Vœux 2017

Chaque année, début janvier, je fais le même vœu, la même promesse aux dieux que je contribuerai au réveil de mon pays et chaque année à la Saint Sylvestre, je dois reconnaître mon échec et préparer une nouvelle approche par un nouvel angle en espérant qu’un réveil sonnera enfin dans quelques têtes.

L’élection présidentielle va accentuer notre écartèlement entre d’un côté, notre désir de croire aux rêves que de remarquables bonimenteurs tentent de nous vendre, et de l’autre, une réalité inquiétante que chacun ressent sans en parler et en n’osant même plus en prendre conscience et la mettre en mots.

Je fais le vœu que nous sachions résister aux médias qui vont nous inonder de programmes divers nous disant tous que le rêve est possible si nous votons correctement. Le message sera le même partout : il faut faire revenir l’emploi et la prospérité. S’ils ne sont pas là, ce sera soit parce que nous sommes mal gouvernés, soit parce qu’il faut du temps pour réparer les mauvaises gouvernances passées, soit parce que l’on gaspille nos richesses, soit parce qu’elles sont accaparées par divers boucs émissaires possibles.

Personne ne nous dira que la création de richesse est un leurre et que le PIB n’est que la somme de nos dépenses. Personne ne nous expliquera que nous finançons de moins en moins notre consommation par notre travail mais que nous le faisons de plus en plus par l’impôt, par la dette et par l’espoir fou que les autres paieront pour nous grâce à une balance commerciale excédentaire qui, dans la réalité, nous fait au contraire payer pour les autres par l’impôt et par la dette qui croissent inexorablement.

Je fais le vœu que nous soyons de plus en plus nombreux à ne pas vouloir laisser à la guerre le soin de nous faire prendre conscience de la réalité.

La réalité est que l’homme a besoin d’harmonie pour s’exprimer et donner le meilleur de lui-même. Harmonie entre l’individuel, le collectif et le sacré, harmonie entre être, agir et échanger, harmonie dans l’approche du beau, du bien et du vrai qui génèrent les notions subjectives de justice, de richesse et de pureté.

Je fais le vœu que nous soyons de plus en plus nombreux à ne pas confondre richesse et production.

La vie n’est qu’échange et dans un groupe constitué par une approche commune du bien, du beau et du vrai, donc de ce qu’est pour lui la richesse, personne ne peut s’enrichir sans appauvrir quelqu’un d’autre et une entreprise ne crée de la valeur réputée « ajoutée » que si un client vient s’appauvrir de la même valeur. La prospérité n’est pas l’enrichissement matériel de chacun qui nécessite l’appauvrissement d’un autre mais le constat d’échanges libres et gratifiants. Mais pour obtenir cette prospérité-là il faut avoir compris que l’avoir ne nous est important que lorsque nous avons de la difficulté à être.

Je fais le vœu que nous soyons de plus en plus nombreux à accepter de nous poser les questions difficiles et dérangeantes plutôt que de nous contenter de regarder ailleurs.

Le renouvellement de la population nécessitant plus de deux enfants par femme, quel est l’impact de la parité sur le futur de la population si l’on ne veut ni réinventer l’esclavage ni accepter le grand remplacement ?

L’homosexualité est-elle innée, acquise ou simplement un passage normal vers l’autre, au début pas trop différent de soi ? Si c’était la troisième réponse à laquelle croyaient les Grecs, quelle est la bonne attitude vis-à-vis d’une personne qui ne serait pas sortie du passage ? 

La responsabilité étant fondée sur les trois pieds indispensables de la liberté, de la compétence et de l’engagement, la démocratie peut-elle cesser d’être le paravent d’une oligarchie égoïste et dépensière sans que soient sérieusement travaillés le tirage au sort ou le permis de voter ?

Je fais le vœu que notre éducation oublie moins que la transmission se fait  autant par l’expérience que par la connaissance.

Je fais enfin le vœu que nous soyons tous là pour des vœux 2018 réconfortants et que cette année 2017 continue à nous apprendre à nous soigner du matérialisme dévastateur du XXe siècle.

4 réflexions au sujet de « Vœux 2017 »

  1. Comment en effet accepter le consumérisme effréné, le capitalisme dévastateur, les discours politiques débilitants, le retour dangereux des religions… Refuser de voir l’espoir se balancer au bout d’une corde est un devoir moral.
    Merci pour votre texte et meilleurs vœux.

  2. Meilleurs Vœux à vous !

    Pour le reste, je suis assez dubitatif quand je vois certaines relations « professionnelles » publier ce type de billet :

    https://www.linkedin.com/pulse/vous-naurez-probablement-bient%C3%B4t-plus-de-travail-alain-b%C3%A9lut

    « Mieux vaut imaginer le monde de demain où chacun travaillera de sa passion, capable de la monétiser ou non !
    La seule véritable issue est une solution de « revenu universel » qui consiste à garantir un revenu minimum décent pour tout le monde (qu’on ait un emploi ou non).  »

    Imaginons….

    • Le revenu universel oublie que la monnaie n’est qu’un transporteur d’énergie humaine. Quelle est l’énergie humaine qui est à l’origine de l’argent du revenu universel ? En fait il s’agit sans s’en rendre compte de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

  3. À titre personnel et à contrecœur, j’ose faire le vœu que la guerre arrive le plus tôt possible : car plus tôt elle sera finie, plus tôt nous pourrons enfin avancer, un peu. Regardons l’humanité dans son ensemble : ce sont les guerres qui ont fait à chaque fois avancer d’un peu le progrès et la responsabilité collective. Il semble que c’est écrit dans notre ADN, dans l’ADN du monde tel qu’il est fait : après l’hiver vient le printemps. Après le jour vient la nuit, puis l’aurore. Le sens de la vie est que l’espèce dont chaque être vivant est issu, survive, s’adapte et évolue par cycles de crises successives, et salvatrices dès lors que l’espèce parvient à survivre. Je crains fort que ce ne soit pas un hasard si nous sommes aujourd’hui aussi nombreux sur Terre – il faut être nombreux pour que certains arrivent à survivre. C’est écrit dans la vie des animaux, des insectes, et bien évidemment des êtres humains qui ne sont que des animaux plus évolués que d’autres. L’évolution et la révolution créent des morts. Il semblerait que ce soit le prix à payer pour passer le gué. L’Europe vit un moment de paix comme personne ne l’aurait jamais imaginé il y a encore cent ans. Pourtant, ce sont les deux grandes guerres et ses morts qui nous ont offert cette évolution vers la paix totale en Europe. Notre vie à nous, c’est joli pour certains, c’est de la souffrance pour d’autres. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres. L’essentiel est, qu’au bout du compte, génération après génération, et peut-être des milliards de morts, ceux qui survivent construisent un monde meilleur pour les générations futures : ce sont eux qui liront les livres et les articles de Marc. Mais si, pour une raison ou une autre, personne de notre espèce ne survit, alors c’est que nous l’aurons mérité, nous aurons perdus, comme les dinosaures d’antan, et d’autres animaux, plus intelligents que nous, prendront notre place (peut-être que eux aussi liront un jour les livres et les articles de Marc).

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