Les inutiles ont pris le pouvoir partout

De partout les peuples des villes descendent dans la rue brandissant le drapeau de leur pays. Les peuples des campagnes n’ont pas besoin de drapeau pour être attachés à leur terre. Avec le concours des médias partout rachetés par la finance, des gens qui ne savent pas faire grand-chose ont pris le pouvoir en flattant l’affect du peuple qui les a crus, tellement ils ratissaient large. Partout les peuples sont plus que déçus car ces gens pour faire croire à leur utilité, continuent à flatter, à détruire le tissu social, à rêver, à créer des normes pour les vérifier, à créer de l’argent pour le dépenser et se croire puissants comme l’empereur nu du conte d’Andersen. Ainsi actuellement nous avons Emmanuel Macron.

La destruction de la civilisation est leur première occupation, toujours déguisée en croisade pour le bien. On crée les droits de l’enfant soi-disant pour le protéger mais dont le résultat est de tuer l’autorité parentale indispensable à la structuration de l’enfant et donc de tuer la famille. On crée des normes dans tous les domaines soi-disant pour protéger mais dont le résultat est de rendre tout beaucoup plus cher, d’appauvrir tout le monde, et de permettre en plus une rapine générale en sanctionnant leur non-respect. On crée une vérité totalement artificielle et idéologique, serinée par les médias, et qui pour être crédible consomme une énergie folle comme la colle pour faire tenir le château de cartes alors que la pomme au bout de sa branche n’a besoin de rien pour résister au vent. Tout devient obligation et interdiction pour atteindre le rêve inatteignable des inutiles qui dépensent l’énergie de leur peuple en les  réduisant à des spectateurs, des auditeurs, des lecteurs, des consommateurs et des électeurs. De partout tout naturellement les peuples se détournent de cette obligation de servitude. Ils ne votent plus. Ils n’acceptent plus de voir leurs pays détruits par leurs dirigeants. Ils n’acceptent pas les obligations de parité quand on fait l’impasse sur la parité dans les maternités. Mais ils n’ont pas le droit de le dire.

Et pendant ce temps-là les problèmes s’accumulent, tous liés au fait que le pouvoir ne s’intéresse qu’à l’inutile, du moment qu’il flatte l’affect du peuple et qu’il justifie sa propre agitation.

Tout chef sait depuis l’aube de l’humanité qu’il faut faire faire aux gens dont il a la charge, ce qu’ils font le mieux ou le moins mal. Ce principe évident a été rappelé par David Ricardo dans ce qu’ils ont appelé pompeusement « l’avantage comparatif » comme s’il fallait toujours donné un nom abscons au bon sens pour faire croire qu’on l’a découvert. Le devoir du pouvoir est donc de veiller à ce que chaque citoyen fasse bien ce qu’il fait le mieux ou le moins mal. Mais au lieu de cela, dans l’incapacité de remplir son rôle auquel il n’a pas envie de réfléchir, il se décharge lâchement du problème sur les entreprises dont la vocation est ailleurs : produire et faire reconnaître leurs productions comme des richesses. Il suffit de faire croire grâce aux médias que les entreprises créent des richesses pour justifier la double inutilité coûteuse de simultanément les subventionner et les prélever. Les prélever en mettant à leur charge l’ensemble de la protection sociale du peuple et en confisquant une part de l’argent qu’ils prennent à leurs clients venus reconnaître leur production comme une richesse. Les subventionner de mille façons plus ou moins discrètes mais surtout en laissant, depuis la loi de 1973 et surtout depuis celle de 1985 appelée loi Badinter, le droit aux actionnaires de pomper les liquidités quand tout va bien mais de laisser les dettes à la collectivité par le dépôt de bilan quand tout va mal. Pile je gagne, face tu perds. Bernard Tapie a officialisé le dépôt de bilan comme un acte  de gestion alors qu’il était la honte avant 1973. Non content de ne pas faire son travail en l’imposant aux entreprises, l’État distribue l’argent qu’il n’a pas, aux citoyens qu’il ne sait pas rendre utiles. Si par hasard un édile veut rendre utile un chômeur, l’URSSAF sort de sa niche pour l’accuser de travail dissimulé puisqu’il ne prend pas en même temps en charge la protection sociale de tout le monde y compris des salariés de l’URSSAF.

En même temps comme dirait certain, la démocratie devient un mot ridicule alors que Jean Bodin en avait admirablement donné le sens au XVIe siècle comme une des trois formes de république avec la monarchie et l’aristocratie. Il ne peut y avoir de démocratie que si les électeurs ont quelque chose à perdre s’ils choisissent des incapables. Athènes l’avait parfaitement compris en limitant le droit de vote aux producteurs de blé et d’huile d’olive comme le XIXe siècle avait aussi tenté de le respecter en limitant le droit de vote à ceux qui payaient des impôts. La formule étonnamment stupide d’ « un homme, une voix » permet à la finance de placer ses hommes en achetant l’affect du peuple avec l’argent de ce peuple qui n’a que le droit de s’appauvrir. La finance, pour continuer à tenir son monde, a transformé la démocratie en dictature des minorités grâce à ses pions et aux médias. Comment s’étonner que l’abstention devienne la réponse intelligente des peuples ?

Mais le plus gros problème reste l’espace de jeu des acteurs économiques et les drapeaux brandis par les manifestants sur toute la Terre montrent où est le bon sens des peuples. Personne n‘a jamais vu quiconque, à part la pseudo élite qui en vit, brandir un drapeau européen dans une manifestation. On a oublié qu’à l’intérieur d’une même nation c’est le donner-recevoir-rendre qui est la règle économique de base alors qu’entre nations, seul le troc est sérieux. L’ONU avait unanimement reconnu cette évidence dans la charte de La Havane de 1948 en créant l’Office International du Commerce (OIC). Pour plaire à l’armée d’inutiles, on a créé à Genève en 1995 l’OMC, cette organisation imbécile qui essaie de créer entre les États une organisation faite d’interdictions et d’obligations sous le parapluie d’un but réputé commun, la fin de la pauvreté. L’OMC a pris soin de définir dogmatiquement la pauvreté comme l’incapacité à emprunter pour dépenser. Fabriquez de la monnaie, déversez-la par hélicoptère et vous aurez vaincu la pauvreté. Tel est le dogme des inutiles qui rêvent d’une civilisation mondiale impossible mais qui s’acharnent à détruire les civilisations existantes en prétextant que les races comme les nations n’existent pas. Dire qu’elles existent est immédiatement traduit comme une volonté de croire sa nation ou sa race supérieure. Ce mensonge est tellement répété qu’il en deviendrait presque vérité, Sachez différencier un chêne d’un sapin et vous serez immédiatement accusé d’en mépriser un. Il est triste de voir les banques allemandes creuser leurs tombes en prêtant sans retour possible aux banques du sud de l’Europe, l’argent qu’il leur faut pour que leur peuple achète allemand. Avec Target 2, l’Union européenne, autre nom du 4e Reich, est bien mal partie.

Ainsi va le monde en attente de ce qui balaiera ces inutiles au pouvoir qui, pour y rester, fabriquent à la pelle de nouveaux inutiles dans l’éducation nationale, et de l’argent pour tenir encore un peu en consommant l’énergie du futur.

On se trompe de transition énergétique

La transition énergétique est à la mode. Politiques, médias et mouches du coche s’en donnent à cœur joie et laissent croire à un remplacement progressif des énergies fossiles émettrices de CO2 et des énergies nucléaires qui font facilement peur, par des énergies renouvelables.

A contre-courant mais parfaitement logique, Jean Marc Jancovici rappelle dans tout le monde universitaire que vivre sur les énergies renouvelables a toujours été l’apanage de l’humanité avec son chauffage au bois, sa traction animale, sa marine à voile et ses moulins à eau et à vent. Il explique à juste titre que ce n’est que depuis que nous utilisons de l’énergie fossile que nous sommes devenus des supermen à nos propres yeux en multipliant par des milliers notre capacité énergétique grâce aux machines. Il montre aussi, croquis à l’appui, qu’aucune énergie n’en a jamais remplacé une autre et que les nouvelles énergies ne se sont chaque fois que surajoutées aux précédentes que l’homme a continué à consommer de plus en plus, tellement ses machines étaient énergivores. Le charbon n’a pas remplacé le bois que l’humanité a continué à consommer de plus en plus. Le gaz et le pétrole n’ont pas remplacé le charbon que l’humanité a continué à consommer de plus en plus. Le nucléaire n’a pas remplacé le pétrole et le gaz que l’humanité a continué à consommer de plus en plus.

