Le dépassement de soi

La spiritualité est discrètement à la mode. L’attirance plus ou moins avouée pour les mouvements philosophiques comme la franc-maçonnerie et le bouddhisme ou pour le militantisme religieux beaucoup plus fédérateur que le militantisme politique, montre une recherche diffuse des voies qui mèneraient à la sagesse dans un monde où la famille déliquescente l’enseigne de moins en moins. Même la « spiritualité laïque » chère à André Comte-Sponville cherche à combler un vide.

Mais la spiritualité est un oxymore comme « l’obscure clarté qui tombe des étoiles » dont Corneille faisait éclairer les Espagnols dans le Cid. Elle est la superposition délicate de la double recherche d’un dépassement de soi et d’une cohérence. le dépassement de soi étant du domaine du mouvement et la cohérence, de celui de l’harmonie. Or le mouvement et l’harmonie se marient aussi difficilement que l’eau et le feu, chacun étant pourtant totalement essentiel.

Dans toutes les civilisations le dépassement de soi était du domaine de la religion alors que la cohérence était dans le champ politique, les deux vivant toujours une cohabitation difficile, ambiguë ou hypocrite, allant de la laïcité ne croyant en rien, à la religion d’état faisant semblant en tout. Le dernier avatar de cette religion d’état s’est exprimé à l’ambassade de France à Bucarest lorsque Emmanuel Macron a dit le 24 août dernier : « La France n’est elle-même que quand elle mène des combats qui sont plus grands qu’elle ». On retrouve la fille aînée de l’Eglise avec celui qui s’en auto-proclame le nouveau grand-prêtre.

Le domaine politique, celui de l’État, a été fort bien décrit par Frédéric Bastiat dans sa profession de foi électorale de 1846 :

« Pour moi, je pense que lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche.

En dehors ce cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » 

Cette approche libérale de l’État est très intelligente si le dépassement de soi et la morale sont stimulées par une autre autorité qui est habituellement la religion. La religion est en effet fondé sur le dépassement de soi, sur l’exemplarité historique et sur une communauté qui rend la croyance presque objective par la quasi unanimité de ceux qui y adhèrent. Mais croire que la « main invisible » d’Adam Smith qui ferait naturellement converger les intérêts personnels vers l’intérêt commun existerait sans la structure religieuse, est parfaitement utopique. Sans dépassement de soi c’est très vite la loi du plus fort. Dans toutes les civilisations, y compris la nôtre jusqu’au XXsiècle, l’Église et l’État ont toujours vécu, avec remous mais la main dans la main, leur mariage sulfureux mais fondamental. Depuis la loi de 1905 séparant en France l’Église et l’État, c’est en fait l’État qui tente de cumuler la cohérence et le dépassement de soi. Il n’y arrive évidemment pas car pousser quelqu’un à se dépasser lui-même n’est pas un travail de fonctionnaire quel que soit l’argent dépensé pour ce faire. L’immense ratage de l’éducation nationale qui n’a pas su rester l’instruction publique en est une preuve flagrante, concrète et quotidienne.

Il n’est pas aisé et pas aussi naturel que cela de se dépasser soi-même et de faire sur soi des efforts que l’on n’aime pas trop tout en les sachant pourtant importants. La spiritualité alimente ces efforts et l’assemblée de tous ceux qui partagent le même désir d’efforts sur soi s’appellent église à partir d’un mot grec dans le christianisme ou oumma, sa traduction exacte en arabe dans l’islam.

La question se pose alors de savoir si l’église qui rassemble une culture pour la faire progresser, doit tendre dans un lieu donné vers l’unité. Faut-il aller vers un camaïeu de cultures comme semble l’avoir réussi l’Indonésie et comme les pays anglo-saxons le ratent actuellement ou comme un creuset de cultures comme l’affirme tout pays ayant une religion d’état ?

La France, terre d’invasions venant du nord, de l’est et du sud, s’est toujours enrichie en assimilant ses envahisseurs quand ils ne repartaient pas. C’est une originalité quasiment unique au monde et la question se pose aujourd’hui avec l’islam de savoir si nous devons garder notre originalité ou tenter de réussi un camaïeu de cultures ce qui n’est pas notre tradition. La France a déjà assimilé au temps des Barbaresques et des Maures, des Arabes islamiques qui lui ont apporté de nouveaux mots tels que divan, safran, sirop, magasin, fardeau, alcool ou amiral. Plus récemment le marathonien Ali Mimoun est devenu Alain Mimoun.

La France doit-elle abandonner sa tradition et tenter l’expérience du camaïeu de cultures ? Doit-elle tenter de réussir ce que tous les occidentaux ont raté ? Est-elle suffisamment forte pour se lancer dans cette aventure ?

Les libéraux et les socialistes ne s’affrontent que sur l’acteur qui doit régler ce problème, le privé pour les libéraux ou le public pour les socialistes. Ni les uns ni les autres n’affrontent la difficulté.

Dans ce XXIe siècle où l’on croit pouvoir affadir les groupes au profit des individus, c’est probablement pourtant par l’assemblée des croyants que viendra l’harmonie entre l’individu et le groupe. Assemblée au singulier ou assemblées au pluriel ?

Au lieu de travailler cette très difficile question, Socialistes et Libéraux ont mis la difficulté sous le tapis et se sont engouffrés dans l’impasse de la création de richesses, ce mythe du siècle des Lumières totalement ancré dans les esprits occidentaux et qui doit nous apporter de quoi rembourser les dettes et nous permettre de vivre dans un  pays de cocagne promis par nos politiques, pays dans lequel le dépassement de soi serait devenu ringard.

Les politiques appellent cette fausse création de richesses le PIB, les économistes l’appellent la valeur ajoutée et ils la calculent en additionnant toutes nos dépenses sans jamais se demander d’où venait l’argent. Tous veulent que nous accroissions nos dépenses pour faire de la croissance et ne rien avoir à affronter. Même les religieux chrétiens ne prônent quasiment plus le dépassement de soi que pour une juste répartition entre la « famille humaine » des richesses créées. Ils sont de moins en moins diserts sur le dépassement de soi dans la spiritualité.

Tant que nous ne nous serons pas extirpés des phrases toutes faites anesthésiantes comme « La France n’a jamais été aussi riche », « Il ne manque que les moyens », « De l’argent il y en a », « La croissance revient », nous ne pourrons aborder le problème de fond du dépassement de soi qui donne un sens à la vie et que le christianisme devrait sans doute réinvestir plus vigoureusement s’il ne veut pas laisser la place. S’il réagissait vraiment nous aurions sans doute moins besoin des trois onguents dont nous nous enduisons pour ne pas nous remettre en question, la mondialisation, la dette et l’immigration. Ces trois servitudes dissimulent en fait un seul problème, notre difficulté à nous mettre au travail pour produire l’essentiel de ce qu’il nous faut. Nous préférons dire aux autres ce qu’il faut faire.

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Les essentiels perdus

Que ce soit en Belgique, en France ou presque partout en occident, les dirigeants politiques sont perdus. Formés à la démagogie des campagnes électorales et à la discrète recherche de fonds pour les financer, dans un monde dogmatiquement scindé entre droite et gauche et où, être les deux à la fois devient aujourd’hui le nec plus ultra, aucune réflexion de fond ne les encombre, ils « font de la politique ».

