Un sans-faute sur la forme

Cette première demi journée du Président Macron est un sans-faute sur la forme et montre à l’évidence l’intelligence du bonhomme. Dans son discours inaugural, ses buts sont louables, ses coups de patte discrets et il est convaincu que c’est avec l’aide de l’Union Européenne qu’il y arrivera.

C’est en entendant qu’il lisait actuellement l’histoire, année après année, de la  IVe République en regardant plus précisément l’année 1958 que m’est venue l’idée qu’il pourrait, une fois en place, imiter De Gaulle et faire l’inverse de ce pourquoi il a été élu. Du « Je vous ai compris » sur le forum d’Alger aux accords d’Evian scellant l’indépendance de l’Algérie, De Gaulle a pris conscience de ce qu’il a pensé être une impossibilité, l’Algérie française, et de ce qu’il a décidé être une nécessité, l’indépendance de la France. Pourquoi Macron ne pourrait-il pas prendre conscience de l’impossibilité de sortir de la crise actuelle dans le cadre européen et de la nécessité de retrouver, d’abord en France, les harmonies perdues dans les domaines éducatif, économique politique et religieux ?

Les Lumières et les Amériques mènent le monde depuis un peu plus de deux siècles, les Lumières posant les questions et les Amériques apportant la réponse unique et toujours identique, la fuite en avant dans l’espace, sans respect des populations autochtones et de leurs civilisations. Cela a commencé par la ruée vers l’Ouest puis par la colonisation presque universelle qui a réussi aux Amériques, en Australie et en Nouvelle Zélande au prix de quelques génocides et qui a échoué en Afrique après avoir brisé ses civilisations et l’avoir laissée dans son état pitoyable actuel. L’Union Européenne est l’avant dernier avatar de l’erreur stratégique de croire que l’on résout plus facilement un problème en allant chercher la réponse à l’extérieur. Le dernier avatar est de croire que nous devrons trouver dans le siècle à venir d’autres planètes pour nous accueillir. On ne va plus chercher des terres à l’extérieur sauf éventuellement sur Mars, mais on va chercher chez les autres, des marchés et des solutions aux  problèmes que nous ne savons pas résoudre chez nous.

Par tradition la philosophie propose au contraire de chercher les réponses en soi, d’intégrer le travail et l’effort sur soi comme une richesse et de beaucoup se méfier du besoin de tuer l’autre pour exister en ayant peur de la souffrance. Il est intéressant de remarquer que dans les églises catholiques américaines, il n’y a plus de chemin de croix. Les douceurs doivent tout envahir et le Coca Cola en être l’océan. A force de refuser sur les murs le principe du calvaire débouchant sur une résurrection, le calvaire rentre dans les vies sans aucune issue positive. C’est l’éternel querelle entre la compétition et la coopération, entre l’OMC et l’OIC, entre le croc-en-jambe et le respect,entre l’esclavage et l’effort personnel. Aujourd’hui quiconque parle d’équilibrer notre commerce extérieur autrement que par une similarité de vie entre la France et le Bengla Desh se fait traiter de partisan du repli sur soi, de l’autarcie et de la Corée du Nord.

Macron pourrait parfaitement prendre conscience du cul-de sac qu’est actuellement l’Union Européenne car les seules nations qui y réussissent provisoirement comme l’Allemagne ne réussissent que parce qu’elles font payer les autres peuples par un excédent commercial important ( plus de 250 milliards d’euros en 2016 pour l’Allemagne) et les faibles de leurs propres peuples par une misère quasiment programmée avec des immigrés pour tenir cet emploi. Tout cela n’est évidemment que provisoire car pour sucer le sang des autres, il faut encore qu’il leur en reste et le IVe Reich fondé sur la création de richesses qu’il a imposé dans toute l’Union Européenne et dans quasiment toutes les têtes, ne peut pas finir mieux que les trois premiers qui n’ont pas duré longtemps.

C’est par le choix de son Premier Ministre, par le ton de la campagne de ses candidats et surtout par sa capacité à se remettre en cause et à prendre de la hauteur après qu’il se soit confronté à la puissance allemande que je saurai si j’ai eu tort ou raison de ne pas voter pour lui. D’ici là aidons tous les candidats qui ont déjà compris que c’est en France et non dans l’U.E. qu’une solution non violente pourra naître.

7 réflexions au sujet de « Un sans-faute sur la forme »

  1. En ce qui concerne de Gaulle, être élu en trompant ses électeurs ne me semble pas être une stratégie honnête m^me si c’est LA stratégie gagnante, comme semble le suggérer Cohn-Bendit.
    Question morale: la fin justifie t-elle les moyens?
    Notre éthique chrétienne suggère que non, mais pour d’autres religions ou non religions, ce n’est pas le cas.

    • Je ne sais si qui que ce soit a été élu avec l’intention de tromper ses électeurs mais ce que je sais c’est que chacun est capable de réaliser que ce qu’il a promis est irréaliste et que le bon sens le force à changer son fusil d’épaule. Je donne à Macron le bénéfice du doute mais de voir un énarque de plus comme Premier Ministre, un autre comme Secrétaire Général de l’Elysée, ne manque pas de m’inquiéter gravement.

  2. Mais pourquoi croire a priori que le construction européenne est un échec et ne conduit « qu’à tuer l’autre » ?
    Sincèrement, je ne pense pas que la démarche philosophique de rechercher les solutions en soi au lieu de stigmatiser l’autre (ce qu’a essentiellement fait Mme Le Pen) s’oppose à rechercher une vraie union européenne.

    • Remarque tout à fait intéressante mais qui n’intègre pas que le change juste des monnaies est un échange équilibré des avoirs entre peuples quand, à l’intérieur d’un même peuple qui a la même monnaie, l’échange est celui des êtres où le fort protège le faible.

      Si l’Union Européenne n’a aucune chance de survie, c’est qu’il n’y a pas d’homme européen, que d’un côté les Allemands n’ont aucune intention d’aider les Grecs, les Portugais et les Français à vivre mieux sans travailler plus, et que de l’autre, pour un échange équilibré des avoirs, l’euro doit être revalorisé en Allemagne et dévalorisé en France, en Grèce, en Espagne et au Portugal. Or la monnaie étant la même partout, ces ajustements sont impossibles donc l’Union Européenne ne peut pas ne pas exploser. Comment peut-on ne pas le comprendre mon cher Laurent ?

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