Les tensions vont croître tant que l’essentiel ne sera pas abordé : la corne d’abondance existe-t-elle ?

Nous vivons une période charnière où Politiques, universitaires et médias flattent la foule pour tenir encore un moment pendant que le peuple est partagé entre son bon sens qui le met debout et ses ressentis qui l’incitent à devenir foule.

L’erreur fondamentale que l’on a mis dans la tête du peuple et qui le rend foule, c’est que nous créons des richesses. C’est devenu une évidence pour quasiment tous et il est devenu normal de gagner plus d’argent au fur et à mesure de sa « carrière » professionnelle, de s’acheter sa maison à transmettre à ses enfants, d’avoir des retraites justes remerciements des contributions à la richesse nationale collective. De ce qu’ils appellent la droite à ce qu’ils appellent la gauche, personne ne remet en cause cette création de richesse et tous les raisonnements tournent autour de son augmentation et de sa répartition. Même des intellectuels indépendants comme Onfray et Zemmour parlent de richesse créée. Nous sommes un pays riche, c’est une donnée indiscutable puisque nous créons des richesses.

Or pendant les millénaires qui nous ont précédés, aucune civilisation n’a jamais parlé de création de richesse. L’ascenseur social apportant des richesses ne se faisait que par la rapine guerrière ou seigneuriale, ou par l’appauvrissement volontaire de ses semblables ce qui explique sa rareté et sa difficulté. Aujourd’hui ce serait devenu tout simple, normal, facile parce que la fausse élite a besoin que le peuple y croit pour qu’il ne soit que foule et qu’il la maintienne au pouvoir.

L’invention de la création de richesse a été déguisée en progrès et elle a été justifiée par l’avancée de la connaissance. Il faut la décortiquer car elle fausse l’ensemble des raisonnements. Elle fausse évidemment les raisonnements des gens de Davos, du FMI, de l’ONU, du premier cercle d’apporteurs de capitaux à Macron qui leur a proposé de démissionner pour se faire réélire rapidement. Elle fausse l’UE, la BCE et les intellectuels mais elle fausse aussi les raisonnements de la jeunesse et de la foule qui aiment les jolies histoires. Elle est dramatique parce qu’inattaquable puisque personne ne prend même la peine de la défendre, la création de richesse étant passée dans le domaine de l’évidence. Elle ne tient pourtant que parce qu’elle est accompagnée  de son chien d’aveugle indispensable, l’éternel « Je ne suis pas économiste » qui permet au peuple de rester foule et aux économistes de survivre dans le n’importe quoi, habillé, comme pour les médecins de Molière, par un vocabulaire volontairement incompréhensible qui leur permet de s’occuper en se chamaillant et en se Nobélisant.

Qui créerait la richesse ? Les entreprises évidemment. Or les entreprises ne font que produire avec l’aide de leurs fournisseurs, de leurs salariés, de leurs actionnaires et de leurs machines. Une simple observation d’un potager ou d’une vache montre que le potager produit à la fois des légumes et des mauvaises herbes et la vache du lait et des bouses. N’importe quel entrepreneur connait bien l’anxiété que sa production ne trouve pas preneur et ne soit donc pas une richesse. Production n’est pas richesse. Pour qu’une production soit richesse il faut à la fois qu’elle soit désirée et que le désir soit en capacité d’acheter, de perdre une richesse généralement monétaire pour obtenir cette production. Sans désir, sans capacité et sans perte de richesse équivalente, la production n’est qu’un embarras avant d’être un déchet. Pour qu’elle soit richesse, la production doit être échangée avec une richesse reconnue identique et préexistante, ce qu’est la monnaie. Ou plutôt ce que devrait être la monnaie si elle n’était abominablement trafiquée depuis plus de 50 ans pour que le peuple reste foule qui croit à la corne d’abondance en exigeant sa part, et pour que la fausse élite reste au pouvoir en achetant l’affect de la foule.