Et cela ne marche plus. Les peuples les rejettent et cherchent l’homme providentiel tout en se contentant d’hommes au coups de menton mussolinien façon Trump ou Macron, car les peuples ont été totalement désorientés par des médias qui ont pris le pouvoir au nom de leurs actionnaires. Les voix médiatiques indépendantes comme Zemmour ou Polony en sont écartées et la morale est confiée au Conseil Constitutionnel, au Conseil d’État, au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au Comité Consultatif National d’Ethique, groupuscules nommés par le pouvoir en place qui leur donne une puissance considérée de plus en plus comme sagesse divine et donc non contrôlable par le peuple. « En même temps » le Président de la République considère qu’il n’est « pas digne d’étaler certains débats sur la place publique » quand le Chef d’État-Major des Armées dit sa vérité aux députés à l’Assemblée Nationale.

Que Macron et Trump échouent est d’une telle évidence que l’annoncer est sans risque car les essentiels sont perdus. Macron et Trump sont les derniers avatars du système dans les deux pays phares de l’Occident, l’Angleterre, l’Allemagne, le Japon et la Corée du sud n’en étant que les meilleurs techniciens. Si la constitution américaine empêche le totalitarisme, la constitution française le permet et la tentation s’en fera évidemment jour. Espérons que la sagesse et l’humilité l’emporteront !

Mais quels sont ces essentiels perdus dont nous vivons l’absence par ses innombrables retombées ? Ne faut-il pas mettre provisoirement de côté ces retombées dont tout le monde parle mais qui ne sont que le petit bout de la lorgnette et l’écume des vagues, pour nous concentrer sur ces essentiels perdus dans chacune des 3 bases d’une société, l’économique, l’éducatif et le politique ?

Mais il faut bien évidemment d’abord prendre conscience de ce qu’est une société.

Une société est un groupe d’êtres humains qui, pour pouvoir vivre quotidiennement en groupe, répute comme étant objectifs pour tous ses membres les subjectivités du beau, du bien et du vrai, c’est-à-dire de la richesse, de la clarté et de la justice si l’on fait la symbiose deux à deux de ces trois approches de groupe, objectives pour ce groupe mais subjectives pour tous les autres.

L’homme a besoin de référents considérés comme objectifs à l’intérieur de son groupe même s’ils sont objectivement totalement subjectifs. C’est la transcendance qui rend objectives pour le groupe ses subjectivités et l’absence de transcendance conduit à la survalorisation d’éléments matériels objectifs comme la production, le diplôme ou la monnaie qui ne valent pourtant que par le regard qu’on leur accorde.

Une société n’a pourtant pas besoin de la fausse objectivité de la production, du diplôme ou de la monnaie pour considérer comme objectives chez elle les notions parfaitement subjectives de travail, de richesse, de famille, de patrie. S’enrichir de ce que d’autres peuples ont objectivé chez eux s’appelait voyager et n’existe quasiment plus.

Les universalismes ont de toute éternité tenté d’imposer leurs visions du beau, du bien et du vrai à toute l’humanité. En occident, du colonialisme au mondialisme, du capitalisme au communisme, du catholicisme au libéralisme, tous les universalismes ont voulu s’imposer à tous pour ne pas avoir à retrouver leurs essentiels perdus et retirer la poutre de leur œil. Toujours sous le masque de la fraternité humaine qui veut enlever la paille des yeux de leurs voisins, ils tentent de vampiriser les autres peuples pour ne pas voir la poutre de leur œil C’est en oubliant toute humilité dans cette fuite en avant et ce besoin de transformer les autres pour ne pas se transformer soi-même, que tous les universalismes s’effondrent soit vaincus par la force ou le déferlement de la multitude, soit décomposés de l’intérieur par cette incapacité à se remettre en cause en reconnaissant avoir perdu sa transcendance.

Nous remettre en cause c’est retrouver nos cohérences qui ne sont pas universelles mais qui nous ont construits, générations après générations. C’est moins regarder ce que font les autres en n’en prenant que ce qui nous arrange et nous regarder davantage nous-mêmes dans la globalité de notre problème.

Nous avons oublié que l’économie est la capacité à échanger intelligemment l’énergie de chacun avec d’autres dans l’intérêt de tous, pour perdre notre temps à nous disputer pour savoir si c’est le problème du privé comme le dit le capitalisme ou celui du public comme le disait le communisme. Les deux camps ne font plus que regretter que cette énergie soit de moins en moins utilisée et se contentent, pour ne pas affronter le problème et le voir soi-disant résolu, d’observer la montée des trois esclavages que sont la mondialisation, la dette et l’immigration.

Nous avons oublié que l’éducation est l’harmonieux mélange de connaissances, d’expériences et de discernement. En transformant l’instruction publique en éducation nationale, nous avons délibérément méprisé l’expérience et le discernement alors que toutes les civilisations avaient jusqu’à présent réservé l’instruction à un petit nombre, jugé à la puberté sur son expérience et son discernement. Tout ce qui était expérience comme le service national a été supprimé par les politiques pour fabriquer de plus en plus lentement des maillons d’une chaîne qui n’existe pas. Ces maillons orphelins sont abandonnés à leur « initiative personnelle » comme le leur conseillent Jacques Attali et consorts.

Nous avons oublié que la politique est l’art d’harmoniser un peuple, que la république, la chose publique en latin, peut être confiée à un seul en monarchie, à un groupe en aristocratie ou au peuple lui-même en démocratie comme Jean Bodin l’a parfaitement expliqué au XVIe siècle dans Les six livres de la République. La démocratie est une merveilleuse utopie qui n’a encore jamais existé nulle part contrairement à ce qui nous est seriné mais qui peut être travaillée par le tirage au sort ou le permis de voter. Aujourd’hui la politique est un fromage qui se résume a faire le beau avec nos voisins en oppressant le peuple par la compétition avec lui-même au lieu de le faire coopérer, d’abord en interne, ensuite éventuellement avec d’autres peuples. La compétition se moque de la mort de l’autre alors que la coopération a besoin de son énergie.

Mais nous avons aussi oublié que si la politique est l’art d’harmoniser un peuple, elle ne doit pas se contenter de veiller à son bon fonctionnement en faisant confiance aux individus qu’elle assiste par ses magistrats que l’on appelle parlementaires ou fonctionnaires. Elle doit aussi veiller à la transcendance, c’est-à-dire au dépassement de soi dans la découverte des autres qui était confié à l’Eglise. Or l’Eglise a quasiment déserté ce champ pour se contenter de la redistribution des richesses soi-disant créées. Et ce champ manque terriblement. Nous oublions que le premier devoir d’une femme est de faire les enfants nécessaires au renouvellement de la population quand le premier devoir d’un homme est d’être en tous domaines son complément. Le manque de transcendance détruit toutes les collectivités, de la famille à la nation. Nous faisons de la compétitivité une qualité alors que c’est la coopération et la collaboration, qui permettent la vie en commun. Nous en arrivons même à mettre l’homme et la femme en compétition aussi bien par la parité que par l’orientation sexuelle qui oublie, ce que les Grecs savaient déjà fort bien, que les pulsions homosexuelles sont un passage normal de l’adolescence qui normalement ne dure pas. Si l’évolution ne se fait pas ou se fait mal, cela vaut compassion et empathie mais ni excès d’honneur ni indignité.

L’heure est grave car tout est dans le paraître et dans les techniques de report des problèmes alors que les solutions sont dans l’humilité, le courage et le discernement.

Pourquoi les banques vont-elles mal ?

La caricature habituelle du banquier avec son gros cigare, son haut-de-forme et les poches de sa redingote bourrées d’argent est en complète contradiction avec les annonces de plus en plus fréquentes de faillites de banques et de sauvetages indispensables des autres.

Il ne s’agit que de la contradiction entre le rêve et la réalité et les banques sont au milieu de ce qui devient un cauchemar. Le rêve c’est la création de richesses, l’investissement qui va créer ces richesses, et la réalité c’est qu’une richesse ne se reconnait que par l’échange avec une autre richesse précédemment reconnue et que, contrairement à une production, elle ne se crée pas.

