d’argent est TOUJOURS une perte d’argent de quelqu’un d’autre et que vouloir la fermer par une création de richesse est TOUJOURS transporter nos fantasmes loin dans le temps ou dans l’espace pour continuer à croire à ce qui n’existe pas. Fermer la chaîne nous-mêmes c’est produire chez nous avec notre armée de chômeurs, chaque fois que cela est possible, tout ce dont nous avons besoin. Nous constaterons alors que nos prix ne sont pas compétitifs à cause de tous nos avantages acquis et qu’il faudra enfin choisir entre la coopération oubliée et la compétition sans avenir.

Que nos élites croient au fantasme de la création de richesse est le problème de fond actuel qui les fait ne pas travailler et nous emmener vers la grande violence et la guerre qui nous forcera dans l’instant à fermer la chaîne nous-mêmes et sans eux. Les communistes ont eu un mal fou à reconnaître qu’ils s’étaient trompés pendant plus d’un demi-siècle, les capitalistes ont le même mal fou à reconnaître qu’ils se trompent depuis encore plus longtemps avec une explosion vers le n’importe quoi depuis les années 70.

Ce sont les fondamentaux de bon sens qui ont été perdus. Les peuples attendent que des partis politiques en prennent conscience et ce n’est pour l’instant apparemment en gestation dans aucun d’entre eux.

Feuilletez et faites feuilleter le Petit lexique économique et social. Il évolue souvent et chaque mot est daté de sa dernière modification. Critiquez-le, commentez-le, proposez des mots qui ne s’y trouvent pas. N’hésitez pas à en contester la pertinence ou l’impertinence.

Faut-il vraiment continuer à réintroduire l’esclavage ?

Cet article demande au lecteur un peu de collaboration. Il faut dans un premier temps prendre les 40 minutes nécessaires pour écouter et regarder la vidéo « Le jour où la France est mourue » pour constater que l’Union Européenne ne peut être la solution à nos problèmes. Il serait intéressant d’ailleurs que les quelques malheureux qui croient encore à cette fausse Europe, acceptent d’engager le dialogue sur ce qui est très clairement expliqué dans cette vidéo..

La vidéo nous amène à comprendre que le souverainisme est en l’état le seul cadre possible de notre renaissance, même si les Français ont été majoritairement convaincus par les médias de voter pour le cadre européen avec l’élection d’Emmanuel Macron. La roche tarpéienne étant proche du Capitole, notre Président sera malheureusement pour les raisons qui suivent, le bouc émissaire de son propre désastre, vu la splendeur de son ascension.

Il faut en effet aborder dans un second temps la vraie difficulté que personne n’aborde et qui rend aussi stériles les souverainismes que les européanismes et le mondialisme, difficulté qui mine notre société quel qu’en soit le cadre.

La démagogie de l’ensemble de notre personnel politique en quête de postes plus que de pouvoir par absence de vraies réflexions comme de solutions viables, nous fait croire à la fable que nous pouvons moins travailler grâce aux trois esclavages que nous mettons en place dans un silence aussi contagieux qu’hypocrite. Nous le faisons avec leur concours, souverainistes comme européanistes, en fêtant chaque 10 mai l’abolition de l’esclavage, et en jurant nos grand dieux que « Pas ça ! pas nous ! ».

Pour ne pas avoir à travailler nous ratissons large puisque nous créons un esclavage pour ailleurs, un esclavage pour plus tard et un esclavage pour ici et maintenant. Chaque esclavage se dissimule sous un but louable, se construit sur une grave erreur de jugement et se drape dans un étendard qui brandit sans vergogne l’inverse de là où il nous entraîne.

Le premier esclavage est le mondialisme déguisé en construction européenne sous l’étendard de la paix qui nous rapproche en fait de la guerre.

L’article 32 du TFUE (traité de fonctionnement de l’union européenne) explique clairement que le but n’est pas de protéger l’Europe mais de se diriger vers un commerce planétaire.  : « La Commission s’inspire de la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers« .

Cette fausse nécessité, fondée sur une interprétation erronée de l’avantage comparatif de Ricardo et additionnée à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, entraîne automatiquement la délocalisation de tout ce qui emploie une main d’oeuvre peu qualifiée en ne laissant en Occident que ce que les machines fabriquent et un chômage qui ne peut que croître et faire baisser le pouvoir d’achat.

