L’ordre des choses

Dans tout organisme cohérent la perception des problèmes stimule leur analyse puis entraîne une action visant à les résoudre. Echange, réflexion, action est l’ordre normal des choses.

Mais l’action est en elle-même instructrice, elle nourrit aussi une réflexion qui se propage ensuite. Tout le sport est fondé sur l’analyse de l’action que l’entraîneur va ensuite diffuser. C’est aussi par le plaisir du jeu comme par la brûlure soudaine et involontaire, par le bisou ou par la fessée, n’en déplaise à ce qui nous sert actuellement de députés, que l’enfant apprend à s’imprégner du monde qui l’entoure. Quand l’action suit normalement la réflexion chez l’adulte, l’action précède souvent la réflexion chez l’enfant.

Aujourd’hui aussi bien les Gilets jaunes que Macron ont le choix entre être adultes ou enfants. Ils peuvent agir pour voir ce que cela donne, en se montrant ou en envoyant la force publique. Ils peuvent aussi écouter l’autre pour le comprendre et agir en conséquence.

Si les Gilets jaunes écoutent et observent Macron, ils verront qu’il est complètement coincé. On lui demande de distribuer une richesse qui n’existe pas mais à laquelle on a fait croire par des raisonnements absurdes et par la dépense de quelques uns que les médias rendent publique pour que leurs actionnaires puissent continuer à bien vivre en appauvrissant le peuple. Le secret le mieux gardé actuellement est que la richesse n’est qu’un regard et qu’un regard ne se crée pas.

Si Macron avec sa cour écoute et observe les Gilets jaunes, il verra qu’ils sont complètement coincés. Ils expriment à l’unanimité l’évidence de la paupérisation des classes moyennes mais ils n’en cherchent même plus les causes puisqu’ils savent leur désaccord total sur ce point, voire leur ignorance. Ils cherchent à présenter une unanimité factice sur le RIC pour simplement déplacer le problème.

Si Macron et les Gilets jaunes sont des enfants, ils continueront à privilégier l’action, les uns en se montrant, l’autre en réprimant. Dans ce monde enfantin la répression entraînera la violence qui fera monter d’un cran la répression qui fera monter de deux crans la violence qui….

Si Macron et les Gilets jaunes sont des adultes, ils observeront que l’Assemblée nationale actuelle n’est la résultante que de la somme de malentendus et que ceux qui la composent naviguent entre se croire « trop intelligents » ou complètement c…s. Ils observeront que toute l’Assemblée est manichéenne vomissant ou adorant ce pauvre Macron complètement perdu et s’accrochant à sa planche pourrie de l’Union européenne.

Si la démocratie ne les intéresse pas, les uns comme l’autre, qu’ils continuent à penser que la violence verbale ou physique fera avancer le schmilblick! Les armes infantiliseront bientôt les deux parties.

Si la démocratie les intéresse, les uns comme l’autre, que l’Assemblée actuelle soit dissoute pour que, dans l’état d’esprit actuelle de la nation, une nouvelle assemblée, forcément multicolore soit élue.

On peut espérer que ce côté multicolore nous permettra enfin de comprendre qu’avant de chercher des solutions, il faut poser correctement les problèmes, ce qui pour l’instant ne préoccupe ni la diversité qui rend Macron si contradictoire ni celle des Gilets jaunes.

 

12 réflexions au sujet de « L’ordre des choses »

  1. Le problème est que nous ne sommes plus en démocratie depuis longtemps, donc une nouvelle Assemblée toute seule n’y changera rien. La Constitution est sensée protéger le peuple or elle ne fait que protéger l’impunité de son élite. C’est avec un gouvernement de « transition » qui « reformulerait » toutes les nouvelles conditions et dispositions d’une gouvernance pleine de sagesse, du village à l’Élysée, avec en suite une nouvelle Assemblée élue dans ces nouvelles conditions, en effet. Car cela ne pourra jamais être ceux qui nous ont amené dans cette situation (par lâcheté, ignorance ou malveillance complice) qui nous en sortirons honorablement et durablement…

    • Une Assemblée toute seule n’y changera en effet absolument rien. Mais seule une Assemblée multicolore a une chance de se rendre compte qu’il est stupide de chercher des solutions quand les problèmes sont mal posés car c’est impossible.

      Bien poser les problèmes, c’est faire prendre conscience à un peuple qu’on l’a berné pendant des décennies en lui faisant prendre des vessies pour des lanternes. Il y a ceux qui bernent et ceux qui sont bernés.

      Actuellement ce sont les bernés qui s’infantilisent, et sur les ronds-points et à l’Assemblée nationale.

      • La démocratie, c’est le pouvoir au peuple (le demos a le cratos). A l’évidence, ce n’est plus le cas depuis belle lurette : il y a donc un problème de représentativité aujourd’hui.
        Je note toutefois qu’il vaut mieux être berné en tant que député à l’Assemblée que gilet jaune sur un rond point : les revenus sont bien différents.
        Amener l’esprit de philosophie en politique ? Pour être élu, il faut d’abord être désigné candidat puis se battre après pour arriver en tête. Cela forge les caractères en esprit de compétiteurs absolus, peu enclins à prendre son temps pour philosopher 😉
        Amener les gilets jaunes à philosopher ? Quand on gagne un SMIC pour nourrir une famille, qu’on a en plus conscience d’être méprisé par ceux qui nous dirigent, qu’on n’a pas accès aux media ni aux réseaux pour se faire entendre et qu’enfin on est devenu quasiment, pour reprendre Marx, un lumpen prolétariat, le temps de la réflexion s’abrège au profit de celui de la colère et de la rue.
        L’histoire montre d’ailleurs qu’ils ont raison quand il s’agit ni plus ni moins qu’une lutte de classes version new look : on ne se fait entendre que par la violence dans la rue et il n’y a rien de changé sous le soleil (ou l’orage).
        Les classes (quelques soient leurs définitions, marxistes ou actuelles) luttent pour leurs propres intérêts et pour la domination (cf loi de Thucydide entre autres). On peut vouloir amener de la sagesse dans tout cela, donc de la philosophie, il est souvent dans la nature des hommes d’agir avant de réfléchir dans un esprit philosophe.
        C’est donc sous la pression (inamicale) que les choses avancent le plus souvent. On peut peut-être le regretter, mais pas l’éviter…

        • J’approuve tout à fait cette vision des choses.