Les banques créent la monnaie mais sont bien conscientes que la richesse ne se crée pas et elles ne mettent à disposition de la monnaie qui est une richesse reconnue, que par la création simultanée d’une créance et d’une dette. C’est la double écriture au même nom à leur actif comme à leur passif. A leur passif elle mettent une somme à la disposition de M. et Mme Tartempion ou de la société Trucmuche, et à leur actif elles inscrivent une créance du même montant sur les mêmes personnes. Les bénéficiaires utilisent généralement tout de suite l’argent mis à leur disposition mais pensent ne rembourser que petit à petit cet emprunt qu’on leur a souvent présenté comme un « investissement » qui allait générer de quoi rembourser par la sacro-sainte création de richesses.

Certes les banques dites d’affaires échappent à cela car elles ne vivent que de commissions payées par les grandes entreprises qui, elles, baignent à mille pour cent dans ce jeu si charmant de la création de richesses. Les grandes entreprises payent des fortunes aux banques d’affaires pour que leurs dirigeants puissent continuer à rêver, les dites banques payant des millions d’euros aux amis de ces dirigeants qui organisent en interne ces transactions avant de se mettre en marche vers le pouvoir.

Les banques commerciales, elles, sont coincées car elles vendent elles-mêmes à leurs clients la notion d’investissement qui ne soit pas un enterrement tout en sachant qu’il n’y a pas de création de richesse mais un échange. C’est pourquoi elles demandent en garantie, des richesses préalablement reconnues comme une hypothèque immobilière ou une caution de quelqu’un de solvable. Les banques cherchent à juste titre à sécuriser leur avoir sur des richesses déjà existantes plutôt que sur d’hypothétiques richesses futures qui sont pourtant généralement la raison du prêt.

Les banques centrales font exactement la même chose car en créant la monnaie qu’elles distribuent, elles créent en même temps une créance de même montant qu’elles mettent à leur actif sans être du tout certaines de les encaisser plus tard.

C’est tout le drame des banques. Elles ont déjà distribué de l’argent inexistant qu’elles ont créé par l’inscription de créances à leur actif, créances qu’elles ont de plus en plus de mal à recouvrer puisque fondées sur le rêve de l’investissement qui crée des richesses. En langage bancaire ce sont des NPL, des non performing loans qui font chuter à la pelle les banques ibériques et italiennes et qui feront chuter  les banques allemandes qui accumulent des créances en euros italiens, espagnols ou portugais sur ces banques malades, leurs clients transférant en euros allemands tous leurs euros du sud de l’Europe. Encore faut-il savoir que l’euro est une monnaie commune mais pas une monnaie unique, que les euros de chaque pays ne sont des créances que sur la banque centrale de ce pays et que tous les gestionnaires veulent n’être créanciers que de la Bundesbank. Savoir aussi que L’Union européenne impose d’autoriser sans limitation les échanges de tous les euros les uns avec les autres.

Personne n’ose reconnaître que la création de richesses est un mythe biblique ou évangélique et chacun ne fait que repousser l’échéance pour ne pas être aux commandes le jour du déluge. Les techniques de repoussage sont de plus en plus sophistiquées et rendent toutes, le problème encore plus compliqué.

Pour beaucoup, ce n’est pas si grave, les peuples paieront de leur sang !

Feuilletez et faites feuilleter le Petit lexique économique et social. Il évolue souvent et chaque mot est daté de sa dernière modification. Critiquez-le, commentez-le, proposez des mots qui ne s’y trouvent pas. N’hésitez pas à en contester la pertinence ou l’impertinence.

Fermons nous-mêmes la chaîne

Il n’est que de regarder la publicité pour constater combien nous sommes chouchoutés voire emmaillotés pour nous apprendre à bien dépenser notre argent. Mais le vide est sidéral dès que se pose la question de comment le gagner, à part quelques livres bas de gamme dont les auteurs tentent de nous grappiller quelques sous.

Si pour la dépense on fait semblant de nous prendre pour des gens responsables et raisonnables, pour le gain on nous laisse nous reposer sur « l’autre ». « L’autre » évolue dans le temps. Des parents jusqu’à la caisse de retraite nous passons par l’employeur public ou privé, voire par la collectivité elle-même, pour laisser à « l’autre » la responsabilité de nous donner de quoi dépenser. Nous payons d’ailleurs le minimum vital plus cher que dans d’autres pays comme l’Allemagne, en l’achetant de plus en plus à l’étranger pour que l’impact énorme de la publicité et du soi-disant gratuit ne se fasse pas trop sentir.

Certains se demandent ce que veut dire le « système » dont tout le monde parle sans jamais le définir clairement. Le système, c’est prendre à la fois (en même temps!) le peuple pour responsable dans sa dépense, et irresponsable dans son gain tout en le lui reprochant car il faut bien un bouc émissaire. Le système, c’est fabriquer de plus en plus d’emplois inutiles de conseillers, d’experts et d’observateurs en tous genres dont le seul but est de le faire tenir encore un moment, lui, le système, avec leur complicité souvent involontaire car motivés pour beaucoup par le simple besoin de survivre. Mais ils rendent tous le problème de plus en plus insoluble puisque personne ne produit plus rien dans des villes qui ne savent que dépenser et dire ce qu’il faudrait faire.

De braves âmes façon Attali qui ont parfaitement compris le système pour elles-mêmes, nous proposent de nous débrouiller grâce à notre initiative personnelle entre le marché qui nous dit mensongèrement que nous ne sommes rien tellement nous sommes nombreux et la démocratie qui nous dit mensongèrement que nous sommes tout tellement nous sommes intelligents. Elles nous poussent à tenter l’aventure de la création d’entreprise alors que tout ce qu’elles ont soi-disant créé elles-mêmes a toujours été créé par d’autres. Le résultat est cette myriade d’entreprises sans avenir dont le seul but est par flagornerie de nous faire dépenser davantage notre argent. A nous de demander à « l’autre » de nous en donner « les moyens ».

Le système a oublié que l’économie est une chaîne fermée où nous ne pouvons profiter de l’énergie des autres que parce qu’ils peuvent profiter de la nôtre. L’économie est par définition une coopération alors que le capitalisme en a fait une compétition sans enjeu où l’on nous serine que la compétitivité est une qualité alors qu’elle n’est que pousse-au-crime vers la fraude, la haine de l’autre tout en comptant sur lui, et la désespérance. Le système n’arrête pas de chercher plus ou moins inconsciemment comment refermer la chaîne ailleurs ou à un autre moment. On ne peut expliquer autrement le mondialisme, la dette et l’immigration. C’est chaque fois compter encore et toujours sur « l’autre » pour le gain. Le mondialisme va, en vendant nos emplois, chercher des marchés qui doivent, on ne sait comment, nous faire mieux vivre. La dette, en vendant nos enfants, reporte à plus tard tous les problèmes que nous sommes incapables d’affronter. L’immigration, en vendant notre culture, fait reposer le travail et le renouvellement de la population sur des arrivants peu exigeants qui acceptent de travailler et qui n’ont pas encore compris que nous avions déjà vendus leurs enfants comme les nôtres.