Le salaire moyen européen stagne en effet en baissant en Europe de l’ouest puisqu’il augmente en Europe de l’est proche de l’Ukraine qui a des salaires moyens inférieurs à la Chine.  Qui peut sérieusement croire qu’avec l’obligation de l’Union européenne du libre échange mondial animé par l’OMC, les salaires ne s’uniformiseront pas par la perte de pouvoir d’achat des Occidentaux ? Et comme la mondialisation de l’information crée les mêmes désirs sur toute la Terre alors que cette même Terre ne peut pas fournir la même chose à tant de milliards d’hommes, la guerre pour savoir qui sera la minorité satisfaite est forcément au bout du chemin. Ce premier esclavage nous fait perdre le gout de l’harmonie, du bon sens et du réalisme. Il ouvre la porte aux deux autres esclavages.

Pour justifier le premier esclavage nous avons inventé la notion de « création de richesse » qui nous fait croire qu’une manne annuelle tombe sur la Terre et qu’elle réduit la pauvreté que nous avons définie nous-mêmes comme l’incapacité à dépenser. Nous avons appelé cette manne, le PIB mondial et son augmentation, la croissance. Cette manne n’existant évidemment pas, nos économistes la calculent tout de même en additionnant toutes nos dépenses publiques et privées et ils réussissent le tour de force de nous faire croire, malheureusement souvent de bonne foi, que plus nous dépensons, plus nous sommes riches.

Un garçon intelligent comme Nicolas Bouzou, économiste « reconnu », en arrive à écrire le 10 mai 2017 dans L’Opinion :

 » L’Asie représentait moins de 10% du PIB mondial en 1980, et plus de 30% aujourd’hui. Le PIB par habitant y a été multiplié par plus de 20 en 30 ans et sa courbe continue de suivre une trajectoire exponentielle. Enfin, cette zone épargne et investit environ 40% de son PIB, ce qui signifie que sa croissance est loin d’être terminée ».

En arriver à la sottise de croire que l’on peut épargner et investir un pourcentage de ce que l’on dépense, ne peut s’expliquer que par la superstition bien ancrée dans les universités (et dans les grandes écoles) que le PIB est un produit dont on peut se servir alors qu’il n’est que la somme de toutes nos dépenses.

Depuis que l’économie se prétend être une science, la vie n’est plus échange d’énergie humaine mais investissements, plantations de monnaie qui vont faire des petits. Enterré Aristote qui avait vainement cherché sur une pièce de monnaie ses organes reproducteurs, ridiculisé Lanza del Vasto qui avait écrit que le but du travail était de faire des hommes, les économistes réinventent la manne par la création annuelle de richesse, dogmatiquement définie sans rire par ce que nous dépensons. Comme nous avons en même temps oublié que la monnaie n’est qu’un véhicule d’énergie humaine, nous essayons de payer cette manne en augmentant continuellement l’impôt, et comme c’est évidemment insuffisant, nous empruntons, à des organismes qui nous prêtent avec intérêt de l’argent qu’ils créent, autant que nous le leur demandons, pour le plus grand malheur des générations suivantes qui n’ont pas encore assez compris leur problème pour se révolter.

Et se met en place par l’emprunt généralisé un deuxième esclavage potentiel, un « esclavage pour dette », bien connu dans tant de civilisations, esclavage dissimulé provisoirement par la mythique création de richesse et qui, sous l’étendard brandi d’une prospérité à venir nous entraîne en fait inéluctablement vers la misère.

Nos Politiques nous poussent par flagornerie à croire possible cette vie où les efforts sont fournis par les autres, par le mondialisme quand ils sont loin, par l’impôt quand on se souvient du travail passé ou par la dette quand on veut faire payer le futur. Mais tout cela ne suffit pas et pour croire possible une vie de vacances, de week-ends, de jours fériés, de RTT et d’arrêts maladie pour claquage au ski, nous avons besoin de femmes qui mettent au monde chacune en moyenne les 2,11 enfants nécessaires au renouvellement de la population et d’hommes qui viennent faire le travail que nous ne daignons pas faire et nous mettons en place par l’immigration le troisième esclavage pour faire faire à d’autres, ce que nous n’avons pas envie de faire nous mêmes.

Comme les deux premiers, le troisième esclavage est maquillé. C’est sous l’étendard trompeur de la négation des races et de l’amour des autres que nous faisons semblant d’accueillir les malheureux migrants politiques ou économiques et nous n’aimons pas constater que cela débouche inéluctablement sur une haine réciproque. Ces esclaves prendront un jour  le pouvoir pour nous punir de leur avoir fait croire par nos médias que le pays de Cocagne existait chez nous.

