L’électoralisme souligne les limites de la démocratie

La pantalonnade à laquelle nous sommes invités à participer comme s’il s’agissait d’une campagne électorale sérieuse nous pousse bien évidemment à ne plus savoir du tout ni où nous en sommes, ni où nous allons, ni avec qui nous souhaitons le faire.

Chaque candidat a sa lubie, façon lanterne magique d’Aladin qui résoudrait le problème sans le poser. Qui le revenu universel, qui le souverainisme, qui l’européanisme, qui la chasse aux riches, qui l’austérité nécessaire, qui les jolies phrases sorties d’une belle gueule qui doivent satisfaire tout le monde. Comme personne ne veut affronter le problème, les solutions sont toutes des leurres et, pour les moins stupides, une simple antichambre du couloir complexe des solutions.

Tant que l’on nous fera croire que nous créons des richesses à nous partager, tant que nous le goberons en réinventant tous les esclavages pouvant être dissimulés, tant que nos dirigeants potentiels auront comme premier souci de nous plaire au lieu de nous réveiller, tant que la monnaie pourra être créée comme n’importe quelle marchandise, tant que nous ne supporterons d’affronter un problème que si sa solution est évidemment fournie avec le problème, nous continuerons à nous enfoncer et à être complices de notre propre disparition.

La démocratie reste une utopie merveilleuse qui n’a encore jamais vu le jour où que ce soit et surtout pas dans la Grèce ancienne où seuls les producteurs d’huile ou de blé pouvaient voter. Si l’avis majoritaire des gens responsables est évidemment le bon, la responsabilité reste fondée sur la liberté, la compétence et l’intérêt porté au sujet traité. Si le sujet n’intéresse pas, si l’on n’y comprend rien ou si l’on n’est pas profondément libre de ses choix, l’avis individuel n’a aucun intérêt collectif et « un homme une voix » reste une des débilités les plus profondes de notre époque dont il n’est même pas permis d’en critiquer la bêtise.

Quand les Politiques comprendront-ils enfin que l’abstention devient de plus en plus le vote intelligent tant que le vote blanc est méprisé et qu’aucune politique cohérente n’est proposée ? Nous n’avons le droit de choisir qu’entre des candidats qui ne jouent que sur notre affect et nos sentiments sans même envisager que certains d’entre nous aimeraient utiliser leur raison. Les médias qui ne cherchent qu’un auditoire pour les publicités qui les font survivre, sont les kapos de cette extermination mentale qui ne nous dérange même plus.

C’est grâce à des campagnes comme celle que nous vivons que nous pouvons réaliser que nous n’avons pas encore touché le fond.

7 réflexions au sujet de « L’électoralisme souligne les limites de la démocratie »

  1. Pousser à l’abstention n’est pas la meilleure chose à faire en cette période troublée. Même si tout n’est pas parfait, loin de là, pour moi ,mes enfants, mes 15 petits enfants, un seul choix possible, Marine

    • Je ne pousse pas à l’abstention et je voterai moi-même comme toi Bruno mais ce n’est pas parce que je me résigne à voter pour la moins mauvaise que je ne peux pas dire que le souverainisme n’a d’intérêt que s’il est accompagné de deux prises de conscience:

      La première est que la création humaine s’appelle production et qu’elle n’est richesse que si quelqu’un vient s’appauvrir en monnaie pour l’acheter.

      La seconde est que la monnaie n’est qu’un véhicule d’énergie humaine et qu’elle ne peut être créée ou produite ex nihilo par qui que ce soit.

    • Pour qui votons nous ?
      Pour nous-mêmes ?
      Pour nos enfants ?
      Pour les hypothétiques générations futures ?

      Tout est dans le premier paragraphe !
      Sans réponse à cette question que personne ne veut poser, il n’y a pas de solution.

  2. Et je dirais même pour Quoi? Que veut On?
    Il me semble essentiel de se recentrer aussi sur des valeurs humaines. Nous vivons actuellement dans une société où les gens se sentent mal et il me semble important de redonner du bonheur dans ce climat morose ….

    • On ne connait depuis l’aube de l’humanité qu’une seule recette du bonheur : la fierté de s’être vaincu soi-même.

      Encore faut-il savoir se donner des buts à atteindre dont on soit fier et ne pas se contenter du plaisir, indispensable aussi, mais qui s’étiole tellement plus vite que le bonheur.

  3. Ca voudrait dire qu’on doit sans cesse se battre ou etre en compétition pour atteindre les objectifs fixés? Que l’on vit sans cesse en se projetant dans l’avenir ,en espérant atteindre les ou l’objectif fixés.Mais le bonheur ne se trouve t il pas dans le moment présent????
    Nous vivons dans une société ultra compétitive ou on nous demande toujours de faire plus,de faire mieux ,d’atteindre des objectifs.Les gens n’en peuvent plus de ces contraintes,de ces pressions . Nous ne sommes plus considérés comme des etres humains mais comme des outils .Aucun homme politique ne parle de ces problèmes ni d’ailleurs des autres problèmes…..Le bonheur n’est pas simplement une histoire de richesse ou d’argent!

    • Il n’est pas du tout question de compétition Aurélia. Je crois que la coopération est infiniment plus constructive que la compétition et j’approuve tout ce que vous écrivez.

      Mais pour le bonheur, il n’est question ni de compétitivité ni de coopération mais de victoire sur soi-même. Et je maintiens que c’est à ma connaissance le seul chemin connu.

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