Pendant ce temps (en même temps!) nos élites papillonnent en vivant elles-mêmes fort bien. Elles s’intéressent à la parité, summum de l’individualisme et de la compétition, en laissant aux animaux et aux peuples stupides la coopération toute bête entre le mâle et la femelle. Même la procréation doit dorénavant parait-il pouvoir se faire en solitaire. Nos élites attendent la croissance qui va créer des richesses et enfin fermer cette chaîne à laquelle elles ne veulent rien comprendre. Elles s’écoutent et se retranscrivent mutuellement dans un jargon incompréhensible qui rappelle la médecine du prétendu siècle des Lumières. Faut-il rappeler qu’entre les médecins de Molière du XVIIe siècle et Semmelweis au XIXe siècle qui a sauvé des milliers de femmes en disant simplement à ses confrères médecins de se laver les mains, il s’est passé un siècle et demi de perte de bon sens et de gain de suffisance. Semmelweis a été accusé par sa corporation d’obscurantisme et de mysticisme. Quand après Semmelweis, Pasteur qui n’était, heureusement pour lui, ni médecin ni pharmacien a sorti la médecine de son ignorance crasse et arrogante, l’économie et la politique ont pris le relais de l’ignorance et s’y complaisent depuis près de deux siècles en flattant le peuple qui adore la flatterie et les idoles. La médecine pendant ce temps (en même temps!) s’est servi de l’innovation prônée par les économistes pour faire faire à l’humanité un bond quantitatif incroyable dont on se contente de se préoccuper de la survie alimentaire. La médecine a remplacé la religion dans la gestion de la peur de la mort mais elle coûte beaucoup plus cher, n’assume pas son nouveau rôle et ne réussit pas à s’intégrer dans la chaîne. Elle ne se demande jamais qui s’appauvrit pour l’enrichir.

S’asseoir et réfléchir, est-ce si compliqué ?

L’Union européenne s’est construite sur la fuite en avant commune de ses élites qui veulent continuer à fermer la chaîne par le mondialisme, la dette et l’immigration. Elle n’a comme avenir que l’explosion et la violence car ses élites sont tellement enfermées dans leurs prés carrés que le bon sens n’aura jamais l’unanimité requise. Elles vont se repeindre aux couleurs du temps en espérant tout de l’innovation comme la France vient de le faire. Elles vont continuer à s’entre-déchirer entre souverainistes et européanistes sur le meilleur espace pour régler le problème en continuant à faire monter le chômage, l’immigration et la dette pour ne pas avoir à dire à leurs peuples qu’ils se sont trompés toute leur vie, que le temps des weekends, des 5 semaines de congés payés, des RTT et des arrêts maladie est terminé et qu’il nous faut refermer la chaîne tous seuls en nous remettant à produire et en payant le prix auquel nous sommes capables de produire avec notre façon de vivre. La fuite en avant doit devenir l’ennemi, les agriculteurs doivent cesser de stériliser la terre pour un productivisme éphémère que le système a rendu inhérent à leur survie, chacun doit se demander l’échange qu’il a avec la société, ce qu’il lui donne et ce qu’il en reçoit. Le rôle d’un gouvernement, quelle que soit l’organisation de son peuple, est de veiller à ce que personne ne soit exclu de cet échange. Tout le reste est accessoire mais les gouvernements s’occupent pourtant de tout sauf de cet essentiel qu’ils ne font que pleurer.

Fermer la chaîne nous-mêmes c’est commencer par accepter qu’un gain d’argent est TOUJOURS une perte d’argent de quelqu’un d’autre et que vouloir la fermer par une création de richesse est TOUJOURS transporter nos fantasmes loin dans le temps ou dans l’espace pour continuer à croire à ce qui n’existe pas. Fermer la chaîne nous-mêmes c’est produire chez nous avec notre armée de chômeurs, chaque fois que cela est possible, tout ce dont nous avons besoin. Nous constaterons alors que nos prix ne sont pas compétitifs à cause de tous nos avantages acquis et qu’il faudra enfin choisir entre la coopération oubliée et la compétition sans avenir.

Que nos élites croient au fantasme de la création de richesse est le problème de fond actuel qui les fait ne pas travailler et nous emmener vers la grande violence et la guerre qui nous forcera dans l’instant à fermer la chaîne nous-mêmes et sans eux. Les communistes ont eu un mal fou à reconnaître qu’ils s’étaient trompés pendant plus d’un demi-siècle, les capitalistes ont le même mal fou à reconnaître qu’ils se trompent depuis encore plus longtemps avec une explosion vers le n’importe quoi depuis les années 70.

Ce sont les fondamentaux de bon sens qui ont été perdus. Les peuples attendent que des partis politiques en prennent conscience et ce n’est pour l’instant apparemment en gestation dans aucun d’entre eux.

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Comprendre le chômage et le combattre vraiment

Il est tout de même très curieux que personne ne semble vouloir prendre conscience que le fléau du chômage n’existe que parce que des économistes font croire aux Politiques que la croissance est une ressource et qu’il faut tout faire pour qu’elle revienne. Et comme ils vivent la croissance comme la manne divine, tout faire ce n’est évidemment que s’agiter. Sous Macron ce ne sera pas mieux que sous tous ses prédécesseurs depuis la sanctuarisation du PIB.

Nous savons depuis des millénaires que l’activité humaine est une juxtaposition et un entrelacs de chaînes fermées qui fonctionnent grâce à l’échange des énergies de tous. C’est le « donner-recevoir-rendre » parfaitement décrit au XXe siècle par le professeur au Collège de France Marcel Mauss. Le premier devoir d’un gouvernement est de veiller à ce que chacun ait sa place dans la chaîne. Cela s’appelle le droit au travail inscrit dans le préambule de la Constitution de la IVe République, repris dans le préambule de la Constitution de la VRépublique.

Dans un groupe monétarisé chaque individu doit transformer par son travail son énergie personnelle en monnaie pour la donner ou la rendre à d’autres membres du groupe en échange du fruit de leur propre travail.

Dans le monde libéral l’utilisation de l’énergie de chacun est confiée à l’employeur, qu’il soit privé ou public pour les fonctionnaires. Ce système marche très bien si la chaîne est fermée car la demande crée l’offre qui crée l’emploi qui crée la rémunération qui crée la demande. Il faut simplement que l’énergie humaine soit utilement dépensée.

Mais le capitalisme est venu rompre la chaîne par le refus de l’OIC et son remplacement par l’OMC sous le prétexte mielleux de sortir de la pauvreté qu’il définit lui-même, les populations mondiales dont il voulait, et veut, tuer les civilisations par son hégémonie qui crée des mégapoles improductives et concurrentes sur toute la Terre en éliminant les villages productifs organisés sous forme coopérative.

Il a trouvé comme alliés les Politiques qui par soumission à la fausse démocratie et pour être élus, ont flatté leur peuple en lui faisant croire qu’il peut quasiment ne plus travailler et faire monter les trois esclavages que sont la mondialisation, la dette et l’immigration, tous trois pour le capitalisme, sources de profit  et moyens de retarder son inéluctable effondrement.

Les trois esclavages sont là pour avoir de l’énergie humaine la moins chère possible.

Le mondialisme y pourvoit en favorisant par l’industrie pharmaceutique la multiplication des êtres humains pour qu’ils aient une valeur marchande perpétuellement diminuée et qu’ils soient utilisables à l’endroit du coût le plus bas.

La dette y pourvoit en faussant le coût des machines et des robots avec de l’argent facile qui ne véhicule plus aucune énergie humaine et qui se crée apparemment encore plus facilement qu’avec la vieille planche à billets.

L’immigration y pourvoit quand il faut vraiment avoir tout de même sur place des êtres humains pas chers pour faire le travail que les Français ne veulent plus faire et les enfants que les Françaises n’ont plus le temps de faire, fascinées qu’elles sont par la parité.

Bien sûr tout cela est explosif et ne peut tenir mais le capitalisme a inventé le mythe de la création de richesse que, par médias et universités, il a inséré dans les esprits. Ce mythe attire tellement les regards qu’il nous empêche de voir que ce sont les esclavages qui travaillent.