Ces trois esclavages que la guerre arrêtera d’un coup, sont là pour retarder une vraie prise de conscience par la jeunesse en lui faisant croire qu’elle peut perdre des années dans des écoles et des universités qui lui donneront de quoi dominer le monde ou faire pousser ces  richesses qu’on lui a fait miroiter. Nous la formatons à croire que son énergie peut se dépenser en salle de sport et que nous allons vers une société sans travail où hommes et femmes paritairement stupides oublieraient d’être intelligemment complémentaires et n’auraient plus à travailler. On nous raconte que les machines et les robots feront presque tout en oubliant qu’ils valent très cher et qu’ils ne peuvent être construits que par une énergie, la monnaie, qui est au départ une énergie humaine de plus en plus inemployée et donc absente parce que perdue…..et donc inefficace.

L’intelligence et la guerre ont engagé sous nos yeux un combat singulier à outrance dont la jeunesse est l’arbitre. Les pouvoirs en place ont choisi inconsciemment la guerre en la retardant le temps de leur départ. Le champ d’action est immense si chacun réussit à sortir de sa coquille et à se regrouper.

Un sans-faute sur la forme

Cette première demi journée du Président Macron est un sans-faute sur la forme et montre à l’évidence l’intelligence du bonhomme. Dans son discours inaugural, ses buts sont louables, ses coups de patte discrets et il est convaincu que c’est avec l’aide de l’Union Européenne qu’il y arrivera.

C’est en entendant qu’il lisait actuellement l’histoire, année après année, de la  IVe République en regardant plus précisément l’année 1958 que m’est venue l’idée qu’il pourrait, une fois en place, imiter De Gaulle et faire l’inverse de ce pourquoi il a été élu. Du « Je vous ai compris » sur le forum d’Alger aux accords d’Evian scellant l’indépendance de l’Algérie, De Gaulle a pris conscience de ce qu’il a pensé être une impossibilité, l’Algérie française, et de ce qu’il a décidé être une nécessité, l’indépendance de la France. Pourquoi Macron ne pourrait-il pas prendre conscience de l’impossibilité de sortir de la crise actuelle dans le cadre européen et de la nécessité de retrouver, d’abord en France, les harmonies perdues dans les domaines éducatif, économique politique et religieux ?

Les Lumières et les Amériques mènent le monde depuis un peu plus de deux siècles, les Lumières posant les questions et les Amériques apportant la réponse unique et toujours identique, la fuite en avant dans l’espace, sans respect des populations autochtones et de leurs civilisations. Cela a commencé par la ruée vers l’Ouest puis par la colonisation presque universelle qui a réussi aux Amériques, en Australie et en Nouvelle Zélande au prix de quelques génocides et qui a échoué en Afrique après avoir brisé ses civilisations et l’avoir laissée dans son état pitoyable actuel. L’Union Européenne est l’avant dernier avatar de l’erreur stratégique de croire que l’on résout plus facilement un problème en allant chercher la réponse à l’extérieur. Le dernier avatar est de croire que nous devrons trouver dans le siècle à venir d’autres planètes pour nous accueillir. On ne va plus chercher des terres à l’extérieur sauf éventuellement sur Mars, mais on va chercher chez les autres, des marchés et des solutions aux  problèmes que nous ne savons pas résoudre chez nous.

Par tradition la philosophie propose au contraire de chercher les réponses en soi, d’intégrer le travail et l’effort sur soi comme une richesse et de beaucoup se méfier du besoin de tuer l’autre pour exister en ayant peur de la souffrance. Il est intéressant de remarquer que dans les églises catholiques américaines, il n’y a plus de chemin de croix. Les douceurs doivent tout envahir et le Coca Cola en être l’océan. A force de refuser sur les murs le principe du calvaire débouchant sur une résurrection, le calvaire rentre dans les vies sans aucune issue positive. C’est l’éternel querelle entre la compétition et la coopération, entre l’OMC et l’OIC, entre le croc-en-jambe et le respect,entre l’esclavage et l’effort personnel. Aujourd’hui quiconque parle d’équilibrer notre commerce extérieur autrement que par une similarité de vie entre la France et le Bengla Desh se fait traiter de partisan du repli sur soi, de l’autarcie et de la Corée du Nord.