Encore une fois à juste titre, Jancovici insiste sur le fait que l’énergie fossile n’est pas gratuite alors que nous ne payons que le prix de son extraction, de son transport, de sa transformation et les bénéfices de tous les acteurs de son cheminement. Nous ne payons pas la reconstitution en millions d’années de ce que nous consommons quotidiennement de façon croissante. Jancovici souligne que cet aveuglement était déjà celui de Jean-Baptiste Say qui écrivait en 1804 dans son Traité d’économie politique: « Les ressources naturelles sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques ».

Là où Jancovici fait lui-même exactement l’erreur qu’il reproche à Jean-Baptiste Say d’avoir fait il y a deux siècles, c’est quand il dit négligemment lors de sa très intéressante leçon inaugurale à SciencesPo le 29 août 2019 « Du pognon, il y en a plein » (à 2h13 sur les 2h24 de sa leçon). Il ne réalise pas que la monnaie est une énergie, qu’elle n’est pas plus gratuite que les autres, et qu’une fois de plus cette énergie voudrait  remplacer les énergies précédentes et ne fait en fait que se surajouter sans faire baisser les autres.

L’énergie monétaire a en effet complètement changé sa source par un véritable triple saut en un peu plus de 50 ans, de 1944 à 2001. Jusqu’aux accords de Bretton Woods en 1944, toute monnaie avait toujours été liée à ce que le peuple qui l’utilisait voyait comme une richesse préexistante, généralement de l’or. La monnaie était la richesse du passé du peuple. C’est pour cela qu’en échange de la monnaie il donnait de lui-même. Les accords de Bretton Woods n’ont apparemment pas changé grand chose. Sous impulsion américaine ils ont lié les monnaies au dollar et le dollar à l’or. Cela restait cohérent à la condition que la FED n’imprime pas plus de dollars que le Trésor américain ne possédait d’or. Or la FED a imprimé 5 fois plus de dollars qu’il n’y avait d’or et Nixon a été obligé le 15 août 1971 de déconnecter en urgence le dollar de l’or pour endiguer la fuite de l’or américain que beaucoup, comme De Gaulle, venaient chercher contre des dollars. Mais le troisième saut de ce triple saut a été l’introduction de l’euro avec des équivalences avec les monnaies européennes antérieures en oubliant consciencieusement qu’elles n’étaient plus liées à rien par la décision américaine de 1971.

Depuis le 15 août 1971 et officiellement à partir de la création de l’euro, l’énergie monétaire ne provient plus d’une richesse passée reconnue comme cela avait toujours été le cas depuis l’aube des temps. Elle provient d’une richesse future totalement imaginaire et que l’on peut donc faire croître sans limite en l’espérant himalayenne, voire même perçant le ciel. Nous vivons globalement au-dessus de nos moyens grâce aux 200.000 milliards de dollars de dettes que nous avons. Ces dettes sont en réalité la source virtuelle et apparemment gratuite de la nouvelle énergie monétaire qui nous permet partout de faire n’importe quoi et de croire possible le libéral-libertarisme. Nous avons rajouté aux couches d’énergies que Jancovici décrit très bien et que nous continuons à consommer, une nouvelle énergie dont il ne parle pas comme d’une énergie, l’énergie monétaire. Nous consommons avec la monnaie, une énergie sans source connue. Nous la voulons gratuite et illimitée et nous le croyons possible puisque c’est une énergie qui nous vient du futur. Venant du futur nous pouvons l’imaginer à notre guise et c’est cette transition énergétique que nous vivons actuellement et dont nous n’osons pas parler parce qu’au fond de nous, nous n’en sommes pas très fiers.

La question que chacun devrait se poser aujourd’hui est de savoir s’il veut se dégager des faux rêves collectifs mondialisés et inatteignables que les médias, l’éducation nationale et les politiques ont mis dans les esprits. Ces rêves se nourrissent de l’énergie monétaire (donnez-nous les moyens). C’est en sortant de ces rêves et en réalisant que « la seule source de l’énergie monétaire est le travail humain et ses réalisations passées » (Bruno Lemaire), que nous pourrons faire en sorte que cette énergie monétaire soit à nouveau au service du peuple puisque c’est sa propre richesse, et qu’elle ne soit pas gaspillée au service d’un système que plus personne de sérieux ne défend vraiment.

L’énergie des chômeurs doit remplacer l’énergie monétaire venant de la dette. Mais cela commence par la compréhension et la maîtrise de l’énergie monétaire, puis par la compréhension que le chômage n’est pas le problèmes des entreprises mais celui des politiques. Sans quoi nous continuerons à faire toutes nos bêtises en douceur grâce à l’énergie monétaire qui fabrique les machines, et tant que les énergies précédentes seront encore disponibles pour les faire fonctionner.

L’économie mondiale affronte un problème qu’elle n’a jamais connu

Les politiques, les médias, les financiers et les économistes s’acharnent à résoudre les problèmes qu’ils voient mais qui ne sont plus les bons. Ils ne résolvent donc absolument rien et les peuples les voient s’agiter en souffrant de leur incompétence. Les peuples ne savent plus comment exprimer leur malaise puisque, quelle que soit la forme de cette expression, cela ne change rien.

Le vrai problème est ailleurs et est tellement énorme que personne ne semble avoir envie de le voir, de le comprendre et encore moins de l’affronter.

Depuis Aristote on n’a jamais défini la monnaie autrement que par ses utilisations, moyen d’échange, réserve de valeur et chiffrage de la richesse dont on a complètement oublié qu’elle n’est qu’un regard commun, parfois éphémère, sur quelque chose de collectivement apprécié. Personne ne semble avoir pris la peine de dire ce qu’est la monnaie. Certains soutiennent que c’est une marchandise, d’autres un symbole, un signe, une institution, un contrat… Chacun y va de son ego et certains soutiennent même que la monnaie n’est….rien. Verrait-on l’énergie électrique définie exclusivement par ses utilisations comme l’éclairage ou le chauffage ou par son stockage dans les accus ? C’est pourtant ce que nous faisons avec l’énergie monétaire qui nous fait pourtant vivre et notre aveuglement nous endort. Nous devons définir la monnaie et en tirer les conséquences.

Une monnaie est un titre de créance sur le peuple qui l’utilise. Ce titre de créance a toujours été fondé sur le fait que la monnaie était une richesse déjà constatée qui transportait avec elle une part de la vie passée du groupe.

Cela a été des plumes d’oiseau rare, du bétail, des grains de blé, du sel, de l’or, de l’argent ou du cuivre. Chaque civilisation a trouvé sa matière pour remplacer le donner-recevoir-rendre très bien défini par Marcel Mauss et qui continue à être irremplaçable dans des structures comme la famille. Il a fallu pourtant le remplacer car, quand le groupe devient trop important, le donner-recevoir-rendre perd son harmonie car certains oublient de rendre.

La monnaie, richesse déjà constatée, est rare par définition. C’est sa rareté qui empêche normalement le peuple qui l’utilise de s’abandonner aux rêves hédonistes et de croire que l’impossible est possible. C’est cette rareté que le papier monnaie a systématiquement piétinée par soif d’énergie et par désir de plaire.

Toutes les tentatives de papier-monnaie du XVIIIe siècle ont toutes commencé par des équivalences avec des richesses précédemment reconnues. Le système de Law était fondé sur les actions de la compagnie du Mississipi, Le rouble de la grande Catherine sur les mines et le cuivre, les assignats sur les biens confisqués de la noblesse et du clergé, le dollar continental sur la livre sterling. Si les accords de Bretton Woods deux siècles plus tard ont lié toutes les monnaies au dollar, le dollar gardait son équivalence en or.