La France pourrait être ce pays qui prendrait de vitesse la guerre pour arrêter les trois esclavages. Il faudrait simplement que ses élites arrêtent de s’auto-admirer et acceptent de réfléchir. Il faut refermer la chaîne en y incluant tout le monde et arrêter de ne produire que des enseignants d’enseignants, des conseils de conseils, des formateurs de formateurs et des patrons de patrons, unique production des villes. Si nous ne le faisons pas la guerre le fera. Peu importe entre qui et qui, la guerre arrête les transports donc la mondialisation, la guerre fait sauter la plupart des banques qui évidemment ne prêtent plus, et l’immigration a pour nature de fuir la guerre.

Feuilletez et faites feuilleter le Petit lexique économique et social. Il évolue souvent. Critiquez-le, commentez-le, proposez des mots qui ne s’y trouvent pas. N’hésitez pas à en contester la pertinence ou l’impertinence.

Les pieds d’argile du colosse

Il pourrait être désespérant de constater dans toutes les campagnes électorales combien le seul sujet est de prendre le pouvoir, de vanter les réformes qui changeront tout et qui ne changent rien, de combattre les dérives qui réapparaissent à chaque nouvelle livraison de personnel politique. D’où nous vient donc cette ridiculisation de la politique qui n’est plus qu’un jeu dont il est écrit d’avance que le peuple est perdant et l’oligarchie gagnante ?

Certes le principe imbécile d’ « un homme, une voix » sans aucune vérification de la liberté du votant, ni de sa compréhension de la question posée, ni de l’intérêt qu’il y porte, donne le pouvoir aux médias et aux fabricants d’argent qui se font eux, de ce pouvoir, une vie facile et déconnectée de la vie réelle du peuple.

Certes l’autre principe imbécile de prendre la partie pour le tout et l’instruction pour  l’éducation, donne des générations de têtes apparemment bien pleines mais tellement mal faites qu’elles savent seulement se coucher, se révolter ou fuir, en tous cas se réfugier dans la négation du groupe dont elles ont pourtant un besoin vital.

Mais la base de notre désastre intellectuel, et la source qui rend malheureusement actifs ces deux principes destructeurs, est cette nouvelle religion totalement majoritaire qui croit que la richesse est quantifiable et que l’on peut s’enrichir sans appauvrir quelqu’un d’autre. Cela donne un clivage agressif très surprenant entre deux erreurs qui s’accusent mutuellement, l’erreur de trouver normal de s’enrichir et l’erreur de trouver anormal de ne pas en profiter soi-même.

Elle est très commode cette religion. Elle permet de faire croire qu’il est normal en travaillant normalement, en jouissant tout aussi normalement des plaisirs de la vie, de laisser à ses enfants plus que ce que l’on a reçu de ses parents, en étant tous libres, égaux et fraternels. C’est ce qu’on nommera plus tard l’Attaligate dont le chemin est balisé, nous serine ce monsieur avec talent, par la démocratie, les marchés et l’initiative personnelle. Mais comme pour les marchés, l’homme n’est rien alors que pour la démocratie, il est tout, le conseil pontifiant d’Attali se résume en « Débrouille-toi entre moins l’infini et plus l’infini ».

Cette religion remplace progressivement dans tout l’Occident le christianisme qui  se réduit dramatiquement lui-même à une volonté de partage équitable des richesses produites et qui se meurt de son abandon de la gestion de la difficulté humaine primordiale : donner un sens à une vie où normalement l’on travaille et où l’on ne s’enrichit pas.

Nous en arrivons à choisir comme président un homme qui s’est enrichi à millions dans une banque internationale sans même nous demander qui a été appauvri d’autant et où se situe l’honnêteté de l’échange. Le mythe de la création de richesse est tellement inséré dans nos esprits que nous sommes convaincus qu’il a simplement pris une grosse part de la richesse créée. Il serait même dans nos têtes tellement dans le vrai, le bien et le beau, que nous allons lui donner une majorité à l’Assemblée Nationale pour qu’il puisse nous montrer comment faire avant que nous lui montrions nous-mêmes que la roche tarpéienne est proche du Capitole.

Comme toutes les religions, elle a son clergé qui se donne l’impression d’exister en inventant depuis deux siècles tout un salmigondis autour de la monnaie. Ce clergé méprise l’évidence que la monnaie n’est qu’un véhicule pratique de l’énergie humaine pour en faire un générateur divin de richesses avec des formules pseudo mathématiques d’idées qui s’additionneraient à d’autres pour en égaler encore d’autres que personne ne comprend sans oser le dire. Ce clergé de plus en plus nombreux, aussi inutile que coûteux, nous refait le coup du conte d’Andersen  Les habits neufs de l’empereur où il a fallu qu’un enfant dise que le roi était nu puisque tout le monde faisait semblant d’admirer son costume que parait-il seuls les imbéciles ne pouvaient pas voir. Je suis l’imbécile qui ne voit pas la création de richesse.

Tant que les intellectuels d’Occident continueront à croire que l’on peut créer de la richesse, ils continueront à chercher des solutions miracles dans la manipulation des monnaies avec des techniques dignes des médecins de Molière, dans la manipulation du peuple en le laissant croire à l’eldorado et en l’endormant par médias interposés et dans la manipulation de la jeunesse qui cherche désespérément son avenir avec une énergie qu’elle dépense à attendre. Le mondialisme, la dette et l’immigration continueront à nous dissimuler notre triste réalité et la violence continuera à monter aussi régulièrement que le nombre de commentateurs qui n’auront toujours pas grand chose à dire mais qui pourront disserter sur l’effondrement du colosse.

 

Faut-il vraiment continuer à réintroduire l’esclavage ?

Cet article demande au lecteur un peu de collaboration. Il faut dans un premier temps prendre les 40 minutes nécessaires pour écouter et regarder la vidéo « Le jour où la France est mourue » pour constater que l’Union Européenne ne peut être la solution à nos problèmes. Il serait intéressant d’ailleurs que les quelques malheureux qui croient encore à cette fausse Europe, acceptent d’engager le dialogue sur ce qui est très clairement expliqué dans cette vidéo..

La vidéo nous amène à comprendre que le souverainisme est en l’état le seul cadre possible de notre renaissance, même si les Français ont été majoritairement convaincus par les médias de voter pour le cadre européen avec l’élection d’Emmanuel Macron. La roche tarpéienne étant proche du Capitole, notre Président sera malheureusement pour les raisons qui suivent, le bouc émissaire de son propre désastre, vu la splendeur de son ascension.

Il faut en effet aborder dans un second temps la vraie difficulté que personne n’aborde et qui rend aussi stériles les souverainismes que les européanismes et le mondialisme, difficulté qui mine notre société quel qu’en soit le cadre.

La démagogie de l’ensemble de notre personnel politique en quête de postes plus que de pouvoir par absence de vraies réflexions comme de solutions viables, nous fait croire à la fable que nous pouvons moins travailler grâce aux trois esclavages que nous mettons en place dans un silence aussi contagieux qu’hypocrite. Nous le faisons avec leur concours, souverainistes comme européanistes, en fêtant chaque 10 mai l’abolition de l’esclavage, et en jurant nos grand dieux que « Pas ça ! pas nous ! ».

Pour ne pas avoir à travailler nous ratissons large puisque nous créons un esclavage pour ailleurs, un esclavage pour plus tard et un esclavage pour ici et maintenant. Chaque esclavage se dissimule sous un but louable, se construit sur une grave erreur de jugement et se drape dans un étendard qui brandit sans vergogne l’inverse de là où il nous entraîne.

Le premier esclavage est le mondialisme déguisé en construction européenne sous l’étendard de la paix qui nous rapproche en fait de la guerre.