Macron pourrait parfaitement prendre conscience du cul-de sac qu’est actuellement l’Union Européenne car les seules nations qui y réussissent provisoirement comme l’Allemagne ne réussissent que parce qu’elles font payer les autres peuples par un excédent commercial important ( plus de 250 milliards d’euros en 2016 pour l’Allemagne) et les faibles de leurs propres peuples par une misère quasiment programmée avec des immigrés pour tenir cet emploi. Tout cela n’est évidemment que provisoire car pour sucer le sang des autres, il faut encore qu’il leur en reste et le IVe Reich fondé sur la création de richesses qu’il a imposé dans toute l’Union Européenne et dans quasiment toutes les têtes, ne peut pas finir mieux que les trois premiers qui n’ont pas duré longtemps.

C’est par le choix de son Premier Ministre, par le ton de la campagne de ses candidats et surtout par sa capacité à se remettre en cause et à prendre de la hauteur après qu’il se soit confronté à la puissance allemande que je saurai si j’ai eu tort ou raison de ne pas voter pour lui. D’ici là aidons tous les candidats qui ont déjà compris que c’est en France et non dans l’U.E. qu’une solution non violente pourra naître.

Le chant du cygne de l’optimisme

Le moral est bas chez ceux qui aiment la France car nous venons de départager une perdante qui n’était pas au niveau et un gagnant qui va nous faire perdre, lui qui n’a été élu que par les optimistes en mal de support.

Le gagnant va nous faire perdre car il n’aborde pas le fond des problèmes et ne propose que de repeindre la façade d’un édifice délabré. Rajeunir un peu le personnel plait aux vieux mais ne résout rien. Les valeurs de l’obscure clarté de la République ne sont pas des dynamiques et ne mènent nulle part. L’incompétence de fond du gagnant se dévoilera avec le temps dès que la forme se fissurera. La seule question est de savoir à quel rythme. En attendant il continue à inverser le sens des mots en se jugeant patriote contre la nationaliste alors qu’il est pour le droit du sol, du lieu de naissance, natio en latin et contre le droit du sang, celui du père, pater en latin. Est-ce un signe qu’il dise l’inverse de ce qu’il croit penser ?

L’échec du Front National est plus intéressant car ses différentes personnalités n’ont abordé la complexité du problème que par l’angle qui les intéressait. Ne prenant pas la hauteur nécessaire, elles ont été incapables de se sortir du qualificatif d’extrême droite dans lesquelles les médias les ont enfermées.

La ligne officielle sous l’impulsion de Florian Philippot a voulu reconstituer le non au référendum sur la constitution européenne qui a été majoritaire, après avoir frôlé la majorité pour celui de Maastricht. Cette ligne a obtenu un succès dans le rapprochement avec Nicolas Dupont Aignan mais elle a subi un échec cinglant du côté de Jean-Luc Mélenchon car trop superficielle chez ces deux énarques, sans oublier le troisième énarque des Horaces, Jean Messiha. L’énarchie, admirable sur la forme, n’a pas encore pris le temps de s’intéresser au fond. Il faut peut-être pour ce faire qu’elle soit moins contente d’elle-même. L’opposition à la constitution européenne avait été majoritaire car elle regroupait plusieurs oppositions de tendances très différentes sur ce qu’il fallait faire. Tous ceux qui se croyaient à la manœuvre étaient favorables à cette constitution fuite en avant et l’ont d’ailleurs imposée au peuple par le traité de Lisbonne. Si Le Pen, Dupont Aignan, Mélenchon et Asselineau ont fait ensemble 47% des suffrages exprimés et voient tous la nation comme seul cadre réaliste d’un réveil efficace, aucun n’a poussé très loin l’analyse de fond sur ce qu’il fallait faire et ils se sont tous contenté, sauf Asselineau, de tout financer par la croissance, par l’augmentation des dépenses. Cette faiblesse de l’analyse a permis de ne pas voir la faiblesse identique de l’analyse des autres qui ont aussi tout fondé sur la croissance sans laquelle ils ne peuvent rien faire. Quand personne ne veut être réaliste, l’optimisme gagne toujours sur le pessimisme car il donne l’impression de faire reculer l’orage.

La ligne de Marion Maréchal Le Pen a voulu retrouver les valeurs traditionnelles de toute civilisation, la famille, l’honneur, le serment, le bon sens, n’accueillir les autres qu’après avoir fait ce qu’il faut pour être accueillant soi-même. Mais cette ligne n’a pas pris le temps ou ne l’a pas eu, d’étudier complètement ce qu’il fallait faire pour devenir accueillant et a complètement éludé l’harmonie économique indispensable que si peu de gens comprennent, qu’aucun Politique ne porte et que l’Union Européenne néglige.

