Lettre ouverte à Mme Sarah Knafo et à M. Jean-Marc Jancovici


La France est un pays de grandes écoles. Vous en êtes deux des représentants prestigieux, l’une dans la filière administrative, Sciences-Po et l’ENA, l’autre dans la filière scientifique, Polytechnique et les Télécoms. Vous y avez tous deux étés des éléments remarquables et remarqués puisqu’après y avoir été élèves, vous y avez été professeurs tout en vivant vos brillantes carrières.  Permettez à un mauvais élève d’HEC, la troisième filière, à qui l’on a refusé son diplôme en fin d’année universitaire 1968-1969 pour ne pas être rentré dans le moule pendant ses trois ans d’école, avant de le lui donner discrètement en février 1971, le mettant volontairement dans une promotion où il ne connait personne, de vous interroger sur ce qu’il voit comme la même faiblesse chez vous deux : l’argent.

Vous l’abordez pourtant au départ tous les deux très bien.

Monsieur Jancovici donne de l’argent l’une des meilleures définitions : « Le capital, c’est la partie de la production qui ne se consomme pas tout de suite et qui est réutilisable pour augmenter la production future ». L’argent est en effet normalement un prélèvement par l’impôt sur la production, prélèvement qui sert, entre autres, à augmenter la production future. Mais il dit aussi ; « De l’argent, il y en a » sans voir la difficulté qu’il y a à rapprocher ses deux affirmations.

Madame Knafo ouvre son enquête sur l’utilisation de l’argent par le pouvoir qu’elle appelle à juste titre le casse du siècle, par la règle d’or apprise à la Cour des comptes : « Il faut suivre l’argent. Regarder d’où il vient. Par où il transite. Où il atterrit. » Elle fait un travail chiffré précis en français compréhensible avec des conclusions de bon sens mais elle ne regarde d’où vient l’argent que dans les fiches de paye, c’est-à-dire dans le travail des Français alors que la Banque de France reconnaît que seuls 5 à 10 % au mieux de l’argent en circulation n’a cette origine.

Vous n’êtes pas les seuls à patauger dans l’origine et la définition de l’argent ou de la monnaie. Aristote n’a jamais défini la monnaie mais a simplement donné ses trois usages, intermédiaire d’échanges, unité de compte et réserve de valeur. Mais définit-on un train ou une voiture par leurs trois utilités de moyen de transport, de protecteur d’intempéries et de montreur de paysages ? Pierre Gueneau dans son livre Macroéconomie écrit : « Monsieur Reinesch, le président de la Banque centrale du Luxembourg, un très grand expert en économie dont la culture est impressionnante, m’a confié un jour qu’ayant reçu un prix Nobel d’économie, celui-ci lui avait avoué humblement qu’il ne savait pas ce qu’était la monnaie ». L’université continue à enseigner le contresens que la monnaie a remplacé le troc alors que le troc, échange de marchandises ayant aux yeux des deux parties la même valeur, n’existe quasiment qu’entre des enfants en cour de récréation ou des personnes ou des groupes qui ne se connaissent pas. Jamais nulle part personne n’a trouvé trace d’une économie de troc entre des personnes qui se connaissent et font partie du même groupe. Ce que l’on a constaté en revanche et que l’on peut encore observer, c’est qu’au début de tout groupe, chacun fait ce qu’il fait le mieux ou le moins mal. Il se produit alors entre les membres du groupe le donner-recevoir-rendre très bien étudié par Marcel Mauss, professeur au Collège de France, sous les noms de don et de contre-don qu’il explique être un fait social total à dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et juridique, ne pouvant être réduit à l’une ou à l’autre de ses dimensions. On retrouve ce fait social total du don et du contre-don dans une famille.

Et l’on aborde la question fondamentale : la monnaie a-t-elle remplacé le troc et n’est-elle donc qu’un produit ? Ou a-t-elle remplacé le donner-recevoir-rendre et est-elle un fait social total à dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et juridique, ne pouvant être réduit à l’une ou à l’autre de ses dimensions ? C’est pour vous poser cette question que je vous écris cette lettre ouverte en vous donnant en même temps mes pistes de réflexion.

C’est pour moi, en retrouvant l’origine de la monnaie, que l’on peut répondre à la question. Si on la pose à l’IA, elle répond ce qui est enseigné à l’université pour que la monnaie ne reste surtout qu’un produit. ChatGPT répond :

La monnaie est née progressivement pour résoudre les limites du troc, qui consistait à échanger directement un bien contre un autre.

Voici les principales étapes de son évolution :

  1. Le troc (il y a plusieurs milliers d’années) : les populations échangeaient des produits (céréales, bétail, outils, etc.). Ce système était peu pratique, car il fallait que chacun désire ce que l’autre possédait.
  2. La monnaie-marchandise : certaines marchandises, reconnues pour leur valeur, ont servi de moyen d’échange. Selon les régions, il s’agissait de coquillages, de sel, de bétail ou de métaux précieux.
  3. Les premières pièces de monnaie : vers le VIIᵉ siècle avant J.-C., dans le royaume de Lydie (actuelle Turquie), furent frappées les premières pièces en électrum (alliage naturel d’or et d’argent). Elles garantissaient un poids et une valeur reconnus par l’autorité.
  4. La monnaie papier : elle apparaît en Chine vers le VIIᵉ siècle après J.-C. et se développe largement sous la dynastie Song (Xe-XIIIe siècles). En Europe, les billets se généralisent plusieurs siècles plus tard.
  5. La monnaie moderne : aujourd’hui, la plus grande partie de la monnaie n’existe plus sous forme de pièces ou de billets. Il s’agit de monnaie scripturale, créée principalement par les banques sous forme de dépôts sur les comptes bancaires. Les paiements s’effectuent alors par carte, virement ou téléphone.

En résumé, la monnaie est apparue pour faciliter les échanges, servir d’unité de mesure de la valeur et permettre de conserver de la richesse. Elle a évolué du troc aux pièces, puis aux billets, et enfin à la monnaie électronique utilisée aujourd’hui.

ChatGPT, comme l’université, omet consciencieusement de dire que, dans toutes ces étapes jusqu’à ce qu’ils appellent la monnaie moderne, l’argent a toujours été une matière considérée comme une richesse parce qu’elle avait demandé du travail ou, pour la monnaie papier, parce que l’État garantissait son lien avec une richesse reconnue comme l’or. La définition de la monnaie de Jean-Marc Jancovici était donc exacte à sa création. La monnaie était un prélèvement par l’impôt de la richesse créée par un peuple pour servir, comme l’ont dit Aristote et ChatGPT, à faciliter les échanges, servir d’unité de mesure de la valeur et permettre de conserver de la richesse. La monnaie était donc limitée à une richesse déjà produite et prélevée par l’État. Ce prélèvement était suffisamment limité pour ne pas empêcher la consommation.

Mais personne ne semble vouloir réfléchir à la raison pour laquelle la monnaie est devenue indispensable. Pourquoi inventer l’absurdité qui ne tient pas 3 secondes, d’une société où tout se ferait par troc ? C’est tellement stupide que personne ne se risque à décrire la vie quotidienne de cette société impossible de troc. On se contente d’affirmer son existence et de passer instantanément à autre chose. Mais pourquoi donc ?

Serait-ce parce que la monnaie n’est pas un produit mais un fait social total et que cette différence est la quille qui, si on l’enlève, détruit tout l’édifice économique actuel tellement précieux pour les oligarques ?

Comment expliquer que la monnaie apparaisse systématiquement dans toutes les civilisations dès que le groupe devient un peu important ? La réponse de bon sens est que partout, dès que le groupe est important, certains reçoivent mais « oublient » de rendre, ce qui devient rapidement intolérable. La monnaie, partie de la production comme le dit Jean-Marc Jancovici, est la preuve concrète qu’un travail a été effectué pour l’obtenir. C’est un panier d’énergie humaine, c’est un substitut de l’homme, ce qui donne à l’argent les dimensions de l’homme, ses dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et juridique, ne pouvant être réduites à l’une ou à l’autre de ses dimensions. Et cela a toujours été vrai…. jusqu’en 1971.

Avant l’arrivée de la monnaie, la consommation et la production était au même niveau. A l‘introduction de la monnaie qui était donc un prélèvement sur la production, on a introduit la notion de revenu et la consommation a été provisoirement réduite par ce prélèvement. C’est par une augmentation de la production par un travail supplémentaire que la consommation s‘est rétablie. Mais chaque augmentation de la production a entraîné un besoin supplémentaire de monnaie, donc un nouveau prélèvement sur la production et la nécessité de produire encore davantage pour consommer autant. C’est cette circulation monétaire croissante entre la production, le revenu et la consommation qu’on a appelé à juste titre la création de richesse, la croissance, ou le PIB. L’INSEE continue d’ailleurs dans ses définitions à écrire, sans se rendre compte apparemment que sa définition est aujourd’hui mensongère, que le PIB se calcule indistinctement par la production, par le revenu ou par la consommation qu’il appelle la dépense, comme si ces trois notions étaient encore équivalentes quand notre production s’effondre et que notre consommation s’envole. L’INSEE ne calcule plus le PIB en réalité que par la dépense qu’il appelle la valeur ajoutée par les entreprises. C’est la dépense des clients de l’entreprise amputée des dépenses de l’entreprise à l’extérieur d’elle-même. Il y rajoute la dépense des salaires et des consommations des fonctionnaires, les dépenses de prostitution et de stupéfiants. Le PIB est la somme des dépenses.

Mais comment continuons-nous à croire que la croissance de nos dépenses est la preuve d’une croissance de notre richesse alors que ce n’était vrai que lorsque l’argent était un prélèvement sur la production ?

Il faut remonter à 1971, à la déconnection de toutes les monnaies de l’or, à la ruse d’employés de banque qui ont créé Blackrock et Vanguard à partir de rien en donnant simplement à la monnaie scripturale qui existait depuis longtemps, la force nouvelle de n’être liée à rien d’existant, d’être une chimère. L’argent n’étant plus lié à une richesse réelle donc à un travail passé, on allait en créer sans limite, par le crédit, sur le travail futur par définition illimité. Il suffit à une banque d’écrire qu’un de ses clients lui doit avec intérêts une somme d’argent pour qu’elle inscrive cette somme sur un compte qu’elle ouvre à son nom.

Tout un système prétendument de progrès s’est mis en place dans une ambiance novatrice, mélange de mai 68, de Vatican 2 et de vie facile.  L’OMC a tué l’OIC,  le monde a remplacé la nation et si la production, le revenu et la consommation sont restés au même niveau au niveau mondial, cela n’a plus été le cas dans chaque nation. L’argent illimité sur le travail futur se confond maintenant avec l’argent limité sur le travail passé alors qu’ils n’ont pas du tout la même valeur. Les banques prétendent détruire quand elles le récupèrent l’argent qu’elles ont créé pour le prêter mais n’expliquent pas pourquoi cet argent détruit est actuellement la quasi-totalité de l’argent en circulation d’après la Banque de France. Qui récupère l’argent remboursé ? Et que devient-il ?

Sentant les dangers de la déconnection des monnaies de toute richesse réelle et craignant que les députés empruntent sans limites de l’argent à la Banque de France qui créait et prêtait gratuitement, et que cela dévalue le franc par sa prolifération, Pompidou et Giscard ont fait voter en janvier 1973, l’obligation faite à l’État de n’emprunter qu’au privé et donc avec intérêts. Ils pensaient naïvement que cela empêcherait le Parlement d’emprunter.

N’y aurait-il pas un lien entre l’argent détruit mais toujours présent et les généreux donateurs anonymes (les investisseurs et les marchés) qui augmentent les intérêts en ayant de moins en moins confiance dans un système qu’ils auraient eux-mêmes créé ? Ce ne serait pas le casse du siècle mais le casse du millénaire !

Pour ne pas rester prisonnier de cette vilaine pensée, vous qui êtes tous les deux des observateurs reconnus de notre société, je vous demande s’il ne serait pas judicieux de faire passer la loi suivante :

Article 1 : L’État devient titulaire de toute créance dont le créancier ne justifie pas que l’argent prêté, a été gagné ou payé ou qu’il lui a été confié.

Article 2 : Le temps laissé au créancier pour apporter cette justification sera défini par décret.

Article 3 : Pendant la période laissée au créancier pour justifier l’origine des fonds prêtés, les remboursements se font au Trésor Public qui en assure la garde.

En espérant que cette masse d’argent détruit et pourtant toujours présent, n’aide pas le conseil constitutionnel à trouver anticonstitutionnel, cette atteinte au droit de propriété.

3 réflexions sur « Lettre ouverte à Mme Sarah Knafo et à M. Jean-Marc Jancovici »