Il a fallu cacher que la monnaie n’a été inventée dans toutes les civilisations, que pour prévenir la tendance à oublier de rendre, dans le donner-recevoir-rendre, connu et vécu dans chaque famille et très bien décrit par l’ethnologue, professeur au Collège de France quand cela avait encore une vraie valeur, Marcel Mauss. C’est la prise de conscience que les belles promesses n’engagent que ceux qui y croient, et que seul un travail préalablement reconnu utile par la collectivité ou l’État peut être une nouvelle richesse concrétisée par de la monnaie créée par cette collectivité à partir d’une matière unanimement reconnue comme une richesse : le blé, le sel, le bétail, l’or, le cuivre ou même des plumes d’oiseau très rare. La reconnaissance unanime que cette monnaie est une richesse fait qu’elle devient un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe, titre qui peut être échangé avec n’importe quoi. Cette monnaie, ce titre, devient une énergie qui transporte, chauffe, nourrit, loge, habille et distrait car elle est un vecteur d’énergie humaine.

L’idée aussi géniale qu’abominable de créer une monnaie fiduciaire, fondée sur la foi, sur la croyance, a permis à la fois de fonder une nouvelle religion remplaçant les religions existantes malades, et à la fois de fabriquer à la pelle de la monnaie pour qu’elle reconnaisse comme richesse les productions continues de machines de plus en plus coûteuses consommant de plus en plus de matières premières. « Du pognon il y en a » comme dit stupidement Jean-Marc Jancovici qui refuse de voir que c’est par la limitation de la monnaie qu’on limitera la consommation des réserves naturelles. Parallèlement à cette économie totalement factice, s’est mise en place naturellement une économie réelle fondée sur la consommation façon gavage et sur l’esclavage. Gavage par la publicité. Esclavage dans le temps par la dette, esclavage dans l’espace par le mondialisme qui a oublié que libre échange est d’abord échange, et esclavage ici et maintenant par la paupérisation des classes moyennes, le chômage et l’immigration.

Pendant que la fausse élite mondiale caricaturée par Davos veut faire sa grande réinitialisation qui ne va être qu’une tentative de gouvernement mondial pour tenir encore quelques décennies fondées sur le trépied de la bêtise, du gavage et de l’esclavage, il est à espérer que les peuples continueront à se réveiller, à vaincre en eux leur côté foule tellement agréable et tellement complice de leurs maîtres.

C’est debout que chaque peuple, retrouvant sa spécificité et son histoire, pourra organiser son économie en réunissant toutes les bonnes volontés sur le constat refusé par la fausse élite mondiale que la corne d’abondance n’existe pas.

La bataille sera très rude car il s’agit de la survie de la fausse élite mondiale à qui nous avons confié le pouvoir, les médias, l’éducation et la violence légitime. Rassembler l’éparpillement des bonnes volontés est la première difficulté à vaincre car elle ne peut se faire que sur le refus motivé de la nouvelle religion de la fausse élite mondiale qu’est la monnaie fiduciaire et la création de richesse. Cela force la foule que l’on voudrait que nous soyons à redevenir un peuple avec son propre bon sens.

10 réflexions au sujet de « Les tensions vont croître tant que l’essentiel ne sera pas abordé : la corne d’abondance existe-t-elle ? »

  1. M. Dugois
    Bonjour,
    Je pense que votre voix doit être connue par le rassemblement initié par front populaire afin de redéfinir et clarifier les choses.
    Votre conclusion doit être connue et diffusée.
    « La bataille sera très rude car il s’agit de la survie de la fausse élite mondiale à qui nous avons confié le pouvoir, les médias, l’éducation et la violence légitime. Rassembler l’éparpillement des bonnes volontés est la première difficulté à vaincre car elle ne peut se faire que sur le refus motivé de la nouvelle religion de la fausse élite mondiale qu’est la monnaie fiduciaire et la création de richesse. Cela force la foule que l’on voudrait que nous soyons à redevenir un peuple avec son propre bon sens. »
    Mais si les approches sont variées, se fédérer est fondamental.
    En vous remerciant encore pour cette clarté
    Cordialement
    OD