          Je rajoute simplement qu’une nouvelle Assemblée élue en même temps que les députés européens, permettrait d’avoir une Assemblée suffisamment diverse pour réaliser qu’il est stérile de chercher des solutions quand le problème n’est pas posé correctement.

  2. Je suis en désaccord, pour une fois, pour ce qui concerne le référendum d’initiative populaire qui à mon sens constitue le pas essentiel vers une démocratie qui n’a jamais existé dans notre pays si l’on entend par là le gouvernement par le peuple en son entier.
    La Suisse de ce point de vue est exemplaire et si le divorce entre classe politique et peuple de France s’est déclaré , c’est effectivement quand la première , affichant son mépris pour le peuple qu’elle était supposée représenter lui a imposé la constitution dite européenne qu’il avait refusé deux ans plus tôt en la rebaptisant traité de Lisbonne.
    Qui avait été lucide? le peuple français en 2005 ou le Congrès réuni à Versailles en janvier 2008?

    • Mais où est donc notre désaccord ?

      Comme vous sans doute, j’ai voté non à Maastricht et non à la constitution européenne. J’ai peu apprécié que Maastricht passe avec 49% de oui contre 48% de non, de même que j’ai mal vécu que nos Parlementaires se moquent de nous en décidant à Lisbonne l’inverse de ce que nous avions majoritairement voté. Je suis donc comme vous très favorable à la votation à la Suisse.

      Mais je crois que chez les Gilets jaunes la demande de RIC n’est là que pour avoir une unanimité apparente alors que la seule unanimité est le mal-être général que tout le monde ressent sans avoir encore pris conscience de sa cause première. La manne divine que les Socialistes comme les Libéraux appellent croissance économique, n’existe pas et est honteusement chiffrée par nos dépenses payées par nos dettes.

      • le mal être de l’Europe vient à mon sens du fait qu’elle est la marionnette des instances mondialistes, essentiellement bancaires et que , derrière les planches à billets des banques centrales, la galopade des dettes,il ne se profile pas de solution de rechange à l’effondrement prévisible du système monétaire.
        Qu’a-t-on à opposer à la ruée vers l’or entreprise aujourd’hui par la CHINE, l’INDE,la RUSSIE, voire même la prévoyante HONGRIE??
        L’ECONOMIE,pourtant la grande malade du siècle,continue d’étouffer le POLITIQUE, faut-il attendre la mort de notre fausse démocratie pour instaurer un véritable RIC et donner raison à l’utopique ETIENNE CHOUART:voter, c’est donner sa voix,c’est donc se condamner à devenir MUET

        • Vous avez raison mais l’économie peut étouffer le politique parce que le politique n’a aucune vision de la marche économique normale d’une société. Il ne s’intéresse qu’au vote et sous-traite l’économique aux entreprises et aux banques. Pour le vote Condorcet dans son théorème du jury a bien précisé que pour lui l’avis majoritaire nécessitait de chaque votant « une égale justesse d’esprit et des lumières égales ». La finance tient les médias pour que la lumière soit mise sous le boisseau.

  3. L’Assemblée Nationale ne représente plus le peuple dans son fonctionnement actuel, les députés de la REM ne sont que des élus bien disciplinés aux ordres du gouvernement. Nous vivons une période de déséquilibre de nos institutions ou la démocratie n’est plus qu’un mot vide de toute substance. La France manifeste le besoin de s’exprimer et c’est légitime. La violence et le déni de réalité du pouvoir en place ne fera qu’aggraver la situation. Le système tombera par asphyxie et la nouvelle République qui s »annonce à l’horizon sera non pas une République au service d’une pseudo élite corrompue ou d’intérêts purement mercantile, mais une République ou l’humain sera le centre et la priorité absolue.

    • Que l’Assemblée nationale ne représente plus le peuple actuellement, c’est une évidence difficile à contester et c’est pourquoi une nouvelle Assemblée serait forcément beaucoup plus multicolore et n’apporterait au moins pas de fausses solutions à des problèmes mal posés.

  4. Je ne sais pas si un vote pourrait changer cette situation. Les taux d’abstention donnent raison à Coluche quand il disait que si le droit de vote servait à quelque chose il y a longtemps qu’on l’aurait interdit.
    Au stade où nous en sommes on se dirige vers l’éruption totale d’où émergera un pouvoir fort qui remettra de l’ordre dans de nombreux domaines. Une solution en douceur semble de moins en moins probable vue les tensions enfouies depuis si longtemps et prêtes à exploser.

    • Je n’en sais rien. J’ai peur que les milliards de subventions diverses et variées distribuées pour nous endormir et nous anesthésier reporte l’éruption aux calendes grecques. Les Français croient que la France est un pays riche et ils ne demandent souvent que leur part.

      Nous verrons bien.

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