L’article 32 du TFUE (traité de fonctionnement de l’union européenne) explique clairement que le but n’est pas de protéger l’Europe mais de se diriger vers un commerce planétaire.  : « La Commission s’inspire de la nécessité de promouvoir les échanges commerciaux entre les États membres et les pays tiers« .

Cette fausse nécessité, fondée sur une interprétation erronée de l’avantage comparatif de Ricardo et additionnée à la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, entraîne automatiquement la délocalisation de tout ce qui emploie une main d’oeuvre peu qualifiée en ne laissant en Occident que ce que les machines fabriquent et un chômage qui ne peut que croître et faire baisser le pouvoir d’achat.

Le salaire moyen européen stagne en effet en baissant en Europe de l’ouest puisqu’il augmente en Europe de l’est proche de l’Ukraine qui a des salaires moyens inférieurs à la Chine.  Qui peut sérieusement croire qu’avec l’obligation de l’Union européenne du libre échange mondial animé par l’OMC, les salaires ne s’uniformiseront pas par la perte de pouvoir d’achat des Occidentaux ? Et comme la mondialisation de l’information crée les mêmes désirs sur toute la Terre alors que cette même Terre ne peut pas fournir la même chose à tant de milliards d’hommes, la guerre pour savoir qui sera la minorité satisfaite est forcément au bout du chemin. Ce premier esclavage nous fait perdre le gout de l’harmonie, du bon sens et du réalisme. Il ouvre la porte aux deux autres esclavages.

Pour justifier le premier esclavage nous avons inventé la notion de « création de richesse » qui nous fait croire qu’une manne annuelle tombe sur la Terre et qu’elle réduit la pauvreté que nous avons définie nous-mêmes comme l’incapacité à dépenser. Nous avons appelé cette manne, le PIB mondial et son augmentation, la croissance. Cette manne n’existant évidemment pas, nos économistes la calculent tout de même en additionnant toutes nos dépenses publiques et privées et ils réussissent le tour de force de nous faire croire, malheureusement souvent de bonne foi, que plus nous dépensons, plus nous sommes riches.

Un garçon intelligent comme Nicolas Bouzou, économiste « reconnu », en arrive à écrire le 10 mai 2017 dans L’Opinion :

 » L’Asie représentait moins de 10% du PIB mondial en 1980, et plus de 30% aujourd’hui. Le PIB par habitant y a été multiplié par plus de 20 en 30 ans et sa courbe continue de suivre une trajectoire exponentielle. Enfin, cette zone épargne et investit environ 40% de son PIB, ce qui signifie que sa croissance est loin d’être terminée ».

En arriver à la sottise de croire que l’on peut épargner et investir un pourcentage de ce que l’on dépense, ne peut s’expliquer que par la superstition bien ancrée dans les universités (et dans les grandes écoles) que le PIB est un produit dont on peut se servir alors qu’il n’est que la somme de toutes nos dépenses.

Depuis que l’économie se prétend être une science, la vie n’est plus échange d’énergie humaine mais investissements, plantations de monnaie qui vont faire des petits. Enterré Aristote qui avait vainement cherché sur une pièce de monnaie ses organes reproducteurs, ridiculisé Lanza del Vasto qui avait écrit que le but du travail était de faire des hommes, les économistes réinventent la manne par la création annuelle de richesse, dogmatiquement définie sans rire par ce que nous dépensons. Comme nous avons en même temps oublié que la monnaie n’est qu’un véhicule d’énergie humaine, nous essayons de payer cette manne en augmentant continuellement l’impôt, et comme c’est évidemment insuffisant, nous empruntons, à des organismes qui nous prêtent avec intérêt de l’argent qu’ils créent, autant que nous le leur demandons, pour le plus grand malheur des générations suivantes qui n’ont pas encore assez compris leur problème pour se révolter.

Et se met en place par l’emprunt généralisé un deuxième esclavage potentiel, un « esclavage pour dette », bien connu dans tant de civilisations, esclavage dissimulé provisoirement par la mythique création de richesse et qui, sous l’étendard brandi d’une prospérité à venir nous entraîne en fait inéluctablement vers la misère.

Nos Politiques nous poussent par flagornerie à croire possible cette vie où les efforts sont fournis par les autres, par le mondialisme quand ils sont loin, par l’impôt quand on se souvient du travail passé ou par la dette quand on veut faire payer le futur. Mais tout cela ne suffit pas et pour croire possible une vie de vacances, de week-ends, de jours fériés, de RTT et d’arrêts maladie pour claquage au ski, nous avons besoin de femmes qui mettent au monde chacune en moyenne les 2,11 enfants nécessaires au renouvellement de la population et d’hommes qui viennent faire le travail que nous ne daignons pas faire et nous mettons en place par l’immigration le troisième esclavage pour faire faire à d’autres, ce que nous n’avons pas envie de faire nous mêmes.

Comme les deux premiers, le troisième esclavage est maquillé. C’est sous l’étendard trompeur de la négation des races et de l’amour des autres que nous faisons semblant d’accueillir les malheureux migrants politiques ou économiques et nous n’aimons pas constater que cela débouche inéluctablement sur une haine réciproque. Ces esclaves prendront un jour  le pouvoir pour nous punir de leur avoir fait croire par nos médias que le pays de Cocagne existait chez nous.

Ces trois esclavages que la guerre arrêtera d’un coup, sont là pour retarder une vraie prise de conscience par la jeunesse en lui faisant croire qu’elle peut perdre des années dans des écoles et des universités qui lui donneront de quoi dominer le monde ou faire pousser ces  richesses qu’on lui a fait miroiter. Nous la formatons à croire que son énergie peut se dépenser en salle de sport et que nous allons vers une société sans travail où hommes et femmes paritairement stupides oublieraient d’être intelligemment complémentaires et n’auraient plus à travailler. On nous raconte que les machines et les robots feront presque tout en oubliant qu’ils valent très cher et qu’ils ne peuvent être construits que par une énergie, la monnaie, qui est au départ une énergie humaine de plus en plus inemployée et donc absente parce que perdue…..et donc inefficace.

L’intelligence et la guerre ont engagé sous nos yeux un combat singulier à outrance dont la jeunesse est l’arbitre. Les pouvoirs en place ont choisi inconsciemment la guerre en la retardant le temps de leur départ. Le champ d’action est immense si chacun réussit à sortir de sa coquille et à se regrouper.

Un sans-faute sur la forme

Cette première demi journée du Président Macron est un sans-faute sur la forme et montre à l’évidence l’intelligence du bonhomme. Dans son discours inaugural, ses buts sont louables, ses coups de patte discrets et il est convaincu que c’est avec l’aide de l’Union Européenne qu’il y arrivera.

C’est en entendant qu’il lisait actuellement l’histoire, année après année, de la  IVe République en regardant plus précisément l’année 1958 que m’est venue l’idée qu’il pourrait, une fois en place, imiter De Gaulle et faire l’inverse de ce pourquoi il a été élu. Du « Je vous ai compris » sur le forum d’Alger aux accords d’Evian scellant l’indépendance de l’Algérie, De Gaulle a pris conscience de ce qu’il a pensé être une impossibilité, l’Algérie française, et de ce qu’il a décidé être une nécessité, l’indépendance de la France. Pourquoi Macron ne pourrait-il pas prendre conscience de l’impossibilité de sortir de la crise actuelle dans le cadre européen et de la nécessité de retrouver, d’abord en France, les harmonies perdues dans les domaines éducatif, économique politique et religieux ?