  2. Si l’on recherche une réponse précise, il faut poser la question à un économiste, m’a-t-on dit , mais si l’on veut une réponse exacte, il convient de la poser à un poète.
    Il me semble que vous joignez là, dans la façon de poser le diagnostic du mal qui ronge notre société et le remède pour en venir à bout, la précision de l’un à l’exactitude de l’autre.
    En espérant que vous soyez entendu de ceux qui se battent pour la bonne cause mais en ordre dispersé !

  3. On peut être d’accord sur le fait que la richesse est une production qui soit désirée et achetée. Mais Marc a décidé, une fois pour toutes, qu’il ne pouvait y avoir « création de richesses », soit parce que, pour lui, toute production n’est qu’échange, et donc aucun échange ne crée quoique ce soit, et que c’est une simple transformation (par exemple de granits ou de calcaire en cathédrales) soit parce que la masse monétaire doit rester à tout jamais fixée pour éviter toute inflation.
    Pour moi, avoir transformé du minerai de fer en voiture, avion ou train est l’indice d’une création de richesses (même si la terre s’est appauvri de minerai) A chacun ses dogmes.
    Je suis souvent d’accord avec Marc, je conviens que parler de richesses est une façon de rendre objectif ce qui est subjectif, pour un musulman construire une cathédrale n’est pas nécessairement idoine, mais pour tel ou tel groupe, on peut parler de richesse.

    • Mon cher Bruno,

      Evite de dire ce que je pense, surtout en le modifiant.

      La richesse n’est qu’un regard et une production est une réalité.

      Une cathédrale est les deux et il n’y a pas d’échange ou très peu. Si aucun argent n’avait été nécessaire pour élever une cathédrale, je me rangerais même à ton avis qu’il y a création de richesse. C’est quand la monnaie intervient que, par l’échange avec la monnaie (quand la monnaie est vraiment le vecteur d’énergie humaine déjà intelligemment dépensée), une production est reconnue comme richesse. La richesse n’est pas créée mais reconnue par l’échange avec une autre richesse antérieurement reconnue qui est la monnaie. Elle peut aussi être reconnue par une création de monnaie postérieure au constat d’une nouvelle richesse, ce qui fait que je ne suis absolument pas favorable à une quantité fixe de monnaie, ce qui serait idiot et ce que je n’ai jamais défendu.

      C’est essentiel parce que c’est la croyance en la corne d’abondance créatrice de richese qui fait qu’aucun problème ne peut être abordé puisque l’argent apporte pour beaucoup toutes les solutions.

          • Me dire que je mens est insupportable. Depuis que je te connais, tu dis qu’il ne peut y avoir « création de richesses », et, dans ton texte, tu sembles te contredire. Mais si tu es content de ce que tu écris, tu n’as pas besoin de commentaire. Le fait que la richesse soit un regard ne démontre pas, pas ailleurs, qu’il ne peut y avoir création, quand ce regard est « objectivisé » par un échange de monnaie. S’il n’y a pas création de richesse, toute création de monnaie « vraie » devrait être impossible, et ne peut être que de la fausse monnaie, d’après ce que je comprends, très humblement, de tes prestations o combien sublimes.
            Pour moi, la création monétaire doit accompagner le surplus de la production reconnue utile sur la consommation utile, et il peut donc y avoir création de « vraie monnaie », dans ce cas précis. Mais ce n’est qu’un avis d’un humble commentateur.

            • Dire que tu te trompes à mes yeux ne veut pas dire que tu mens et fausse humilité n’est pas humilité.

              Une entreprise ou un artisan crée des productions que des clients constatent être des richesses en s’appauvrissant.

              Dit autrement, il y a un premier échange d’énergie pour produire et un second échange d’énergie avec le client pour constater que cette production est une richesse.