Tous ne se sont battus que sur le cadre, national ou européen. Aucun candidat n’a sérieusement étudié les raisons de la disharmonie économique actuelle, tant française qu’européenne.

Le problème de fond est là : personne ne s’intéresse à l’harmonie économique qui est elle-même un savant mélange de liberté individuelle, de coopération collective et de gestion commune de ce qui nous dépasse tous et que l’on appelait religion.

Chacun préfère croire à Mammon, à la religion du PIB. Lorsque les médias diffusent que la dépense publique représente 57% du PIB, chacun aime comprendre qu’il reste à se partager 43% de cette manne alors que la réalité est que ces 43% sont de la dépense privée qui s’ajoute à la dépense publique pour faire le PIB somme de toutes les dépenses. Avec quoi les paye-t-on ?

Va-t-on continuer éternellement à monter les impôts et la dette par incapacité de faire payer les autres peuples dans cette foire d’empoigne égoïste qu’est la mondialisation ? Va-t-on continuer à tout fonder sur les trois esclavages que sont la dette, la mondialisation et l’immigration pour continuer à croire à ce que l’on appelait avec dérision la semaine des quatre jeudis au temps où le travail était une valeur ? Est-ce être passéiste que de regarder la réalité en face ?

 

L’essentiel du vivre ensemble

Les Français ont choisi le cadre dans lequel il fallait résoudre les problèmes mais n’ont été ni interrogés ni informés sur la complexité des problèmes à résoudre. 41% des Français majeurs ont choisi le cadre de l’Union Européenne avec Macron, 21% des Français majeurs ont choisi le cadre de la nation française avec Le Pen, 38% des Français majeurs n’ont pas souhaité répondre à la question soit en ne s’inscrivant pas (6%), soit en ne se déplaçant pas (24%), soit en votant blanc ou nul (8%).

Mais si le cadre est intéressant puisqu’on ne peut passer à l’action que dans un cadre donné, l’important est d’abord le but que l’on se donne et les moyens mis en place pour y parvenir.  Or sur ces points c’est le grand flou partout car dans les trois groupes, il n’y a aucune cohérence sur ce qu’il faut faire et l’on se contente par électoralisme de vouloir réformer le cadre que l’on a soi-même choisi. Macron nous a dit que le salut était en Europe mais qu’il fallait la refonder, Le Pen qu’il était en France mais qu’il fallait la réformer. Le troisième groupe ne choisit pas en reconnaissant qu’il est perdu ou en croyant à l’un des deux cadres mais pas à son candidat.

Dans la campagne des législatives qui s’annonce il sera intéressant d’observer si les candidats vont aborder les vrais problèmes et leurs façons de les résoudre autrement que par l’arrivée de la manne divine qu’ils appellent tous croissance et qui, d’après eux, est la seule à pouvoir ramener l’emploi.  Il sera intéressant de voir ceux qui se contenteront d’éluder les problèmes en sous-traitant leurs solutions au retour de la croissance et à l’investissement.

Listons une douzaine de ces problèmes dont la solution est fondamentale à la réussite du vivre ensemble :

En économie

1 – Toute l’économie est fondée sur le fait enseigné dans toutes les universités qu’au début était le troc et qu’un jour c’est devenu trop compliqué et qu’on a inventé la monnaie. Comment faire passer l’évidence que toutes les familles et toutes les associations connaissent bien, à savoir qu’au début n’est pas du tout l’échange des avoirs mais l’échange des êtres à l’intérieur d’un but commun, d’une loi sociale qui les réunit ?

2 – Le PIB étant la somme de toutes les dépenses et la croissance la simple augmentation de ces dépenses, qu’elles soient intelligentes ou stupides, financées ou non, comment faire passer l’évidence, rejetée par tous les candidats, que le PIB n’est en aucun cas une création annuelle de richesse et qu’il est malhonnête ou électoral de laisser les citoyens en attendre leur part ? Quel candidat arrêtera de dire « Sans croissance nous ne pouvons rien faire » tout en essaimant partout des pourcentages de PIB ?

3 – Les entreprises distribuant l’argent de leurs clients à leurs salariés, à leurs fournisseurs, à la collectivité et à leurs actionnaires, comment peut-on formater les gens à croire que les entreprises créent de la richesse ? Elles ne font qu’appauvrir intelligemment leurs clients pour le bien de tous les autres. Les Allemands l’ayant parfaitement compris et appauvrissant tous les autres peuples par leur balance commerciale excédentaire, comment construire une Europe avec des intérêts aussi contradictoires ? L’esprit de compétitivité de l’OMC n’est-il pas incompatible avec l’ouverture nécessaire à la construction européenne et ne faut-il pas d’abord retrouver l’esprit de coopération de l’OIC et avoir donc travaillé sa propre harmonie pour pouvoir vraiment coopérer ?