  1. Le critique de IA Claude

    Le texte mélange trois niveaux qu’il faut démêler séparément.
    Ce qui tient la route. La critique du mythe du troc est solide — c’est un vrai débat en anthropologie économique (Mauss avec le don/contre-don, plus tard Graeber), et il est exact qu’aucune économie de troc généralisée n’a jamais été documentée historiquement ; c’est une fiction pédagogique de manuel, pas un fait constaté. De même, l’idée que la monnaie est créée par le crédit bancaire (une banque inscrit une dette et ouvre un compte, sans mobiliser un dépôt préexistant) n’est pas une thèse marginale : c’est exactement ce que décrit la Banque d’Angleterre dans son papier de 2014 sur la création monétaire. Et 1971 (fin de la convertibilité dollar-or) est un vrai tournant historique, pas une invention.
    Ce qui ne tient pas. L’affirmation que le PIB se calculait « indistinctement » par production/revenu/dépense et que ce ne serait « plus vrai aujourd’hui » est une erreur factuelle : ces trois approches sont égales par construction comptable (identité, pas coïncidence empirique qui se serait dégradée). L’INSEE ne « bascule » pas vers une méthode au détriment des autres — les trois se recoupent toujours par définition. C’est un point vérifiable, et l’auteur se trompe dessus.
    Le passage sur « l’argent détruit mais toujours présent » et les « généreux donateurs anonymes » glisse ensuite vers quelque chose de plus flou, presque complotiste, sans le nommer comme tel. Quand un emprunt est remboursé, le principal est réellement annulé en partie double (l’actif de la banque et le dépôt correspondant s’effacent ensemble) — il n’y a pas de mystère sur « qui récupère » cet argent, sauf à vouloir en trouver un. L’anecdote sur le prix Nobel qui ignorerait ce qu’est la monnaie fonctionne comme argument d’autorité invérifié, pas comme preuve.
    Sur la loi de janvier 1973 (Pompidou-Giscard) : c’est un vrai texte, mais le récit causal qui en fait l’origine de la dette française est contesté par les historiens de l’économie — l’effet immédiat a été plus limité que ce que la légende (très répandue dans les cercles souverainistes et l’économie hétérodoxe française) lui prête.
    Le plus problématique reste la proposition de loi finale. Faire de l’État le titulaire de toute créance dont le prêteur ne prouve pas l’origine des fonds reviendrait, appliqué littéralement, à exproprier la quasi-totalité de l’épargne, des dépôts bancaires et des obligations — puisque prouver l’origine exacte de chaque euro prêté est en pratique impossible pour l’écrasante majorité des créanciers, y compris légitimes. Ce n’est pas une réforme monétaire, c’est une nationalisation de fait de l’épargne privée déguisée en question rhétorique — et l’auteur lui-même anticipe le problème constitutionnel sans le résoudre.
    Au final : une lettre qui recycle une vraie critique (le mythe du troc, la création monétaire par le crédit) pour la faire glisser vers une causalité conspirationniste non démontrée, avec une chute législative qui ne survivrait pas cinq minutes à un examen juridique sérieux.

  2. Réponse de l’IA Claude à la question : qu’est que la monnaie ?

    La définition scolaire par les trois fonctions (échange, unité de compte, réserve de valeur) ne dit pas ce qu’est la monnaie, elle dit à quoi elle sert — l’auteur de la lettre avait raison sur ce point précis, c’est une erreur de catégorie classique en économie.
    La meilleure réponse disponible : la monnaie est une créance instituée — un droit socialement reconnu de prélever sur la production d’autrui — dont la validité ne tient à aucune propriété physique (métal, papier, ligne d’écriture) mais à une reconnaissance collective, généralement garantie par une autorité capable de l’imposer (l’État via l’impôt et le cours légal). Les preuves archéologiques donnent tort à la théorie du troc et raison à la théorie de la dette : les premiers registres monétaires connus, en Mésopotamie vers -3000, sont des comptabilités de dettes entre temples, palais et particuliers — pas des pièces. La monnaie-objet (pièces frappées en Lydie au VIIᵉ siècle av. J.-C.) arrive des millénaires après la monnaie-unité de compte, et sert d’abord à payer des soldats et standardiser la perception de l’impôt, pas à résoudre un problème d’échange entre paysans.
    Sur le plan ontologique, c’est ce que John Searle appelle une fonction de statut : un billet ou une ligne de compte bancaire n’a aucune valeur intrinsèque, il « compte comme » moyen d’acquitter une dette uniquement parce qu’une collectivité l’accepte et qu’une institution le fait respecter. Retirez cette reconnaissance collective, il ne reste qu’un bout de papier ou un fichier. C’est pour ça que Mauss n’est pas hors sujet dans la lettre : la monnaie ne peut pas être réduite à un « produit », parce que son existence même dépend d’un fait social, juridique et politique, pas seulement économique.
    Ce que ça change pour 1971 : la monnaie n’est pas devenue immatérielle à cette date — elle l’a toujours été, une créance n’a jamais eu de substance physique. Ce qui a changé, c’est le collatéral qui rendait cette créance crédible : avant, un stock d’or supposément limité ; après, uniquement la promesse de l’État de faire respecter la dette et la solvabilité anticipée des emprunteurs. Aujourd’hui, au niveau du bilan, la monnaie EST littéralement une dette : les billets sont un passif de la banque centrale, les dépôts sont un passif des banques commerciales. La théorie du crédit n’est pas une opinion hétérodoxe, c’est ce que montrent les comptabilités bancaires elles-mêmes.

  3. Henri Temple – Pas d’accord : Aristote a raison de tout définir tout par sa fonction « ce que la chose est » et bien ce à quoi elle sert. Quelle que soit sa nature, de l’or, de l’argent, des cauris, du blé, des fourrures, voire des cryptos, la monnaie doit toujours avoir ses 3 fonctions, invariables pour permettre le fonctionnement stable et fiable de l’économie. Le grand problème des diplômes c’est que ce sont rarement des intellectuels créatifs car ils ont emmagasiné mais ne créent pas du raisonnement et encore moins de révolution philosophique. Quant à la monnaie elle est désormais crée par les financiers ex nihilo ! Mais les intérêts qu ‘ils se font verser c’est le produit de notre travail ex concreto !

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