              C’est la création de richesse en un seul temps qui pour moi n’existe pas. La différence entre la richesse utilisée pour investir et celle constatée par l’achat, est une valeur ajoutée qui justifie une nouvelle création de monnaie.

              Je cherche à être clair.

              • Marc a parlé: il distingue humilité et fausse humilité. Grand bien lui fasse.
                Cela étant, tout en refusant d’avoir tort, Marc déclare qu’il peut y avoir création de richesse (mais pas « en un seul temps », bien sûr) Marc doit donc rajouter une phrase qu’il n’avait jamais dite pour accepter qu’il puisse « y avoir création de richesses ». Tout va bien, sauver la face est important pour tout un chacun, vrai humble ou faux humble. On progresse

  4. Le création de richesse n’est qu’une vision de l’esprit. La seul création étant celle de la monnaie. Transformer un morceau de fer en voiture ne créé pas de richesse si il n’y a pas pas de richesse déjà créé pour pratiquer l’échange. Ont pourrait donc croire que la monnaie déjà créé puisse servir a effectuer l’échange. Mais la richesse attribué a la monnaie peut être variable, tout comme la valeur du bien qui pourrait servir a l’échange. Pour qu’il y est échange et création de richesse, il faudrait que la valeur des choses puisse perdurer dans le temps. Hors cela me semble impossible, les biens s’use ou ne sont plus nécessaire ou la valeur des monnaie s’érode.
    La création de richesse implique l’échange, on peut bien sur créer une voiture a partir de fer mais encore faut il qu’elle puisse s’échanger contre autre chose de déjà créé. Les bien anciens comme les monnaies ancienne perdant inexorablement leurs valeurs. La création de richesse ne peut fonctionner que si de nouvelles richesse servant a l’échange sont crée et disponible.
    se qui implique que pour créer plus de la richesse il faut en créer plus mais surtout avoir la possibilité qu’elles puissent s’échanger.
    Cette création de richesse ne dépends pas de la volonté de la créer ni ne çà capacité a le faire, mais bien de pouvoir l’échanger.
    Certes imprimer de l’argent permet de fluidifier les échanges, mais cette fluidification en impacte la valeur. Se qui impose d’en imprimer toujours d’avantage.
    Plus ont créé de produit plus les échanges grossisses. Hors cette richesse monétaire créé doit être de plus en plus disponible aux acteurs de la consommation pour que les échanges et la création de richesse qu’elle produit puisse se faire.
    Je suis d’accord pour dire que se mouvement perpétuel de création monétaire est le moteur principale de la création de richesse, puisqu’elle permet l’échange.
    Mais le producteur de tomate qui as besoin de viande n’as pas vraiment besoin de cette monnaie pour permettre l’échange. La monnaie sert surtout aux fonctionnaire qui eux ne produisent rien. Et aux parasites qui eux ne produisent que de la monnaie. A aucun moment ils ne produisent de richesse, même si il ont la possibilités d’effectuer des échanges.
    Nous arrivons donc au moment crucial ou la monnaie ne peut plus jouer sont rôle de transmission dans les échanges, par manque pour certains ou par pertes de richesse sur les biens anciens.
    La théorie monétaire tente depuis plus de 50 ans de l’oublier une variables, sa destruction. Elle a trouvé la parade dans la dévaluation de l’épargne. Se qui oblige l’épargnant a devoir fournir un effort de travail, de créer des richesses avec en face l’impossibilité de les consommer. La dévaluation devient donc pour le système monétaire l’obligation au travail a l’esclavagisme monétaire.
    Tout peut durer en certains temps, mais rien n’est éternelle. Surtout pas la valeur et encore moins la richesse.
    C’est deux derniers élément ne sont qu’une vue de l’esprit. Leur duré et variables et en aucun cas éternel. La création de richesse suis les mêmes règles. Une vue temporelle de l’esprit. L’esclavagiste qui voudrait bien continué mais qui indubitablement sera stoppé.

Répondre à Duché Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *