L’inéluctable révolution

Les trois totalitarismes du XXème siècle, fascisme, communisme et capitalisme, avaient évidemment en commun leur volonté hégémonique de couvrir toute la Terre mais ce qui les rassemblait avant tout, c’était leur matérialisme qui sacralisait les idéologies avec chacune son bouc émissaire, qui la race inférieure, qui le petit bourgeois, qui le populiste. Les liaisons contre nature entre le siècle des Lumières et les penseurs du XIXème siècle nous ont donné le « Deutschland über alles », le « Yes we can » et « L’internationale sera le genre humain ».

Dans tout l’occident on a sacralisé la vanité et imposé un colonialisme intellectuel en mettant en place sur toute la Terre des hommes de pouvoir déformés chez nous.

Aujourd’hui seul reste le capitalisme qui se croit gagnant car il est enfin seul. Sa force est d’utiliser les avancées extraordinaires des moyens de  communication qui se sont mondialisés pour faire croire que la réflexion et l’action se sont aussi mondialisées de la même façon, ce qui est une duperie insigne.

Le capitalisme, sous sa forme présentable de libéralisme, considère comme acquis que sa morale est La Morale, que son intelligence est L’Intelligence, que sa vérité est La Vérité et qu’il sait où il va.

Il a réussi à faire croire que la croissance créait des richesses à se partager, que l’avis majoritaire de la foule était la bonne référence et que la bonne éducation était une accumulation de connaissances choisies par lui. Aucune de ces affirmations ne tient la route. Elles sont mensonges structurels de notre société et personne ne sait où ces âneries nous mènent.

Ce qui me sidère, c’est que j’ai cru ces fadaises parce que l’on m’avait inculqué le rejet des deux autres totalitarismes pourtant tout aussi attractifs au premier abord, et que le mantra « Elles sont intéressantes tes critiques mais qu’est-ce que tu proposes ? » m’avait cloué le bec pendant des décennies. Comme s’il fallait avoir une solution, si possible simple, pour prendre conscience d’un problème !

Aujourd’hui le problème sans solution simple est notre apathie devant les drames qui se préparent et que nous refusons de voir. Cette apathie qui est étymologiquement une absence de souffrance est entretenue par notre addiction au plaisir rendue provisoirement possible par les deux esclavages, bases du capitalisme : Le libre-échange fondement théorique de l’esclavage dans l’espace et le prêt à intérêt, base pratique de l’esclavage dans le temps.

Il ne suffit pas de faire une journée contre l’esclavage et de le réduire stupidement à la traite négrière pour cacher durablement ces deux esclavages  plus scandaleux parce qu’actuels et surtout parce qu’intenables.

Sors ce mois-ci en librairie la seconde édition de mon deuxième livre « L’inéluctable révolution » aux éditions Autres Temps.

Il ne s’agit pas de rêver d’un grand soir mais de faire la révolution, à la fois individuelle et collective, de bâtir nos vies sur le discernement, l’humilité et le courage qui nous manquent tant aujourd’hui. Le discernement, l’humilité et le courage sont la base de ce que les totalitarismes du XXème siècle nous ont fait oublier et qui peut se résumer en un mot : le sacré. Le sacré est ce qui nous dépasse individuellement et collectivement, en bien comme en mal.

C’est l’énergie du sacré, l’égrégore, cette armée disparate et mélangée d’anges de lumière et d’anges déchus, qui avec l’énergie individuelle du travail et celle collective de l’argent crée l’honneur qui s’est tellement affadi aujourd’hui.

La limite du sacré, l’interdit, est forcément entredit car si elle était dite avec des mots cela sombrerait immédiatement dans la limite individuelle qu’est le choix ou la limite collective qu’est la loi. La limite du sacré ne peut parler qu’en contes, qu’en légendes, qu’en paraboles, qu’en mythes. Les mots y disent des choses inventées et l’interdit, l’entredit, dit l’essentiel entre les mots. L’interdit rajouté à la limite individuelle qu’est le choix et à la limite collective qu’est la loi, donne le serment que nous oublions si facilement.

On a mobilisé des peuples par « La Patrie est en danger ». Mais aujourd’hui notre addiction au plaisir nous a fait oublier toute notion cohérente de groupe. Exit la patrie, terre de nos pères, exit la nation, terre où nous sommes nés. Bienvenue au mondialisme, au libéralisme, à l’universalisme qui nous permettent d’évoluer dans des groupes virtuels qui ne sont que des hologrammes avec leur religion de la confiance, de la croyance et de la croissance que nous attendons individuellement comme le Messie en sachant qu’elles ne nous mèneront nulle part. Un agrégat d’individus forme une foule, pas un peuple.

Notre apathie et notre addiction au plaisir sont les vrais dangers.