Toutes ont explosé parce que, par facilité ou rouerie, on a imprimé beaucoup plus de billets que de richesse reconnue. Law a fui à Venise dès que le Régent a eu remboursé les dettes faramineuses de Louis XIV, le rouble papier a disparu dès les réformes coûteuses de Catherine II effectuées, les assignats ont été retirés dès que la bourgeoisie a eu récupéré à bas prix les biens confisqués par la nation, le dollar continental n’a plus rien valu quand la guerre d’indépendance a été payée. Le dollar américain a été déconnecté de l’or quand la FED a imprimé 5 fois plus de dollars qu’il n’y avait d’or dans ses coffres, pour payer le plan Marshall puis les guerres de Corée et du Vietnam. Tout a toujours été partout payé au bout du compte par l’impôt en monnaie dévaluée. L’augmentation exponentielle des impôts depuis les années 70 n’en est que le sinistre constat. Depuis le 15 août 1971 les monnaies ne sont liées à aucune richesse.

On a même avec la création de l’euro, créé pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité, une monnaie sans équivalence avec une richesse préalablement reconnue si ce n’est avec des monnaies nationales, elles-mêmes déconnectées de toute valeur 30 ans auparavant. C’est ce qui a ouvert la boite de Pandore.

Tout n’est maintenant fondé que sur la confiance que les peuples ont dans leurs dirigeants, leurs politiques, leurs médias, leurs financiers et leurs économistes, dans ce qui a créé l’euro et qui industrialise la surproduction de monnaie en laissant loin derrière lui les artisanats de Law, des assignats ou du dollar continental. La banque du Japon, la FED et la BCE impriment en continu pour faire croire que les machines créent des richesses. La monnaie devient un outil d’illusionniste. Les sachants savent tellement que les monnaies ne valent plus rien qu’ils les placent à taux négatif pour espérer en récupérer une partie lors de l’explosion.

Pour tenir depuis 75 ans alors que toutes les précédentes escroqueries n’ont tenu que quelques années, le système a joué sur deux tableaux qui se soutiennent l’un l’autre. D’une part la création du PIB pour faire croire à une création objective de richesse et d’autre part la quasi dissimulation des actifs des banques centrales pour que les peuples ne réalisent pas que toute création monétaire sans constat préalable de nouvelle richesse est, au centime près, un futur impôt qui peut être partiellement sous forme de dévaluation.

Les universitaires, les intellectuels et les médias ont été indispensables pour faire croire aux peuples que le PIB était un produit à se partager alors qu’il n’est que la somme de toutes les dépenses. Faites-monter le prix de l’immobilier, des actions ou des œuvres d’art, faites tourner et vous aurez un PIB fantastique sans aucune création. Il n’y a pas une dépense qui ne soit pas comptée dans le PIB et aucun élément du PIB n’est pas une dépense. Les mêmes ont soigneusement caché que les banques centrales ont un bilan équilibré et que chaque fois qu’elles créent de l’argent qu’elles mettent à disposition à leur passif, elles inscrivent à leur actif sous différentes formes une créance du même montant sur les peuples que les politiques sont payés à récupérer par l’impôt, ce qui devient malheureusement leur première activité car c’est la seule qui peut freiner la dévaluation.

Pour parfaire ce système incohérent nous avons trouvé l’idée lumineuse de fonder la monnaie non plus sur une richesse reconnue préalablement comme cela a toujours été le cas, mais sur une richesse future ouverte à tous les fantasmes. Nous avons même fait croire aux peuples qu’un investissement était un multiplicateur de monnaie alors qu’il n’est qu’une dépense pour faire une production qui ne sera richesse que si des clients viennent s’appauvrir pour l’acheter. Il suffit aujourd’hui de faire croire qu’une stupidité est une richesse comme le sushi ou n’importe quelle américannerie (coca, chewing-gum, Mc Do) pour que l’on investisse dessus avec l’argent créé par une banque centrale sur un futur impôt. Pour faire tenir le système un peu plus longtemps, on flatte tout ce qui peut l’être. Chaque minorité devient une cible à admirer et à flatter financièrement, …. la majorité paiera. C’est comme cela que tout s’inverse car tout est lié. Le collectif n’existe plus vraiment et est totalement dévalorisé au profit d’un individualisme dévorant et totalement insuffisant. Chaque personne raisonnable attend l’explosion. La compétition remplace la coopération, les femmes ne font plus d’enfants, les hommes ne trouvent plus de travail, le travail est très mal rémunéré, l’avantage comparatif de Ricardo est oublié à l’intérieur des nations alors que faire faire à chacun ce qu’il fait le mieux ou le moins mal devrait être l’obligation morale de tout dirigeant qui veut réellement enrichir le pays. S’en décharger sur les entreprises dont ce n’est pas la raison d’être, devrait faire rougir de honte. La peine de mort est interdite pour les criminels mais autorisée pour les innocents si on les appelle dommages collatéraux. Les nouveaux mots racisme et sexisme ont été inventés pour amalgamer volontairement la distinction évidente entre les races et les sexes et leur hiérarchie totalement stupide. Le but de ces mots est d’empêcher les peuples de distinguer les races et les sexes puisqu’ils ont le discernement de ne pas les classer. L’interdiction honteuse des statistiques ethniques poursuit le même but. On encense tout ce qui endort ou rend amnésique. 200.000 milliards de dollars attendent d’être remboursés par des créations de richesses imaginaires. On voit les politiciens se montrer partout pour dire qu’ils écoutent car ils n’ont plus rien à dire. Et quand ils disent, c’est pour faire croire que la technique vaincra la réalité. L’idéal médiatique les incite même à appartenir en plus si possible à une minorité raciale, sexuelle ou religieuse pour être vraiment inattaquables sauf par les affreux racistes, sexistes et autres homophobes qui, étant eux-mêmes la cible à abattre, ne peuvent plus rien dire sur qui que ce soit. Rien que fin septembre 2019 pendant que les politiciens faisaient leur rentrée médiatique quémandant des solutions, la FED créait en 4 jours 300 milliards de dollars.

La question n’est même plus de savoir quand cela explosera mais de chercher les gens qui s’intéressent à la politique et qui ont compris que rien ne pourra être fait tant que la bombe économique actuelle ne sera pas comprise puis désamorcée. C’est seulement alors qu’il sera temps de s’interroger sur la taille du groupe qui devra prendre les rênes de l’action. Perdre son temps aujourd’hui à se demander s’il faut être nationaliste ou européen, changer l’Union européenne ou la quitter, c’est simplement donner du temps aux défenseurs du système qui, dans leur propre intérêt, veulent le faire tenir en continuant à appauvrir les peuples. L’urgence est de retrouver une monnaie qui soit une richesse reconnue par le groupe, et par là même le garde-fou dont la rareté nous empêche, et les empêche, de faire n’importe quoi.

L’action est une nécessité absolue mais personne n’a jamais vu une action qui ne soit pas précédée par une prise de conscience, et une action utile par une prise de conscience cohérente.

Et si on arrêtait de nous prendre pour des c… avec le réchauffement climatique anthropique ?

Toute personne qui parle de changement climatique devrait connaître sur le bout des doigts les paramètres de Milutin Milankovic qui expliquent pourquoi la Terre a été plusieurs fois depuis des millions  d’années une boule de glace et le sera à nouveau avec des périodes interglaciaires plus ou moins longues pendant lesquelles la vie peut se développer. Le premier paramètre est l’obliquité de l’axe de la Terre par rapport au soleil qui varie dans un cycle de 41.000 ans de 21,9 ° à 24,5°. Le second est l’excentricité de la Terre qui tourne autour du soleil dans un cycle de 100.000 ans sur une orbite qui va du cercle presque parfait à une ellipse faisant évoluer les distances de la Terre au soleil. Le troisième paramètre est la précession des équinoxes, la terre tournant comme une toupie avec un axe qui décrit un cercle en 23.000 ans. Ces trois paramètres expliquent, à rayonnement constant du soleil dont nous ne savons pas grand-chose, pourquoi la Terre en reçoit des quantités très variables. C’est très bien expliqué sur des tons différents dans deux vidéos assez courtes, visibles sur youtube ici et ici, que quiconque souhaitant ne pas dire trop de bêtises sur le climat, devrait absolument regarder.

