Un peuple est malade quand il pense que l’argent pousse comme les choux

En cette période extraordinaire où le covid 19 sert de prétexte bien commode à une prise de conscience que notre économie est aberrante et qu’elle doit être reprise à zéro, ce sont les fondamentaux qui doivent être vérifiés si nous voulons que la nouvelle maison tienne debout.

On nous bassine avec l’investissement, joli mot dont on trouve facilement la définition suivante :

L’investissement est l’action d’investir, c’est-à-dire d’acquérir de nouveaux moyens de production, d’améliorer leur rendement ou de placer des capitaux dans une activité économique, dans une entreprise, etc. Le moteur de l’investissement est la perspective d’en retirer un profit.

Traduit en français compréhensible, c’est planter de l’argent et attendre qu’il en pousse davantage qu’il n’en a été planté. C’est le principe du potager et dans l’esprit du triumvirat universitaire politique médiatique à qui nous avons confié les rênes, le potager pour l’argent s’appelle l’entreprise.

Dans l’entreprise, les fournisseurs apportent tous les éléments nutritifs de la terre, les actionnaires apportent la graine qui doit pousser et les salariés apportent le soleil et l’eau qui vont tout faire pousser. Tout est tellement fondé sur la croyance qu’il va pousser des euros, que l’État vient prendre sa part d’une récolte évidemment totalement imaginaire.

La réalité est qu’en économie, tout est échange et uniquement échange. Une entreprise ne fait qu’aguicher le client avec sa production pour récupérer son argent et le partager entre ses fournisseurs, ses salariés, ses actionnaires et l’État dont on se demande bien ce qu’il a apporté et qui n’est en fait qu’un coucou vorace et mal élevé. L’État a besoin de faire croire que l’argent pousse comme les choux pour prendre sa part d’un gâteau inexistant et qui n’est que ponction de l’argent des fournisseurs, des salariés et des actionnaires qui vont ensute se battre entre eux pour se partager le reliquat. De son côté l’État va nourrir l’université et les médias pour qu’ils justifient l’injustifiable.

L’université et les intellectuels vont apporter leur sémantique du faire croire avec ses fadaises de Produit Intérieur Brut, de Produit National Brut ou de Valeur Ajoutée qui font croire mensongèrement à une création alors qu’l ne s’agît que d’un échange avec l’argent du client dont l’origine n’est bien souvent plus un échange et dont l’énergie est de plus en plus faible, ce qui est un autre problème qu’il faudra aussi aborder.

Les médias vont faire leur travail de propagande en imposant par des journalistes incompétents ou corrompus, la pousse de la monnaie dans le potager ‘entreprise’.

Le peuple ayant accepté provisoirement de n’être que foule, s’est laissé lui-même corrompre en croyant ce qu’il sait au fond de lui-même être une stupidité.

C’est maintenant, avant l’ouverture du combat entre mondialistes de Davos et souverainistes du Front Populaire en présence des européistes en état de sidération, qu’il faut nettoyer, une par une, toutes les pièces avec lesquelles il nous faudra reconstruire. L’investissements est une dépense et n’est qu’une dépense. Si cette dépense a été faite avec de la fausse monnaie légale, elle devra être confisquée, sanctionnée et non sanctifiée. Si cette dépense a été faite avec de l’argent gagné par un échange d’énergie humaine, alors elle devra être récompensée comme l’est l’énergie humaine des salariés.

4 réflexions au sujet de « Un peuple est malade quand il pense que l’argent pousse comme les choux »

  1. Je reconnais un libéral à ceci que, quand je lui dis : ‘la puissance publique peut reprendre cet instrument de sa souveraineté, la création et la destruction de la monnaie’, il répond systématiquement : mais créer de la monnaie ne crée pas de la richesse.
    On ne sait pas s’il voudrait que la puissance publique crée la richesse.
    Mais on sent bien la peur en lui que la puissance publique reprenne le contrôle. Vu que le marché est non efficient à répartir la monnaie, vue sa tendance aux monopoles. Autant que ceux-ci soient publics.

  2. Excellent article, comme très souvent, de Marc. Mais comme toujours, il se termine par une non proposition. Une fois qu’on est d’accord pour dire que l’argent ne pousse pas comme les choux et qu’il ne faut rien attendre d’investissements quand ils ne sont pas financés par une monnaie représentant du travail humain reconnu utile, que fait-on. Aristote, lui non plus, n’avait jamais trouvé trace d’organes reproducteurs sur une pièce de monnaie

    • On commence par en convaincre autour de soi car tant qu’une majorité croira que nous sommes un pays riche et que la corne d’abondance existe et qu’elle est chez nous, rien, absolument rien ne peut bouger.

      Faire des propositions dans une foule qui court volontairement vers l’abime est non seulement une perte de temps mais surtout une perte d’influx nerveux pour des constructions provisoirement totalement inutiles.

      Dans un monde qui a provisoirement abandonné la réflexion et l’action pour la communication, il n’y a que par la communication que l’on retrouvera la réflexion et l’action.

  3. La réalité est souvent beaucoup plus simple qu’on ne veut bien le dire.
    Si on ne produit pas en un jour plus qu’on ne consomme le même jour, on meurt. C’est vrai au niveau individuel comme collectif: l’exemple des famines du moyen âge l’illustre.
    Plus généralement, lorsqu’une population s’accroît est bien la preuve que les famines n’existent plus, au moins pour la population considérée, même si on peut souhaiter que ce que l’on appelle la richesse soit mieux partagée.
    Le surplus de la production sur la consommation s’appelle l’épargne, à ne pas confondre, évidemment, avec la création monétaire, qui ne devrait jamais précéder ce surplus, mais l’accompagner.

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