3 réflexions au sujet de « L’inéluctable révolution »

  1. bonjour;

    beaucoup de choses dans cette article, au demeurant très bien écrit et construit.
    Je suis arrivé ici grâce à la sérendipité, à la recherche d’informations sur l’Égrégore.
    Je m’explique, j’ai une forme de pensée qui me dit que nous ne sommes que le véhicule de l’idée.
    J’ai écrit ou pensé, je ne m’en souvient plus,
    Selon Descartes, » la pensée serait l’acte du vivant qui défini l’existence ».
    La pensée, cette entité imprécise, universelle et primordiale de la vie.
    Pensée désespérément présente de la naissance à la mort, et qui ne sait se taire, même dans le plus obscur des silences.
    Le corps humain ne servirait-il pas seulement de véhicule à la pensée ?
    La vie d’aujourd’hui ne serait elle pas que la résultante du combat passé, des pensées originelles qui auraient survécus au travers des corps qu’elles auraient pues habiter. ?
    Le corps en tant que véhicule de l’idée.
    Seulement, notre vie n’est plus uniquement celle de la pensée qui nous habite, et est mise en péril par la pensée unique qui à commencé depuis un siècle à nier le corps qu’elle habite.
    À croire que le corps c’est rebellé pour adopter sont identité propre et s’émanciper de la pensée. L’ère d’aujourd’hui est ouverte au culte de l’image et de l’apparence, sans aucune perspective. Somme nous à l’heure où l’homme à choisi de s’affranchir de la pensée en pensant que seule l’image suffit pour exister ?
    C’est oublier que l’image n’est qu’un reflet de lumière perçu par notre œil, que notre cerveau traduit en émotions qui sont propres à chacun et passent obligatoirement par le filtre de notre pensée, seule pilote à bord du vaisseau en perdition du corps humain.désespéré .
    Tout ça pour me mettre à penser que le monde est sous l’influence des égrégores conçues depuis des millénaires sans que personne n’en ait un once de conscience. L’entité, c’est l’idée, et le monde se façonne sous la tyrannie des égrégores. Il n’est écrit nulle part que nous soyons volontairement une espèce grégaire. Il n’y a point de sacré, l’origine du monde et de l’humanité ne contient en aucun cas la notion de travail, de patrie, et il faut gagner sa vie. Honneur, travail, patrie ont été substitués à joie, curiosité, humilité.
    Sachant que je ne suis qu’un véhicule, je m’accorde une forme d’édonisme.
    bon fin de la digression.
    cordialement;
    Patrick

    • Oui nous sommes sous l’influence de l’egregore qui n’a pas de pluriel puisqu’il est l’énergie de ce qui nous dépasse individuellement et collectivement. Il était au XIIème siècle l’armée indifférenciée des anges de lumière et des anges déchus, les véhicules de messages, les vigilants, les agissants. Il est aujourd’hui le volcan, la tempête, le tremblement de terre, Dieu ou la lumière du 1er jour de la Bible, le soleil et la lune n’apparaissant qu’au 4ème jour.

      Mais nous sommes aussi sous l’influence de l’argent, l’énergie du groupe, et du travail, notre énergie personnelle, ces deux énergies pouvant être aussi bénéfiques ou maléfiques.

      J’ai pourtant quelques désaccords.

      Je pense que nous avons besoin du sacré, de la spiritualité, du lien avec ce qui nous dépasse. Le sacré est cette verticale commune indispensable à toute vraie fraternité.

      Pour moi l’honneur est la fusion des trois énergies individuelle, collective et sacrée, travail, argent et egregore, comme le serment est la fusion des trois limites individuelle, collective et sacrée, choix, loi et interdit, ce dernier, l’entredit du XIIème siècle disant entre les mots l’essentiel par le mythe la légende le mirage, le rêve, la parabole ou le conte. S’il le disait avec des mots ils tomberait instantanément dans le choix ou dans la loi. Honneur et serment sont tombés en désuétude car, véhiculant l’harmonie entre l’individu, le groupe et ce qui dépasse les individus et les groupes, il se sont affadis quand nous avons renoncé à cette harmonie.

      Pour moi nous devons chercher cette harmonie entre le rapport à nous-mêmes, le rapport aux autres et le rapport au sacré. Notre société ne nous pousse pas actuellement vers cette harmonie qui nécessite aussi une limite à la notion des autres, cette limite que nous ne savons plus poser.

      Je vous remercie de votre commentaire.

  2. Bonjour,
    Je n’ai pas encore bien exploré votre blog, cependant, suite au visionnage de la video interview de votre livre, j’avais envie de me permettre d’y apporter quelque chose : les livres « Les nouveaux droits de l’homme » de Nicolas Proupain et « Le Corps Politique » de Mr Jean-Paul Pianta vont probablement beaucoup vous intéresser je pense…
    En tout cas, j’y ai vu une correspondance qui m’a poussé à avoir envie de rédiger ce commentaire et de vous la partager 🙂

    Merci pour votre regard sur le monde et votre analyse.

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