Cela éviterait de continuer par ces fadaises à détourner l’attention des braves gens du vrai problème actuel qui est le pillage de la Terre pour nourrir les machines qui fabriquent et transportent en continu ce que l’on impose comme richesses, en fabriquant au même rythme de la monnaie pour les acheter. Nous sommes encore beaucoup trop nombreux à ne pas comprendre que la monnaie est une énergie monétaire comme l’électricité est une énergie électrique. Ne le comprenant pas, nous ne sommes pas choqués que la monnaie soit devenue une énergie sans source, une énergie qui n’est qu’apparence et qui s’accumule en creux dans les dettes que les Politiques sont payés à récupérer par l’impôt. La dette mondiale des 6 milliards d’êtres humains est aujourd’hui de 200.000 milliards de dollars en additionnant les dettes des États, des entreprises et des particuliers. Et cela monte à chaque instant puisque nous ne voulons pas en prendre conscience en feignant de trouver cela secondaire. Nous préférons jouer au sorcier qui va déplacer les anticyclones et les dépressions en s’en croyant capable alors que personne n’a encore expliqué les raisons de ces déplacements imprévisibles. A force de se laisser prendre pour des c…, ne le deviendrions-nous pas un peu ?

Le « problème à traiter » de Jean-Marc Jancovici

Dans sa leçon inaugurale à SciencesPo du 29 août 2019, où il reprend son cours au Mines de Paris, Jean-Marc Jancovici souligne remarquablement le « problème à traiter » en partant d’un constat difficilement contestable, à savoir que toute notre vie n’est composée que de ressources transformées, elles-mêmes n’étant toutes, que de l’énergie transformée. Il précise que ce sont les machines qui ont fait de nous des « supermen pour de vrai », en multipliant notre puissance personnelle en moyenne par 200, et en occident dans les villes par mille ou deux mille. Cela s’est fait en deux siècles en passant des énergies renouvelables aux énergies fossiles dont le côté apparemment illimité n’a jamais permis de réflexion sur le coût de leur reconstitution qui devrait en toute logique être pourtant provisionné.

Avec quelques formules-chocs il nous rappelle des vérités oubliées : « L’énergie c’est la capacité à transformer l’environnement », « Dans un seul litre d’essence il y a la même capacité à transformer l’environnement que dans 10 à 100 jours de travail de force d’un être humain », « Dépenser de plus en plus d’énergie c’est utiliser de plus en plus de machines », « Chaque être humain exploite sans s’en rendre compte des milliers de machines ». Il constate que nous avons simplement remplacé l’esclavage humain par l’armée d’esclaves que sont les machines, en considérant toujours que la ressource est illimitée donc gratuite, et que l’on ne paye que son ramassage.

Le problème est parfaitement posé mais il bute sur les solutions en commençant pourtant par donner une excellente définition de l’économie, « l’économie c’est la compréhension des facteurs limitants dans la production ». Mais il ne tire pas les conséquences de sa propre définition car il ne parle que des facteurs limitants que sont pour lui l’émission de CO2 par toutes les machines thermiques et la lente destruction de la Terre par une consommation inconsidérée de ses ressources.

Il ne parle pas du premier facteur limitant, le plus naturel, celui qui devrait nous mettre obligatoirement et naturellement devant notre problème pour utiliser notre intelligence à le résoudre, même si nous ne savons pas aujourd’hui comment. Il élimine au contraire cette limite essentielle en disant : « Du pognon il y en a ». Ce facteur limitant normal dont il ne dit pas un mot, c’est la rareté normale de l’énergie monétaire. Le problème de notre civilisation, c’est que nous avons volontairement oublié la source de cette énergie pour ne pas voir son épuisement. Nous avons sombré dans la «pigilithie» dont nous devons nous vacciner car elle nous empêche, par la fuite en avant, d’affronter notre problème. La monnaie est une énergie dont nous avons perdu la source. C’est cette énergie sans source qui fabrique les machines qui grignotent la Terre. Jean-Marc Jancovici a parfaitement raison de dire que « PIB ou  CO2, il faut choisir » mais il doit prendre conscience que le PIB n’est que la somme de nos dépenses de consommation ou d’investissement et que ce PIB est fabriqué artificiellement par une énergie monétaire sans source, « apigique ».

Certains pourront se contenter de la réponse  proposée par Contrepoints D’où vient l’argent ? Du chiffre d’affaires des entreprises, point. Personnellement cette réponse me fait simplement me remémorer la réplique culte de Thierry Lhermitte : « Je n’aime pas dire du mal des gens mais effectivement elle est gentille ». D’autres pourront, comme Jean-Marc Jancovici, vouloir soigner le malade sans chercher la cause de la maladie, faire des vœux pieux : « Faire des propositions qui n’ont plus besoin de la croissance ». Mais c’est en s’intéressant plus sérieusement à la source de l’énergie monétaire que les solutions apparaîtront enfin. C’est en faisant une vraie révolution personnelle par la compréhension que l’énergie monétaire n’est pas plus gratuite que les énergies fossiles que les générations montantes pourront sortir du constat désespéré de Jean-Marc Jancovici et sauver notre, …leur civilisation.

Aveuglement ou bêtise ?

Lorsque Contrepoints diffuse ce matin un article D’où vient l’argent ? Du chiffre d’affaires des entreprises, point, J’ai souhaité réagir devant une telle ineptie. Etant banni de ce site qui n’aime pas la contradiction, tout en se proclamant défenseur de la liberté d’expression, je profite de son autorisation de partager cet article quand on l’aime, pour le partager à ma modeste manière.

J’aime cet article car il est l’expression de la bêtise à l’état pur. Tout s’y trouve. L’argent vient du chiffre d’affaires des entreprises mais il ne vient pas à l’idée de l’auteur qu’il n’y a pas de chiffre d’affaires des entreprises sans que des clients viennent abandonner leur argent et fabriquer ce chiffre d’affaires qui sans eux n’existerait pas. Toutes les courbes sont en pourcentage du PIB que l’auteur continue à voir comme une richesse à se partager alors que c’est la somme de toutes nos dépenses.

A la réflexion, je retire le mot bêtise qui est disgracieux et je dois reconnaître que la bonne foi se montre volontiers en public quand elle a sa béquille de l’aveuglement. Je crains très fort que l’auteur soit de bonne foi ! C’est dire la profondeur de notre problème.

Bonne chance à cet auteur comme à Contrepoints qui semble fier de le publier.

La science économique aurait-elle inventé la machine à remonter le temps ?

Le temps et l’espace sont deux décors infinis dont l’homme a besoin pour analyser sa liberté, pour tenter de comprendre ce qui se passe autour de lui. Il appelle espace ce qui est réversible, et temps ce qui ne l’est pas. Par définition le temps ne se remonte pas car s’il se remontait, on l’appellerait l’espace.

L’homme a toujours rêvé de remonter le temps et depuis un siècle, trois illusions lui sont proposées pour faire semblant d’y croire : le cinéma, une mauvaise interprétation d’Einstein et la science économique. Pour le cinéma l’expression populaire « faire du cinéma » donne bien ce côté illusoire. Pour Einstein l’allongement apparent par la vitesse de la durée d’une seconde dans une horloge atomique, ouvre les portes du rêve puisqu’une sinusoïde est plus longue qu’une ligne droite. Pour la science économique c’est mieux caché, c’est mieux habillé mais probablement plus pervers tellement tout est fait pour qu’on y croit.

Le principe de la science économique qui remonterait le temps est qu’une conséquence peut arriver avant que sa cause ne survienne, que l’eau d’un fleuve pourrait être à son estuaire avant d’être à sa source. C’est le principe même actuel de la monnaie et de la notion d’investissement.

