La richesse n’est qu’un regard

Il est temps de tordre le cou à la notion stupide de création de richesse tellement à la mode pour ceux qui veulent faire croire à des fins électorales que la croissance apporte naturellement des richesses à se partager.

Prenons l’exemple d’un boulanger. Il fait un pari. Celui de croire que les dépenses qu’il fait en location de la boulangerie, en patente quelle que soit son nom du moment, en achat de pétrisseuse et de four, en salaires et en charges de ses collaborateurs, en farine et levure, que toutes ces dépenses lui permettront de fabriquer des richesses, les différents pains qui lui seront achetés plus cher que ce qu’ils ne lui auront coûté.

Pour gagner son pari il faut que des clients rentrent et sortent contents d’avoir perdu de l’argent et gagné du pain. C’est la double impression d’enrichissement qui donne le bon prix. Le boulanger doit se sentir plus riche en gagnant de l’argent et en perdant son pain. Le client doit se sentir plus riche en ayant du pain et moins d’argent. La richesse n’est qu’un regard.

Pour se convaincre que la richesse n’est qu’un regard, il suffit d’imaginer qu’au sortir de la boulangerie avec son pain, le client voit s’arrêter une voiture dans laquelle un ami qu’il apprécie beaucoup l’invite à déjeuner. Son pain qui était richesse devient instantanément encombrement et sera déchet dès que le pain sera sec.

Mais revenons au pari du boulanger. Il peut aussi perdre son pari si aucun client ne vient ou si trop peu de clients ne se déplacent et lui laissent en fin de journée des pains qui deviennent aussi des encombrements puis des déchets.

Une économie saine est une économie où les clients ont à la fois l’envie d’acheter du pain et l’argent nécessaire fourni par leur travail. Il faut les deux plus le boulanger.

Une économie malsaine, la nôtre par exemple, va se réfugier dans des sommes d’équilibres instables en dépensant inutilement beaucoup d’argent permettant de reporter la prise de conscience du problème en le compliquant davantage.

On va payer très cher les banquiers pour qu’ils prêtent l’argent nécessaire aux achats que le consommateur ne gagne plus par manque d’emploi. On va payer très cher les publicitaires pour qu’ils créent l’envie chez le consommateur désargenté de jouir tout de suite de ce dont il rêve, d’aller emprunter tellement son désir de consommer ou de posséder a été boosté. Il va accepter de devenir l’esclave de son banquier par ses échéances mensuelles pour pouvoir jouir tout de suite. On va payer très cher les médias pour qu’ils diffusent une impression de joie et de fausse légèreté. On va enfin payer très cher les importateurs pour qu’ils importent ce qui a été fabriqué par de lointains esclaves puisque nos parieurs ont évidemment perdu leur pari et déposé le bilan.

Tout cela pour ne pas dire deux vérités anti-électorales, à savoir que la seule issue intelligente est de travailler plus pour payer plus cher des produits en concurrence libre et non faussée par des droits de douane freinant l’esclavage dans l’espace du libre-échange.  La seconde vérité anti-électorale est que le prêt à intérêt est un impôt privé générant un esclavage dans le temps, une servitude volontaire comme Etienne de la Boétie l’a si admirablement décrite.

Mais quel homme politique aura le courage de le dire ? Et quel peuple trouvera en lui-même le courage de l’entendre ?

3 réflexions au sujet de « La richesse n’est qu’un regard »

  1. Tout d’abord, aucun commentaire n’est pas à la hauteur et je ne censure jamais un commentaire quel qu’il soit.

    Mais ce film sur youtube de plus d’une heure et demi est passionnant car il méconnait totalement comme beaucoup le sens de la monnaie, fait tout reposer sur la création de valeur, la création de richesse, le PIB, et en fait parle admirablement de l’âme allemande.

    Il oublie toute l’énergie humaine stockée, l’argent, qui additionnée à l’énergie humaine vive, le travail, donne les machines qui diminuent apparemment le besoin en énergie humaine vive. Il le remplace en paroles par la création de valeur inexistante alors que la réalité est qu’il est remplacé par les esclavages du libre échange et du prêt à intérêt.

    Dans Utopia de St Thomas More cité dans ce film, les auteurs oublient de dire que l’esclavage fait le travail.

    L’âme allemande aime bien vivre sur le travail des autres. Elle l’a montré par les armes. Elle le montre par sa balance commerciale excédentaire. Elle voudrait le montrer par le revenu de base qui n’est qu’une forme très intelligente de la réintroduction de l’esclavage.

    • c’est bizarre j’ait bien ressenti le contraire.
      Alors je comprend le point de vue qui dérange les gens; mais tout est dedans.
      ça fait des années que j’ai conscience de l’énergie du travail, que l’on a peu à peu remplacer par les machines. Et c’est juste là le sujet. Ceux qui trimaient se disaient que ce serait mieux pour leur descendance et que nous aurions un bénéfice à remplacer le dur travail par la productivité des machines. C’est les laborieux qui ont crées cette opportunité pas le contraire.
      Il était question alors que ce bénéfice reviendrait au travailleurs; pas aux esclavagistes.
      Quand j’étais plus jeune certains économistes prévoyaient déja un mode de rémunération pour chaque individus en compensation de l’avancée des technologies.Nous vivons dans un monde ou il faut crever l’abcès du capitalisme. Il faut venir à bout de ce dogme.(plus j’ai plus je prend et toi tu a qu’as crever). Le système capitaliste est mort mais personne ne veut partager.
      Moi je vais cesser de leur prêter mon argent;qu’ils crèvent.

      cordialement

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