Les Lumières et les Amériques mènent le monde depuis un peu plus de deux siècles, les Lumières posant les questions et les Amériques apportant la réponse unique et toujours identique, la fuite en avant dans l’espace, sans respect des populations autochtones et de leurs civilisations. Cela a commencé par la ruée vers l’Ouest puis par la colonisation presque universelle qui a réussi aux Amériques, en Australie et en Nouvelle Zélande au prix de quelques génocides et qui a échoué en Afrique après avoir brisé ses civilisations et l’avoir laissée dans son état pitoyable actuel. L’Union Européenne est l’avant dernier avatar de l’erreur stratégique de croire que l’on résout plus facilement un problème en allant chercher la réponse à l’extérieur. Le dernier avatar est de croire que nous devrons trouver dans le siècle à venir d’autres planètes pour nous accueillir. On ne va plus chercher des terres à l’extérieur sauf éventuellement sur Mars, mais on va chercher chez les autres, des marchés et des solutions aux  problèmes que nous ne savons pas résoudre chez nous.

Par tradition la philosophie propose au contraire de chercher les réponses en soi, d’intégrer le travail et l’effort sur soi comme une richesse et de beaucoup se méfier du besoin de tuer l’autre pour exister en ayant peur de la souffrance. Il est intéressant de remarquer que dans les églises catholiques américaines, il n’y a plus de chemin de croix. Les douceurs doivent tout envahir et le Coca Cola en être l’océan. A force de refuser sur les murs le principe du calvaire débouchant sur une résurrection, le calvaire rentre dans les vies sans aucune issue positive. C’est l’éternel querelle entre la compétition et la coopération, entre l’OMC et l’OIC, entre le croc-en-jambe et le respect,entre l’esclavage et l’effort personnel. Aujourd’hui quiconque parle d’équilibrer notre commerce extérieur autrement que par une similarité de vie entre la France et le Bengla Desh se fait traiter de partisan du repli sur soi, de l’autarcie et de la Corée du Nord.

Macron pourrait parfaitement prendre conscience du cul-de sac qu’est actuellement l’Union Européenne car les seules nations qui y réussissent provisoirement comme l’Allemagne ne réussissent que parce qu’elles font payer les autres peuples par un excédent commercial important ( plus de 250 milliards d’euros en 2016 pour l’Allemagne) et les faibles de leurs propres peuples par une misère quasiment programmée avec des immigrés pour tenir cet emploi. Tout cela n’est évidemment que provisoire car pour sucer le sang des autres, il faut encore qu’il leur en reste et le IVe Reich fondé sur la création de richesses qu’il a imposé dans toute l’Union Européenne et dans quasiment toutes les têtes, ne peut pas finir mieux que les trois premiers qui n’ont pas duré longtemps.

C’est par le choix de son Premier Ministre, par le ton de la campagne de ses candidats et surtout par sa capacité à se remettre en cause et à prendre de la hauteur après qu’il se soit confronté à la puissance allemande que je saurai si j’ai eu tort ou raison de ne pas voter pour lui. D’ici là aidons tous les candidats qui ont déjà compris que c’est en France et non dans l’U.E. qu’une solution non violente pourra naître.

Le chant du cygne de l’optimisme

Le moral est bas chez ceux qui aiment la France car nous venons de départager une perdante qui n’était pas au niveau et un gagnant qui va nous faire perdre, lui qui n’a été élu que par les optimistes en mal de support.

Le gagnant va nous faire perdre car il n’aborde pas le fond des problèmes et ne propose que de repeindre la façade d’un édifice délabré. Rajeunir un peu le personnel plait aux vieux mais ne résout rien. Les valeurs de l’obscure clarté de la République ne sont pas des dynamiques et ne mènent nulle part. L’incompétence de fond du gagnant se dévoilera avec le temps dès que la forme se fissurera. La seule question est de savoir à quel rythme. En attendant il continue à inverser le sens des mots en se jugeant patriote contre la nationaliste alors qu’il est pour le droit du sol, du lieu de naissance, natio en latin et contre le droit du sang, celui du père, pater en latin. Est-ce un signe qu’il dise l’inverse de ce qu’il croit penser ?

L’échec du Front National est plus intéressant car ses différentes personnalités n’ont abordé la complexité du problème que par l’angle qui les intéressait. Ne prenant pas la hauteur nécessaire, elles ont été incapables de se sortir du qualificatif d’extrême droite dans lesquelles les médias les ont enfermées.

La ligne officielle sous l’impulsion de Florian Philippot a voulu reconstituer le non au référendum sur la constitution européenne qui a été majoritaire, après avoir frôlé la majorité pour celui de Maastricht. Cette ligne a obtenu un succès dans le rapprochement avec Nicolas Dupont Aignan mais elle a subi un échec cinglant du côté de Jean-Luc Mélenchon car trop superficielle chez ces deux énarques, sans oublier le troisième énarque des Horaces, Jean Messiha. L’énarchie, admirable sur la forme, n’a pas encore pris le temps de s’intéresser au fond. Il faut peut-être pour ce faire qu’elle soit moins contente d’elle-même. L’opposition à la constitution européenne avait été majoritaire car elle regroupait plusieurs oppositions de tendances très différentes sur ce qu’il fallait faire. Tous ceux qui se croyaient à la manœuvre étaient favorables à cette constitution fuite en avant et l’ont d’ailleurs imposée au peuple par le traité de Lisbonne. Si Le Pen, Dupont Aignan, Mélenchon et Asselineau ont fait ensemble 47% des suffrages exprimés et voient tous la nation comme seul cadre réaliste d’un réveil efficace, aucun n’a poussé très loin l’analyse de fond sur ce qu’il fallait faire et ils se sont tous contenté, sauf Asselineau, de tout financer par la croissance, par l’augmentation des dépenses. Cette faiblesse de l’analyse a permis de ne pas voir la faiblesse identique de l’analyse des autres qui ont aussi tout fondé sur la croissance sans laquelle ils ne peuvent rien faire. Quand personne ne veut être réaliste, l’optimisme gagne toujours sur le pessimisme car il donne l’impression de faire reculer l’orage.

La ligne de Marion Maréchal Le Pen a voulu retrouver les valeurs traditionnelles de toute civilisation, la famille, l’honneur, le serment, le bon sens, n’accueillir les autres qu’après avoir fait ce qu’il faut pour être accueillant soi-même. Mais cette ligne n’a pas pris le temps ou ne l’a pas eu, d’étudier complètement ce qu’il fallait faire pour devenir accueillant et a complètement éludé l’harmonie économique indispensable que si peu de gens comprennent, qu’aucun Politique ne porte et que l’Union Européenne néglige.

Tous ne se sont battus que sur le cadre, national ou européen. Aucun candidat n’a sérieusement étudié les raisons de la disharmonie économique actuelle, tant française qu’européenne.

Le problème de fond est là : personne ne s’intéresse à l’harmonie économique qui est elle-même un savant mélange de liberté individuelle, de coopération collective et de gestion commune de ce qui nous dépasse tous et que l’on appelait religion.

Chacun préfère croire à Mammon, à la religion du PIB. Lorsque les médias diffusent que la dépense publique représente 57% du PIB, chacun aime comprendre qu’il reste à se partager 43% de cette manne alors que la réalité est que ces 43% sont de la dépense privée qui s’ajoute à la dépense publique pour faire le PIB somme de toutes les dépenses. Avec quoi les paye-t-on ?

Va-t-on continuer éternellement à monter les impôts et la dette par incapacité de faire payer les autres peuples dans cette foire d’empoigne égoïste qu’est la mondialisation ? Va-t-on continuer à tout fonder sur les trois esclavages que sont la dette, la mondialisation et l’immigration pour continuer à croire à ce que l’on appelait avec dérision la semaine des quatre jeudis au temps où le travail était une valeur ? Est-ce être passéiste que de regarder la réalité en face ?