Pour bien l’appréhender il faut d’abord se souvenir que la monnaie n’est que le substitut d’une richesse déjà constatée pour pouvoir, par une impression de troc que l’on appelle le prix, garder l’esprit du donner-recevoir-rendre, « fait social total » constitutif d’un groupe harmonieux et cohérent. Toute vraie monnaie est une richesse déjà constatée qui transporte avec elle une part de la vie passée du groupe. Dans l’histoire cela a été, entre autres, du sel, du bétail, des plumes rares, du cuivre, de l’argent ou de l’or. Même le papier monnaie a toujours été émis au départ avec garantie d’une richesse déjà reconnue. Ce fut les actions de la compagnie du Mississipi pour le système de Law, les biens confisqués de la noblesse et du clergé pour les assignats, et l’or pour le dollar, base du système de Bretton Woods de 1944.

C’est la dérive du système qu’il est intéressant d’étudier. Comment pouvons-nous croire qu’un bout de papier multiplié à l’infini peut garder une valeur énergétique constante ? C’est tellement facile d’imprimer du papier quand on en a le pouvoir, que systématiquement on en imprime beaucoup plus que leur équivalent en richesse déjà reconnue et le papier-monnaie ne vaut plus rien à échéance variable. Ce fut le cas pour Law qui finit exilé à Venise au bout de 5 ans quand le Régent a eu remboursé les dettes énormes de Louis XIV. Ce fut le cas pour les assignats quand la bourgeoisie a eu fini de récupérer en 7 ans les biens de la noblesse et du clergé. Pour le dollar la FED dès la fin de la guerre a imprimé infiniment plus de dollars qu’elle n’avait d’or à Fort Knox. Le plan Marshall comme la guerre du Vietnam n’ont été financés que par de la fausse monnaie. Et c’est parce que plusieurs pays ont imité la France de De Gaulle qui allait échanger ses dollars contre de l’or, que Nixon a été obligé, pour ne pas voir Fort Knox complètement vidé de son or, de dénoncer la convertibilité du dollar le 15 août 1971. Il y avait en effet à l’époque 53 milliards de dollars en circulation dans le monde et le trésor américain n’en possédait pas le cinquième en or. Depuis cette date, voilà bientôt un demi-siècle, le dollar comme toutes les monnaies qui lui étaient liées par les accords de Bretton Woods et leurs remplaçantes comme l’euro, sont des monnaies dite fiduciaires dont l’équivalent n’est plus une richesse reconnue mais la confiance que nous avons en Trump, en Bush père et fils, en Mitterrand, en Chirac, en Sarkozy, en Hollande, en Macron et en Christine Lagarde pour nous créer de la richesse.

Conseillés par la science économique, ces politiques unanimes ont inversé le temps en faisant une sorte de constat public d’existence de ce qui n’existait pourtant pas encore. Ils ont laisser constater par les banques centrales une richesse inexistante en imprimant des billets reconnus par la population comme une richesse, ils ont appelé leur utilisation, un investissement, et ils ont compté sur l’avenir pour apporter la preuve de la transformation miraculeuse du papier en richesse. C’est à l’avenir qu’ils ont confié la tâche difficile de montrer qu’Aristote avait mal cherché en ne trouvant pas les organes reproducteurs  d’une pièce de monnaie.

Mais comme la confiance que nous avons dans les politiques est totalement inexistante bien qu’artificiellement gonflée par les médias appartenant à la finance, observons comment ils ont pu faire illusion un demi-siècle alors que le système de Law et les assignats n’ont tenu que quelques années.

Il a fallu pour cela, à la fois faire oublier ce qu’était la monnaie, faire croire à un système aberrant, et masquer la façon dont la réalité et le bon sens reprenaient le dessus et ridiculisaient le système.

Entre ceux qui voulaient que la monnaie soient une marchandise, ceux qui voulaient qu’elle soit un symbole, ceux qui voulaient qu’elle soit une institution, il y a eu d’abord un accord tacite insolite pour refuser de voir que la monnaie est avant tout une énergie, une « force en action » fondée sur le « souvenir » comme le disent les étymologies grecques des deux mots énergie et monnaie (moneo forme causative latine de la racine grecque men de la mémoire). Quel pan de vie n’est-il pas en effet arrangé, stimulé ou dérangé par la force de l’argent ? Mais il était capital que cette énergie ne soit pas reconnue comme telle car il aurait fallu s’interroger sur sa source, se demander d’où elle venait.

C’est ensuite par la construction d’un système utilisant une énergie sans source que s’est érigée l’illusion actuelle qui pose tant de problèmes. Il n’est pas simple de faire croire que demain peut précéder hier, qu’un fleuve coule à contre-sens et que dépenser enrichit. C’est le rôle du PIB qu’il faut bien comprendre pour ne pas s’en laisser conter.

Le PIB (produit intérieur brut) n’est en aucun cas un produit. Il mesure une activité économique en la chiffrant de 3 manières comme on peut mesurer de trois manières l’activité d’un marché sur une place de village ; soit en chiffrant comme on le peut, ce qui y est vendu, soit en comptant ce qui y a été dépensé pour l’acheter, soit en additionnant toutes les ventes qui s’y sont faites. L’INSEE fait intervenir sans vergogne le commerce extérieur dans un seul de ses trois calculs, ce qui démontre mathématiquement qu’il n’a aucune influence sur le PIB car le PIB se moque tout autant de l’origine de ce qui est vendu (production, importation, récupération ou vol) que de l’origine de l’argent qui a permis de l’acheter (travail, emprunt, visiteur ou vol). Le PIB est la somme de tout ce qui est dépensé avec un argent sans distinction d’origine pour acheter des biens et des services sans origines différenciées.

L’idée géniale de la science économique est d’avoir appelé produit, cette somme de dépenses. D’un côté elle a rendu incompréhensible la définition du PIB par des définitions techniques absconses et mensongères puisque présentées comme le chiffrage d’une activité de production alors qu’il ne chiffre que des activités de négoce. De l’autre elle a fait miroiter tout ce que l’on pouvait théoriquement faire grâce à ce produit intérieur brut, après avoir astucieusement métamorphoser cette dépense en corne d’abondance. Elle a fabriqué à la pelle de jolies courbes montrant tout ce que l’on pouvait dépenser avec des pourcentages de PIB. Elle a réussi à nous faire croire que nous pouvons utiliser aujourd’hui ce qu’on nous prédit comme devant exister demain. Et c’est tellement agréable que nous nous sommes laissés bercer.

Aujourd’hui il suffit d’emprunter pour dépenser et augmenter d’autant le PIB, c’est technique et aucune personne honnête et compétente ne dira le contraire. La science économique nous laisse simplement croire, sans jamais prendre le risque de l’affirmer trop ouvertement, qu’ayant fait du PIB, nous nous sommes enrichis et que des pourcentages de ce PIB, de cet enrichissement collectif, sont à notre disposition. Fini le temps où il fallait gagner sa vie et donner de soi pour avoir de l’argent avant de le dépenser. Grâce à la science économique et au PIB, le temps est inversé : il suffit de dépenser pour s’enrichir et sur ce miracle nous allons construire demain avec l’argent d’après-demain. C’est très exactement ce que nous vivons actuellement en refusant d’en prendre conscience.

Si l’INSEE dit bien que le PIB ne mesure qu’une activité, on entend des économistes expliquer qu’emprunter ce n’est pas grave dès l’instant où la croissance est supérieure à l’augmentation de la dette. La croissance étant l’augmentation du PIB donc des dépenses, il n’est pas grave pour ces « experts » d’emprunter davantage puisque nous dépensons encore plus !

Le traité de Maastricht, voté mesquinement en France par 49% des votants contre 47%, énonce des critères : ne pas avoir un déficit supérieur à 3% du PIB et avoir une dette publique inférieure à 60 % de ce même PIB. Il est déjà intéressant d’observer la stupidité de lier l’autorisation de déficit et la capacité d’emprunt à la quantité d’argent dépensée (plus vous dépensez, plus vous avez le droit d’augmenter votre déficit et votre capacité d’emprunt !). Mais au moins les deux étaient liés et il a fallu que les médias n’éclairent plus que le critère de 3% pour que nous oublions tous le critère de 60 % qui a volé en éclats en étant déjà aujourd’hui à 100% sans que nous en soyons dérangés.

Mais tout ce jeu malsain n’étant destiné qu’à faire croire à un sérieux inexistant, la réalité résiste bien évidemment et s’impose. Comme l’énergie sans source n’existe pas et qu’il faut donc bien une source à toute cette énergie dépensée, le système a mis en place de nouvelles ruses.

Il a d’abord choisi de faire payer les autres par le commerce extérieur qui est une première tentative de ressusciter l’esclavage dans l’espace. Après avoir fait capoter l’OIC qui prônait des commerces extérieurs équilibrés fondés sur la coopération, il a créé l’OMC fondé sur la concurrence, ce qui est intellectuellement aberrant. Aujourd’hui l’Allemagne prête des euros allemands pour que d’autres pays achète allemand. Avec quoi sera-t-elle remboursée ?

Comme cela ne suffisait évidemment pas et même aggravait le problème pour la France, le système a inventé pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’esclavage dans le temps, la dette qui s’envole à la fois chez les particuliers, dans les entreprises et dans les États. Sur ce point les courbes sont justes et terrifiantes. Demain paiera. Avec quoi ? Tais-toi et vote.

Comme cela ne suffisait encore pas, le système a officiellement choisi de ne surtout pas laisser monter les prix du quotidien, ce qui revient automatiquement à les laisser monter hors économie quotidienne, à la Bourse, dans l’immobilier et dans les œuvres d’art (ce qui fait de la croissance puisque la dépense augmente et fait croire que nous sommes plus riches). Il se refuse à voir que les prix du quotidien  augmentent quand même mais surtout il a mis en place un nouveau mode de paiement par appauvrissement du peuple, ce qui lui fait entr’apercevoir l’esclavage dans le temps.

Le système bancaire est chargé de ce nouveau mode de paiement et remplit parfaitement son rôle en étant un Janus à deux têtes. Un seul Janus, la banque, deux têtes opposées, égales par définition mais gérées différemment, son actif et son passif.

Dans toute entreprise est inscrit au passif d’où vient l’argent et à l’actif où il est. Si l’actif est supérieur au passif on rééquilibre par le bénéfice et si c’est l’inverse le rééquilibrage se fait par la perte. Mais on peut écrire n’importe quoi et la vérification se fait par la trésorerie qui est le constat de la réalité de la rentrée des créances et de la sortie des dettes. Sans rentrer dans le détail qui est volontairement très compliqué, les banques dégagent toutes un bénéfice important sur leurs bilans, mais sont curieusement en permanence en difficultés de trésorerie alors qu’elles créent elles-mêmes l’argent et qu’elles poussent tout le monde à emprunter. C’est là où la banque centrale intervient et paye les créances douteuses (le quantitative easing) en les récupérant mais en les faisant garantir automatiquement par les États qui augmentent les impôts.

Comme tout cela n’est toujours pas suffisant pour rendre cohérent un système incohérent par nature et qui n’a tenu que par le double dégoût du fascisme et du communisme, on a complété la panoplie par l’esclavage « hic et nunc », ici et maintenant, par l’immigration que les entreprises ont demandé aux politiques pour contribuer à la baisse du niveau de vie.

La paupérisation des peuples entraîne inéluctablement la peur du lendemain, la baisse de la natalité et la montée effrénée de l’individualisme, la collectivité ayant perdu toute cohérence, toute crédibilité et se réfugiant dans la fuite en avant. Le libertarisme peut occuper les esprits, le libéralisme lui en a ouvert toutes les portes même s’il lui prépare des lendemains difficiles.

Il n’y a que par une prise de conscience collective que la civilisation occidentale pourra être sauvée et ne pas être submergée par une « migration de remplacement » telle que l’ONU l’envisage dans un dernier rapport.

 

L’économie, de binaire est devenue bipolaire voire schizophrène

Il est redoutable de voir tant de gens dire qu’ils ne comprennent rien à l’économie. Ce sont eux qui sans le vouloir sont les principaux complices de ceux qui tirent profit de leur désintérêt. Ce que l’on appelle pompeusement économie, voire même science économique, n’est pourtant que l’observation des règles d’une vie en groupe, certes rendues compliquées depuis l’introduction nécessaire de la monnaie. Chacun comprend que la vie en groupe est la mise en commun et l’organisation des énergies des membres du groupe mais beaucoup n’ont pas envie de prendre la peine de comprendre ce que l’introduction de la monnaie a changé, truqué et perverti, surtout depuis que la monnaie n’est plus que du papier, voire même une ligne sur un écran.

La vie en groupe, chacun la connait dans sa famille ou en vacances avec ses amis. Chacun y fait ce qu’il fait le mieux ou le moins mal dans l’intérêt du groupe. C’est la répartition des tâches nécessaires à la vie du groupe. Certains apprécient, d’autres le font par devoir mais le but n’est que la survie du groupe pour qu’il puisse vivre ce pourquoi il s’est constitué. Le groupe vit ce que l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel Mauss appelait le donner-recevoir-rendre qu’il appelait, rappelons-le, un « fait social total » au service du lien social et le nourrissant. Il voyait à ce donner-recevoir-rendre, dans une famille, dans une tribu ou dans n’importe quel groupe cohérent, des dimensions multiples ne pouvant être réduites à une seule ; une dimension culturelle car cette forme d’échange n’est pas la même chez les différents peuples ; une dimension économique  parce que c’est la vie du groupe qui s’organise ; une dimension religieuse car il est le lien qui relie ; une dimension symbolique parce que les uns et les autres se complètent et qu’un symbole est la juxtaposition d’éléments qui se complètent ; une dimension juridique car une sorte de droit non écrit s’installe dans le groupe et est respecté par tous.

C’est quand les devoirs de ce droit ne sont plus observés parce que le groupe est devenu trop important et que la simple observation ne suffit plus à les faire respecter, que tout naturellement et partout, la monnaie est apparue comme substitut objectif du donner-recevoir-rendre.

Le donner-recevoir rendre est une forme d’échange non simultané dans un groupe cohérent de gens qui se connaissent, s’apprécient et se font confiance. Sans ces éléments, l’échange ne peut se faire que par le troc. Le troc est l’échange simultané de deux entités matérielles perçues comme équivalentes en un lieu donné et à un moment donné par des gens qui n’ont pas besoin de se connaître.

La monnaie, née d’un manque de confiance à l’intérieur du groupe, a introduit le troc dans le groupe en l’appelant le prix. Malheureusement les livres d’économie commencent tous sous différentes formes par la phrase erronée « Au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie ». La réalité est au contraire qu’au début était le donner-recevoir-rendre et qu’un jour par manque de confiance on a introduit le troc sous forme de monnaie.

Mais l’introduction de la monnaie, si elle en change l’apparence, ne change évidemment pas les fondations culturelle, économique, religieuse, symbolique et juridique de la réalité économique du donner-recevoir-rendre, nourriture du vivre ensemble et du lien social. La monnaie reprend sans le dire toutes ces dimensions et une monnaie sérieuse ne l’est que si elle se limite à un groupe cohérent qui reconnait unanimement qu’elle est un titre de créance sur n’importe lequel de ses membres car elle n’est qu’un substitut du donner-recevoir-rendre. Elle ne peut donc être créée qu’après que le groupe ait constaté qu’il se croyait plus riche. C’est ce que le capitalisme et la science économique ont glissé sous le tapis pour ne pas en être dérangés.

En ne partant que de l’apparence de troc que donne le prix quand il est étudié isolément, la science économique a oublié la nécessité du groupe cohérent qui n’apparaît pas dans sa réflexion. Elle va tout réduire à un échange matérialiste entre gens qui ne se connaissent pas et ne s’estiment pas. C’est évidemment beaucoup moins consistant, beaucoup moins intéressant et surtout beaucoup moins vrai. La science économique va justifier et nourrir le capitalisme, dernier avatar du siècle des Lumières après le fascisme et le communisme, ayant besoin comme eux de la ruine des patries, des espaces cohérents. Elle va donner sens à l’observation d’Oscar Wilde comme quoi l’Amérique est le seul pays qui soit passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation car une civilisation c’est avant tout un groupe cohérent.

Un gouffre s’est petit à petit créé avec d’un côté les peuples et l’économie qui est leur vie, et de l’autre le capitalisme et la science économique qui va tenter de remplacer par les mathématiques et de jolies courbes avec le PIB en ordonnée, les bases heureusement inchiffrables de l’économie qui sont le contentement, le plaisir et la fierté de soi, leurs sources à tous trois étant le travail et l’effort sur soi.

L’économie qui est échange, donc par définition binaire, va devenir bipolaire avec la science économique. Cette matière universitaire va en effet juxtaposer pour tenter de les équilibrer deux visions oniriques, excessives, invivables et opposées, deux vies parallèles aux règles différentes aussi disharmonieuses les unes que les autres.

D’un côté la vie internationale qui prépare des lendemains qui chantent avec le pape comme nouvelle figure de proue, de l’autre les vies nationales qui doivent faire les efforts nécessaires au succès de la première qui dispensera à tous ses bienfaits plus tard.

Pour jouer cette farce ridicule que nous vivons actuellement tous les jours, des principes opposés s’appliquent simultanément dans les deux mondes sans que personne ne semble s’en émouvoir.

Dans la vie internationale il faut dépenser plus pour faire de la croissance ; dans la vie nationale il faut dépenser moins pour équilibrer les budgets. Dans la vie internationale il faut appliquer l’avantage comparatif de Ricardo et faire faire à chaque pays ce qu’il fait le moins mal ; dans la vie nationale il ne faut surtout pas appliquer ce principe qui résoudrait le chômage en un instant et il faut laisser ce problème agaçant de chômage aux entreprises dont ce n’est pourtant pas la vocation. Dans la vie internationale, il faut supprimer les contraintes, les normes, les obligations et les interdictions ; dans la vie nationale il faut au contraire plus de normes, plus de contraintes, plus d’obligations et plus d’interdictions, ce qui rend tout beaucoup plus cher, mais fait de la croissance. Dans la vie internationale il faut laisser les GAFAM tenir le monde ; dans la vie nationale il faut les combattre et les taxer.

Pour donner une apparence de  réalisme à ce double langage bipolaire et tenter de lui donner vie, le capitalisme et la science économique ont inventé des notions dignes de contes de fée qui occupent les bonimenteurs et font rêver les niais: la création de richesse avec le PIB, l’investissement, la valeur ajoutée, le gagnant-gagnant, toutes notions qui cherchent à faire croire à la marche vers la lumière alors que les peuples voient surtout la réalité du tunnel dans lequel ils s’enfoncent. Pour parodier la réplique culte de Sergio Leone, dans la société il y a deux sortes d’hommes, les bonimenteurs qui profitent et les niais qui creusent. Les gilets jaunes ont soulevé ce problème.

L’erreur de base de la science économique l’entraîne dans un monde totalement abscons qui diplôme ceux qui répètent sans comprendre ce que leurs professeurs leur enseignent sans comprendre, ce que les médias répètent sans comprendre et ce que les politiques appliquent sans comprendre. Tout le monde explique tout à tout le monde et seul le peuple avoue qu’il ne comprend rien. Qui osera dire à tous ces médecins de Molière avec leur nouveau latin charabia qu’il n’y a rien à comprendre tant qu’on ne repart pas de l’essentiel et que l’on reste dans la logorrhée ?

La folie perverse du gagnant-gagnant

Le gagnant-gagnant est la base du commerce mondial qui affirme que l’échange enrichit. C’est la trouvaille que le capitalisme a réussi à mettre dans les esprits fragiles pour retarder son écroulement par des soins palliatifs de plus en plus coûteux. Il est important de bien le comprendre pour ne pas s’en laisser endormir. Il est habilement fondé sur deux constats avérés et non discutables, sur un montage intellectuel assez simple et sur la capacité des peuples à croire que l’habit fait le moine et l’expert, la vérité.

Le premier constat est que lorsqu’un client a acheté son pain, il y a deux heureux, le client et le boulanger. Sans ce double contentement, pas de commerce possible et ce double contentement est chiffré par une augmentation du PIB qui additionne tous les achats sans aucune distinction. L’idée même de chiffrage du contentement devrait déjà pousser à la vigilance, voire à la prudence.

Le second constat est que le pire des imbéciles ou le dernier des demeurés peut toujours être utile à quelque chose dans un groupe organisé. Le bon sens le sait depuis toujours mais si l’on veut paraître savant, il faut appeler cela « l’avantage comparatif » de David Ricardo et dire que, comme tout le reste, nous ne le savons que depuis que le siècle des Lumières a enfin éclairé l’humanité.

Le montage intellectuel consiste simplement à décaler le premier constat et à négliger une condition essentielle du second pour pouvoir aussi le décaler.

Le décalage du premier constat consiste à transformer discrètement et arbitrairement le plaisir de deux individus en augmentation de la richesse collective. La « science » économique n’a jamais intégré que le contentement est une richesse terriblement volatile qui disparait très vite. Le rôle du PIB que l’on insère en permanence dans les esprits, est de faire croire à une création durable de richesse par la sacro-sainte « valeur ajoutée » qui claque comme une vérité indiscutable alors qu’elle n’est qu’illusion. En effet si l’échange de l’achat de pain a satisfait deux personnes à qui cet échange a donné du temps pour atteindre demain, si le travail du boulanger a été reconnu et récompensé, si le pain a été consommé ou jeté, si le boulanger a un euro  de plus et le client un euro de moins, on cherche l’augmentation de la richesse collective aussi vainement qu’Aristote avait cherché les organes reproducteurs d’une pièce de monnaie. Quand les économistes accepteront-ils de reconnaître qu’il n’y a de valeur ajoutée d’une entreprise que parce qu’un client est venu s’appauvrir pour la créer ? C’est bon pour l’entreprise mais c’est totalement neutre pour la société…. sauf si le client lui est extérieur. Comme on dit en cuisine « Réservez ! », mettez de côté en attendant de s’en servir plus tard.

Le décalage du deuxième constat est beaucoup plus pervers car il se fonde d’abord sur l’oubli que l’emploi de l’idiot du village n’est possible que dans un village organisé ou au moins structuré par une notion commune du bien. Il faut en effet bien avoir en tête ce que dit le bon sens à tout le monde depuis toujours et ce que dit l’avantage comparatif de Ricardo à ceux qui croient que c’est le siècle des Lumières qui a rendu le monde intelligent : Même si quelqu’un est plus mauvais en tout, il est utile au groupe qu’il fasse ce qu’il sait faire le moins mal. C’est là où le bât commence à blesser sérieusement car le capitalisme a complètement renoncé à appliquer ce principe évident à l’intérieur d’une même nation, ce qui est pourtant la seule façon de lutter efficacement contre le chômage. Il préfère sous-traiter ce problème aux entreprises dont ce n’est pas la vocation première et faire geindre les politiques sur leur inefficacité. Ayant abandonné l’application de l’avantage comparatif à l’intérieur des nations, le capitalisme tente de le rendre vivant à l’extérieur par une seule civilisation mondiale (la nôtre bien sûr même si elle est très malade) et une vision méprisante des autres peuples et de leurs civilisations. Ils deviennent nos idiots du village. Pendant que le capitalisme laisse se développer dans les nations de notre civilisation, le chômage qui est l’exacte négation de l’avantage comparatif de Ricardo, il décale ce principe vers l’ensemble des nations en voulant les voir unies et harmonieuses dans le groupe factice et fort coûteux de la mondialisation, de l’ONU, de la banque mondiale, du FMI, de l’OMC, de l’UNESCO, de l’OCDE, etc etc…. C’est la raison fondamentale de la volonté de détruire les nations de l’intérieur comme de l’extérieur, et d’imposer une seule civilisation mondiale parfaitement organisée pour que l’avantage comparatif devienne en effet une réalité au bénéfice de ceux qui l’organisent sous le merveilleux prétexte hypocrite de sauver de la pauvreté sur toute la Terre, ces êtres qui disparaitraient sûrement si nous ne leur donnions pas de quoi dépenser. C’est ce dont se vante Pascal Lamy, ex patron de l’OMC, dans la logique d’un monde à la Jacques Attali fondé, à entendre ce dernier, sur les marchés, la démocratie et l’initiative personnelle. Ce trépied « attalien » qu’il nous rabâche depuis 30 ans n’est que la domination des marchés qui achètent le vote des peuples et leur illusion par la démocratie et qui laisse les individus se débrouiller comme ils le peuvent. Heureusement ces être prétendument supérieurs, très contents d’eux-mêmes et fiers de sauver « la planète » comme ils disent et font dire à leurs affidés, seront bien évidemment remis à leurs places par la réalité et par l’Histoire. La réalité est que la Terre est composée d’une multitude de minéraux, de végétaux, d’animaux et d’humains et que la biodiversité s’applique aussi au genre humain, ce qui explique très heureusement la diversité des civilisations et des races.