En éducation

4 – N’y a-t-il pas une véritable escroquerie à faire croire à la jeunesse que l’accumulation de ses connaissances la rendra utile à la société? Ne fabrique-t-on pas ainsi, soit des révoltés, soit de simples agents économiques performants, nouveaux esclaves de nouveaux maîtres plus ou moins discrets ?

5 – Ne faudrait-il pas introduire l’expérience dans l’éducation comme l’ont toujours fait toutes les civilisations et demander à la Défense Nationale qui a des bâtiments, des espaces et du personnel aussi importants que l’Education Nationale, de prendre en charge l’éducation par l’expérience pendant que l’Education Nationale continuerait bien sûr à l’assumer par le savoir ? Des passerelles entre les deux modes éducatifs ne seraient-elles pas les bienvenues pour que le désir d’apprendre  et celui  d’agir restent les deux premiers moteurs éducatifs ?

6 – Ne faut-il pas enfin sortir du faux choix entre homosexualité et hétérosexualité pour reconnaître que l’homosexualité est un passage habituel adolescent entre l’auto-sexualité et l’hétérosexualité et que quand un passage se fait mal ou se bloque, ce n’est en aucun cas un choix mais un malheur qui ne mérite ni excès d’honneur ni indignité ?

7 – Si dans toute société le premier rôle d’une femme est de renouveler la population en faisant en moyenne 2,11 enfants et le premier rôle d’un homme, de lui en faciliter la tâche, la parité n’est-elle pas l’encouragement discret d’un nouvel esclavage sous-traitant le renouvellement de la population à une immigration de mères porteuses ?

En politique

8 – L’avis majoritaire de la foule a toujours fabriqué les lynchages et les pogroms de sinistre mémoire. Pourquoi appelle-t-on cela aujourd’hui sans rire « la démocratie » en faisant croire que cela définit le bien alors que le seul avis intéressant est l’avis majoritaire, très difficile à déceler, des gens libres, compétents et engagés sur un sujet donné?

9 –  Ce que les Politiques appellent la démocratie n’est-ce pas simplement leur achat de l’affect du peuple avec de l’argent qui n’est pas le leur ?

10 – Jean Bodin écrivait au XVIe siècle « Les six livres de la République » dans lesquels il décrivait les différentes formes de républiques, de gestions de la chose publique, dont la monarchie, la démocratie et l’aristocratie. Qui a décidé que le mot république avait changé de sens et qui définit aujourd’hui ce mot ? Comment peut-on parler sans rire des valeurs de la République alors que liberté, égalité et fraternité ont tant de sens différents allant de l’effort sur soi à l’effort des autres ?

En spiritualité

11 – S’il est bien normal que les Catholiques irakiens ou syriens prient Allah dans toutes leurs messes puisqu’ils sont Arabes et que Dieu en arabe se dit Allah, ne devrait-on pas conseiller aux Français musulmans d’utiliser le français pour invoquer Dieu ? La langue vernaculaire de la France est le français. Parler d’Allah en France n’est-ce pas tenter d’insérer l’arabe comme langue vernaculaire française ?

12 – Pendant que certains voudraient rajouter par facilité, la laïcité à la devise de la France, ne faut-il pas aller lire le chapitre « La Stratégie de l’Action islamique culturelle à l’extérieur du Monde  islamique » adoptée par « le neuvième Sommet islamique tenu à Doha en 2000″ sur le site de l’ISESCO, basé au Maroc, et pendant islamique de l’UNESCO, regroupant officiellement tous les états islamiques sunnites et chiites. N’est-il pas écrit entre autres page 28  » Contribuer à garantir aux enfants des musulmans vivant en dehors du Monde islamique, une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive afin de les protéger de l’invasion culturelle et de l’aliénation intellectuelle exercée par l’hégémonie de certains systèmes éducatifs  » ? Cette perte en Occident d’une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive, n’est-elle pas la raison première de notre effondrement que nous ne voulons pas reconnaître mais qui est la source de multiples conversions de jeunes à l’islam ?

La campagne législative a-t-elle une chance  d’aborder ces sujets ou devons nous nous attendre à une nouvelle campagne anesthésiante pour que nous restions insensibles à la dégradation générale ?