 

L’essentiel du vivre ensemble

Les Français ont choisi le cadre dans lequel il fallait résoudre les problèmes mais n’ont été ni interrogés ni informés sur la complexité des problèmes à résoudre. 41% des Français majeurs ont choisi le cadre de l’Union Européenne avec Macron, 21% des Français majeurs ont choisi le cadre de la nation française avec Le Pen, 38% des Français majeurs n’ont pas souhaité répondre à la question soit en ne s’inscrivant pas (6%), soit en ne se déplaçant pas (24%), soit en votant blanc ou nul (8%).

Mais si le cadre est intéressant puisqu’on ne peut passer à l’action que dans un cadre donné, l’important est d’abord le but que l’on se donne et les moyens mis en place pour y parvenir.  Or sur ces points c’est le grand flou partout car dans les trois groupes, il n’y a aucune cohérence sur ce qu’il faut faire et l’on se contente par électoralisme de vouloir réformer le cadre que l’on a soi-même choisi. Macron nous a dit que le salut était en Europe mais qu’il fallait la refonder, Le Pen qu’il était en France mais qu’il fallait la réformer. Le troisième groupe ne choisit pas en reconnaissant qu’il est perdu ou en croyant à l’un des deux cadres mais pas à son candidat.

Dans la campagne des législatives qui s’annonce il sera intéressant d’observer si les candidats vont aborder les vrais problèmes et leurs façons de les résoudre autrement que par l’arrivée de la manne divine qu’ils appellent tous croissance et qui, d’après eux, est la seule à pouvoir ramener l’emploi.  Il sera intéressant de voir ceux qui se contenteront d’éluder les problèmes en sous-traitant leurs solutions au retour de la croissance et à l’investissement.

Listons une douzaine de ces problèmes dont la solution est fondamentale à la réussite du vivre ensemble :

En économie

1 – Toute l’économie est fondée sur le fait enseigné dans toutes les universités qu’au début était le troc et qu’un jour c’est devenu trop compliqué et qu’on a inventé la monnaie. Comment faire passer l’évidence que toutes les familles et toutes les associations connaissent bien, à savoir qu’au début n’est pas du tout l’échange des avoirs mais l’échange des êtres à l’intérieur d’un but commun, d’une loi sociale qui les réunit ?

2 – Le PIB étant la somme de toutes les dépenses et la croissance la simple augmentation de ces dépenses, qu’elles soient intelligentes ou stupides, financées ou non, comment faire passer l’évidence, rejetée par tous les candidats, que le PIB n’est en aucun cas une création annuelle de richesse et qu’il est malhonnête ou électoral de laisser les citoyens en attendre leur part ? Quel candidat arrêtera de dire « Sans croissance nous ne pouvons rien faire » tout en essaimant partout des pourcentages de PIB ?

3 – Les entreprises distribuant l’argent de leurs clients à leurs salariés, à leurs fournisseurs, à la collectivité et à leurs actionnaires, comment peut-on formater les gens à croire que les entreprises créent de la richesse ? Elles ne font qu’appauvrir intelligemment leurs clients pour le bien de tous les autres. Les Allemands l’ayant parfaitement compris et appauvrissant tous les autres peuples par leur balance commerciale excédentaire, comment construire une Europe avec des intérêts aussi contradictoires ? L’esprit de compétitivité de l’OMC n’est-il pas incompatible avec l’ouverture nécessaire à la construction européenne et ne faut-il pas d’abord retrouver l’esprit de coopération de l’OIC et avoir donc travaillé sa propre harmonie pour pouvoir vraiment coopérer ?

En éducation

4 – N’y a-t-il pas une véritable escroquerie à faire croire à la jeunesse que l’accumulation de ses connaissances la rendra utile à la société? Ne fabrique-t-on pas ainsi, soit des révoltés, soit de simples agents économiques performants, nouveaux esclaves de nouveaux maîtres plus ou moins discrets ?

5 – Ne faudrait-il pas introduire l’expérience dans l’éducation comme l’ont toujours fait toutes les civilisations et demander à la Défense Nationale qui a des bâtiments, des espaces et du personnel aussi importants que l’Education Nationale, de prendre en charge l’éducation par l’expérience pendant que l’Education Nationale continuerait bien sûr à l’assumer par le savoir ? Des passerelles entre les deux modes éducatifs ne seraient-elles pas les bienvenues pour que le désir d’apprendre  et celui  d’agir restent les deux premiers moteurs éducatifs ?

6 – Ne faut-il pas enfin sortir du faux choix entre homosexualité et hétérosexualité pour reconnaître que l’homosexualité est un passage habituel adolescent entre l’auto-sexualité et l’hétérosexualité et que quand un passage se fait mal ou se bloque, ce n’est en aucun cas un choix mais un malheur qui ne mérite ni excès d’honneur ni indignité ?

7 – Si dans toute société le premier rôle d’une femme est de renouveler la population en faisant en moyenne 2,11 enfants et le premier rôle d’un homme, de lui en faciliter la tâche, la parité n’est-elle pas l’encouragement discret d’un nouvel esclavage sous-traitant le renouvellement de la population à une immigration de mères porteuses ?

En politique

8 – L’avis majoritaire de la foule a toujours fabriqué les lynchages et les pogroms de sinistre mémoire. Pourquoi appelle-t-on cela aujourd’hui sans rire « la démocratie » en faisant croire que cela définit le bien alors que le seul avis intéressant est l’avis majoritaire, très difficile à déceler, des gens libres, compétents et engagés sur un sujet donné?

9 –  Ce que les Politiques appellent la démocratie n’est-ce pas simplement leur achat de l’affect du peuple avec de l’argent qui n’est pas le leur ?

10 – Jean Bodin écrivait au XVIe siècle « Les six livres de la République » dans lesquels il décrivait les différentes formes de républiques, de gestions de la chose publique, dont la monarchie, la démocratie et l’aristocratie. Qui a décidé que le mot république avait changé de sens et qui définit aujourd’hui ce mot ? Comment peut-on parler sans rire des valeurs de la République alors que liberté, égalité et fraternité ont tant de sens différents allant de l’effort sur soi à l’effort des autres ?

En spiritualité

11 – S’il est bien normal que les Catholiques irakiens ou syriens prient Allah dans toutes leurs messes puisqu’ils sont Arabes et que Dieu en arabe se dit Allah, ne devrait-on pas conseiller aux Français musulmans d’utiliser le français pour invoquer Dieu ? La langue vernaculaire de la France est le français. Parler d’Allah en France n’est-ce pas tenter d’insérer l’arabe comme langue vernaculaire française ?

12 – Pendant que certains voudraient rajouter par facilité, la laïcité à la devise de la France, ne faut-il pas aller lire le chapitre « La Stratégie de l’Action islamique culturelle à l’extérieur du Monde  islamique » adoptée par « le neuvième Sommet islamique tenu à Doha en 2000″ sur le site de l’ISESCO, basé au Maroc, et pendant islamique de l’UNESCO, regroupant officiellement tous les états islamiques sunnites et chiites. N’est-il pas écrit entre autres page 28  » Contribuer à garantir aux enfants des musulmans vivant en dehors du Monde islamique, une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive afin de les protéger de l’invasion culturelle et de l’aliénation intellectuelle exercée par l’hégémonie de certains systèmes éducatifs  » ? Cette perte en Occident d’une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive, n’est-elle pas la raison première de notre effondrement que nous ne voulons pas reconnaître mais qui est la source de multiples conversions de jeunes à l’islam ?

La campagne législative a-t-elle une chance  d’aborder ces sujets ou devons nous nous attendre à une nouvelle campagne anesthésiante pour que nous restions insensibles à la dégradation générale ?