Il faut maintenant comprendre comment on fait gober aux peuples toutes les fadaises nécessaires au capitalisme et comment le système tourne tout de même apparemment encore.

Il faut pour cela reprendre le constat dont j’avais demandé la réserve : la valeur ajoutée d’une entreprise n’existe pour la société que si le client lui est extérieur. Il est donc essentiel de faire payer les autres peuples. Cela s’est toujours fait par la guerre, la razzia, la mise à sac, le pillage, voire même par mariage entre familles royales. Mais le capitalisme a inventé la balance commerciale excédentaire ou/et l’émission de fausse monnaie apparemment vraie comme Law l’avait déjà fait pour permettre au Régent de payer les dettes de Louis XIV peu après sa mort en 1715 et comme la bourgeoisie l’a fait avec les assignats pour récupérer, à la révolution française, les biens de la noblesse et du clergé. Les Politiques s’agitent beaucoup pour que la balance commerciale de leur pays soit excédentaire. Ils ont beaucoup de mal à reconnaître qu’il faut qu’elle soit déficitaire chez d’autres pour qu’elle puisse être excédentaire chez eux. Alors ils inventent le gagnant-gagnant qui va convaincre les imbéciles et donc eux-mêmes en premier. Comme évidemment cela ne marche pas et comme aucun pays n’accepte de reconnaître qu’il paye pour les autres, la création de fausse monnaie par les banques centrales permet de faire discrètement endosser par la dette, la reconnaissance de ce paiement pour autrui à régulariser plus tard. On va jusqu’à voir les banques allemandes créer de l’argent pour le prêter aux pays du sud pour qu’ils achètent allemand. Les banques, centrales ou commerciales, se gardent bien de dire qu’elles compensent toujours leur création de monnaie par des créances sur les peuples qu’elles recouvrent à leur rythme avec la complicité des Politiques qu’elles fabriquent ; d’où la paupérisation des classes moyennes. Mais les créances pourries des banques augmentant nettement plus rapidement que l’appauvrissement des peuples pour permettre aux kapos du système de très bien vivre, tout le monde connait l’issue et tout n’est fait actuellement que pour la retarder quitte à la rendre encore plus abominable.

Mais en démocratie les vrais responsables sont les peuples à qui l’on fait croire qu’ils sont intelligents parce qu’ils dépensent le tiers de leur vie à se faire remplir le cerveau d’un savoir choisi par les marchés et souvent inutile. Perdant toute spiritualité et n’ayant plus de sens à donner à leurs vies, ils préfèrent s’évader dans le plaisir et laisser l’addition aux suivants.

Qui se présentera au peuple pour lui dire qu’il enfouit beaucoup trop par lâcheté son intelligence ? Le capitalisme se meurt. A cheval sur les États-Unis et sur la City, il ne survit provisoirement que par l’asservissement des peuples et des civilisations, par la fabrication scolaire et universitaire de demeurés prétentieux ainsi que par la profusion de fausse monnaie qu’il utilise à son seul escient en la plaçant n’importe où, et même à taux négatifs, pour la blanchir et en récupérer peut-être demain une partie.

Il est temps que les peuples, et pourquoi pas le peuple français en premier, retrouvent une organisation sociale qui ne soient pas de simples sublimations de rêves adolescents comme le sont le fascisme, le communisme et le capitalisme.

 

 

D’où vient l’homosexualité ?

Sujet tabou s’il en est tellement les conséquences de la réponse sont impressionnantes. Est-elle génétique ? Vient-elle de l’éducation ? Est-ce l’effet d’une éducation sur un terrain génétiquement favorable ? Pourquoi la question dérange-t-elle tellement  et pourquoi n’a-t-elle pas droit de cité ?

Aborder le sujet c’est avancer sans protection sur un terrain défendu par des archers vigilants et très réactifs, mais l’étendard arc-en-ciel est tellement brandi actuellement qu’il est déraisonnable de ne pas s’interroger.

S’interroger n’est pas répondre, mais déjà se demander s’il n’y a que ces réponses possibles. Et l’on constate curieusement l’oubli de la réponse que les Grecs apportaient à cette question. Pour eux l’homosexualité était un passage organisé de l’adolescence qu’il fallait savoir vivre et dont il fallait savoir sortir.

Les familles grecques cultivées sortaient leurs garçons vers 12 ans de la tutelle féminine pour le confier en tant qu’éromène à un éraste de 17 à 20 ans qui l’ouvrait à la sexualité et à la complexité du monde des adultes. Dans l’Iliade d’Homère Achille est l’éromène de son éraste Patrocle dont il vengera la mort devant Troie. Mais pour les Grecs l’homosexualité n’était qu’un passage et malheur à ceux qui y restaient enfermés ! L’homosexualité devait rester initiatique et sacrée.

Aujourd’hui l’indifférence portée à cette approche est surprenante tant elle semble pourtant cohérente. Ne serait-il pas en effet naturel qu’après la découverte de son propre corps et avant la découverte d’un corps vraiment complémentaire, il y ait d’abord pour certains une envie de partage avec ce qui n’est pas trop différent de soi, une fille pour une fille et un garçon pour un garçon ? Ne serait-il pas alors naturel que, dans une société qui prendrait à tort ce passage pour définitif, les adolescents qui ressentiraient cette envie se précipitent sur le sexe opposé, pour se prouver à eux-mêmes qu’ils ne sont pas homosexuels ? Ne verrait-on pas alors des adultes se marier et avoir des enfants juste pour se prouver qu’ils ne sont pas homosexuels tout en enfouissant ce désir ressenti comme infamant ? Ne générerait-on pas alors tout naturellement une réaction à cette hypocrisie en valorisant cette tendance non évacuée que l’on présenterait comme une orientation factuelle dont la source serait inconnue mais dont on pourrait, ou même devrait, être fier ? N’en déduirait-on pas une certaine lassitude du mariage et son abandon progressif au profit de concubinats temporaires ou même de mariages pour tous ? Ne verrait-on pas alors des adultes mariés avec enfants tout quitter vers la quarantaine pour partir avec quelqu’un de leur sexe ?

A la réflexion il apparaît prudent de rejeter avec vigueur cette réponse grecque à la question de l’origine de l’homosexualité car, si nous la faisions nôtre, nous verrions les homosexuels adultes, hommes ou femmes, comme de grand ados intelligents, hypersensibles mais non aboutis, ce qui poserait un gros problème tellement ils inondent actuellement, la politique, les médias et tous les tréteaux en voulant supprimer le genre et superposer les sexes pour les égaliser ? Ne pas rejeter l’interprétation de l’homosexualité de la Grèce antique qui la vivait sans lui donner de nom, ébranlerait tellement l’édifice que, pour la sauvegarde de cet édifice, il vaut probablement mieux rester dans le flou très sécurisant d’une orientation sexuelle définitive dont la cause serait inconnue et ses adeptes épatants. Après tout, si nous avons tort, ce ne sont que nos descendants qui paieront la sauvegarde de cet édifice.